Edito
 

Entre optimisme et résilience

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le 09.11.17 | 12h00 Réagissez


Le pessimisme sur l’avenir du pays gagne du terrain et le défaitisme n’est pas loin, le système politique imposant sa loi, ses pratiques et ses hommes. Pourtant le découragement ne correspond pas au caractère traditionnel de battant de l’Algérien et l’histoire le démontre amplement. Dès l’amorce de l’indépendance, la population a été confrontée aussi bien à de lourdes privations sociales qu’à des injustices des pouvoirs politiques.

Trois décennies après, le pays a fini par être emporté par un des terrorismes les plus impitoyables dans le monde. Le prix payé a été très lourd et l’Algérie est revenue de loin, grâce essentiellement à la résistance populaire et à la résilience de ses hommes et de ses femmes. Si les décennies 1980 et 1990 sont inscrites dans l’histoire comme des moments de grande régression, les années 1960 et 1970 l’ont été moins, car après avoir subi les affres du colonialisme, qu’ils ont fini par chasser du pays après sept années de guerre impitoyable, les Algériens vivaient intensément la liberté retrouvée et croyaient fortement en l’avenir de leur pays. Un certain optimisme a fini par réapparaître au sein de la population durant la décennie 2000 à la faveur du reflux du terrorisme et d’un début d’amélioration des conditions de vie, permise par une embellie pétrolière sans précédent. Mais cela fut éphémère, une décennie d’embellie, avant que les Algériens, avec effroi, ne s'aperçoivent que cela ne reposait sur rien de solide : leur quotidien et l’avenir des générations suivantes étaient tributaires de la seule vente à l’étranger du pétrole et du gaz difficilement tirés du sous-sol.

En d’autres termes : la survie de toute la nation est liée aux aléas des cours de la Bourse des capitales occidentales. Il était apparu de manière cinglante que l’essentiel a été raté, c'est-à-dire la construction d’une réelle machine économique devant produire de la richesse et en mesure de faire travailler les jeunes arrivant par millions annuellement sur le marché du travail. On a négligé les usines et la terre au profit de la consommation effrénée, on a gaspillé d’énormes sommes pour le prestige (Grande Mosquée, Club des Pins, années dites culturelles...). Jamais la corruption ne s’est autant étendue, gangrenant tout le pays.

Pire, face à la crise devenue multiforme, la riposte de l’Etat était dérisoire : après des années de silence et de tergiversations, voire de mensonges, les autorités ont cédé à la panique et à la facilité, la caricature la plus grossière étant le recours à la planche à billets. Celle-ci servira à payer les fonctionnaires et les retraités et assurer le train de vie de l’Etat afin qu’il continue de servir le régime en place et ses relais au sein de la classe politique et de la société. Résister à tout cela, comment ? La violence ? La population en a tellement souffert, durant toutes les décennies écoulées, qu’elle refuse d’y recourir et, au demeurant, pour la prévenir et la contrer, les autorités ont mis en place un lourd verrouillage sécuritaire. Reste la résistance passive, celle qui consiste à tourner le dos au système pour lui signifier la non-adhésion des populations à son fonctionnement, ses calculs et son hypocrisie. Le boycott des législatives d’avril 2017 a servi à cela et certainement qu’il se renouvellera lors des locales prochaines. Une façon de ne pas sombrer dans le défaitisme et de prouver une nouvelle fois que la résilience est la marque de fabrique des Algériens.

Ali Bahmane
 
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