Edito
 

L’école des croyants

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le 24.04.18 | 12h00 Réagissez


Le Haut Conseil islamique (HCI) organise, depuis hier, un colloque international sur l’éducation islamique dans le système scolaire. L’instance présidée par le remuant Bouabdellah Ghlamallah s’attaque là à une problématique lancinante, qui agite en profondeur les sociétés
musulmanes et renvoie à des enjeux géostratégiques et civilisationnels de plus en plus aigus.

Le HCI est depuis quelque temps engagé dans une sorte de résistance, plus ou moins assumée, aux poussées invasives de courants religieux, dont les dangers ont été étrangement ignorés par les autorités politiques jusque-là. L’islamisme politique ayant au moins été mis sur la défensive à partir de la fin des années 1990, et ses appareils formels démantelés, le péril vert a stratégiquement muté pour se diffuser et infiltrer massivement les institutions civiles. L’islamisme social n’est pas seulement une idée générique dont aiment à disserter les intellectuels, mais une effrayante réalité qui «s’éclate» littéralement dans les médias (audiovisuels notamment), s’empare des associations de proximité, les clubs sportifs, les syndicats…

L’école, qui est par définition une formidable rampe de lancement pour tout projet de société, n’est pas faite pour échapper au volontarisme des rédempteurs autoproclamés et aux visées stratégiques de leurs théoriciens. Récemment, la ministre de l’Education nationale a été interpellée par un député sur la nécessité et le «devoir civilisationnel» de revoir à la hausse le volume horaire accordé à l’éducation islamique dans le cursus scolaire. Mme Benghabrit qui, en début d’année déjà avait eu à résister à la vague d’indignation qui a suivi la suppression de la «basmallah» de certains manuels scolaires, a répondu que la «matière» avait déjà sa place dans les mosquées et les écoles coraniques et que son département ne réserverait pas de créneaux supplémentaires en classe.

Régulièrement, les responsables du secteur sont ainsi mis en demeure de se déterminer publiquement concernant la place que l’école accorde ou pas à la foi et à la pratique musulmanes, en appuyant sur cette aberration des origines qui fait que l’éducation islamique (non pas religieuse donc) soit une matière scolaire de plein droit.
Le colloque que tient le HCI avec la participation des représentants d’une vingtaine de pays musulmans débattait encore hier en fin de journée de la manière la plus indiquée pour enseigner l’éducation islamique à l’école.

Ce conseil de religieux a-t-il seulement vocation à statuer sur ce genre de question ? L’école doit rester l’affaire des scientifiques et des pédagogues, répètent pourtant les représentants de l’Etat eux-mêmes. Mais il est vrai aussi que l’islam est religion de l’Etat et qu’il est par extension religion de l’école. C’est pour cela que les pédagogues eux-mêmes ne peuvent à peine discuter que de la manière d’assumer techniquement le fait accompli d’enseigner la bonne pratique de l’islam selon les fatwas pédagogiques des colloques des hommes de foi.

Mourad Slimani
 
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