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       <title>El Watan - Contributions</title>
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       <lastBuildDate>Sun, 19 May 2013 12:21:07 +0100</lastBuildDate>
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           <title>Bavardage en classe : un véritable fléau qui mine la vie des enseignants</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sun, 19 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	«La pire violence que les élèves puissent me faire est de ne pas se taire alors que je dois leur transmettre du savoir.» Un professeur

	«La pire violence pour un enfant c’est d’être enfermé dans le silence et dépossédé de sa parole.»
	J. Salomé
	  
	L’agitation, le bavardage, l’inattention sont des phénomènes ponctuels et normaux en salle de classe et un certain niveau de bavardage peut être acceptable, voire tolérable, suivant certaines règles. Mais les écarts de conduite, eux, peuvent toutefois gêner considérablement l’apprentissage et mener l’enseignant à l’exaspération, voire à la dépression. Il s’agit ici de cibler le mal de l’intempérance de la langue, celui qui empêche les élèves d’entendre, de cette surdité volontaire qui fait baigner dans un chaos bien organisé et non pas dans ce discours qui a un rapport avec le cours, qui rejoint par conséquent le but du professeur,  lequel est constructif, et a le mérite de valoriser son auteur.

	Il y a les élèves qui bavardent et ceux que le bavardage des autres empêche de se concentrer. Il y a les professeurs autoritaires et ceux qui se  contentent, résignés, d’avaler des aspirines, minés par un sentiment  d’échec  pédagogique et d’impuissance. Il y a les parents qui trouvent que ça commence à bien faire et ceux qui pensent qu’après tout leurs enfants ont droit à la parole, et, une fois convoqués, vous répondent avec un grand sourire qu’ils étaient pareils au même âge. Quand le parent n’ajoute pas, pour vous laisser perplexe : «J’étais bavard, et ça ne m’a pas empêché de faire des études (voire de réussir !).» Il ne s’agit pourtant pas que d’un simple désagrément, ni d’une tendance qui disparaît d’elle-même avec l’âge.

	Le bavardage sévit partout, à tous niveaux, et constitue de ce fait une menace pour la qualité de l’enseignement et l’équilibre mental de l’enseignant. En dépit de sa constance et de sa pénibilité, ce fléau est tabou. Obtenir le silence en classe pour présenter un cours devient un combat permanent, épuisant pour la voix et relève de la gageure.  «Les élèves ne savent plus se taire». A bout de nerfs, un professeur de philosophie, Florence Ehnuel, vient d’en faire un livre Le bavardage, parlons-en enfin. Enseignante depuis 15 ans, elle considère cette situation comme du «harcèlement». «Dès que vous dites une phrase, vous êtes coupé. Vous n’êtes jamais écouté jusqu’au bout de la phrase. Je ne sais pas si vous pouvez vous imaginer à quel point c’est usant», déplore l’enseignante, la discussion incessante des écoliers est le fléau le plus grave de l’enseignement, la tare endémique de toutes les classes.  

	C’est «pour décrire ce que les professeurs vivent, pour raconter dans quelles conditions se font les apprentissages, pour dénoncer le climat de mépris et de négligence qui règne dans les classes», qu’elle a décidé d’écrire ce livre. Ce sujet cependant, comme tout, et par-dessus tout, reste ambivalent, et c’est celui qui pose le plus grand  paradoxe : «On bavarde quand on s’ennuie, mais on bavarde aussi quand on est intéressé par le cours», nous rappelle Aziz Jellab, professeur de sociologie à l’université Lille 3 et auteur de plusieurs ouvrages sur la sociologie scolaire. Nous voici donc avec cette «injonction paradoxale» aux codes bien étranges : nous voulons à la fois que nos élèves se taisent et nous voulons qu’ils parlent.

	«Mais comment pour un apprenant avide de paroles,  percevoir ce moment où il doit parler ?» Florence Ehnuel a tout essayé pour mettre fin aux conversations intempestives pendant ses classes : dialogue, cours interactif. «Mais ils ne savent pas se taire, ni même s’écouter entre eux», déplore-t-elle. La seule méthode qui marche, et qui pourtant ne lui plait pas du tout, c’est une sévérité maximum avec des sanctions distribuées au moindre bavardage.

	Sans pour autant réduire l’espace de «démocratie cognitive» chère au sociologue et philosophe  Edgar Morin, et créer ainsi par opposition, un obstacle est une limite à l’apprentissage intellectuel. En général, ce n’est pas intentionnellement contre le professeur que les élèves bavardent, mais celui-ci est usé par ce bruit et cette absence de considération. Dans la mesure où l’on a l’impression d’avoir tout essayé, tout mis en place, «ce n’est plus de l’ordre de la pédagogie». Reste alors à essayer de comprendre d’où vient ce problème.
	Il ne s’agit pas, selon Florence Ehnuel, d’un «manque d’autorité naturelle» du professeur. Elle accuse les émissions télévisées «où chacun coupe la parole à l’autre, à commencer par les journalistes et les hommes politiques, où ce qui semble surtout compter, c’est avant tout l’animation et l’agitation bien plus que le contenu. Un sujet ne serait digne d’intérêt que s’il déclenche en permanence la curiosité et le plaisir du spectateur. Les réseaux sociaux et les SMS, où seule compte l’immédiateté de la parole irréfléchie.

	La disparition de la lecture, qui éduque à la concentration et nécessite des plages de solitude un peu étendues». L’auteur va bien au-delà d’une simple réflexion sur la seule didactique. En cherchant à remonter aux causes de cette tare endémique qui tue la classe, pollue les cours, épuise les professeurs et disperse les élèves, elle ouvre une fenêtre sur des mutations contemporaines, dont l’impact est loin de se limiter à l’école. Les enfants qui reçoivent une éducation distinguée  apprennent d’abord à se taire, parler ne vient que plus tard.

	Quant aux autres, tout à la fois manque de courtoisie, de savoir-vivre, de maîtrise de soi, le bavardage menace les bases même de la communication, qui s’apparente à une dégradation de l’humain, explique-t-elle : «j’irai jusqu’à dire, pour montrer le malaise intense que génère en moi le bavardage, que travailler avec une classe qui ne sait pas maintenir son attention, cela ressemble pour moi à me déplacer dans une décharge publique. Un groupe dont l’échange verbal est désorganisé voit son espace s’encombrer très vite d’un amoncellement de détritus formé par toutes ces phrases inutiles, intempestives, simultanément envoyées de toutes parts». Pour le sociologue Aziz Jellab, il est impératif de faire prendre conscience aux enseignants d’abord, puis à la société dans son ensemble que «cette forme d’indiscipline n’est pas le résultat de l’incompétence de l’enseignement, mais bien au contraire, qu’elle oriente des pistes de solution».

	Dans son traité, qui se présente comme une petite thérapie philosophique qui tend à guérir du vice le plus dangereux : «parler plus que de raison», et après avoir énuméré les dangers du bavardage, Plutarque n’en reste pas à la condamnation du vice, mais prône la vertu contraire : l’éloge du silence. On trouvera à la fin du traité l’esquisse d’un art de la conversation, où la parole retrouve la valeur de sens et de beauté qui lui est due. Des affections de l’âme et du corps, lesquelles sont les plus graves? À lire l’argumentation de Plutarque, ce sont les premières qui sont les plus insidieuses. 

	Marie Legrand, professeur de lettres, dans un article paru dans la revue Argos (n° 26, déc. 2000) parle, elle, de la mise en place d’un «cérémonial» qui rend la parole importante, reconnue, écoutée. Les intervenants se sentent investis du pouvoir de parole, mais aussi protégés. Ils donnent leur avis sans crainte d’être coupés ou contredits dès le premier mot, ce qui les amène à argumenter, à essayer de convaincre, chacun parle en «je» et s’engage devant le groupe. Ce cérémonial développe la qualité de l’écoute et endigue la précipitation ou les interventions à voix multiples...

	L’agrégée de philosophie a testé des stratégies simples et adaptées pour permettre à l’enseignant d’intervenir efficacement auprès d’un élève dérangeant sans perturber le reste de la classe. Elle  préconise l’instauration de débats en classe, l’intransigeance, de baisser le volume de la voix. Elle recommande, en outre, que «les élèves soient amenés à suivre des apprentissages concernant la concentration et l’attention, soit à travers des séances spécifiques, soit au sein des enseignements disciplinaires avec des professeurs volontaires et formés».

	Quant à moi, mon combat contre le bavardage intempestif et compulsif, consistait à prévenir les élèves qu’ils seraient sanctionnés par une soustraction de points sur l’évaluation continue, que le 10 pouvait devenir un zéro à la fin du trimestre et que j’empiéterais sur l’évaluation du projet présenté en fin de trimestre et surtout que ce serait mentionné sur le relevé de notes, au stylo rouge. Les bavards me demandaient combien de «-1» ils avaient. Je devais retourner à mon bureau toutes les cinq minutes pour consigner les «-1». Quelques fois, j’étais tellement concentrée sur les «-1», que je n’avais plus d’accroche pédagogique avec la classe. Mais je restais intransigeante sur ma pratique et je tenais bon.

	Témoignages d’enseignants :
	- Je suis «minée» par le bavardage incessant de certains de mes élèves, quelle que soit la classe. Ce phénomène en hausse constante depuis des années est devenu un véritable fléau. Seules les sanctions les calment un temps. Mais le caractère éphémère de ces mesures agace et use petit à petit quand il ne faut pas, en plus, supporter leur paresse inouïe, leur mauvaise foi sans borne (le fameux « j’ai rien dit » qui a le don de me mettre hors de moi) et au pire leur manque de respect. Or, à bien des égards, le bavardage est finalement le manque de respect le plus répandu et le plus insidieux qui soit. La parole de l’adulte est niée au profit de leur seul confort et plaisir tout comme la gêne que cela peut produire chez les autres.
	- Le bavardage est issu d’un manque cruel d’éducation et de règles à la maison. L’enfant roi (qui fatalement devient l’enfant tyran) a été tellement écouté toute sa vie, dans le cadre de son soi-disant épanouissement, qu’il est incapable une fois adolescent de savoir qu’il y a un temps pour tout et donc un temps pour se taire ! Et le plus inquiétant est que ce phénomène dépasse largement les clivages sociaux.
	- Avec moi, c’est la sanction immédiate en cas de bavardage ou de prise de parole sans lever le doigt : j’ai établi une note d’oral sur 20 points, divisée en deux parties : 10 points pour la participation (qu’il faut gagner) et 10 points pour le bavardage (je retire systématiquement un point à chaque bavardage ou prise de parole sans autorisation).
	- Une petite plage de tolérance pendant chaque heure de cours est indispensable : je me montre plus dynamique pendant quelques minutes et suscite un dialogue où tacitement, les élèves sentent qu’ils ne seront pas sanctionnés en cas de bavardage ou de prise de parole sans doigt levé; cela permet de relâcher un peu la pression en montrant que je suis capable de souplesse; mais quand j’estime que l’idée étudiée est acquise, je donne le signal du retour au silence total (concrètement, cela passe par le retour à la trace écrite).
	- Il peut être extrêmement difficile d’obtenir un silence complet... Il est nécessaire pour la majorité des classes actuelles de faire un plan de table dés le début de l’année et à le remanier au cours de l’année. Déplacer les élèves selon la nécessité du moment. Cela peut sembler arbitraire. J’utilise seulement le pouvoir régalien de placer les élèves où bon me semble dans la classe, ce que tout élève normal accepte, et me donne du répit à moi.
	- Je pense qu’un certain niveau de bruit est incontournable lorsque les élèves travaillent en groupe, présentent un exposé ou discutent un point de cours. Dés le premier jour, j’essaie d’habituer les élèves à chuchoter, à soulever leur chaise au lieu de la tirer, à écouter les autres en silence. Malgré mes efforts, il reste un niveau de bruit incompressible.
	L’enseignant doit faire un travail sur lui-même pour accepter sereinement le regard parfois négatif de son environnement et sa propre culpabilité.
	- Combattre le bavardage, c’est d’abord commencer par donner l’exemple et ensuite rester vigilant à toute une série de comportements chez soi, comme chez les autres : apprendre à parler à son tour, ne pas interrompre l’autre ou bannir les discours superposés.
	Il faut du temps à chaque classe pour comprendre les règles et la façon dont elles sont appliquées par chaque professeur. Mais quand le cours est motivant et que le professeur suscite le respect, en respectant lui-même ses élèves, il me semble que cela doit marcher. Enfin, tous les témoins de ce dossier insistent lourdement sur la formation du corps enseignant en termes de gestion de groupe, qu’ils estiment très insuffisante et inadaptée à la réalité du terrain. Tous déplorent un manque de formation continue, de suivi et de cadre. En réalité, ces derniers demandent simplement une plus grande écoute. Car sans elle, il est impossible d’obtenir la parole.        
	
