Edito
 

Coup de semonce

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 07.01.17 | 10h00 Réagissez


Le pouvoir semble déterminé à continuer à parler au peuple même en constatant qu’il ne l’écoute plus. Le Premier ministre s’est adressé à deux reprises à l’opinion publique en l’espace d’une semaine. Le premier discours a été tenu lors d’une émission spéciale de la télévision publique, à trois jours de la fin de l’année 2016 et la seconde déclaration a été faite jeudi dernier, en marge d’une cérémonie dont l’objet — le versement des droits d’auteur à des artistes — n’avait aucun lien avec la situation socioéconomique dans le pays.

Entre les deux interventions publiques conçues pour louer la stabilité propre au système politique algérien et le maintien de la politique sociale du gouvernement, des émeutes ont éclaté à travers plusieurs villes du pays, montrant que les risques d’embrasement ne sont pas totalement résorbés. Un chef d’Exécutif assiste ainsi à l’inanité de son propre discours et persiste dans un plan de communication, sinon contreproductif, du moins totalement inefficace.

Le plus surprenant est le maintien du même niveau de populisme alors que plusieurs régions du pays venaient de se relever de scènes de violences qui ont passablement marqué les populations locales. La référence à la fête de Yennayer dans un climat social et politique délétère ne peut, au mieux, que raviver des revendications culturelles et identitaires qui se sont perdues ces derniers temps dans la tourmente de la crise économique.

Les discours improvisés et politiquement plats, n’apportant aucun élément nouveau dans l’action du gouvernement, sont l’une des tares dont les dirigeants gagneraient à se départir, dans la mesure où ils sont animés d’une réelle volonté de mettre en œuvre quelque programme de sortie de crise. Les redondances sur les thèmes de la stabilité et la force du «front intérieur» ont fini par lasser passablement les citoyens qui étaient pourtant prêts à donner une chance à la mise en œuvre du nouveau modèle économique promis depuis près d’un an.

Les événements de ces derniers jours ne sont qu’un coup de semonce en direction des autorités et les risques de nouveaux basculements dans des violences non contrôlées ne peuvent pas être enrayés par des postures populistes et des professions de foi sur des perspectives qui tardent à se dessiner. En lieu et place d’actions concrètes et de déploiement de la bonne gouvernance tant proclamée, l’on assiste à un débordement d’imagination, totalement déconnectée des réalités, dans l’analyse des mouvements sociaux en cours.

Après «la main de l’étranger» qui viserait à frapper la stabilité nationale, l’on est passé à des «parties anonymes» qui nourrissent les mêmes desseins contre le pays, selon les derniers propos émanant du gouvernement. Le pouvoir en place ne se contente pas de perdre en cours de route son programme de relance économique, il désapprend également les grands enseignements des mouvements historiques et même contemporains. Les révoltes ayant changé le cours de l’histoire et fait tomber des régimes autoritaires sont le plus souvent nées suite à l’action des anonymes.
 

Djaffar Tamani
 
 
Votre réaction
 
El watan a décidé de suspendre provisoirement l’espace réservé aux réactions des lecteurs, en raison de la multiplication de commentaires extrémistes, racistes et insultants.
Du même auteur
Marchandage universel
Partis de gouvernement
Hiver politique
Du déni à la confiscation
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

El Watan Etudiant

Indépendance Algérie

 

Vidéo

Constantine : Hommage à Amira Merabet

Constantine : Hommage à Amira Merabet
Chroniques
Point zéro Repères éco

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie