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Générale de la pièce de théâtre Cheikh M’Hamed El Anka el Meddah à Alger

Retour sur la vie et l’œuvre du cardinal de la chanson chaâbie

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le 16.05.18 | 12h00 Réagissez

Retour sur la vie et l’œuvre du cardinal de la chanson chaâbie

La générale de la pièce de théâtre Cheikh M’Hamed El Anka El Meddah a été présentée lundi à Alger, devant un public nombreux, venu redécouvrir le parcours exceptionnel de l’artiste, surnommé le «cardinal de la chanson chaâbie».

Accueillie à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El Feth (OREF), le spectacle, écrit et mis en scène par Mahfoud Fellous, revient sur les différentes étapes de la vie artistique du Cheikh M’Hamed El Anka (1907-1978), marquées, à ses débuts, par son rapport à ses maîtres, Cheikh Mustapha Nador (1874-1926) notamment, et le cours des événements historiques qui ont nourri sa créativité, une fois confirmé dans son art.

Cheikh M’Hamed El Anka, campé par Mohamed El Hadj Boualem, seul à tenir le même rôle durant tout le spectacle, avec Hassiba Boukhari, apparue dans celui de la veuve du Cheikh Mustapha Nador, et Mustapha Alouane, dans le rôle du cafetier, était entouré de plusieurs personnages qui ont plus ou moins compté dans sa vie d’artiste, rendus dans des rôles polyvalents d’illustration par Djamel Bounab, Redouane Merabet, Hamid Hellal, Fethi Krouri, Mohamed Tayeb Benbetka et Kalem Miloud.

Pendant près de deux heures, le spectacle a été déroulé dans une conception didactique linéaire, où le discours, se substituant à la dramaturgie, a constitué le seul support exploité pour rendre les enseignements prodigués par Cheikh Mustapha Nador à son élève et les différents événements qui avaient marqué l’époque, desquels s’inspirait El Hadj M’Hamed El Anka, dans son nouveau statut de Cheikh.

La multiplication des «noirs» (extinction de l’éclairage), annonçant les fins de tableaux et l’intervention répétitive de la voix «off» de Alae Eddine Nouar dans le rôle du narrateur assurant les transitions, ont conforté l’uniformité de la vision conceptuelle du spectacle, pourtant à la charge d’un personnage dense au caractère plein.

Le public a ainsi pu redécouvrir la singularité d’une carrière fulgurante, menée par Cheikh M’Hamed El Anka, qui a donné au genre chaâbi ses lettres de noblesse, le consacrant comme une musique populaire dans laquelle il introduira de nouveaux instruments, dont le banjo. Intervenant à l’issue de chaque tableau, les différents enregistrements du «cardinal», qui ont constitué la «bande son» proposée par El Hadi El Anka (fils), présent dans la salle, ont enrichi le spectacle, qui s’est déroulé dans un espace servi par un décor unique, œuvre de Abdelghani Khabil, fait d’une terrasse de café et son intérieur. Des clins d’œil à différents métiers d’antan, rendus dans des rôles libres, à l’instar du personnage du cireur, qui devient vendeur du journal, L’Echo d’Alger, puis de cigarettes, ont quelque peu restitué l’atmosphère de la période coloniale, déterminante dans le parcours du maître de la chanson chaâbie, d’avant et pendant la Guerre de Libération.

Sur un espace scénique, plus dédié aux projections de films et aux spectacles de musique qu’à la pratique du 4e art, les comédiens, au jeu plaisant, ont évolué dans des accoutrements renvoyant au vieil Alger (pantalons arabes, gilets brodés, tarbouches), alimentant une trame fragmentée, faite d’une suite d’histoires parfois inspirées des textes de chansons, à l’exemple de la mise en scène de la célèbre pièce Lahmam. Le public a eu du plaisir à revisiter l’œuvre et le parcours du cardinal, par la pratique théâtrale, manifestant son adhésion au spectacle par des applaudissements répétés et des youyous nourris, «à la manière chaâbie», dira une spectatrice.

Avant le début du spectacle, une minute de silence a été observée à la mémoire de la regrettée Sonia, grande comédienne décédée dimanche à Alger, à l’âge de 65 ans. Le spectacle Cheikh M’Hamed El Anka El Meddah, produit par l’Oref sous l’égide du ministère de la Culture devrait être reconduit au même endroit durant le mois de Ramadhan.
 

APS
 
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