	Bibliographies :
	Pour être à l’écoute de nos enfants, Jacques Salomé, psychosociologue et écrivain.
	Le bavardage, parlons-en enfin, Florence Ehnuel, professeur agrégée de philosophie.
	La réforme de la pensée, Edgar Morin, sociologue et philosophe.
	L’expérience des élèves et des enseignants dans une institution en mutation, Aziz Jellab, professeur de sociologie.
	Sur le bavardage, traité de Plutarque, historien et penseur grec.
	La vie de classe ou l’apprentissage de la vie,
	Marie Legrand, professeur de lettres, article paru dans la revue Argos (n° 26, déc. 2000)
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           <title>La rente censure l'art de la compétence des algériens</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 18 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	«Le prix c'est ce que l'on pai, la valeur c'est ce que l'on reçoit » W. Buffet 
	La jeunesse algérienne représente la catégorie sociale la plus significative, mais aussi la plus idiopathique. Cette jeunesse devrait, par principe, incarner le moteur dynamique de tout changements se rapportant au contexte social, économique, politique, culturel et sportif. C’est le vecteur le plus puissant pour toute mutation de société conçue dans les deux sens dont le péjoratif prime actuellement.

	Notre jeunesse se personnalise par cette allongement de la durée des années d’études, se distingue par le recul de l’âge du mariage et se spécifie dans une entrée très difficile et même trop tardif dans la vie active et se marivaude inutilement dans une culture inféconde sinon décadente tout cela dans un contexte ou la bureaucratie, la corruption, l’immoralité, la perte de repères (valeurs, normes) sont les règles pour des modes de fonction. La jeunesse de notre pays se trouve démunie, repousser et soustraite, pas de boulot, pas d’argent, pas de logement, pas de lot de terrain, pas de suite pour une suite, pas de moyens pour fonder une famille et pas d’Etat qui l’a prenne en charge sinon un pouvoir qui l’utilise comme appât pour une quatrième mi-temps.

	Ces paramètres réels indiqués ont une influence ou plutôt une compénétration qui représente les causes principales des fléaux qui se sont développés dans notre pays (M’harga; harraga, chômage, immolation, drogue, psychotrope, délinquance, informel, alcoolisme, kidnapping, prostitution...) et que les premiers responsables de l’Etat algérien ignorent ou font semblant d’ignorer, dans tout les cas point de solution, ni d’issues pour cet état de fait.

	Cette tranche d’âge si on s’amuse à mieux regarder et de plus près, elle n’est ni une catégorie d’enfance, ni une classe d’adulte par conséquent elle n’est pas autonome encore moins dépendante, c’est une tranche d’âge vivante dans le sens du dynamisme mais aussi fragile capable de basculer de l’intégration, de la socialisation, à la marginalisation et même vers la forclusion. Cette jeunesse devrait en principe gérer son adolescence en premier avec tous les sentiments qu’elle puisse incarner et exprimer pour retrouver ce désir de liberté dans le sens social; cette nécessité sensée pour garantir le chemin social, économique, culturel et sportif d’avenir.

	Devant cet état de fait, seul le sociologue (mis à l’écart par les rentiers) est en mesure de nous élucider encore plus face à leurs situations. Ces circonstances sont localisées dans un contexte propre à l’Algérie où la logique, la morale, le cohérent, le discursif, le rationnel et le déductif ne semblent pas faire partie comme mode de gestion de ce pouvoir. Ce pouvoir autiste possède une culture de l’avoir et sa continuité se persévère grâce à la rente pétrolière, ne possédant point de culture de savoir, ne connaissant que dalle sur ce que c’est un modèle de développement.

	Le modèle est par définition semblable à un plan que l’architecte prépare avant de construire sa maison. Ce pouvoir ne sait pas aussi ce que veut dire un projet de société donc point de savoir ? Et rien que de l’avoir !
	Le chômage effectif, réel ou déguisé, n’est pas quantifié, l’importation se fait en containers de pierres (vus à la tv) jusqu’à la pointe de l’aiguille, on ne fait qu’acheter avec cette rente pétrolière, nous ne produisons plus rien sinon on implémente des montages de futilités avec des taux d’intégration dépassant les 100% pots-de-vin inclus bien sûr. Le contexte algérien favorise très bien le container à l’entreprise productrice de valeur (coûts comparatifs de l’économiste Ricardo).

	Devant cet état de fait le chômage ne peut être éradiquer en l’absence de production de valeur ajoutée. Le gouvernement d’hier et d’aujourd’hui ont mis en place des dispositifs plus bureaucratiques pour la création d’emplois et donc de valeur ajoutée.
	Afin de lutter contre l’exclusion socio-économique des jeunes, leur fournir un marché de travail propre à eux, avec l’instauration de courtiers selon une certaine fragmentation établie par deux ministères (ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale et le ministère du Travail et de la Protection sociale) le premier : l’Agence national de l’emploi (ANEM) ce dispositif que les jeunes surnomment «notre part du pétrole que le président de la République nous a octroyé».

	Unique en son genre une gratification ou présalaire de 12 000 DA pour une fonction «ragda oua t’manger». Pour la seule commune de Benisaf, sa population est estimée à 35 000 habitants. On recense 1340 anémistes (ceux qui ont un contrat avec l’ANEM). L’Algérie compte prés de 37 000 000 habitants, le nombre d’anémistes devrait être selon une règle de trois de 1 416 571 anémistes algériens; soit une dépense de 16 998 852 000 DA/mois ou bien 203 986 224 000 DA/an qui serait distribuée sans contre partie (bonjour Madame l’inflation !!!) et sans compte à rendre, et j’en passe pour la Caisse d’assurance chômage (CNAC), l’Agence de développement social (ADS),  l’Agence de soutient à l’emploi (ANSEJ), l’Agence nationale de gestion de la micro entreprise (ANGEM) et peut être d’autres dispositifs sans citer le social jusqu’à ce que l’on trouve le meilleur pour de bon devant détrôner tout ces dispositifs l’informels ?

	Tous ces dispositifs spécialisés sont établis pour mettre en place un mode de gestion spécifique dans le marché de travail qui permettra d’améliorer, de changer ou de stabiliser le statut social de cette jeunesse afin d’y croire, d’espérer et de voir une lueur au bout de ce sombre tunnel. Malheureusement la bureaucratie, la corruption, le clientélisme, la déliquescence, la dépravation, l’immoralité, malversation, pestilence, prévarication ne peuvent régenter que dans l’arbitraire source de tous les vices, tous les maux .
	Dans un état de droit où la transparence la compétence et le savoir les problèmes sociaux des jeunes sont pris en priorité pour avoir le plus vite que possible les solutions qui satisfassent les jeunes, le pays par la création d’emploi et de valeur ajoutée.

	Devant toute cette panoplie de dispositifs, ils (les divers gouvernements) n’ont pas permis de résorber le chômage, par manque de croissance réelle, de transparence... Des contraintes réelles et sensées ne sont pas prises en compte, par contre l’informel s’est développé plus vite que ces dispositifs sans que les gouvernements (d’hier et d’aujourd’hui) n’ont prit la peine pour assainir ce contexte malsain économique-politique-social-culturel-sportif) dans le but d’une meilleure réussite dans le domaine de l’emploi de création de valeur et de croissance suivie de la naissance d’une culture nouvelle basée sur de la moralité du travail, malheureusement la bureaucratie, la corruption et autres méfaits ont bien réalisé l’affaire pour que rien ne marche et cette volonté de blocage (péage pour toute opération administrative) est plus importante.

	On a distribué aux jeunes des camions et des locaux mais aucun des outils de création, la rente est là, on importe et puis on spécule, vivement l’informel pour ceux qui ne savent pas penser que créer est un art qui naît de la compétence et produire est une culture qui naît de la bonne volonté. La véritable richesse de la jeunesse est bien le travail que les rentiers censurent ! ]]></description>
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           <title>Affaire du MCA : des sanctions regrettables</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 18 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Maintenant que le verdict est tombé et que la décantation s’est opérée, il est important d’examiner la situation avec objectivité et sérénité. 
	L’abattage médiatique sur cette affaire est l’œuvre de personnes connues dans le milieu des médias et du monde sportif. Ils ont poussé le bouchon jusqu’à proposer des sanctions sans aucune retenue avant même que la commission de discipline ne siège.
	Ces spécialistes de l’incitation ont toujours excellé dans l’art d’allumer la mèche et de jeter de l’huile sur le feu. Ce qui est certain, cette affaire les a mis à nus et ils seront dévoilés au moment opportun car leur nuisance pour le sport algérien est avérée.
	Dans le traitement de cette affaire, l’empressement a pris le dessus sur la sagesse qui normalement devait animer les responsables de la Fédération et c’est la raison pour laquelle les sanctions prononcées dépassent l’entendement.

	Nos responsables de la Fédération ont-ils eu la présence d’esprit d’étudier la question sous tous ses angles pour dire s’il y a réellement transgression de la loi dans pareille situation ? Pour cela, examinons la question au double plans : moral et du droit. Au plan moral, staff et joueurs ont affirmé qu’il n’existe aucune arrière pensée vis-à-vis du Premier ministre et des invités d’honneur et ils l’ont prouvé en présentant leurs excuses via les média. Leur comportement a été dicté par leur frustration et surtout par le mauvais arbitrage, selon leurs affirmations.

	Sur ce plan, staff et joueurs peuvent effectivement être blâmés par le fait que leur acte est irréfléchi et ne répond à aucun objectif. Dans ce cas, ils doivent être blâmés et non sanctionnés. Au plan du droit, tout le monde est unanime pour reconnaître que cette situation est inédite et n’est prévue dans aucun texte réglementaire ou autre disposition législative; autrement dit, il est loisible de dire qu’une chose non-interdite est permise. Partant de ce postulat dont la logique est incontestable, il est donc permis à tout sportif de s’abstenir de recevoir sa médaille et en conséquence, il ne doit encourir aucune sanction .

	Vis-à-vis de l’employeur, staff et joueurs doivent être considérés comme des travailleurs à part entière, régis par la convention collective et le règlement  intérieur de la SPA ainsi que par la loi 90/11 relative aux relations de travail.
	Il demeure évident que cet arsenal réglementaire et juridique a prévu par degré, les sanctions à infliger aux travailleurs, par nature de fautes professionnelles commises ou d’indisciplines constatées sur les lieux de travail.
	Que peut reprocher à l’employeur, la décision d’une rupture de contrats unilatéralement ?Rien ne peut être reproché ni au staff ni aux joueurs.

	Le grief d’incitation à l’indiscipline dont ils sont accusés, non pas par leur entreprise mais par la fédération, doit être prouvé. Ce n’est pas le cas et combien même cette faute aurait été commise, elle sort du cadre professionnel, autrement dit, de la relation de travail car les missions contractuelles dévolues aux staff et joueurs consistent à entraîner et s’entraîner et de participer aux rencontres. S’il y a incitation à l’indiscipline, elle doit être circonscrite dans ce seul cadre, sinon, il ne peut s’agir que d’un licenciement abusif.

	Aussi, avant que l’employeur ne s’empresse de rompre les contrats, il  aurait fallu qu’il examine leur teneur car le contrat constitue la loi des parties. Par ailleurs, il n’y a jamais eu de cas où lorsqu’un joueur ou entraîneur a fait l’objet d’une sanction par la Fédération, il est également et systématiquement condamné par son employeur; il n’y a aucune logique, tout au contraire, l’employeur est tenu de protéger et de défendre ses travailleurs par tous les moyens que lui confère la loi.

	Ce qui est regrettable également, c’est que face à l’absence de textes sur lesquels pouvait s’adosser la commission de discipline, elle a usé du subterfuge de mettre à contribution le rapport exagéré  du commissaire du match pour compenser ce vide juridique et prononcer des sanctions irréfléchies et inacceptables.

	Enfin, il est évident que le maintien de ces lourdes sanctions ne pourra que ternir l’image de notre Fédération et briser la carrière des personnes concernées et nous sommes convaincus que ce n’est pas le but recherché de nos instances chargées de la gestion du sport.

	Néanmoins, il n’est pas encore trop tard pour remédier à cette situation en réhabilitant l’entraîneur et les joueurs concernés car ils ont prouvé leur dévouement et leur abnégation envers leur pays contrairement à ceux qui sont montés aux créneaux dont le passé est douteux et qui disposent d’un pied en Algérie et d’un autre en outre-mer.  ]]></description>
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           <title>Anesthésie-réanimation : une discipline à renforcer</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Thu, 16 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 16 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Un sit-in de médecins se serait tenu à Oran (El Watan du 2/5) pour «protester contre la mise à mort de la discipline Anesthésie-Réanimation». Devant cette étrange façon d’argumenter sur une question professionnelle, scientifique et pédagogique, je souhaite apporter ce commentaire. 
	1- La discipline et le cursus d’Anesthésie-Réanimation doivent être non seulement poursuivis, mais renforcés, et c’est ce qu’aurait dû faire le Comité pédagogique national, qui ne s’est, hélas, pratiquement jamais réuni sans que cela gêne les acteurs et les responsables. Les milliers de spécialistes formés depuis trois décennies attestent de la vitalité et du sérieux de la formation.
	C’est un succès que personne ne peut remettre en question ou «mettre à mort». Il faut juste reconnaître que nous devrions être capables d’adapter les offres de soins à des demandes qui ont nécessairement évolué. Si cela n’avait pas été le cas dans les années 70 et 80, ni la réanimation ni l’anesthésie-réanimation n’existeraient aujourd’hui.

	2- Le ministère de la Santé a établi, en 2010, un constat accablant sur la désertification en matière de réanimation médicale, en partie parce que l’objectif des soins intensifs pluridisciplinaires strictement médicaux a été occulté par l’énorme demande pré, per et post anesthésique des structures de chirurgie et aussi par le fait que l’anesthésie-réanimation est très demandée par le secteur privé alors que la réanimation ne s’exerce que dans la pluridisciplinarité du secteur public.

	3- Or la réanimation médicale en Algérie a existé avant l’anesthésie-réanimation et c’est à partir de trois ou quatre services de réanimation que l’anesthésie-réanimation s’est développée jusqu’à couvrir tout le territoire national depuis les CHU jusqu’aux structures de santé locales. Mais dans le même temps, aucun nouveau service de réanimation n’a été créé depuis les années 1980.
	D’où le constat sur le déficit en structures de réanimation médicale et sur le déficit en personnel strictement dédié à cette profession dont les progrès mondiaux sont rapides.

	4- Il n’y a pas eu non plus de développement de la gigantesque demande en anesthésie-réanimation et en soins intensifs de pédiatrie et de néonatalogie, quand on sait que l’ONS annonce un million de naissances pour l’année prochaine et qu’il n’existe qu’un seul hôpital pour enfants. Le développement de la chirurgie pédiatrique (et d’autres spécialités chirurgicales plus récemment) a-t-il mis à mort la chirurgie générale ?

	5- D’où la proposition que, tout en poursuivant et en renforçant le cursus d’anesthésié-réanimation, des programmes d’anesthésie-réanimation infantile soient entamés et que le cursus de réanimation médicale, qui n’a jamais été supprimé officiellement, soit repris là où c’est possible. C’est une idée juste qui ne fait que renforcer les efforts de formation médicale spécialisée et la performance des hôpitaux. Elle ne peut d’ailleurs aboutir que grâce à la coopération de toutes les compétences nationales, particulièrement d’anesthésie-réanimation, et ce ne serait qu’un juste et moral retour des choses, puisque c’est la réanimation médicale en Algérie qui a porté l’anesthésie sur les fonts baptismaux.

	6- Voilà un projet du ministère de la Santé qui a été adoubé par le ministère de l’Enseignement supérieur et discuté, de façon sérieuse et respectueuse par les services désireux de travailler à sa réussite et non pas d’assister, dans l’indifférence, à l’inexorable déclin, voire à l’extinction de la réanimation, pendant que d’autres s’investissent, c’est leur droit — sinon leur morale — dans l’investissement, au sens propre et figuré, privé.                          ]]></description>
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           <title>Gestion des otages : une (nouvelle ?) doctrine française</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
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           <pubDate>Wed, 15 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 15 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Aux dossiers des otages du Sahel dont le président François Hollande a hérité et qui se règlent aujourd’hui dans le massif
	des Ifoghas, d’autres se sont encore ajoutés. 
	Nous avons deux devoirs : libérer nos otages et libérer le Mali des terroristes». Cette déclaration du président français, François Hollande, trois mois avant le déclenchement de l’opération Serval sur le Mali, vient poser une toute nouvelle équation dans l’approche française du règlement des prises d’otages. Les objectifs de guerre au Sahel – chasser les groupes terroristes qui occupent un territoire souverain – rejoignent ici des objectifs de sauvetage – récupérer les otages en vie – dans un même usage de la force et contre un même ennemi.

	De cette équation, la négociation est exclue au profit de la confrontation. Loin d’être une posture, cette position confirme un virage stratégique entamé à la fin du mandat du président Nicolas Sarkozy, mais en franchissant une étape supérieure.
	Contrairement aux opérations militaires, qui avaient été jusque-là initiées dans ce but, la libération des otages n’est pas ici l’enjeu de l’entrée en guerre de la France et du recours à ses armées, mais une finalité reléguée au rang de possible aboutissement collatéral, une fois les autres objectifs atteints.

	A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy avait déjà ordonné l’usage de la force pour mettre un terme à une prise d’otages. Mais cette option était toujours présentée en deuxième choix, une fois que celle de la négociation, toujours privilégiée, s’avérait épuisée ou inopérante. En août 2010, Michel Germaneau, un humanitaire de 78 ans enlevé par Al  Qaîda dans les pays du Maghreb islamique (AQMI) en avril 2010 dans le nord du Niger, était assassiné, en représailles à l’opération militaire franco-mauritanienne pour tenter de le libérer.

	Cette stratégie choisie de fermeté, présentée par le chef de l’Etat comme un «tournant majeur», voulait marquer une rupture avec une «tradition» française, autant qu’européenne, dans la gestion de ce dossier. Désormais, «payer des rançons et accepter de libérer des prisonniers en échange de malheureux innocents ne peut pas être une (bonne) stratégie», avait-il alors martelé, défendant une ligne qui devait dorénavant être celle de la France .

	L’opération conjointement menée en janvier 2011 par les forces nigériennes et françaises pour tenter d’intercepter le convoi transportant deux jeunes Français qui venaient d’être enlevés à Niamey venait confirmer ce «tournant», avec cette variante : l’attaque préventive. L’objectif est bien d’intervenir en s’appuyant sur les armées locales, mais avant qu’ils ne parviennent jusqu’au sanctuaire du Nord Mali, afin d’éviter à la France de se retrouver dans une configuration de négociation. Et d’assumer de risquer la vie des otages. Preuve que la nouvelle doctrine reste soumise à la règle de l’exception, la gestion du dossier Areva/Satom trouble la ligne de fermeté affichée.

	Trois des sept expatriés de ces sociétés enlevés par AQMI le 16 septembre 2010 sur le site d’extraction d’uranium d’Arlit au Niger sont libérés cinq mois plus tard. Malgré les dénégations officielles, plusieurs témoignages viennent conforter les premières allégations de tractations menées par la France, via les deux entreprises concernées, aboutissant au versement d’une rançon. Les nouvelles autorités françaises ont très tôt fait savoir que leur détermination à libérer les otages serait aussi forte que leur refus d’y parvenir par des contreparties accordées à leurs ravisseurs.

	Plus encore par le versement de rançon, qui vient financer la prochaine action contre la France. La menace pressante d’une sanctuarisation du Nord Mali – ouvrant la voie à un «Sahélistan» selon l’expression du ministre des Affaires étrangères et européennes, Laurent Fabius, justifie l’activisme de la France au Conseil de sécurité pour obtenir une résolution autorisant le recours à la force, au même titre que la restauration de l’ordre constitutionnel à Bamako et l’intégrité du territoire malien.

	Aux dossiers des otages du Sahel dont le président François Hollande a hérité et qui se règlent aujourd’hui dans le massif des Ifoghas, d’autres se sont encore ajoutés.  A la faveur du chaos malien, puis de l’intervention française, la France a vu le nombre de ses otages atteindre, avec la famille (trois adultes et quatre enfants) enlevée dans le nord du Cameroun le 19 février dernier, le chiffre record de 15 ressortissants, tous retenus sur le sol africain.

	L’attaque menée par le groupe de Mokhtar Bel Mokhtar sur le site gazier d’In Amenas le 16 janvier 2013, a fourni l’occasion aux autorités françaises d’assurer l’intangibilité de la ligne choisie de fermeté à l’égard de ces pratiques. Apportant son soutien au choix
	— controversé — d’intervention des forces algériennes, le Président a réitéré qu’«il ne pouvait pas y avoir de négociations avec les preneurs d’otages» car «face au terrorisme, il faut être implacable».

	En réalité, la vraie nouveauté «tactique» introduite par les autorités françaises sous la présidence Hollande a consisté à désolidariser le traitement de la question des otages des choix de la France en matière de politique extérieure. Mais aussi de leurs éventuelles conséquences : l’attaque d’In Amenas, comme la dernière prise d’otages au Nord Cameroun ont été soigneusement dissociées dans le discours officiel du contexte de l’intervention française au Mali…

	L’annonce, début mars, par les autorités tchadiennes de la mort des deux hommes forts d’AQMI au Sahel, Abu Zeid et Mokhtar Belmokhtar, si elle était avérée, n’augure pas un sort plus favorable aux otages qu’ils détenaient. Comme il ne signera pas davantage la fin de la guerre : d’autres lieutenants qui leur étaient proches peuvent être tentés de prendre la place laissée vacante et d’affirmer leur autorité en organisant des opérations de représailles contre la France comme autant de faits d’armes pour asseoir leur légitimité.

	  ]]></description>
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           <title>Le wahhabisme et sa volonté de dominer le monde arabo-musulman : une menace en Méditerranée ?</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sun, 12 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Huntington avait tort. Le clash prévu ne concerne pas les civilisations entre elles, mais s’applique au moins, aujourd’hui, au sein même de l’islam dans le monde arabo-musulman. 
	Ce sont des composantes archaïques et rétrogrades du monde musulman qui tentent d’imposer leur loi à d’autres croyants musulmans, dont la foi s’exprime de façon différente, visiblement plus sereine, ouverte et humaniste, tout en affichant leur respect des préceptes du Livre saint. Il convient de s’alarmer de cette situation soutenue par des stratégies d’influence venues d’un ailleurs étranger à la région méditerranéenne, car elle constitue une menace tant pour les pays visés que pour leurs voisins, y compris non musulmans.

	Le constat

	Les révoltes arabes ont fait naître, dans les pays qui ont connu le renversement de leur régime politique, un grand espoir de liberté, de dignité et d’émergence de la capacité égale des citoyens de participer aux choix politiques qui président à leur destin. Dans les faits, ces révoltes ont conduit à l’accession au pouvoir de mouvements politiques islamistes qui se sont révélés répondre à une certaine aspiration des citoyens à moins de corruption, à plus d’équité ainsi qu’à un renforcement de la valorisation de leur identité arabo-musulmane. Il est certain que cette région, qui depuis les indépendances a connu la domestication du fait religieux par les pouvoirs autoritaires,  éprouve une religiosité intrinsèque qui la met en résonance avec les démarches de certains pays du Golfe arabe, prônant le retour aux sources de l’islam et la rend vulnérable aux instrumentalisations extérieures. La chaîne Al Jazeera et son prédicateur vedette, Al Qaradawi, en constituent l’un des vecteurs(1).

	Deux ans après les premiers soulèvements, force est de constater que ces bouleversements ont, avec la complicité active des nouveaux gouvernements ou en raison de leur incapacité à contrôler les ailes les plus dures de leur parti, ouvert la porte à des composantes politiques le plus souvent brutales et violentes, drapées dans leur version du religieux pour promouvoir un retour à un passé idéalisé sans rapport avec les réalités actuelles. Ces composantes, sous des formes diverses(2), y compris djihadistes, se réclament toutes du wahhabisme(3), mouvement politico-religieux saoudien fondé par Mohammed ben Abdelwahhab, qui estimait que l’islam devait être ramené à sa forme originelle, selon son interprétation du Coran et des Hadiths, différant ainsi des autres doctrines de l’islam, très largement majoritaires. Les wahhabites rejettent tous les autres courants de l’islam qu’ils considèrent comme hérétiques.

	En Tunisie, Libye, Egypte, Syrie, à des niveaux divers et en fonction des situations politiques, nous observons :
	- L’établissement de régimes autoritaires sous l’impulsion des islamistes prônant ou favorisant les règles et usages wahhabites et/ou lutte des milices islamistes armées contre le pouvoir, élu comme en Libye ou imposé comme celui d’Assad, tout en s’affrontant aux autres composantes laïques ou non wahhabites pour imposer leur domination.
	- L’apparition de brigades réprimant des comportements jugés non conformes aux critères wahhabites, pourchassant les attitudes jugées licencieuses entre hommes et femmes.
	- La destruction de mausolées, d’églises ou de mosquées non rattachées au wahhabisme, le squat de mosquées, la condamnation des fêtes et célébrations religieuses de rite malékite, l’agression contre les manifestations artistiques et festives sortant des codes salafistes.
	- Des actes violents allant jusqu’à l’assassinat de personnalités progressistes, des actions contre des manifestants non religieux et des incidents dévoilant l’existence d’armes et de mouvements terroristes se réclamant du djihadisme.
	-L’accroissement des actions d’intimidation et d’humiliation contre les étrangers, les chrétiens, spécifiquement les coptes, les juifs, mais également contre les chiites, les alaouites, les soufis.
	- La prolifération des conférences de chouyoukh wahhabites, la création d’associations religieuses fondamentalistes, la multiplication de prêches salafistes, la multiplication des visites de chouyoukh du Golfe, tout cela dans des régions de tradition  étrangère au wahhabisme.

