Edito
 

Déficit de vision…

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le 08.10.17 | 12h00 Réagissez


La polémique, remise pour ainsi dire au goût du jour, sur l’exploration et l’exploitation éventuelles du gaz de schiste, rappelle, si besoin, toute l’étendue du gap et du déficit, non pas budgétaires, mais bien culturels et de vision, qui continue à se creuser aussi bien au sein de la classe politique que dans la sphère économique.

Dans sa forme, le débat qui renaît actuellement autour des hydrocarbures non conventionnels mérite assurément d’exister car, pour faire simple, il ne s’agit rien de moins que de choisir entre le gaz et l’eau : la préservation de la nappe phréatique ou la garantie d’une sécurité énergétique à moyen et long termes. Sauf que, comme dans la plupart des cas où le pays est appelé à faire des choix qui engagent directement son avenir, le débat national s’écarte très vite des enjeux qui font sa raison d’être et vire rapidement aux positions dogmatiques, sans quêter de quelconques voies et moyens qui permettraient éventuellement de concilier ces mêmes enjeux. C’est ainsi que faute d’une culture et d’une vision conscientes des contextes mondiaux de globalisation et de sophistications économiques, les réformes majeures et les décisions stratégiques pour le pays sont souvent remises à plus tard, les décideurs et la société avec, se contentant dès lors de dépendre plutôt d’aléas extérieurs sur lesquels ils n’ont souvent nulle emprise.

Plutôt que de miser sur quelques manœuvres lobbyistes avec les pétromonarchies du Golfe et leur inconciliable voisin iranien, un pays désormais grand producteur de pétrole, comme les Etats-Unis, cherche davantage à améliorer technologiquement les conditions d’extraction de ses hydrocarbures de schiste pour les rendre plus propres et plus rentables, même en cas d’un baril à moins de 40 dollars. Dans le cas de l’Algérie, les déficits de culture économique et de visions stratégiques sont tels, que l’avenir du pays tout entier semble suspendu aux seules velléités de l’OPEP et de la Russie de reconduire ou non leur traité de non-augmentation de production pétrolière. Sans ce fragile accord dans lequel l’Algérie est loin d’être une partie influente, l’espoir d’un baril à 50 dollars sur lequel le gouvernement mise toutes ses perspectives budgétaires risque de vite s’effondrer. Car si l’Arabie Saoudite et la Russie venaient à lâcher le peu de stabilité qu’offre actuellement la conjoncture pétrolière, les prix du brut rechuteront sans doute très brutalement à leur seuil catastrophique de 30 dollars le baril.

Ni la planche à billets ni la perspective d’une éventuelle exploitation du gaz de schiste ne suffiraient alors à surseoir à la faillite qui guette l’économie nationale. C’est dire en définitive toute l’acuité du déficit de culture et de vision économique qui paralysent la société dans son ensemble et à quel point, surtout, la résorption d’un tel gap nécessiterait au préalable un changement radical de mode de gouvernance et donc de système politique tout simplement.

Akli Rezouali
 
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