Edito
 

Des frappes et des questions

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le 15.04.18 | 12h00 Réagissez


Hier samedi, peu avant l’aube, les Etats-Unis et  leurs alliés français et britannique sont passés à l’acte, à l’agression contre la Syrie. Plus d’une centaine de missiles ont été tirés contre des objectifs militaires.

Ces frappes de la part des Occidentaux étaient planifiées depuis plusieurs jours en représailles à l’attaque chimique présumée, menée par les forces du régime, le week-end dernier, à Douma, une localité de la région syrienne de la Ghouta orientale. Elles font suite à de récentes attaques contre des bases militaires syriennes par les Israéliens. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces frappes des trois puissances occidentales, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, sont intervenues sans l’accord de l’ONU et le jour même où une première délégation d’experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) devait commencer son enquête, précisément à Douma.

Curieuse coïncidence qui n’est pas sans rappeler l’empressement jadis de George W. Bush à lancer l’offensive contre l’Irak de Saddam Hussein, soupçonné à l’époque de détenir des armes de destruction massive, constituant un danger pour la région. Nulle trace de ces armes n’a d’ailleurs été trouvée depuis une quinzaine d’années. Une coïncidence d’agenda qui risque sérieusement d’entraver ou de rendre encore plus difficile le travail des enquêteurs de l’OIAC sur le terrain, que ce soit à Douma ou ailleurs. Quelques heures après, en fin d’après-midi, Donald a annoncé par Twitter la fin et la réussite de l’attaque occidentale contre les objectifs militaires syriens, sans que l’on ait à déplorer de victime civile ou militaire. Cette dangereuse escalade a été d’ailleurs dénoncée, comme il fallait s’y attendre, par les alliés de la Syrie, la Russie en tête, l’Iran et même l’Irak qui s’est dit inquiet que ces frappes n’offrent au terrorisme de se développer au pays de l’Euphrate et repoussé en Syrie.

Tandis que pour sa part, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, après avoir vainement appelé les trois pays membres du Conseil de sécurité à éviter l’escalade jusqu'à vendredi tard dans la soirée, n’a pas moins réitéré qu’il n’y avait pas de solution militaire à la crise syrienne et qu’il apportait son appui à l’OIAC dans l’établissement des faits de manière impartiale, indépendante et professionnelle.

En Algérie, aussi bien du côté des Affaires étrangères que du gouvernement, on déplore l’escalade militaire et on appelle à la retenue l’ensemble des acteurs. Ahmed Ouyahia, qui tenait hier une conférence de presse, a, pour sa part, souligné qu’il «serait plus sage de laisser, lors du sommet de la Ligue arabe, qui s’ouvre aujourd’hui à Djeddah en Arabie Saoudite, le soin aux Etats arabes de dire ce qu’ils pensent de toute cette situation».

On peut pour autant sans crainte affirmer que le ton a été donné hier, donc la veille de l’ouverture du sommet par le pays hôte, l’Arabie Saoudite, en apportant son plein soutien aux frappes des trois pays occidentaux, déclarant qu’elles étaient une riposte aux crimes du régime syrien. Un alignement qui n’est pas inattendu, tant les déclarations du prince héritier Mohammed Ben Salmane sont répétées lors de sa tournée aux Etats-Unis et dans des capitales européennes.
 

Reda Bekkat
 
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