	Les pays n’ayant pas connu de révoltes subissent également cette volonté de domination wahhabite. Au Bahreïn, l’Arabie Saoudite et les autres Etats du Golfe conduisent une répression meurtrière contre un mouvement de protestation chiite  opposé au pouvoir sunnite minoritaire. La monarchie saoudienne a volé au secours de son allié, prétextant de l’instrumentalisation de la rébellion par  l’Iran chiite et craignant sans doute de voir s’exacerber l’opposition chiite dans le royaume wahhabite. Le Liban est depuis longtemps confronté à cette pression qui s’exerce le plus souvent à travers les camps palestiniens à Tripoli, bien sûr(4), mais aussi en d’autres sites.

	Au Sahel, plus précisément au Mali, ces mouvements, sous le drapeau de milices islamistes alliées à des bandes de trafiquants ou de terroristes se réclamant en partie d’Al Qaîda, ont élargi leur zone d’action. Après avoir conquis le nord du pays, le soumettant à des règles rétrogrades appuyées sur une vision de la  charia interprétée dans son acception la plus archaïque, ces mouvements ont entrepris d’occuper le Sud en détruisant, au passage, les fondements identitaires et religieux des populations locales : destruction des mausolées et de documents historiques et religieux, application brutale de la charia dans une version fondamentaliste étrangère aux us locaux, etc.

	Le Maroc, peu après l’explosion des révoltes arabes en 2011, a été démarché pour rejoindre le club des monarchies arabes du Golfe : le Conseil de coopération du Golfe. La Jordanie, elle-même épargnée par ces révoltes jusqu’à aujourd’hui, plus perméable sans doute aux influences du Golfe, faisait acte de candidature spontanée au Conseil de coopération du Golfe arabe (CCEAG).

	L’Algérie, où le régime a su se préserver du mouvement des révoltes arabes, à la fois pour des raisons liées à son histoire récente mais aussi compte tenu des structures du pouvoir, semble également sous la pression de cette volonté dominatrice wahhabite. Elle se retrouve désormais avec des combattants salafistes rescapés des combats internes des années 1990, notamment dans le Sud, sur ses frontières avec le Sahel, et ceux-ci ont fait la liaison avec les mouvements opérant hors de ses frontières. Néanmoins, si des tentatives de créer un parti d’obédience wahhabite sont apparues, celles-ci ne semblent pas en mesure d’atteindre leur objectif.
	Ces divers événements ne peuvent pas être innocents et il est difficilement imaginable qu’ils ne soient pas reliés. Ils relèvent d’une même dynamique. Quelle stratégie sous-tend ces démarches ? A partir de ce constat, il est difficile de ne pas identifier une volonté stratégique qui peut s’exprimer selon les trois priorités suivantes :
	- Tout d’abord, sous couvert d’un retour à la «vraie foi», soumettre les populations à des exigences reposant sur une interprétation archaïque des textes fondamentaux et ainsi, à travers ce carcan qui règle le quotidien de tous les instants, étouffer toute velléité des individus de recherche d’autonomie, de libre arbitre et d’ouverture au monde(5). Les concepts mêmes de démocratie, de droits de l’homme, d’équité homme-femme, de liberté de conscience, d’égalité entre les êtres humains sont de facto hors la loi.
	- Ensuite, imposer la loi divine selon son interprétation wahhabite comme seule et unique référent du pouvoir. Ainsi, les autres expressions de l’islam étant écartées, le pouvoir est étroitement lié à la source du wahhabisme, ouvrant la voie à un califat musulman englobant le monde arabo-musulman, voire plus si affinités, qui assure la domination religieuse et donc politique par cette source(6). Le danger de la reproduction des révoltes nées dans des pays non féodaux est ainsi écarté(7).
	- Si les monarchies ont, semble-t-il, constitué des remparts contre les soulèvements, il convient aussi de s’assurer qu’elles ne puissent pas être contaminées par l’émergence de ce si mal nommé Printemps arabe. Pour cela, il est imaginé de rassembler ces monarchies dans une alliance(8) qui aurait pour avantage de regrouper les  pays à faible démographie du Golfe avec d’autres, plus peuplés, au Maghreb ou au Proche-Orient, pour faire bénéficier l’ensemble non seulement de la disponibilité de masses humaines mobilisables, mais aussi de moyens militaires organisés et entraînés de leurs forces armées.

	Cette stratégie n’est évidemment pas affichée, d’autant plus qu’elle est l’objet d’une concurrence entre l’Arabie et le Qatar(9), qui jouent cependant la même partition pour leur bénéfice propre et pour celui des Etats-Unis : le containment de l’Iran. Ces Etats poursuivent des politiques différentes avec des partenaires parfois distincts(10) et des priorités occasionnellement divergentes(11), mais étroitement déterminées par les rapports existant entre ces pouvoirs et les oulémas qui sont sensiblement différents.  Elle est d’ores et déjà dénoncée par les responsables les plus éclairés. Cela apparaît dans des travaux  universitaires(12), des déclarations politiques ou sur des sites internet dont nombreux sont l’émanation de musulmans qui s’insurgent contre ce qu’ils vivent comme une violence faite à leur propre foi : «Ce groupe (les wahhabites) qui se nourrit d’ignorance dans la croyance, d’extrémisme dans le dogme et de violence dans l’action, ne réussit à diffuser sa propagande que grâce aux richesses des pétrodollars.»

	(13) Mais il est plus pertinent de faire référence à des hommes de religion, tel le cheikh Chemseddine Baroubi Al Jazaïri, célèbre imam algérien, qui n’hésite pas à mettre en garde les Tunisiens contre «l’invasion du wahhabisme»(14 ). Il est aussi possible d’évoquer la création, le 31 janvier 2013 à Alger,  de la Ligue des oulémas du Sahel destinée à «combattre l’extrémisme, le fanatisme et la criminalité» et  à «trancher les questions de la religion et éviter ainsi le recours à des canaux et des pensées qui sont loin de refléter notre ouverture sur le monde, notre pratique religieuse et nos références théologiques». Les conclusions de cette rencontre fondatrice dénoncent ainsi «les crises qui touchent le monde musulman constituent une atteinte à ses références religieuses, à son unité territoriale et à ses principes fondamentaux»(15).Une stratégie apparaît donc, visant à imposer une certaine vision obscurantiste de l’islam, une domination religieuse et donc politique par une seule source de pouvoir et enfin un modèle unique de gouvernance monarchique pour le monde arabo-musulman.

	Qui soutient ces modes d’action ?

	Cependant, ces modes d’action nécessitent des soutiens financiers puissants, à la fois pour recruter des hommes, combattants(16) ou militants, mais aussi pour disposer de moyens logistiques, d’armes et de relais. Ces soutiens, évidemment discrets compte tenu à la fois de leurs objectifs peu avouables et de leurs méthodes d’intervention, ne dédaignant de plus ni la violence ni le terrorisme, sont délicats à identifier.

	Compte tenu des stratégies évoquées, il est aisé d’imaginer où se situent les centres fournisseurs de soutien.
	Ils sont d’ailleurs régulièrement évoqués dans la presse, tant lors des commentaires sur les attentats du 11 septembre 2001, que lors des révoltes arabes ou de l’intervention au Mali.
	De fait, les fonds mis à disposition ne relèvent pas forcément de la puissance publique officielle, mais d’initiatives prises par des hommes qui se trouvent plus ou moins proches du pouvoir (17 ).
	Ce soutien, venant du Qatar ou d’Arabie Saoudite est, par nature, très discret. Il a été régulièrement dénoncé en Tunisie, comme s’exerçant auprès des salafistes, en Libye au profit des milices de l’Est, en Egypte à l’avantage du parti Al Nour, en Syrie en appui aux Frères musulmans et à diverses autres mouvances, armées ou non, comme Jabhat Al Nosra ou Ahrar Al Sham encore plus radicaux, etc.

	Ce soutien est également observé au Mali au profit  de Ançar Eddine (proche d’Al Qaîda au Maghreb islamique) et du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Il n’est pas inintéressant de relever que le Qatar, dont la section du Croissant-Rouge a été particulièrement active au Sahel, est l’un des rares pays à avoir déclaré officiellement son opposition à l’intervention armée française, au profit et à la demande du Mali confronté à une tentative de conquête par une alliance de circonstance de mouvements terroristes, mafieux et islamistes.

	D’autres voies, plus transparentes, permettent également ce type de soutien à travers l’aide à la construction d’édifices et de centres religieux à l’étranger, dans lesquels est souvent prêché le wahhabisme, ou le financement de chaînes de télévision pratiquant également le prosélytisme(18). Des bourses sont généreusement attribuées à des  ressortissants arabes, invités à étudier la religion islamique dans les universités, dont «une fois diplômés, la grande majorité de ces étudiants, sous influence wahhabite, rentre prêcher cette version de l’islam dans leurs pays respectifs, tandis que les meilleurs d’entre eux deviennent des salariés du royaume  saoudien». Même s’il est difficile d’apporter des preuves tangibles de ce soutien aux mouvements d’inspiration wahhabite, il est évident que la multiplicité des soupçons, sur des théâtres aussi divers que la Tunisie, la Syrie, la Libye ou le Mali, ainsi que les faisceaux de présomption reposant sur les prises de position  officielles ou d’organismes liés aux pouvoirs, constituent des éléments convaincants étayant la crédibilité de cette volonté.    

	Quel danger pour le monde euroméditerranéen ?

	Au demeurant, il est légitime de s’interroger sur l’importance que cette stratégie peut avoir sur les intérêts français et plus largement européens car à défaut de menace, voire de risques, la question pourrait apparaître aux Européens comme indifférente. Malheureusement, cela ne semble pas être le cas.
	- Tout d’abord, ces soutiens financiers profitent à des acteurs qui, bien qu’éloignés de l’Europe, agissent contre ses intérêts. C’est le cas des groupuscules fondamentalistes sectaires et potentiellement violents, notamment au Pakistan ou en Afghanistan, mais aussi en Afrique subsaharienne.
	- Sur le pourtour méditerranéen et dans l’Afrique francophone, les désordres, engendrés par cette volonté d’imposer la règle wahhabite aux populations, mettent en péril les intérêts européens, mais aussi l’existence même de liens historiques, tout en créant les conditions d’un accroissement important de l’émigration qui fatalement se dirigera majoritairement vers la France. Les déstabilisations qui en découleront, y compris du fait des échecs économiques attendus, seront propices à la défaillance des Etats et donc à l’émergence de zones en déshérence ou de non-droit, traditionnellement favorables  au développement de bases terroristes. La crise au Mali donne une illustration instructive de ce qu’aurait pu devenir ce pays, entraînant avec lui les pays frontaliers, vers un avenir de soumission à des règles archaïques, imposées par la violence, sans aucune tolérance pour les non-wahhabites et bien évidemment sans respect de la dignité ni des droits humains.
	- Sur le territoire français ou européen, les conséquences d’une immigration massive ne manqueraient pas de déstabiliser les équilibres sociaux déjà bien fragiles. Les liens familiaux existants avec les pays d’origine des citoyens européens arabes entraîneraient inévitablement de leur part des engagements partisans, sources de tensions internes entre mouvances immigrées, sans écarter l’accroissement du risque terroriste visant à infléchir les positions de la France dans telle ou telle direction.  Enfin, l’expansion dans nos populations d’une doctrine archaïque en tous points opposée(19) aux valeurs fondamentales de l’Union européenne et de la République, au détriment de l’islam traditionnel des pays d’origine de nos concitoyens arabes, n’est pas favorable au renforcement de l’harmonie du peuple français, et plus largement européen.

	La France et l’Europe, dans une mesure assez similaire, sont directement concernées par cette stratégie visant la soumission du monde musulman africain et proche-oriental à cette volonté wahhabite. Si cette stratégie devait atteindre ses objectifs, nous aurions à faire face à un renforcement des menaces pesant sur nos intérêts tant domestiques qu’internationaux. Nous serions également confrontés à un environnement immédiat fait de pays dépendants de pouvoirs éloignés, enfermés dans des rapports sociaux frustrants, intolérants à toute présence autre que celle  soumise à  leurs préceptes religieux et fermés aux influences étrangères.
	Certes, il est possible de trouver des exemples de situations de ce type déjà existantes et cela sans dégât majeur sur les relations internationales... Mais ces solutions sont-elles adaptables à des pays autrement plus peuplés et dont les ressources, même en supposant une aide venant d’ailleurs, sont totalement sous-dimensionnées pour pouvoir, comme dans les pays visés, satisfaire les  besoins des habitants ?

