Edito
 

Double peine

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le 12.05.18 | 12h00 Réagissez


A la dernière rentrée sociale, la population n’imaginait pas qu’elle allait subir, au cours de l’année, une véritable double peine, une grève dans les écoles et une autre dans les hôpitaux.

Dans les deux secteurs, l’attitude des autorités est marquée par la même absence de réactivité, en dehors des opérations musclées des services de sécurité. Entre démission et autisme, le gouvernement laisse la situation en proie au pourrissement, jusqu’à l’intolérable. Seul réflexe observé dans les deux départements concernés, le recours à la réquisition et à l’affectation de personnels sans mise à niveau préalable. Pour dénouer la crise dans l’éducation, ce fut un coup de force qui avait été engagé par l’administration pour remettre les établissements scolaires en service : radiation des grévistes et installation des vacataires dans le but proclamé d’éviter l’année blanche pour les élèves. Le syndicat ne fléchira qu’avec la sortie des lycéens dans la rue en signe de refus de leurs nouveaux enseignants engagés au pied levé. Devant cette situation de menace sur l’ordre public, le Cnapeste a été convaincu de cesser la grève suite à des «contacts avec de hauts responsables de l’Etat». Une journée de manifestation des élèves a suffi pour contrebalancer une grève de plusieurs mois et remettre tous les protagonistes devant leurs responsabilités.

Des malades dans la rue, c’est un scénario impossible pour des raisons évidentes. Pourtant, ils commencent à être renvoyés des hôpitaux. Des chefs de service des urgences signent des affiches informant que le patient ne sera reçu que s’il est «muni d’une lettre d’orientation, sauf urgence vitale». Ajoutant l’affliction à la maladie, le patient est redirigé vers un «centre de tri» à l’effet de distinguer les vraies urgences de celles pouvant être mises en stand-by, ou renvoyées vers des structures périphériques, loin de la «crise de nerfs» dans les CHU. C’est donc un secteur de santé publique totalement bouleversé qui est en train d’être déployé pour donner l’illusion d’une prise en charge des malades. La politique sanitaire de ces dernières années favorisait plutôt la constitution de grands pôles des urgences, multidisciplinaires et équipés, avec une capacité d’accueil démultipliée. S’il ne peut améliorer le statut de la catégorie professionnelle concernée, le mouvement de grève des médecins résidents aura largement mis en évidence la fragilité du système de santé et, pour lequel, la nouvelle loi récemment adoptée ne sera qu’un énième traitement placebo.

La marque de fabrique du pouvoir en place est de promulguer des textes de loi comme autant de professions de foi, sans impact, sinon négatif, sur la vie des citoyens. Ces derniers, soumis à rude épreuve par les retombées de la crise financière et des conflits qui paralysent prioritairement des secteurs névralgiques, ont de plus en plus la certitude que le renouveau social comme la relance économique ne peuvent intervenir avant un changement politique.

Djaffar Tamani
 
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