Edito
 

L’optimisme d’Al Assad

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le 10.01.17 | 10h00 Réagissez


Le chemin de Genève passe par Astana, la capitale du Kazakhstan. Il est de plus en plus question de ce passage considéré comme un préalable dans la reprise du processus de paix en Syrie, ou plus précisément de son démarrage. Des discussions ont bien eu lieu, et même deux fois, donnant lieu à autant de déclarations de Genève, toutes les deux s’articulant autour d’une période de transition dont le principe avait été accepté dès 2012 par toutes les parties au conflit en Syrie. C’est en tout cas le président syrien qui en parle, élaborant même une espèce de feuille de route fixant l’objectif, identifiant les interlocuteurs éventuels et les conditions des pourparlers. Bachar Al Assad, qui n’a jamais rompu le contact avec les pays occidentaux, même ceux qui veulent le voir loin du pouvoir, vient de se déclarer «prêt à discuter» avec les groupes rebelles estimant leur nombre à 92, un chiffre considérable, en tout cas sans rapport avec l’idée de départ marquée par un pouvoir et une opposition qui se font la guerre, et cela tout en excluant le groupe djihadiste Etat islamique (EI) et Fatah Al Cham, ancienne branche syrienne d’Al Qaîda.

C’est vrai que les données ont changé. Elles ont même été bouleversées avec l’apparition de centaines de groupes armés qui ont éclipsé l’opposition telle que connue et reconnue en 2012. Il a donc suffi d’un chiffre au chef de l’Etat syrien pour dire la complexité de la guerre qui a ravagé son pays, fixer d’ores et déjà le tour de table, dresser la liste des interlocuteurs et empêcher une quelconque partie de revendiquer un rôle prépondérant. Sauf le pouvoir, puisque le président syrien affirme être «prêt à une réconciliation avec eux à condition qu'ils déposent les armes». C’est donc là un préalable, alors même que M. Al Assad se déclare déterminé  à libérer «chaque centimètre carré du territoire» de son pays. Ou encore «n'importe quelle zone contrôlée par les terroristes, quel que soit le nom qu’ils se donnent.

Qu'ils s'appellent  Etat islamique, qu'ils s'appellent Al Nosra, qu'ils se disent modérés ou bien Casques blancs, nous n'avons rien à faire des noms». Une logique de guerre pour imposer la paix, et même ses contours. La réconciliation serait ainsi l’objectif de ces pourparlers au sujet desquels M. Al Assad déclare être «optimiste». C’est bien la première fois que pareils propos sont tenus avec ce sentiment aussi que plus rien ne s’oppose au processus envisagé pour les prochaines semaines. Les données sur le terrain ont fondamentalement changé avec l’apparition de nouveaux acteurs, concluant même de nouvelles alliances qui ont permis à l’armée régulière syrienne de multiplier les acquis, et à l’inverse, causer des pertes à l’opposition. Il a bien souligné à ce sujet que son gouvernement était sur «le chemin de la victoire», après la reconquête d'Alep, la deuxième ville syrienne. La fin serait donc proche. Mais à quel prix ?
 

Mohammed Larbi
 
 
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