	En conclusion, il est temps d’interroger nos partenaires à l’origine de cette volonté stratégique et de leur faire valoir la nécessité de prendre en compte nos intérêts, de façon à trouver des solutions équilibrées et responsables qui nous permettent de poursuivre, dans la sérénité et sans accroître les risques auxquels nous sommes exposés, des relations sereines. Les arguments utiles à une telle négociation existent, mais mériteraient sans doute une concertation européenne, voire occidentale.

	Il est quand même paradoxal que la France entretienne un accord de défense, et des exercices d’entraînement quadriennaux fort coûteux(20), avec un certain pays qui est soupçonné d’agir contre nos intérêts. De même les Etats-Unis n’ont, semble-t-il, pas beaucoup modifié leurs relations avec l’Arabie Saoudite après les «attentats du 11 Septembre» et leurs alliances dans la région(21) sont souvent difficilement compréhensibles.

	A défaut, il suffira peut-être de s’en remettre aux sociétés du Sud. Celles-ci montrent déjà, notamment en Tunisie, Algérie et Syrie, qu’elles peuvent se dresser contre ces agissements si contraires à leurs traditions, à leurs convictions, à leur ouverture au monde et à leur foi. Avec le même souci, semble-t-il, la Turquie inquiète de la remise en cause des acquis de la révolte de la dignité,  multiplie les dons et conventions visant à renforcer les moyens d’action gouvernementaux en Tunisie.
	Mais une telle indétermination occidentale conduirait sans aucun doute, à l’occasion de ces rebellions pour la dignité,  à des dégâts humains moralement insupportables dans des pays qui nous sont si proches.
	
	
	  ]]></description>
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	Emprise du wahhabisme sur les jeunes du Monde arabe.
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           <title>Justice et égalité en Algérie</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 11 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Le phénomène de  la corruption et des scandales de pots-de-vin dans lesquels certains hauts responsables semblent impliqués placent l’Algérie à la croisée des chemins. 
	En effet, les hommes de pouvoir que ce soit ceux qui sont  actifs dans la présidence, dans le DRS ou bien dans l’appareil militaire  n’ont jamais été confrontés à une situation pareille et leur conscience n’a guère été, elle aussi, mise à l’épreuve pour établir un vrai bilan «général» de cinquante ans d’indépendance,   afin de trouver la voie qui sauve l’image et l’avenir du pays. Bien que l’intégrisme et le terrorisme soient considérés aujourd’hui comme le  phénomène le plus violent et le plus destructeur, il n’en demeure pas moins que la corruption et les versements de pots-de-vin à des responsables «politico-administratifs» pour décrocher un marché ou un travail produisent eux-aussi des conséquences plus dévastatrices  sur la stabilité du pays. N’est-il pas temps que la voie pour la vérité et la justice s’élève car seule celle-là peut construire le «consensus social» dont l’Algérie manque ?

	En outre, l’éclatement de ces «affaires de corruption» par une justice étrangère ne fragilise pas uniquement l’image externe de l’Algérie mais aussi celle de sa justice. Elle détruit, à l’intérieur, la morale du monde actif et les cadres dirigeants intègres et fausse entre autre, toute relation de travail professionnel pour faire fonctionner les organisations. Interpellé par des étudiants en sociologie pour leur expliquer ces scandales et leur rapport avec les théories philosophiques et sociologiques du contrat social, d’égalité des chances, de responsabilité sociale et de l’éthique humaine comme base pour construire l’Etat, je n’ai pas été capable de trouver l’argument objective pour me sortir de cet embarras. Comment dois-je faire ? De quelle manière dois-je aborder ce sujet complexe et accablant ?
	L’aborder par la primauté naturelle des intérêts privés et familiaux dans le système tribal maghrébin, tout en sachant pertinemment que le colonialisme ait bien sapé les bases nécessaires de la tribu ?

	L’aborder par la non maturité politique des dirigeants du mouvement national tout en sachant délibérément qu’il y ait des hommes honnêtes qui ont placé l’intérêt de l’Algérie avant tout  et ont réussi à s’unir pour réaliser une action commune malgré leur divergence ?  L’aborder  par un pouvoir patriarcal tout en sachant que tous les hommes de pouvoir aient fréquentés l’Europe et l’Amérique du nord pour voir comment  le modèle démocratique  a fait pour  réussi là où les autres régimes ont échoué ?  L’aborder pour dire que le régionalisme pèse toujours tout en sachant consciemment que les Algériens et les Algériennes souhaitent vivement intégrés  leurs territoires locaux malgré les différences pour construire le national ? Se taire et aller à autre chose n’est-ce pas la solution idoine ?
	«Oui, mais comment justifier cela ?» me demande ma  conscience. Je lui réponds : «Car je n’ai aucune réponse.» «Comment oses-tu passer à autre chose tout en sachant que l’obligation professionnelle exige de toi une réponse pour satisfaire la ‘‘soif’’ des étudiants», me répond-elle ?

	Dans cette situation perplexe, je me suis permis d’envisager une réponse en rapport avec l’utilité de la justice et de l’égalité pour pouvoir construire un Etat de droit.
	En effet, chercher la vérité pour établir une justice temporelle, était le souci des hommes qui ont construit des civilisations. L’exemple de la civilisation musulmane n’est pas à extraire de ce sens car son «âge d’or» était lié essentiellement à l’amour de la justice comme vertu humaine. Le débat libre entre les parties des différentes situations, organisait leur vie quotidienne pour que chaque abus ou dépassement  contraire aux règles préétablies puisse être  débattu et dénoncé publiquement afin que celui qui détient le pouvoir puisse prendre des mesures pour  redresser les abus. El Mawerdi, professeur à qui on a attribué le  surnom honorifique de «kadi par excellence» a bien décrit les qualités de l’homme de pouvoir, qualifié pour exercer un pouvoir juste. Il  a écrit :

	«Parmi les qualités requises de celui qui a cette charge, il faut que ce soit un homme considérable, à la main ferme, hautement respecté, d’une pureté de mœurs manifeste, de faibles appétits et très scrupuleux, car il a besoin dans cet office de la violence des gardiens de l’ordre (homât) et de la fermeté des kâdis, et il lui faut par suite réunir en sa personne les qualités de ceux-ci et de ceux-là et être en état, par l’importance de sa situation, de se faire obéir de l’une et de l’autre des parties. S’il est de ceux qui, comme les vizirs et les émirs, ont la main sur l’ensemble des affaires, il n’a pas besoin d’une investiture particulière pour cet office, que le pouvoir général dont il est investi lui permet d’exercer ; tandis que s’il est de ceux à qui n’a pas été confié un pouvoir d’ordre général, il lui faut, supposé qu’il réunisse les conditions précitées, une investiture spéciale. Celle-ci doit, pour être valable et quant il s’agit de la surveillance générale des abus, être conférée à ceux qui peuvent être désigné comme héritiers présomptifs ou vizirs de délégation ou émirs de province. Mais s’il ne s’agit que de mettre à exécution ce que les kadis sont impuissants à exécuter et de sanctionner ce pour quoi leur autorité est insuffisante, celui qui est choisi peut être moins élevé en pouvoir et en dignité, dés que son amour de la vérité lui fait mépriser tout blâme et que l’avidité ne le pousse point à réaliser des gains illicites.»(1)

	Dans ce cas, la justice temporelle comme exercice humain a bien été posée comme condition sine qua none pour organiser toute vie collective. Son histoire et son émergence ne s’inscrivent pas uniquement dans l’expérience singulière du modèle démocratique occidental que certains veulent nous faire croire, mais, paradoxalement, elle est l’outil fondamental de toute démocratie qui veut s’instaurer dans les différents autres pays,  malgré le peu de moyen économique et culturel qu’ils possèdent. Il suffit que les hommes aient le courage, la foi et la volonté pour construire une justice juste, valable pour toute personne qu’elle que soit sa place et son appartenance.
	L’histoire contemporaine de l’Algérie est tachée par des actes d’injustice. Il suffit de demander à nos vielles et nos vieux de nous parler des affres du colonialisme pour comprendre que le sang ait coulé dans cette terre à cause de l’injustice des colons. Il suffit de vivre dans des systèmes autoritaires pour comprendre que les formes de violence qu’a pu produire l’homme ne sont que des sentiments de désespoir pour trouver la voie de la justice.

	Dire la vérité pour que justice soit faite répare  l’acte incriminé aussi bien au niveau individuel que sociétal. Autrement dit, les inculpations que peut produire les outils de la justice ne visent pas essentiellement la punition. Au-delà de l’acte de punir, la justice incite les individus à vivre ensemble sous le toit de son droit et de ses règles. Cette institution fondamentale pour la production de la vie sociale, vise plus à atteindre l’acte de l’éducation civile que l’acte de punir. Ce dernier n’est imposé que pour  montrer aux autres les conséquences de tout acte contraire à sa règle. Imposer la loi de la justice à tout dépassement ou abus incite les autres à orienter leurs actes pour organiser la vie collective.  

	Ne pas punir les délits incite les autres à désorganiser la vie collective. Cela n’exige que le bon sens pour régler nos problèmes quotidiens afin de préserver l’Algérie.
	Actuellement, le pouvoir de l’argent enfonce l’Algérie dans les ténèbres et seule une justice autonome et efficace se basant sur le traitement égal de toutes les personnes sans aucune exception, peut éviter cette tragédie et inciter les Algériens(es) à intégrer l’ordre social selon les règles préétablies. Nul ne peut être au-dessus des règles de cette «institution publique» dont l’Algérie n’a jamais ressentie le besoin comme aujourd’hui.

	Par conséquent, les sommes colossales accumulées de la recette des hydrocarbures ne garantient en rien la sauvegarde de l’Algérie. Bien qu’elles soient en permanence, indispensables pour acheter la paix sociale comme disait l’ex-premier ministre, il n’empêche que l’exacerbation des conflits entre les clans du pouvoir ainsi que les appétits qui se sont ouverts pour s’enrichir illicitement, menacent non seulement la déperdition de la réserve monétaire mais plus encore, la sécurité du territoire national. Cette richesse est identique à celle d’un roi raconté par Ibn Khaldoun qui n’a qu’un temps pour vivre. L’auteur d’Al Muqaddima écrit : «Au début d’une dynastie, les revenus de l’Etat se partagent entre les tribus et la famille du roi, selon les services rendus, l’esprit de corps et leur utilité pour fonder le pouvoir… Le prince les laisse libres de s’enrichir à leur gré. En compensation, il espère les tenir en tutelle. Il les supporte, parce qu’il a besoin d’eux... Par suite, son entourage et sa cour, ses vizirs, secrétaires et clients sont généralement peu fortunés. Leur position dépend de celle de leur maître, laquelle est réduite par la concurrence des appétits des membres de son clan. Ensuite, le pouvoir royal se consolide et le monarque gouverne : il ne permet plus à quiconque de s’approprier plus que sa part des revenus de l’Etat. Ses partisans voient leurs portions se réduire, en même temps que leur utilité pour la dynastie. Leur influence est contrôlée, tandis que clients et affranchis se partagent, avec eux, le soutien donné à la dynastie et la consolidation du pouvoir. Le souverain dispose alors de la quasi-totalité des recettes fiscales.

	Il garde ses fonds et les tient en réserve pour des dépenses importantes. Sa richesse augmente. Son trésor se remplit. Son autorité s’affermit et il gouverne son peuple. En conséquence, son entourage et sa cour, le vizir, le secrétaire, le chambellan, le client et le garde du corps prennent de l’importance : ils amassent et s’enrichissent de plus en plus. Vient le temps de la décadence, avec la disparition de l’esprit de corps et l’extinction des tribus qui avaient fondé la Dynastie. Le prince a besoin de soutiens et de défenseurs, contre les séparatistes, les rivaux et les rebelles, pour le préserver de la catastrophe. Son argent va à ses alliés et à ses partisans… Il dépense ses trésors et ses revenus en tentative de restauration de sa puissance. En même temps, le revenu des impôts diminue, en raison du grand nombre de traitements et de dépenses… L’entourage du prince, le chambellan, les secrétaires, ne vivent plus à l’ombre du bien-être et du luxe, ils n’ont plus la même position et l’autorité du souverain se rétrécit… En conséquence, les victimes détestent le pouvoir qui, de son côté, perd l’appui de son entourage, des grands, des riches courtisans. Le glorieux édifice s’écroule en partie, privé du soutien de ceux qui l’avaient bâti. »(2)

	Cependant, la leçon à retenir de ce paragraphe est l’utilité d’une institution judiciaire publique et autonome qui contrôle, grâce à son propre pouvoir, le fonctionnement des hauts fonctionnaires qui construisent un esprit de corps en dehors de ses règles. Il faut dire que son absence n’a fait que reproduire les guerres des dynasties émergentes qui se sont entretuées pour avoir essentiellement les trônes du pouvoir. Cette scène  s’est perpétuée car la construction nationale n’a jamais été pensée sur la base d’une justice forte et autonome.
	En fin de compte, la mise en place d’une justice forte et autonome est considérée comme un outil pour améliorer les conditions du fonctionnement humain afin de les mettre sur la bonne voie. Cette voie trace en effet le chemin des  expériences qui peuvent construire un nouvel ordre social plus complexe que l’ancien. Sa présence et sa puissance sont indispensables car elles assaillent uniquement  les règles  et les pratiques qui  entravent le processus  qui peut construire le développement et le bien-être social.

