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Blé dur, lait : réduire la dépendance

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le 18.03.17 | 12h00 Réagissez


Quelles sont les filières agricoles à développer impérativement et urgemment ?

Deux produits stratégiques peuvent être inscrits dans l’objectif d’une conquête d’une meilleure autonomie alimentaire et de la réduction de la dépendance vis-à-vis des marchés mondiaux : le blé dur et le lait. Pour le blé dur, l’option d’une réduction des importations sur le moyen terme est justifiée et légitime compte tenu des tendances des marchés du blé dur et de la forte volatilité des prix qui les caractérisent. Le blé dur occupe la part la plus importante des surfaces agricoles utiles dédiées aux céréales et constitue la base alimentaire de la majorité des populations rurales et agricoles. Produire plus de 1,5 à 2 millions de tonnes qui représentent en moyenne notre déficit, et cela sur le moyen terme (3 à 5 ans) exige un engagement de l’Etat pour renforcer les moyens techniques aptes à améliorer les rendements (intensification, irrigation d’appoint, recherche agronomique).

Ces moyens techniques doivent être conjugués à des mesures économiques (prix auquel on peut le produire, prix payé au producteur). Pour le lait, il est clairement établi que deux raisons majeures font obstacle à l’accroissement des productions de lait : la disponibilité fourragère et la productivité des vaches qui reste faible (moins de 3000 l/vache et par an pour le bovin laitier moderne contre près de 7000 l/vache/an en moyenne dans les pays de l’Union européenne). Là également, les réserves de production supplémentaire et de productivité existent.

Elles reposent :

1)- sur des modes de conduite et d’alimentation améliorés ; 2)- sur des mesures de valorisation des races locales qui représentent près de 70% du cheptel bovin laitier ; 3)- des mesures de soutien intégrant les exploitations laitières familiales très largement majoritaires (90% des exploitation laitières) ; 4)- la poursuite des mesures incitatives au développement des productions fourragères (pour accroître les surfaces fourragères en irrigué) ; 5)- la mise en œuvre d’innovations locales validées par la recherche (production de rations fourragères, techniques hydroponiques…) ; et 6)- le développement des industries des aliments du bétail. Des instruments économiques (politique de prix garantis, de crédits bancaires et de subventions) et organisationnels (notamment l’organisation des marchés des aliments) adaptés à cet objectif devront être améliorés. La production de pomme de terre a transformé la carte des cultures du pays et favorisé des changements dans les comportements alimentaires des populations. Ce produit — en dépit des hausses de prix qui le caractérisent —, l’un des produits les moins chers offerts sur les marchés, est de plus en plus consommé par les ménages.

La filière pomme de terre peut améliorer ses performances et sa régulation peut conduire à une baisse des prix sur nos marchés sans porter atteinte aux revenus des producteurs. Enfin, je pense que l’offre de ce produit doit être prioritairement orientée vers la saturation du marché national et l’approvisionnement des industries de transformation. Je veux dire par là qu’il serait raisonnable de penser à une stratégie d’exportation une fois la couverture du marché intérieur définitivement assurée à des prix stabilisés et compatibles avec le pouvoir d’achat des consommateurs les plus modestes.

Nadjia Bouaricha
 
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