Edito
 

Initiatives parallèles

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le 24.05.18 | 12h00 Réagissez


La vie politique nationale n’a pas manqué, ces dernières années, de formules et de déclarations d’intention en faveur de la construction de nouvelles perspectives pour le pays.

Depuis la volonté de «remettre du mouvement dans le statu quo» affichée en 2012 par le plus vieux parti de l’opposition et la résolution à «aider le pouvoir à partir», ayant fusé, deux années plus tard, de la Coordination pour la transition démocratique, les prises de position pour un renouveau politique ont toutes rejoint l’impasse où le pays a été précipité à son corps défendant. A moins d’une année de l’élection présidentielle, les seuls mots d’ordre servis à l’opinion publique évoquent un probable boycott ou des certitudes sur l’«inutilité » de ce prochain rendez-vous électoral, pourtant majeur dans la vie d’une nation. Il est rare que l’échec d’un pouvoir soit concomitant avec celui de la classe politique, notamment celle porteuse de projets d’alternance. C’est pourtant cette situation qui est en train de plomber la scène nationale et d’assombrir dangereusement les perspectives immédiates du pays.

Le sentiment n’est pas loin de la lassitude quand des personnalités reparlent encore, comme ces derniers jours, des «termes de la transition sur des principes démocratiques», le même projet qui avait été envisagé en juin 2014 à Mazafran. De l’exaspération aussi de voir que des personnalités affichent la même culture démocratique et le même programme ambitieux pour la collectivité nationale sans pour autant mener une démarche commune et solidaire. Au-delà de ce syndrome des initiatives politiques parallèles qui ne se rencontrent jamais, force est de constater une dichotomie criarde entre une classe politique pensante et une société agissante.

Pour mesurer cet échec intra opposition, il suffit de relire la déclaration de la CLTD d’août 2014, où il était préconisé «un contact permanent et effectif avec le peuple algérien et ses composantes, afin de le mobiliser autour de la consécration de la démocratie». De nombreuses composantes se sont mobilisées depuis lors, mais dans des dynamiques sectorielles et catégorielles qui ne recoupent pas le champ d’action des organisations politiques œuvrant pour le dépassement de tout le système de gouvernance en vigueur. De jeunes et fortes personnalités se sont imposées dans le débat public ces derniers mois, mais pour relayer les requêtes de leurs propres corporations qui partagent, au final, le même dénuement et le même désarroi que la grande majorité des Algériens. Le discours, structuré et d’une forte résonance, retombe à des niveaux de revendication aussi anodins que les primes et autres commodités particulières. Les enjeux, lancinants et déterminants, sont politiques, comme ne cessent de le rappeler les personnalités et les partis d’opposition depuis près d’une décennie. Quand la dynamique sociale va dans un sens et la militance politique dans l’autre, ce sont les gardiens du statu quo qui sortent vainqueurs et dictent leur agenda à l’ensemble des composantes du peuple, s’offrant même le luxe d’ignorer les ultimes suppliques qui leur sont adressées.

Le pouvoir a réussi sa réconciliation officielle qu’il s’apprête à enseigner dans les écoles après l’avoir constitutionnalisée. Il reste à l’opposition d’opérer sa jonction avec la société en mouvement.

Djaffar Tamani
 
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