	
	
	Références

	-1)- El Mawardi, 1982,  Les statuts gouvernementaux ou règle de droit public et administratif, traduit et annoté par, E.Fagnan, Edit, patrimoine arabe et islamique, Beyrouth-Liban.
	-2)- Ibn Khaldoun,Discours sur l’histoire universelle : Al Muqaddima. Traduction nouvelle, préface et notes par Vincent Monteil, T.02, Sindbad. 1967-1968, Beyrouth. pp 578.579.  ]]></description>
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           <title>Pour un projet présidentiel de transition vers la IIe République</title>
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           <pubDate>Sat, 11 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Les révoltes qui ont éclaté dans le Monde arabe en 2011 ont libéré tellement d’énergies, refoulées des décennies durant, qu’il est illusoire de croire que tout va finir par se tasser et les choses se calmer de sitôt ! 
	Pour preuve, la poursuite des événements en Syrie, deux années après leur entame, indique clairement que ce processus sera poussé jusqu’au bout, avec le risque d’accoucher d’une nouvelle géographie et de nouvelles entités étatiques ethniques et religieuses, en rupture intégrale avec la philosophie républicaine et la pensée humaniste qui dominent en Occident et qui font sa puissance.
	A l’opposé des dynamiques de regroupement et de consolidation des solidarités historiques, territoriales et politiques qui ont cours au nord du globe et qui ont conduit, entre autres, à l’unification de l’Europe qui tente ainsi de faire face à un monde en mutation accélérée, il est aisé de constater que dans le Sud, les pays d’Afrique et du Monde arabe se précipitent dangereusement vers le gouffre de la fragmentation et les divisions qui accentueront leur dépendance et conduiront à terme à leur «douce» recolonisation.

	La chute de Saddam Hussein en Irak et la partition du Soudan ont été les signes forts que le monde s’achemine résolument vers un changement profond et irréversible. Depuis, beaucoup de pouvoirs, accrochés désespérément à un modèle de gouvernance dictatorial, en déphasage avec le moment historique caractérisé par la lutte pour les droits de la personne humaine, ont précipité leur pays dans le chaos.

	
	L’Algérie à la croisée des chemins

	
	Les effets de la dynamique enclenchée par la révolte tunisienne ne peuvent être contenus et mis à profit que par la transformation profonde de la situation politique nationale caractérisée par l’arbitraire, la confiscation des libertés, l’absence de transparence dans la gestion qui a produit une corruption phénoménale et un marasme social jamais égalé.
	Dans ce contexte, il est impératif que le pouvoir et l’opposition s’accordent sur une lecture plus ou moins consensuelle des événements en cours dans le Monde arabe, en eux mêmes, aussi bien que dans leur relation avec la situation interne de notre pays. L’enseignement utile à retenir par tous est que seuls les Etats en accord avec leur peuple peuvent survivre, être indépendants et souverains. Les autres Etats, dont le fossé entre le peuple et les institutions est patent, auront le choix entre le néo protectorat et le désordre. Pour cette raison, il faut réaffirmer avec force que les tentatives du régime de tricher avec l’histoire par son insistance sur la spécificité algérienne, en faisant semblant de ne pas réaliser que cette spécificité n’est pas absolue d’un côté et qu’elle n’est en aucun cas un frein au changement d’un autre côté, revient à exposer le pays aux risques de l’effondrement au lieu d’y parer.

	Or, si le patriotisme d’hier a conduit nos pères à se battre pour l’indépendance de notre pays, celui d’aujourd’hui nous dicte la prise de conscience des dangers qui le menacent aussi bien que l’effort à fournir afin de les affronter, en plaçant l’avenir de la nation au-dessus de toute autre considération.
	A l’adresse des décideurs qui assumeront devant les hommes et l’histoire tout dérapage à venir, je suis tenté d’écrire : «Les privilèges que confère la gestion d’un Etat ne sont, en aucune manière, supérieurs en valeur morale et politique à l’Etat lui-même.»

	
	éviter le chaos

	
	Pour éviter le chaos qui la guette et la partition qui sera l’inévitable conséquence, l’Algérie, plus grand pays d’Afrique en termes de superficie après la division du Soudan, doit engager un véritable processus de changement pacifique et démocratique de son système de gouvernance. A cet effet, toute tentative de maintenir le statu quo n’est que la perte d’un temps précieux qu’il sera difficile de rattraper, d’autant plus que l’aspiration au changement vers plus de droits et de libertés est forte et traverse en profondeur toute la société. En effet et sous le regard d’un monde attentif et intéressé, le mouvement populaire réclamant ce changement ne cesse de prendre de plus en plus d’ampleur. Si aujourd’hui il s’en tient à des revendications socio-économiques dans le souci de ne pas aggraver la crise, il sera appelé, si le statu quo perdure, à avancer des revendications politiques radicales. C’est la nature même du combat politique qui l’impose. Cela d’un côté. D’un autre côté, il faut reconnaître que malgré les tentatives du pouvoir de limiter la pression populaire au centre du pays comme il est de tradition, l’irruption extraordinaire du Sud «des chômeurs» constitue un moment capital dans la vie sociopolitique de la nation. Cette irruption est salutaire à plus d’un titre.

	En passant d’une lutte groupusculaire, qui a été attirée, un moment, par l’usage de la violence, à une lutte populaire et publique, le mouvement parti du Sud algérien s’est installé définitivement dans la voie pacifique et démocratique. Avec l’articulation de l’action des chômeurs aux luttes des autres forces nationales, il est sorti du cadre régionaliste qui l’a vu naître pour s’affirmer dans un cadre national. Seulement, force est d’admettre que cette irruption n’aura de répercutions positives que si les démocrates, à l’image du FFS, se mettent à l’écoute de cette dynamique et l’accompagnent au lieu de l’abandonner aux possibles tentatives d’embrigadement wahabistes et qataries. A ce propos, l’histoire proche nous enseigne que l’absence des démocrates dans l’encadrement des événements d’octobre 1988 a laissé la voie libre à l’islamisme populiste et radical qui s’est retrouvé seul à l’avant-garde des jeunes révoltés et qui s’est installé, à l’occasion, comme la force principale d’opposition au pouvoir. Cette manipulation, mise en œuvre par l’emprisonnement des militants du PAGS, d’un côté, et la neutralisation négociée du MCB, d’un autre côté, a permis au régime de se proposer comme l’unique alternative à lui-même. Gageons que, cette fois-ci, sous la pression de ce mouvement populaire, qui commence à se cristalliser de plus en plus, et sous la poussée des jeunes élites et des patriotes qui peuplent les institutions de l’Etat, le pouvoir finira par s’inviter, contraint, au chantier du changement, au lieu de chercher une dérobade qui nous coûtera bien plus cher que la décennie noire.

	
	L’impératif changement

	
	La prise du pouvoir par les islamistes en Egypte et en Tunisie a donné amplement raison aux voix qui se sont remémoré, dès les premiers jours des événements de 2011, la chute des Pahlavis en Iran, suivie du laminage total des forces progressistes qui avaient pris sur leurs épaules le mouvement de contestation qui a fait partir le Chah. Conscients des véritables intentions des grandes puissances menacées par une grave crise économico-financière, d’une part, et acculées par la relance de la course à la puissance imposée par l’émergence de la Chine, d’autre part, ces voix ont appelé à la vigilance patriotique et démocratique. Faut-il rappeler, à ce propos, que la situation de 2011 n’était en aucun cas semblable à celle de 1988, qui a resurgi dans les mémoires. L’écroulement du bloc de l’Est, la prépondérance des USA avec le profond changement dans la doctrine de l’OTAN, l’irruption fulgurante de la Chine et l’entame d’un nouveau cycle de concurrence sur la suprématie au niveau international, conjugués à un pluralisme de façade au niveau national, à l’émergence d’une opposition armée arrimée à l’Internationale terroriste, le tout, articulé à l’incapacité du régime à assumer la politique des réformes, ce qui a désespéré une grande frange de la population quant à une solution interne à la crise, rendent le moment explosif. Tout dérapage, aussi minime soit-il, est en mesure d’emporter le pays, tant la mauvaise gouvernance l’a terriblement fragilisé et affaibli. Face à cette situation, ces voix ont affirmé avec force et conviction qu’aucun changement pacifique et démocratique du système politique n’est possible sans la préservation de l’Etat national et de l’intégrité territoriale du pays.

	Avec beaucoup de clairvoyance et de générosité, elles ont lié la nécessaire stabilité nationale à l’impératif d’un changement profond, intégral et sans délai. L’illustration parfaite de cette exigence se trouve, entre autres, dans la lettre adressée par feu Abdelhamid Mehri au président de la République en date du 17 février 2011, initiative saluée et appuyée par Hocine Aït Ahmed et d’autres personnalités et forces politiques nationales.

	
	Le changement, comment et avec qui ?

	
	Le changement ne viendra pas de lui-même, comme un don de ciel, comme il n’émanera pas de l’intérieur du régime. Fondé sur des clans qui ne s’allient que pour juguler une menace extérieure, le régime est incapable d’évoluer sans signer son arrêt de mort. Piégé par sa nature opaque et violente, il est, depuis quelque temps, en train de se donner en spectacle à travers des règlements de comptes qui dévoilent de grosses affaires de corruption qu’aucune autorité civile n’a pu stopper à temps, alors que ces affaires étaient de notoriété publique. Par conséquence, c’est plus la gestion policière par dossiers interposés qui est favorisée que la gestion politique articulée sur les prévisions et les projets. Sachant que la corruption ne peut être combattue que par la bonne gouvernance et la transparence que seul un système démocratique peut garantir.

	Le changement ne viendra pas non plus de l’extérieur, dans une perspective d’écrasement du pouvoir en place sans risque de tout emporter, tant celui-ci a lié son sort à celui de l’Etat. Aussi, il y a lieu de signaler que le radicalisme déclaratif et les propositions extravagantes peuvent camoufler des logiques politiques qui sont responsables, en partie, de la situation de blocage actuelle.
	Dans ce sens, force est de saisir que les appels à démettre le Président en exercice, qui viennent théoriquement de l’extérieur du régime, sont plus des souhaits de coup d’Etat en mesure d’installer le pays dans le chaos qu’une perspective salutaire. En effet, l’implication de l’armée, qui avait ramené Bouteflika en 2009, dans l’organisation de son départ à la place des forces politiques et sociales est, à plus d’un titre, injustifiée et contre-productif. Cette revendication, avancée essentiellement par les candidats aux élections présidentielle de 2004, confirme l’incapacité de ces forces politiques à récupérer l’initiative politique et à influer sur le cours des événements. Le commun des mortels sait que lorsque l’armée «dégage» un président, elle seule aura la latitude d’en placer un autre ! A ce moment, les forces politiques impliquées dans cette opération n’auront qu’à cautionner et légitimer le fait accompli. 

	Le changement sera, par contre, l’œuvre d’une action combinée entre les véritables forces du changement, ancrées dans la société et porteuses de ses aspirations les plus légitimes, et les forces les plus saines et les plus ambitieuses dans les institutions. Cette jonction des énergies se fera en plein action politique effective qui doit prendre appui sur des luttes citoyennes réelles et concrètes. Elle ne sera pas le résultat de conciliabules secrets et de marchandages de coulisses. A ce propos, il est impératif d’insister que les concepteurs du projet de changement et ses artisans doivent être les forces réelles de la société : partis politiques, associations civiles et personnalités autonomes. Il s’agit de chambouler la règle politique en sortant des schémas classiques dictés par la force et l’acceptation de la raison de la force qui a prévalu depuis l’indépendance. En effet, c’est aux forces institutionnelles d’être au service des forces du changement et non pas le contraire. C’est à l’Etat d’être au service de la nation et non pas au peuple de servir des castes dirigeantes qui ont perverti la notion du pouvoir constitutionnel.

	
	L’élection présidentielle de 2014

	
	L’Algérie est à la veille de l’élection présidentielle la plus déterminante de son histoire, tant l’enjeu est plus la pérennité de l’Etat national ou sa disparition qu’une simple action de contrôle du pouvoir présidentiel.
	A la différence des élections précédentes, cette présidentielle se déroulera dans un climat d’incertitudes jamais vécu auparavant tant le contexte national, régional et international, est des plus incertains.
	A ce climat porteur d’énormes dangers, s’ajoute l’éclatement du bloc au pouvoir avec tous les risques de manipulations, de violence et de contre- violence qui peuvent découler. En avril 2014, à la veille du 34e anniversaire du Printemps amazigh, nous serons en face d’une élection à haut risque !

