Edito
 

De qui a-t-on peur ?

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le 08.04.18 | 12h00 Réagissez


Depuis quelques semaines, les représentants des courants religieux se donnent à(en) un véritable spectacle dans notre pays.

Le chef du mouvement madkhali – une des versions les plus radicales du wahhabisme –, Mohamed-Ali Ferkous, est le premier à ouvrir les hostilités. L’homme, connu pour sa propension à fuir les médias, a tissé une toile qui, par les fatwas qu’il donne, fait des ravages dans la société. L’homme a un avis sur tout. A commencer par des sujets intimes concernant les populations. Le courant qu’il représente est l’un des plus rétrogrades, des plus violents dans le monde musulman. Et pour ne pas laisser ses idées dans les salles obscures des sous-sols de Kouba, à Alger, Ferkous utilise désormais les réseaux sociaux et internet pour toucher un maximum de gens.

Après avoir opéré dans l’ombre, le professeur d’éducation religieuse sort donc au grand jour pour désigner à la vindicte populaire tous ceux qui ne pensent pas comme lui. Une excommunication qui nous renvoie aux inquisiteurs du Moyen Age. L’homme a parlé, dit ses vérités et assumé ses positions. Il ne demande pas à tuer, mais l’idéologie qu’il représente est mortifère. Elle est combattue dans le monde entier. Sauf chez nous.

Le ministre des Affaires religieuses a certes demandé à l’imam de Kouba de se «taire». Mais Mohamed Aïssa a montré une fébrilité qui illustre bien la gêne qu’éprouvent nos dirigeants à affronter le discours extrémiste. Le ministre se montre même «timide», lorsqu’il s’agit de désigner du doigt l’origine du mal.

Car cette idéologie a bien une origine, un pays. Elle vient d'Arabie Saoudite. Et c’est cette idéologie que le monde entier jette aux orties. Même le nouvel ordre politique qui s’installe au pays des Al Saoud remet en cause ces idées «takfiristes» que veulent propulser ceux qui se considèrent comme de nouveaux envoyés de Dieu sur terre.

Pourtant, ce gouvernement qui semble avoir peur de ces djihadistes de la parole n’ont pas hésité à brandir l’épée contre des groupuscules d’Ahmadis qui n’ont ni arme ni discours haineux. Ils n’ont jamais appelé à tuer ne serait-ce qu’une mouche. D’autres adeptes de courants religieux «étrangers» à nos rites ont également été arrêtés, parfois persécutés. Mais pas ces fous de Dieu qui ont une grande responsabilité dans les malheurs vécus par le pays durant la décennie 1990. Le ministre l’a dit. Mais il n’a ni les moyens ni apparemment la volonté d’aller plus loin.

Car, au sein même des institutions de l’Etat, ce courant semble avoir gagné des espaces difficiles à rattraper.
 

Ali Boukhlef
 
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