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Nouvel album de Massa Bouchafa

Yedja-yi, vibrations de joie et de douleur

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le 17.06.17 | 12h00 Réagissez

Après Tamurt-iw, sorti en 2013, Massa Bouchafa revient, après trois ans d’absence, avec Yedja-yi, son tout nouvel opus, présenté par Izenzaren et Ciné kabyle. «C’est une absence tout à fait normale, un bon travail demande toujours du temps», nous répond Mhand Bouchafa, son époux, auteur de ses textes et musiques.

Massa a gratifié son public d’un nouvel album mis sur le marché début mai 2017 avec la même fidélité qu’on lui connaît pour les sonorités et les thèmes qui sont les siens, mais avec une tendance, cette fois-ci, au mélancolique sensiblement marquée. Se ressent alors l’envie de rompre avec l’étiquette d’une chanteuse «folklorique». L’entreprise est plutôt réussie. Yedja-yi (il m’a quittée) comporte huit titres et deux instrumentaux dans lesquels est mise une promesse musicale certaine et tenue.

L’album a pris le titre de sa première chanson chantée sur un rythme folklorique rythmé, bien que reprenant les paroles affectées d’une femme abandonnée par sa moitié. Yedja-yi, consacre un contraste ainsi entre le texte et la musique qui l’enveloppe. Pourquoi ? «Pour que le message passe mieux» nous répond le parolier. C’est le titre qui est choisi pour le tournage d’un clip réalisé avec des images idylliques, alliant mer et montagnes à Beni Ksila, Boulimat et Azru n t’hour. Le clip, qui sera suivi d’autres, a mobilisé beaucoup de moyens.

Massa Bouchafa enchaîne avec le folklore kabyle et le thème de l’amour, contrarié dans Khas tetsudh-iyi (Même si tu m’as oubliée), mais sentiment partagé dans Ma tevghidh-iyi (Si tu me veux) dont l’entame avec le synthé donne de légères sonorités raï vite estompées. Igezha wul-iw (Mon cœur est joyeux) est, par contre, une invitation à l’allégresse, celle d’une mère qui chante le mariage de son fils. Akka inella (Nous sommes ainsi) replonge Massa Bouchafa dans l’insatiable désir et l’intarissable besoin de dire ses origines berbères.

La chanson, qui retentit comme un cri de fidélité réitérée à l’identité mais aussi à la continuité du combat pour tamazight, trouverait bien sa place comme titre de cet album. «Nous sommes ainsi et nous le resterons, enfants de Tamazgha, aujourd’hui et demain» reprend le refrain avant que soit évoquée la brûlante question de la religion comme élément identitaire. «L’islam que nous voulons, sa voie est saine, ce n’est pas celle de l’arabité ou de la guerre, une religion de paix pour l’humanité entière», chante-t-elle encore.

Changement de registre dans Wehdi wehdi (seule) empreinte de chagrin d’abandon, d’ingratitude, de trahison et de solitude. «Je demeure avec ma dignité. Mon nom brille dans le monde. Mes mots sont pesés. J’ai emprunté la voie de mes ancêtres, ma dignité ne se marchande pas», chante Massa Bouchafa, qui répond, par la même occasion, à ses détracteurs. Encore plus triste est A yul-iw (ô mon cœur), une complainte de quelqu’un qui a perdu à jamais un être cher et qui entretient, malgré tout, l’optimisme et l’espoir.

Le bendir donne à la chanson sa mesure mélancolique, comme pour faire entendre l’écho du rythme du cœur éploré d’un orphelin maltraité. Yemma (ma mère) est un cri encore plus profond de douleur, le plus triste de l’album, qui pleure la mère perdue. La voix de Massa Bouchafa y vibre d’un sentiment profond et sincère, avec tout ce qui semble être en elle comme pensée à sa mère malade. Hymne à toutes les mères. «Si je ne ressens pas les sujets, je ne les chante pas» nous déclare Massa, qui se dit satisfaite de l’écho fait à son nouvel album.

«Quand j’ai écrit cette chanson j’ai pleuré» se confie, à El Watan, Mhand Bouchafa, qui se désole que les passages télévisés des artistes berbères soient confinés dans la Chaîne 4, ce qui prive ceux-ci de prétendre à une dimension nationale. «Je demande à ce que les artistes berbères passent dans les autres Chaînes nationales, notre culture doit être vue par tous les Algériens», nous dit-il, invitant, au passage, l’ONDA à interpeller les hébergeurs des sites de téléchargement gratuit de musique. «Il est aujourd’hui difficile pour un artiste de produire un album, c’est un lourd investissement», nous affirme-t-il.

 

Kamel Medjdoub
 
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