	En amont, la non-reconnaissance de tamazight comme langue officielle peut créer une situation d’agitation et de blocage difficile à gérer; en aval, il suffit qu’un candidat conteste les résultats pour que ses partisans sortent dans la rue, qu’une provocation crée la panique, qu’une victime tombe pour que la situation échappe à tout contrôle ! Il faut reconnaître que plusieurs forces sont impatientes de voir arriver ce moment. La première d’entre elles n’est autre que l’Internationale terroriste qui se donnera rendez-vous dans nos villes et montagnes, avec le gros arsenal qui lui sera généreusement cédé.
	Ce n’est pas une vue de l’esprit, ni une fiction de mauvais goût que je suis en train de décrire pour installer la peur dans les volontés ! C’est un scénario prévisible que d’autres pays ont connu à plusieurs reprises et qui réclame de nous, éveil et vigilance. A ce niveau, je crois que le manquement le plus dangereux à éviter est celui de croire que le «pouvoir réel » maîtrise tout et qu’au bon moment, tout rentrera dans l’ordre comme par magie !
	Or, s’il faut refuser, en tant que démocrates, que tout se décide en dehors de nos volontés, il est d’un impératif majeur d’œuvrer à créer les conditions de la survie de l’Etat si le pouvoir venait à chuter brutalement, ce qui est du domaine du prévisible.

	
	Sécuriser politiquement l’élection

	
	Conscients de ce danger, il s’agit d’œuvrer, ici et maintenant, à sécuriser politiquement ce rendez-vous.
	Sécuriser politiquement l’élection c’est amener l’ensemble de la classe politique, ou sa majorité écrasante à élaborer et à signer un nouveau contrat national et patriotique qui placera l’Algérie au-dessus de toute autre considération. Après le contrat de novembre 1954, il s’agit de mettre en place un contrat démocratique et citoyen qui engage les acteurs politiques et les responsabilise devant le peuple et l’histoire et qui soit en mesure de circonscrire l’influence des forces de l’aggravation de la crise.Sécuriser politiquement l’élection c’est agir, dans la concertation et l’action commune, afin d’arracher au pouvoir l’engagement d’organiser une élection ouverte en mesure de redonner au peuple algérien l’envie de se ré-impliquer dans la construction de son pays. Il s’agit d’oser une solution algérienne à la crise, une solution démocratique qui prend racine du mouvement indépendantiste qui a toujours dépassé ses impasses par une plus grande implication de la population. Sur ce point, il faut insister sur le fait que la plus grande menace qui guette la sécurité nationale n’est autre que le détachement total du peuple de la chose politique et publique, un détachement qui désarme l’Etat et le vide de toute substance.

	Sécuriser politiquement l’élection d’avril 2014, c’est mettre en place un dispositif assurant la transparence du vote et excluant toute fraude d’où qu’elle vienne, en commençant dès aujourd’hui à assainir le fichier électoral quitte à le reprendre dans son intégralité. En deuxième lieu, il s’agit de garantir l’intégrité de la surveillance électorale, d’un côté, et d’un autre côté, d’arracher aux candidats l’engagement solennel à couvrir l’ensemble des bureaux de vote au niveau national par un personnel apte à valider ou pas les PV des dépouillements. A ce sujet, se présenter à l’élection présidentielle avec une capacité zéro de contrôle du scrutin, comme le font un certain nombre de candidats inamovibles et d’autres qui se préparent à l’exercice, participe plus de l’arnaque politique que d’autre chose. Attitude condamnable dans une conjoncture normale, mais anti- patriotique en ce moment crucial que traverse le pays.
	Sécuriser politiquement l’élection c’est travailler en faveur d’une présidentielle d’apaisement qui évacuera la logique des règlements de comptes entre clans, groupes et personnes.

	
	Agir en dehors du conditionnement

	
	A moins d’une année de ce rendez-vous crucial, il est impératif que les forces du changement se déterminent en dehors des schémas établis.
	Pour pouvoir émerger du conditionnement, il est utile de :
	- Mettre en évidence le caractère non conventionnel de la présidentielle à venir. Il s’agit d’affirmer, dès aujourd’hui, que le prochain président ne doit pas être perçu comme un président d’un mandat ordinaire, mais comme celui d’un mandat de changement et de transition vers la deuxième République. Son profil doit être déterminé en fonction de cette mission et du projet dont il sera porteur.
	– Eviter de focaliser l’intérêt sur les personnes au lieu des projets. En effet, l’élaboration du projet présidentiel, la définition de son contenu et de ses objectifs doit précéder la désignation de son porteur qui peut intervenir dans le cadre d’une primaire.

	Il s’agit, entre autres, de sortir de la conception du pouvoir personnel qui a prévalu depuis l’indépendance et d’accéder à celle du pouvoir institutionnel. Par conséquent, c’est passer en douceur de l’alternance clanique, qui n’implique que les branches du régime, à une alternance démocratique, qui concerne toute la société.
	– S’atteler, en associant le maximum de forces politiques et sociales dynamiques et mobilisatrices à l’élaboration d’un projet présidentiel de transition. - Ce projet ne doit négliger aucun aspect, sécuritaire ou diplomatique soit-il. Dans cette perspective, les forces du changement se doivent d’intégrer l’idée de la permanence et de l’appropriation du pouvoir de l’Etat et de se comporter en fonction de cet objectif. Il s’agit d’œuvrer à faire admettre une transition active et dynamique qui ne paralyse pas les institutions de l’Etat et qui autorise l’intervention sur leur nature, leur mission et fonctionnement, quand bien même elles seraient en exercice. A cet effet, une rupture politique et sentimentale avec l’attentisme est exigée.
	– Rendre visible le projet de l’alternative démocratique et asseoir, en rentabilisant la dynamique de la présidentielle, une nouvelle stratégie qui soit à la hauteur du moment historique et des enjeux à venir.
	– Conscientiser les défenseurs du projet du changement que la probabilité de rater la prise du pouvoir à l’occasion de ce rendez-vous de 2014 ne doit en aucun cas signifier la perte du match, mais seulement celle d’une manche. Pour la suite, il s’agit de partir chaque fois à la quête du pouvoir, à tous les niveaux et sans aucun répit jusqu’au triomphe de l’idéal démocratique.

	
	Conclusion

	
	Au moment précis où des présidents sont déposés et présentés devant la justice de leur pays, à l’exemple de Moubarak en Egypte, ou chassés du trône de la féodalité tribale et exécutés en public, comme ce fut le cas de El Gueddafi en Libye, le système au pouvoir en Algérie ne peut se maintenir tel quel sans provoquer un désastre.
	De cela, tout le monde est conscient. Aussi, face à l’exigence du changement de régime qui est le seul à même de garantir la pérennité de l’Etat, la prise du pouvoir et de son exercice effectif par l’opposition devient urgent.
	Oui, s’opposer pour s’opposer n’a plus de sens. S’opposer et attendre un accident de l’histoire pour prendre la citadelle est irresponsable.

	S’installer résolument dans une perspective de prise du pouvoir est une option stratégique noble et ambitieuse.
	Elle est historiquement inévitable. Je conclus cette contribution en disant que pour tous, une nouvelle ère s’ouvre, avec de nouvelles réalités, de nouvelles contraintes, mais aussi et surtout l’exigence d’une nouvelle doctrine qui va restituer la totale souveraineté au peuple algérien qui, une fois replacé sur la scène de l’histoire, saura sauvegarder les acquis inestimables de Novembre 1954 en les approfondissant sans retenue ni autocensure.Telle est, à mon sens, la révolution à accomplir, celle du passage de la libération à la liberté, de l’autodétermination du peuple à l’émancipation du citoyen. ]]></description>
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           <title>Quel développement pour le pays ?</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sun, 05 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 05 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Il nous semble bon, aujourd’hui, qu’on se souvienne de cette première expérience du développement national, qui fut des plus difficiles, pendant les premières années de l’Algérie indépendante. 
	
	En effet, le pays vivait au lendemain de l’indépendance une situation socio-économique critique dont on retenait notamment : la pauvreté, la misère, un taux de chômage de 70%, un taux de 80% d’analphabétisme, un déficit important en main-d’œuvre qualifiée et d’encadrement. Notre pays se devait de mettre fin au plus tôt à ce lourd héritage légué par le colonialisme et ceci par la mise en place d’ une politique de développement national, en mettant en avant des programmes économiques et de construction afin de consolider l’indépendance politique en engageant des plans de développement : triennal 1967-1969 et quadriennaux 1970-1973 / 1974-1977 et quinquennal 1980-1985 et enfin, la valorisation des hydrocarbures par le plan «Valhyd» pour développer une industrie pétrolière et gazière répondant aux différents impératifs industriels, sociaux, agraires, culturels, scientifiques, sportifs, de santé et d’enseignement…

	«La bataille du développement national est en marche», y ont été associés les premiers cadres algériens. Un thème clé de société, qui, bien évidemment, mérite qu’on jette un regard sur les étapes du développement national dans un souci d’objectivité stratégique pour une Algérie que nous percevions en devenir, un pays développé dans l’histoire du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie.
	Pour faire face à cette situation problématique, la seule solution réside dans l’apport des premiers cadres algériens dont la majorité sont autodidactes, mais qui ont su concevoir la renaissance du patriotisme économique et développer une expérience administrative et économique par laquelle ils ont été au devant de la scène de l’Algérie future. En fait, elle a permis rapidement de faire fonctionner les institutions, les sites pétrolier, gazier, minier, les sociétés nationales pour rétablir l’économie et enfin les terres agricoles récupérées et prises en charge par nos paysans pour les exploiter. En effet, il y a une étape nouvelle de l’évolution économique et sociale de l’Algérie, tout aussi importante, la grande bataille qui s’annonce pour cette génération, après celle de la libération du pays. C’est celle de la construction et du développement pour hisser l’Algérie au rang de pays développé  après le départ massif des cadres européens laissant derrière eux un pays sous-développé et totalement à l’arrêt. C’est là une question d’histoire digne d’un fait marquant et témoin des premiers cadres de la nation algérienne  des années 1960/1970 qui d’ailleurs, il faut signaler au passage, ont apporté la preuve de  leurs sacrifices, de leurs performances et de leur vrai nationalisme, d’une naïveté et d’une honnêteté intellectuelle extraordinaire sur le terrain. En effet, tout le monde s’accorde à reconnaître que l’Algérie a fait de gros efforts et consenti d’immenses sacrifices grâce notamment au travail accompli par cette génération qui a su conduire la réalisation du développement national durant cette période.

	Une question qui revêt toute son importance dans la mesure où il s’agit d’une génération des premiers cadres algériens qui a choisi de rester au service du pays au moment crucial des premières années de l’indépendance notamment assurer la relève des ingénieurs, techniciens, médecins, économistes, financiers, ouvriers professionnels, employés européens… et a su changer la donne et s’imposer comme acteur-clé dans le processus des nationalisations et de développement national, voire préservé, protégé et développé le patrimoine public. Un défi rarement réussi dans le Monde arabe et l’Afrique et depuis lors, on constate que nos gouvernants oublient vite les sacrifices des générations qui marquent l’histoire dans une nation, après s’être installés au pouvoir. Effectivement, un bilan qui peut être considéré comme positif à l’actif des cadres algériens qui ont été d’un apport indéniable au développement national et qui constituent une force morale et illustre un patriotisme économique, de solidarité et d’adhésion exemplaire, dans la mesure où ce bilan de la bataille du développement fournit des indicateurs fiables économiquement, socialement et politiquement où d’énormes sacrifices sont consentis par cette génération des premiers cadres algériens qui a constitué l’élite de l’indépendance et dont sa ligne de conduite n’a jamais changé et ne changera jamais pour l’intérêt suprême du pays.

