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Hommage à Warda El Djazaïria

L’icône de Souk Ahras toujours au firmament

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le 13.02.18 | 12h00 Réagissez

 
	Hommage à Warda, avec le groupe Mazzika
Hommage à Warda, avec le groupe Mazzika

Six ans après sa disparition, le Cabaret sauvage et l’Institut du monde arabe (IMA) rendront hommage à Warda El Djazaïria le 10 mars prochain , Considérée comme l’une des plus belles voix du monde arabe, avec Fayrouz et Oum Kaltoum, Warda est décédée en 2012, laissant derrière elle un immense héritage artistique et une voix inimitable. 

Warda n’est pas devenue artiste. Elle est née artiste. Toute jeune, au début de sa carrière qu’elle avait entamée en France, elle interprétait des chansons de Charles Aznavour, de Jacques Brel et se produisait souvent avec Georges Moustaki. En français dans le texte et sans accent.

Petit à petit, elle découvrait le monde artistique parisien, aidée par son père, Mohamed Ftouki, qui était propriétaire du Cabaret Tam Tam, dans le quartier Saint-Michel, à Paris.

C’est dans ce lieu que Warda avait  découvert les folles nuits orientales des années 50, avec de nouvelles sonorités et artistes venus du Maghreb et du Moyen-Orient pour se produire dans le cabaret. C’était la belle époque, où Warda, toute jeune, commençait à s’essayer à la musique orientale, elle qui est née à Paris et qui a fréquenté l’école française.

Mais le hasard de l’histoire lui donnera un coup de pouce inattendu, lorsqu’en 1958, son père, Mohamed Ftouki, fut expulsé de France, à cause de son soutien au FLN.

Interdit de séjour en Algérie alors sous occupation française, c’est au Liban qu’il s’exilera en famille. Le pays du Cèdre sera une aubaine pour la jeune Warda, qui découvrira la musique orientale et les voix sublimes des grandes divas de l’époque, telles que Fayrouz, Oum Kaltoum et d’autres chanteuses arabes. A Beyrouth, face au bleu azur de la mer, Warda perfectionnera sa façon de chanter sous la houlette de son père.

Elle apprendra à mieux prononcer les mots en arabe et à les conjuguer sans erreur, le tout avec une diction irréprochable. Dans sa tête, elle cache un rêve immense, celui de partir en Egypte pour faire étalage de tout son art.

En 1960, elle pose les pieds au Caire, une capitale qui bouillonne de culture et de musique. Et il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour qu’elle se fasse remarquer, avec sa voix chaude et juvénile et son style artistique nouveau qui tranche avec celui adopté par les anciennes stars arabes.

Warda plus connue en Orient qu’en Algérie

Chanter en Egypte n’a pas été facile pour Warda. Soumise à la concurrence, elle devait aussi affronter les sentiments de jalousie des autres chanteuses qui voyaient mal le succès fulgurant d’une étrangère juvénile. La Marocaine Samira Saïd, et la Syrienne Miyada Al Hanaoui ont été particulièrement agressives à l’égard de la jeune Algérienne. Elles ne voyaient pas que leurs étoiles puissent s’éteindre un jour  face au nouvel astre scintillant qu’était Warda Al Djazaïria.

Au pays des Pharaons, la vie de Warda n’était pas une sinécure. En plus de l’exil, elle devait gérer un mari jaloux, d’avec lequel elle divorcera quelques années après l’indépendance de l’Algérie, pour épouser l’ancien et grand compositeur égyptien, Baligh Hamdi. Cette union entre une chanteuse dotée d’une voix sublime et l’un des plus grands compositeurs arabes de tous les temps n’a pas plu au Caire artistique. Elle divorcera une seconde fois en 1978, sous le poids des pressions et des jalousies.

Mais c’est dans les années 1980 que Warda prendra réellement son envol, à la faveur d’un nouveau style de musique, plus moderne et plus entraînant, appelé à l’époque la «Jeel Music». Adoptant un nouveau «look» physique et un nouveau style musical, Warda finit enfin par conquérir le monde arabe de Tanger jusqu’au Yémen, en s’imposant comme l’une des divas contre laquelle personne ne peut se mesurer désormais. Devenant une icône, ses chansons sont reprises par des millions de fidèles. L’une d’elles, Haramt ahibek (J’ai juré de t’aimer) a fait un carton mondial.

Reconnue enfin, admirée et adulée, de nombreuses chanteuses libanaises et marocaines reprennent ses chansons (environ 300). D’autres célébrités orientales ont également puisé du répertoire de Warda, sauf en Algérie, le pays de son père (son père est algérien, sa mère libanaise) où elle demeure encore méconnue. Cependant, elle restera l’une des plus grandes ambassadrices de l’Algérie, même si ce pays ne lui a pas rendu l’hommage qu’elle méritait de son vivant.

Le 10 mars prochain, ce sera donc le Cabaret sauvage qui se chargera de faire revivre la voix et les chansons de Warda Al Djazaïria avec l’ensemble marocain Mazzika. Encore une fois, les chanteurs et chanteuses algériens seront absents, ratant encore une occasion de démontrer leur amour et leur respect pour Warda El Djazaïria…
 

Yacine Farah
 
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