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Mohamed Djedid dit «Houari Boudhaw» enterré hier à Oran

Une perte pour le milieu artistique algérien

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le 17.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	La foule était telle, que l’ambulance de la Protection civile qui transportait sa dépouille a eu du mal à se frayer un chemin.
La foule était telle, que l’ambulance de la Protection...

Le comédien Mohamed Djedid, surnommé Houari Boudhaw, a été enterré hier au cimetière de Aïn Beïda, à Oran.

La foule était telle, que l’ambulance de la Protection civile qui transportait sa dépouille a eu du mal à se frayer un chemin. L’allée centrale du côté où il devait rejoindre sa dernière demeure était noire de monde. Il y avait, bien sûr, ses proches, sa famille artistique, mais surtout des milliers d’anonymes, notamment des jeunes des milieux populaires d’où il est issu et qui le considéraient comme un des leurs.

Vu sous un certain angle, le milieu de la comédie constitue lui aussi une véritable famille, et la preuve en est les condoléances qu’on n’hésite pas à présenter aux différents acteurs comiques présents sur les lieux. «C’était  d’abord un voisin et nous avons étudié ensemble, mais nous avons eu aussi l’occasion de travailler ensemble», déclare Noredine, qui regrette profondément cette «perte immense». L’occasion est également douloureuse pour Slimane.

«Ce n’était pas seulement un ami, mais un véritable frère, car, depuis la vingtaine d’années que nous  le connaissons, nous n’avons jamais eu de problèmes avec lui», indique cet humoriste, qui a eu l’occasion de travailler avec lui dans des séries et des téléfilms.

«C’était un garçon toujours souriant et je peux vous dire que nous venons de perdre un des grands artistes algériens», ajoute-t-il, considérant à juste titre que, de manière générale, les artistes représentent le miroir de la société, et c’est pour cela qu’il faut en prendre soin. «Certains de nos aînés sont partis dans le dénuement et voilà que nous perdons un homme relativement jeune, qui avait encore beaucoup de choses à donner  à son public».

Slimane considère que sans le public, beaucoup d’artistes comme lui auraient arrêté de jouer. «A chaque fois qu’on nous aborde dans la rue, la question qui revient systématiquement c’est : ‘’ yadra, kach djdid ?’’(Avez-vous du nouveau ?) et cette attente nous fait remonter le moral et nous pousse à aller de l’avant».

Mais, en contrepartie, il sait que le public a lui aussi besoin de ce genre de comédies qui fonctionnent comme une thérapie permettant d’oublier les soucis du quotidien. «Ma relation avec Houari était ordinaire, mais, il y a quelques mois de cela, il m’avait sollicité pour travailler avec lui et il m’avait promis un grand rôle», se remémore Louz, un autre comédien de talent, qui regrette que le destin en ait décidé autrement.

A un moment, Houari produisait lui-même ses travaux. «C’est un homme du métier (Moula herfa) !», précise Louz, faisant remarquer que Houari est parmi les rares artistes à avoir donné beaucoup de choses en si peu de temps.

Les deux se connaissaient pourtant depuis les années 80 lorsqu’ils pratiquaient le théâtre amateur. L’un, avec Ibn Sina, et l’autre, avec l’ancien TTO (Théâtre des travailleurs d’Oran), devenu une espèce d’école gérée par l’association El Amel. «C’est dommage pour Oran, mais aussi pour toute l’Algérie!», se désole-t-il, et d’ajouter : «A une époque, il y a avait beaucoup de festivités à Oran et nous nous rencontrions souvent lors des festivals, des séminaires et mêmes parfois pour des répétitions.»  Houari était d’abord cofondateur du trio el Amdjad (avec Bekhta et Abdelkader), sur la lignée du trio Bila Houdoud issu de la célèbre émission éponyme de la station régionale de la Télévision algérienne.

Il s’est ensuite lancé dans des productions audiovisuelles conventionnelles de types séries ou téléfilms. Dans un entretien qu’il nous a accordé dans les années 2000, il se plaignait du fait que la Télévision algérienne l’ait quelque peu marginalisé.

Sa persévérance et ses efforts ont fini par payer. Du succès du trio el Amdjad on est passé au succès de la série Boudhaw, qui lui a valu son deuxième surnom.

Pour le maire d’Oran, également présent à l’enterrement, «Houari était un garçon merveilleux qui m’a étonné par sa bonté et sa générosité, et puis, passer le Ramadhan sans lui est tout simplement difficile à imaginer !»
 

Djamel Benachour
 
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