Edito
 

Dilapidation et prédateurs

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le 25.04.18 | 12h00 Réagissez


Le rideau est tombé, hier, sur les dernières assises nationales sur l’agriculture qui ont eu lieu au Centre international des conférences, au Club des Pins, près d’Alger. Six mille participants pour une telle manifestation que les autorités veulent présenter comme autre chose qu’une immense kermesse.

Si aujourd’hui, des résultats sont perceptibles en matière de disponibilité de produits agricoles sur les marchés, il n’en demeure pas moins que cela peut paraître, a priori, insuffisant compte tenu des sommes considérables mobilisées en direction d’un secteur agricole qui a la prétention d’être le second pourvoyeur de richesses, loin derrière les hydrocarbures et l’industrie.

Devra-t-on alors s’attendre à une relance des activités agricoles après la tenue de ces assises ? Pas sûr, car il faudra sans doute multiplier les regroupements de concertation entre représentants des pouvoirs publics, agriculteurs et autres experts, autant de fois qu’il y a de filières, comme on dit dans le secteur de l’agriculture. Et ce, uniquement pour dresser le bilan de ce qui a été fait, des investissements consentis, des milliards de dollars d’argent public engloutis, notamment dans la mise en valeur et les fameuses concessions, et ce, depuis au moins deux décennies, pour les résultats que l’on sait. De maigres résultats qui, malheureusement, cachent beaucoup plus une dilapidation de fonds publics par ce que la presse avait qualifié, il y a une quinzaine d’années, de «mafia du foncier agricole» qu’un réel développement de capacités de production agricole.

Une véritable engeance de prédateurs en tout genre où l’on retrouve souvent des pontes du système, leurs parents ou de simples prête-noms qui ont détourné à des fins personnelles des sommes faramineuses, à l’image du scandale, un parmi tant d’autres, de la Générale des concessions agricoles (GCA). Ce fonds public destiné au financement de la mise en valeur, dont la plupart des 40 milliards de dinars ont été détournés via des sociétés-écrans derrière lesquelles on retrouve d’anciens hauts responsables du secteur de l’agriculture, des députés et des parents de l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale, Amar Saadani…

Les enquêtes dans ce domaine n’ont pas été menées jusqu’à leur terme et semblent instrumentalisées pour des règlements politiques entre clans, quand elles n’ont pas été «étouffées dans l’œuf», devant l’ampleur du scandale et les répercussions qu’il pourrait avoir sur l’opinion publique, pouvant ainsi nuire à l’image que le système veut donner auprès des citoyens. La crainte de voir l’opinion s’en tenir à la sentence «tous pourris» a certainement pesé et fait reculer la recherche de la vérité à travers les investigations et les enquêtes lancées à l’époque. C’est sans doute là qu’il faut rechercher les causes qui font qu’aujourd’hui, le gouvernement reconnaît que sur 1,7 million d’hectares de terres concernés par les concessions, 300 000 à peine sont effectivement travaillés. Et c’est là aussi que se trouvent les raisons qui poussent les jeunes à délaisser le travail de la terre, lui préférant les pratiques rentières plus juteuses, moins contraignantes, moins fatigantes…
 

Reda Bekkat
 
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