Edito
 

Dialogue de sourds

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le 15.07.17 | 12h00 Réagissez


Que pouvaient bien se dire le Premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne après l’opération menée à El Qods par deux jeunes Palestiniens ? On remarquera que c’est bien la première fois que les deux dirigeants se parlent après un acte de résistance palestinien, car cette fois le bilan est particulièrement lourd avec deux soldats israéliens tués.

A vrai dire, Benyamin Netanyahu ne peut absolument rien demander à Mahmoud Abbas qu’il a lui-même privé de moyens d’action. D’ailleurs le leader palestinien a particulièrement souligné à quel point il lui était difficile d’évoquer les Accords d’Oslo. Il en sait quelque chose pour avoir fait face à une opinion palestinienne qu’il avait du mal à convaincre du bien-fondé de l’approche pacifique, autrement dit des négociations avec Israël. Lui-même avait alors fini par soutenir le principe d’une Intifadha, mais pacifique, ne cessait-il  de souligner.

Mais qui commande ce nouveau soulèvement ? Le fait est là, personne, comme le soulignent les Palestiniens, principalement les parents qui se déclarent incapables de retenir leurs enfants. Ceux-là constituent les deux tiers de la population de moins de 30 ans et veulent qu’on leur redonne de l’espoir. Sans tenir compte de quoi que ce soit, puisque, relève-t-on, la nouvelle génération n'a plus peur de scander des slogans hostiles au président Mahmoud Abbas et sa coopération sécuritaire avec Israël.

Quant aux Palestiniens ayant mené des actions anti-israéliennes comme celle d'hier, rares sont ceux ayant plus de 25 ans. L’âge où l’on pense à son avenir. En ce sens, les Palestiniens refusent la soumission. Les jeunes sortent  par eux-mêmes, personne n’envoie ses enfants contre les soldats, ils y vont tout seuls parce que toute leur vie ils l'ont vécue sous la menace des colons et des soldats. Une vérité rappelée jusque et y compris par les Israéliens qui ont eux aussi fini par apporter des réponses aux questions que tout le monde se pose.

Parmi eux, un ancien directeur des services secrets israéliens qui écrivait, il y a peu, que «les Israéliens auront de la sécurité lorsque les Palestiniens auront de l’espoir». Et de souligner que c’est du bon sens dont sont dépourvus bien trop de politiciens et de spécialistes de la question. Face à ce qui est considéré comme une urgence absolue, plus d’une centaine d’anciens généraux, tous services confondus, ont enfreint l’obligation de réserve et appelé Benyamin Netanyahu à «prendre une initiative diplomatique» régionale en vue de parvenir à la paix avec les Palestiniens sur la base de deux Etats pour deux peuples.

D’une manière générale, de nombreux spécialistes, y compris étrangers, admettent désormais que le Premier ministre israélien nourrit l’Intifadha palestinienne, et pour cette raison, estime-t-on encore, Israël affronte une combinaison chimiquement explosive, tandis que les Palestiniens n’ont absolument rien à perdre. C’est véritablement le dialogue de sourds et, cette fois, ce sont les Israéliens et leurs plus proches alliés qui appréhendent le pire.

Mohammed Larbi
 
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