Edito
 

Défiance populaire

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le 29.03.18 | 12h00 Réagissez


Le durcissement que connaît le mouvement de protestation dans le secteur de la santé est à l’évidence symptomatique d’un malaise social généralisé, qui risque de vite dégénérer en une grave crise politique. De telles craintes –partagées du reste par nombre d’observateurs de la scène nationale – semblent d’autant plus justifiées que le pouvoir en place se montre étrangement prompt à pousser au pourrissement ; en se confinant dans une attitude, sinon répressive, du moins irresponsable. Que l’on ne s’y trompe surtout pas ! L’enjeu n’est pas tant de satisfaire à toute revendication qui viendrait s’exprimer par quelque moyen que ce soit. Il est en effet, d’abord et avant tout, de consentir à prendre réellement la mesure des maux autrement plus profonds que couvent différents segments socioéconomiques, depuis déjà bien longtemps. Et c’est en cela que le pouvoir a depuis presque toujours pris l’habitude de pécher.

Aux déficits abyssaux de développement et de bien-être social, les réponses apportées ces deux dernières décennies n’étaient ainsi que de simples traitements palliatifs et d’urgence ; à coups d’allocations à profusion et complètement inconsidérées de ressources publiques. Point de véritables stratégies de réformes structurelles. Que des autorisations de crédits et autres dépenses démesurées, censées couvrir des rattrapages de développement, de pouvoir d’achat et de stabilité politique et sociale et qui ont, au final, davantage servi à escamoter les déficits profonds de gestion et de gouvernance, tout en alimentant au passage les poches d’iniquité sociale et la prolifération des pratiques perverses de fraude et de corruption. Aussi, l’exacerbation observée ces derniers mois des conflits et des problèmes sociaux en tous genres semble loin d’être un simple épisode de mécontentement populaire, qui serait dû au seul fait d’une mauvaise conjoncture financière et économique. Contrairement à ce que peuvent prêcher certains acteurs de la scène politique, le mal est en effet bien trop profond pour qu’il puisse être traité par de simples propositions de recours à une loi de finances complémentaire pour autoriser de nouvelles injections d’argent public.

Celle en vigueur pour l’exercice en cours, faut-il d’ailleurs le rappeler, propose déjà une politique budgétaire et un train de dépenses plutôt expansionnistes, grâce surtout à «la planche à billets». Le fait est que si les secteurs de la santé, de l’éducation et autres sont aujourd’hui dans une situation des plus chaotiques et que même le sachet de lait est porté au rang de «problème stratégique» pour la nation, ce n’est assurément pas tant parce que l’Etat fait face – du moins dans le contexte actuel – à de graves difficultés de trésorerie. C’est à l’évidence à des maux autrement plus funestes de modes de gouvernance, institutionnels et politiques qu’il est aujourd’hui question de quêter en urgence de véritables remèdes. Et plus qu’une simple grogne sociale que le pouvoir pourrait encore faire taire à coups de «financements non conventionnels», la défiance populaire qui règne actuellement semble découler réellement d’un besoin urgent de changements politiques.
 

Akli Rezouali
 
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