Edito
 

Justice à deux vitesses

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le 13.09.17 | 12h00 Réagissez


Des écrits de presse font état de sérieux démêlés judiciaires auxquels serait confronté l’ancien Premier ministre,   Abdelmadjid Tebboune, depuis son limogeage inattendu du gouvernement après seulement trois mois passés à la tête de l'exécutif. Des faits graves liés à des conflits d'intérêts lui seraient reprochés dans la passation des marchés du secteur de l’habitat et de la construction avec des entreprises étrangères — turque et chinoise — opérant en Algérie. L’enquête des services de sécurité serait déjà bien avancée à en croire les médias qui ont rapporté l’information, révélant même des arrestations parmi les personnes impliquées dans cette affaire . Pour l’heure, l’ancien Premier ministre observe un silence radio sur ce scandale au centre duquel il est placé. L’image d’Epinal de rédempteur et de garant de la morale publique, qu’il a réussi à se construire auprès de l’opinion en quelques semaines d’exercice de ses responsabilités gouvernementales, en ouvrant avec grand fracas les dossiers explosifs de la corruption et de détournement des deniers publics et en s’attaquant de front aux oligarques alliés du système, s’effiloche Son mutisme ne joue guère en sa faveur.

Dans la culture populaire, garder le silence face à une accusation vaut reconnaissance de la culpabilité. Il est des moments et des circonstances particulières pour un homme politique ou public où la transgression du principe de respect de l’obligation de réserve vaut bien tous les risques, pour défendre sa gestion et son honneur. L’ancien Premier ministre accuse le coup sans broncher, laissant ses adversaires, avec lesquels il avait croisé le fer dans une bataille homérique qu’il a perdue en se faisant éjecter de son poste, se délecter de le voir englué dans les scandales auxquels son nom est associé. Même si les accusations proférées contre l’ancien ministre venaient à être confirmées et établies par la justice, il demeure que le procédé utilisé pour  rendre publique cette affaire, par médias interposés, et sa surmédiatisation soulèvent de légitimes interrogations. Pourquoi les leaks sur Tebboune sortent-ils maintenant, après son départ forcé du gouvernement, alors que les faits qui lui sont reprochés remontent du temps où il était ministre de l’Habitat ? Et pourquoi la justice ne s’intéresse-t-elle donc qu’à lui et pas à d’autres hauts responsables dont les noms ont été mêlés à des scandales de corruption, d’enrichissement illicite, de détention de comptes offshore, et de biens à l’étranger acquis dans des conditions douteuses qui ont provoqué l’ire des Algériens ? Justice à deux vitesses ? Beaucoup voient dans le procès retentissant de Tebboune qu’on nous annonce un règlement de comptes, un procès en sorcellerie. L’opinion comme d’habitude n’en saura pas plus sur les véritables dessous de ces scènes de ménage récurrentes qui agitent le sérail au gré des humeurs et des rapports de force ambiants, donnant lieu à des pratiques politiques aussi inédites qu’immorales.

Quand on voit un Premier ministre ou un ministre dégagé du gouvernement de manière peu respectable revenir aux affaires par la grande porte pour le même poste dans lequel il a lamentablement échoué, ou plus si affinités, on comprend pourquoi l’avenir de l’Algérie se conjugue fatalement au passé !    
 

Omar Berbiche
 
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