Edito
 

Dommages collatéraux

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le 07.01.18 | 12h00 Réagissez


Dans les conflits sociaux qui agitent le pays, il y a un perdant immuable, le simple citoyen. Bien que représentant la majorité de la population, il est occulté et son sort passe par pertes et profits. Le jour de la rentrée scolaire, l’on annonce des millions d’élèves qui rejoignent les bancs de l’école. Ils seront tous oubliés lorsque des grèves illimitées éclatent dans les établissements scolaires.

Entre les syndicats et les autorités du secteur, le terrain de lutte devient alors un désert où s’insinuent parfois des hommes en uniforme qui seront, dans huit cas sur dix, voués aux gémonies. Pourtant, il y a des dommages énormes. Ils sont collatéraux et insondables.  Ce dimanche, il y a un improbable retour en classe dans plusieurs wilayas où les établissements scolaires sont désertés depuis quarante jours pour raison de grève des enseignants.

Chez les élèves, le préjudice dépasse le cadre pédagogique. Partir en vacances sans avoir étudié puis revenir en classe sans être sûr de reprendre les cours, cela déstabilise profondément ceux qui ont la vocation d’être des «apprenants». L’accompagnement psychologique n’est pas loin.

Dans le secteur de la santé, le grand oublié est le malade. Le «plateau technique» réclamé par les praticiens est fondamentalement destiné à bien soigner les malades, avant d’offrir de meilleures conditions de travail aux médecins. Les images de la répression dont ont été victimes les médecins résidents, mercredi dernier à Alger, ont révulsé l’opinion publique.

Mais l’indignation et la solidarité avec ce corps médical en formation n’empêchent pas de relever que les revendications, comme celles du logement et la dotation des hôpitaux en moyens techniques, coïncident très exactement avec les attentes et les préoccupations de la population.

Il arrive, sans doute fréquemment, que le malade admis dans un hôpital public, où il ne trouve aucun médecin spécialiste en poste, soit un mal-logé qui ne peut pas payer les frais dans les cliniques privées, lesquelles sont autrement mieux encadrées en personnel qualifié. L’enjeu de la nouvelle loi sur la santé, encore en gestation, n’est pas le maintien ou l’aménagement du service civil, mais la garantie de soins pour tous les citoyens. Les autorités qui pilotent ce texte de loi sont attendues sur les modalités et la véracité de leur projet de système de santé englobant le public et le privé, avec une égale couverture par l’assurance maladie.

Parce qu’elles sont catégorielles, émiettées, banalisées avant de ressurgir dans l’actualité sous des formes atterrantes, les luttes qui sont enregistrées dans ce contexte de crise politique aggravent parfois l’inquiétude plus qu’elles n’apportent d’espoir pour la collectivité. La rupture du service minimum dans les hôpitaux ou l’année blanche dans les écoles sont les pires scénarios pour le commun des citoyens.

De même que la fermeture des routes pour protester contre la loi de finances est l’exact contraire de ce qu’il faut faire dans une conjoncture qui commande de libérer et de sécuriser les voies de communication pour attirer les investissements. La multiplication des foyers de tension est, au final, le signe de la perte de confiance en le pouvoir en place, une situation qui ne sera dépassée qu’avec un renouveau politique et démocratique.
 

Djaffar Tamani
 
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