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En dépit de son rôle dans la diversification économique

Le tourisme en Afrique freiné par la question des visas

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le 19.06.17 | 12h00 Réagissez


Dans la dernière édition de l’Africa Tourism Monitor consacrée au  «Tourisme durable par le biais de l’innovation, de l’entrepreneuriat et de la technologie», un rapport publié la semaine dernière par la Banque africaine de développement (BAD), les experts ont mis l’accent sur l’urgence d’une mise en œuvre de politiques à même d’assurer une croissance inclusive du tourisme, l’ouverture du commerce inter-africain et la facilitation de visas en pays africains.

«Compte tenu de cette nouvelle orientation mondiale sur le tourisme durable, il est maintenant temps que les pays africains formulent des politiques économiques et commerciales qui promouvront la croissance du tourisme inclusif et vert ainsi que les échanges commerciaux entre les pays du continent, et qui contribueront à l’ouverture des visas, pour un continent interconnecté sans frontières», indique ce rapport. Un document dans lequel le président de la BAD, Akinwumi Adesina, recommande d’aider les Africains à se déplacer librement pour faire de l’Afrique un continent «plus ouvert, plus prospère et véritablement connecté». «Il est évident que le tourisme constitue l’un des secteurs les plus prometteurs pour le développement en Afrique et qu’il offre des possibilités certaines pour encourager le développement inclusif, renforcer la participation de la région à l’économie mondiale, et générer des revenus permettant d’investir dans d’autres activités, y compris la préservation de l’environnement et de la culture», a déclaré de son côté Taleb Rifai, secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), dans le dit rapport. Globalement, Les données de ce document indiquent qu’en dépit de la baisse du nombre d’arrivées de touristes, les chiffres sur l’emploi dans le secteur du tourisme en Afrique se sont maintenus en 2015, en accord avec les tendances du marché mondial.
 

Algérie : 5e pays africain en nombre de visiteurs en 2015

Pour le cas de l’Algérie, le pays se classe en cinquième position en nombre d’arrivants, après le Maroc, l’Egypte, l’Afrique du Sud, la Tunisie et le Zimbabwe. En termes de recettes, elles étaient en recul au cours de cette période. Les recettes touristiques internationales de l’Afrique ont, en effet, régressé selon la même source, de 43,3 milliards de dollars EU en 2014 à 39,2 milliards de dollars EU en 2015. «Les résultats se sont avérés plus favorables en ce qui concerne l’emploi, dont le niveau en Afrique a progressé au même rythme que les tendances mondiales. Sur le continent, le nombre d’emplois directs dans le secteur des voyages et du tourisme a totalisé 9,1 millions en 2015 et 21,9 millions d’emplois si l’on tient compte également des emplois indirects et secondaires. L’Algérie fait partie des dix premiers pays en terme de création d’emplois directs dans ce domaine. Elle arrive en neuvième position avec 327500 emplois juste après la Tanzanie. Des chiffres à améliorer selon la BAD qui met l’accent sur les échanges interafricains pour booster un secteur en léthargie dans de nombreux pays africains comme c’est le cas d’ailleurs en Algérie où le nouveau gouvernement ne compte pas de poste dans ce domaine au moment où le cap est pourtant mis sur la diversification de l’économie. Mais faudrait-il en assurer les conditions à l’échelle locale d’abord et puis régionale ensuite.

Visas, facteur de blocage du tourisme et investissements

La BAD considère à ce titre que l’ouverture des visas présente des perspectives indéniables pour améliorer l’interconnectivité, favoriser la croissance économique et le commerce, et stimuler les investissements pour offrir d’énormes avantages à l’industrie du tourisme et des voyages. «L’interconnectivité ne nécessite pas seulement des passeports communs et des frontières plus ouvertes. Tout aussi importants sont les investissements dans les infrastructures de l’Afrique. Depuis de nombreuses années, la BAD place le développement des infrastructures au centre de ses priorités pour faciliter l’accessibilité et le commerce sur l’ensemble du continent», a rappelé Charles Leyeka Lufumpa, directeur du département des statistiques du Groupe de la BAD.

A titre illustratif, l’aide de la Banque a notamment permis de moderniser des systèmes de transport aérien au Maroc et de financer un corridor routier entre Nairobi et Addis Abeba afin de faciliter la liaison terrestre entre le Kenya et l’Éthiopie,. La BAD envisage également, par le biais de l’Africa Tourism Monitor en particulier, de proposer un forum réunissant toutes les parties prenantes du secteur du tourisme et des voyages en Afrique afin qu’elles présentent de nouvelles idées et initiatives susceptibles de révolutionner le secteur et d’en faire un moteur du progrès pour la transformation socio-économique de l’Afrique. Parmi ces propositions, l’on note le rôle important des technologies dans la stimulation du secteur notamment à travers le système de délivrance des visas électroniques. Une solution déjà adoptée au Kenya. Et ce d’autant que le visa reste l’un des facteurs de blocage de l’essor du tourisme en Afrique mais aussi de l’investissement puisque ils sont nombreux les pays africains en quête d’investissements directs étrangers (IDE) à compliquer les procédures dans ce cadre.
 

Vers un passeport commun en Afrique

D’ailleurs, note encore le rapport «la rigueur actuelle des réglementations relatives aux visas a des retombées socio-économiques négatives différenciées». A titre indicatif, la part de la totalité des échanges commerciaux entre les pays africains est très faible comparée à celle d’autres blocs commerciaux. Les échanges commerciaux intra africains représentent environ 12 %, un taux légèrement supérieur aux 9 % enregistrés en Asie de l’Ouest. A l’échelle mondiale, le reste des échanges commerciaux entre différentes régions enregistre des niveaux supérieurs, s’inscrivant notamment à 61 % pour l’Amérique du Nord et à 62 % pour l’Union européenne au sein de leurs blocs respectifs. Or, en Afrique, la liberté de mouvement limitée des personnes, des biens et des services a des incidences négatives sur la croissance économique et sur la création d’emplois.

D’où la nécessité selon l’Africa Tourism Monitor d’aller vers un passeport commun pour l’Afrique en tant que catalyseur des voyages et du commerce entre les pays du continent dans un contexte économique mondial difficile de nombreux pays du monde fondent leur produit intérieur brut (PIB) sur le secteur touristique considéré comme une activité économique fortement rentable. L’Agenda 2063 de la Commission de l’Union africaine a déjà inscrit ses points dans ses propositions en plaidant pour la création d’un passeport africain et la suppression des exigences liées aux visas pour tous les citoyens d’Afrique. Pour dynamiser cette nouvelle orientation, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé l’année 2017 Année internationale du tourisme durable pour le développement. La BAD, a, pour sa part, en collaboration avec la Maison de l’Afrique de l’Université de New York, a également développé le «Portail de données sur le tourisme en Afrique», pour permettre aux professionnels d’accéder à des données sur le tourisme provenant d’un vaste éventail de sources internationales et nationales. Ce portail fait partie de l’initiative «Autoroutes de l’information en Afrique» de la BAD, qui vise à améliorer la collecte, la gestion et la diffusion des données en Afrique.


 

Samira Imadalou
 
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