	Elle a payé le prix fort de sa jeunesse en travaillant sans répit, sans confort, sans revendications salariales et dans une précarité sociale en général. La norme de travail dépassait le plus souvent douze heures/jour avec des salaires mensuels dérisoires qui se situaient en moyenne entre 500 et 3000 DA/mois, il y a même des travailleurs exécutants sans qualification qui étaient payés en nature au moyen de bons de semoule, de sucre, de café, d’huile, etc. Cela ne leur a rien rapporté aujourd’hui. Quand le patriotisme avait encore son sens avec la génération du 1er Novembre 1954. Nous y croyons toujours. C’était donc une génération fortement animée et marquée par la dignité et le seul souci, celui du développement national afin de sortir le pays du sous-
	développement au lendemain de l’indépendance notamment, nous pensons à ces  grandes réalisations socio-économiques et celles des grandes décisions pour l’instauration d’un Etat fort, qui ont vu le jour au milieu des années 1960/1970 pour construire  une économie avec de grandes ambitions politique et économique, envisageant de devenir le premier pays développé de l’Afrique et afficher notre supériorité économique et commerciale régionale dans les espaces maghrébin, arabe et africain pour l’horizon 1980 (H80). Les efforts accomplis durant cette période pour un premier bilan de l’évolution économique de l’Algérie peuvent être résumés comme suit :

	
	Sur le plan du développement socio-économique    

	
	L’Algérie avait une stratégie industrielle sans doute mieux ciblée avec une approche réaliste et porteuse de progrès, qui a notamment permis d’éradiquer la misère, la pauvreté et l’analphabétisme. On peut rappeler ici, entre autres : la réalisation de grands ensembles industriels et technologiques dans toutes les branches d’activités : énergie et pétrochimie, sidérurgie, industrie agro-alimentaire et pêche, mines, hydraulique dont les barrages de Bou Haroun,- et Abadla parmi les plus importants en Afrique, biens d’équipements, chimie et pharmacie, électronique, télécommunications et informatique uniques en Afrique, voies ferrées et moyens de transport ferroviaires et maritimes, presse, imprimerie, industrie cinématographique, audiovisuel (national et régional), textile, cuirs et chaussures, ameublement, construction, industries diverses, zones touristiques dont plusieurs hôtels de classe mondiale, stations thermales modernes et un complexe de thalassothérapie, l’unique en Afrique, la route transsaharienne de l’Unité africaine, barrage vert, à l’instar d’autres grandes réalisations socioculturelles et sportives, écoles, lycées, universités, instituts technologiques, centres de recherche nucléaire, l’Institut Pasteur, hôpitaux, logements sociaux et villages socialistes, des actions de volontariat en matière de reboisement surtout, ce qui a créé aujourd’hui un développement d’équilibre régional et de pôle de croissance notamment de zones industrielles, zone d’activités et enfin d’importantes infrastructures annexes d’appui. Ainsi, parallèlement, le pays s’engage dans la réalisation de vastes programmes — dits spéciaux — de développement qui devaient restaurer l’équilibre régional entre les régions du pays, auxquelles il faut ajouter le plan Comedor qui devait restructurer et moderniser la capitale, voire la projection de la nouvelle capitale politique dont le choix était porté sur Boughezoul (170 km au sud d’Alger).

	Et un nombre impressionnant d’entreprises économiques, commerciales et bancaires locales et nationales qui voient le jour et leur rôle s’agrandir jusqu’à les compter par milliers avec notamment la multiplication de leurs usines, de leurs agences ou unités, leur réseau de distribution et de leurs bureaux d’études à travers tout le pays. A titre d’exemple, Sonatrach avec 120 000 travailleurs et son organisation qui couvre toutes les activités de la pétrochimie, devenue un Etat dans l’Etat et bien d’autres entreprises géantes: Sonacome, Sns-Sider, Sonelec, Sonelgaz, Sonatiba, Dnc, Snlb, SN Métal, Snmc, Snic, Sonic, Sonatram, Sonarem, Sonitex, Saidal-Enapharm, Enmtp Cnan, Cirta fabrication de tracteurs, moissonneuses-batteuses, BCL fabrication de pièces industrielles, Batimétal, Snta, Ofla, Oncic, etc. Ces dernières ont joué un rôle-clé dans la création d’emplois durables, des centres de formation, des centres médico-sociaux (CMS), des cantines et du progrès économique et social en général. Effectivement, la part consacrée à l’investissement industriel, était autour de 45% du produit intérieur brut (PIB) et plus de 50% du total des investissements au moment où le pétrole valait sur les marchés mondiaux moins de 10 dollars le baril, la part de la production industrielle annuelle était autour de 18 à 25% du PIB, la part générée en croissance annuelle était de plus de 10%, une agriculture rénovée où l’Algérie arrivait à produire la totalité de ses besoins en céréales, en légumes et fruits et à même exporter l’excédent, alors qu’aujourd’hui l’Algérie figure parmi les plus gros importateurs, l’épargne nationale était en moyenne de 40% du PIB, la stabilité du taux de change dinar/dollar avec un cours de change fluctuant entre 4 et 5 DA pour 1 dollar. Ces performances étaient parmi les plus fortes dans le tiers-monde, un acquis, porteur de grandes perspectives socio-économiques et de grande portée pour intégrer le monde industriel.

	
	Sur le plan politique

	
	De reconquérir la souveraineté économique sur :
	- La récupération des terres des colons, des assurances, des banques et des ressources minières.
	- Le 24 février 1971 fut une grande date dans le processus de libération économique, c’est, en effet, à cette date que furent nationalisés les hydrocarbures, principale richesse du pays.
	- Le remplacement du franc français par la création du dinar algérien
	- La mise sur pied de sociétés nationales dont Sonatrach créée en 1963
	- La naissance d’une industrie nationale à la faveur de la nationalisation des hydrocarbures, un outil indispensable pour la souveraineté nationale et pour lutter contre le sous-développement.
	- Une politique d’équilibre régional par la mise en œuvre de programmes spéciaux de développement a permis de mettre fin aux disparités entre les régions. Faut-il rappeler au passage, que des réunions du gouvernement se tenaient au niveau des régions dont notamment : les Aurès, le Titteri, l’Oasis, la Saoura, la Kabylie…

	Et en particulier une politique régionale de leadership qui a conquis les espaces géopolitiques dont notamment le Monde arabe, l’Afrique et le tiers-monde. Ainsi que plusieurs événements très importants dans l’histoire du monde, le discours historique prononcé par le président Houari Boumédiène à l’Assemblée générale extraordinaire de l’ONU sur les matières premières pour un nouvel ordre économique international, le sommet de l’OPEP, la conférence des pays non-alignés, le dialogue (Nord-Sud), la présidence de l’ONU assurée par l’Algérie… donnent l’exemple aux pays en voie de développement. Pour rappel, au milieu des années 1980 avec le fameux programme antipénuries (PAP), vint l’avènement de milliers d’importateurs sur la base d’un simple registre de commerce, et ce, afin de concrétiser pleinement le slogan «Pour une vie meilleure», aux dépens des règles du jeu de l’économie de marché et d’une économie diversifiée, ce qui a valu la suppression du ministère du Plan et exclu toute perspective de développement industriel et de l’économie des entreprises, dont on connaît depuis les répercussions négatives, à savoir les capacités industrielles de notre pays se sont gravement détériorées passant de 25% à 5% du PIB, l’économie algérienne détournée de ses objectifs initiaux, notamment fonctionne par la demande et non par les incitations à l’investissement productif où l’augmentation de l’offre qui reste plus faible de manière permanente dans la mesure où on exporte 2 milliards de dollars hors hydrocarbures contre 50 milliards de dollars en importations soit près de 60% des recettes totales d’exportations et 75% environ de nos besoins. Cette situation s’explique par le fait  que le processus d’industrialisation dans les années 1970 a été bloqué. Depuis lors, l’Algérie est devenue l’un des plus importants pays importateurs grâce aux devises fortes des hydrocarbures.
	C’est là un grand débat sur «Quel modèle de développement économique pour une Algérie nouvelle ?», dont jamais un bilan n’a été établi, soit sérieusement pris en considération pour construire le pays et préserver l’avenir d’une nation.
	
	
	  ]]></description>
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           <title>De la théorie de l’univers unique à celle des multivers</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 04 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 04 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Jusqu’à un certain temps, on pensait que notre univers était d’un certain âge qui remonte au big bang originel, mais voilà que les nouvelles théories avancent qu’il se pourrait bien qu’il soit plus âgé encore et qu’il se trouverait dans un cycle d’enchaînement infini où interviendrait tous les mille milliards d’années un nouveau big bang ?  
	Ce dernier, signant un nouveau départ qui succéderait alors au déclinement (Big Crunch) du précédent univers et ainsi de suite. Selon Jacques Dufresne, c’est à Fred Hoyle, le célèbre astronome britannique, passionné d’astrophysique, que l’on doit la vulgarisation du nom big bang, désignant l’explosion initiale annonciatrice des débuts de l’univers et son expansion conséquente. Auparavant, c’était la théorie de l’atome primitif, qu’avait formulée, en 1927, le prêtre catholique belge et astrophysicien, Georges Lemaître, qui était à l’honneur. Mais le rival du chanoine, estimant l’appellation non appropriée, lui substitua celle, drôlement suggestive, de big bang, qu’il jugea plus convenable, propageant ainsi ces deux mots «crépitants» qui firent fortune avant que cette idée d’explosion des origines ne soit confirmée, en 1965, par Arno Penzias et Robert Wilson, les deux chercheurs qui ont avancé ce qui constitue pour eux la preuve de l’éclosion initiale.

	Partisan de l’idée d’un univers stable, Fred Hoyle s’était surtout opposé aux conceptions de son rival, le chanoine Lemaître, quoiqu’aux convictions scientifiques qui se fondaient non pas sur sa foi -comme on serait tenté de le croire- mais sur des arguments mathématiques et physiques de très haute portée. Mais les deux férus d’astrophysique, en dépit de leurs apports théoriques, sont restés assez éloignés des nouvelles conceptions sur l’univers, qui, aux yeux d’Aristote, n’avaient pas eu de commencement, ayant de tout temps existé selon lui. Une supposition que les théories actuelles semblent confirmer quoiqu’avec l’apport d’autres visions divergentes conjecturant sur l’hypothèse étonnante d’éternels chaînons spatio-temporels, cycliques ininterrompus, réactualisant au détour de phases cosmiques évolutives déterminées, le big bang qui serait loin d’être la résultante unique d’une explosion initiale inauguratrice…

	Surprenante supposition, assurément, mais qui n’est pas sans constituer, selon ses promoteurs, une résolution vraisemblablement du problème de la constante cosmologique. C’est en tout cas l’avis de Paul Steinhardt et Neil Turok, respectivement des universités de Princeton dans le New Jersey et  Cambridge en Angleterre, qui considèrent que l’univers que nous connaissons aujourd’hui est au cœur d’une boucle de mille milliards d’années, faisant partie d’un cycle au cours duquel se succèdent big bang et big crunch. On s’est habitués à considérer le big bang comme constituant le point de départ de l’univers, cependant, selon Neil Turok, les équations de la récente théorie des cordes permettent de déduire que le temps n’a pas commencé avec le big bang, mais qu’il existait bien avant. Autrement dit, s’inscrivant dans un cycle perpétuel de fins et recommencements, vraisemblablement un modèle cyclique très intéressant développé par Paul Steinhardt et Neil Turok, offrant l’avantage d’apporter surtout une solution originale au problème de la constante cosmologique.

	Pour rappel, la théorie qu’Albert Einstein avait introduite dans ses équations, à ce propos,  soulignait le rôle  des deux forces opposées qui auraient agi sur l’expansion originelle issue du big bang : la gravitation tendant à la freiner, d’une part, et la constante cosmologique agissant comme une force répulsive, d’autre part. Mais il faut aussi tenir compte de la découverte de la communauté scientifique établissant, en 1996, le fait que l’univers était en expansion accélérée, la constante cosmologique décrivant une force de répulsion étant apparue, alors comme la meilleure explication à cette accélération. Les travaux complémentaires apparus par la suite ont bien évidemment enrichi et rectifié les observations antérieures, reculant même l’âge de notre univers, estimé jusqu’ici à environ 14 milliards d’années. Pour Paul Steinhardt et Neil Turok,  l’univers serait «emprisonné dans une boucle infinie et qu’à chaque nouveau big bang, les compteurs de matière et de radiation sont remis à zéro, tandis que la valeur de la constante cosmologique demeure. Celle-ci diminue au cours des cycles en subissant des transitions quantiques successives».

	Les calculs des physiciens montrant que «plus la valeur de la constante est grande, plus ces transitions sont rapides, tandis que plus elle diminue, plus elle varie lentement. On serait ainsi dans une période où la constante cosmologique est très faible et met un temps extrêmement long à se modifier». Ce modèle cyclique prédit, d’une  part, que le big bang  a émis des ondes gravitationnelles dans l’espace, et d’autre part, que la diminution de l’énergie du vide a fait appel à un nouveau type de particules fondamentales nommées axions, qui doivent pouvoir être détectées. Cette hypothèse est, à coup sûr, séduisante mais ne fait pas l’unanimité, quoique ses auteurs pensent que leur concept est vérifiable. Il faut dire que la plupart des scientifiques s’en tiennent toujours à la question centrale tournant autour de la notion de singularité, concept clef autour duquel gravite la cosmologie telle qu’appréhendée depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, héritiers des apports de la révolution copernicienne considérant en permanence notre monde comme central et par conséquent comme une singularité totalisante. Autrement dit qui représente la totalité de l’univers existant. Depuis, la science n’a eu de cesse de détruire le mythe totalisant, les chercheurs se rendant compte de plus en plus de cette vérité dont ils nous font part, à savoir que nous ne sommes, en fait, qu’une infime partie de la vie cosmique, mais butant, par contre, constamment sur la notion de singularité.

	
	D’un big  bang à un autre …

	
	Stephen Hawking, qui occupe la chaire d’Isaac Newton à Cambridge et Thomas Hertog, physicien au CERN, comptent parmi les nouveaux scientifiques qui proposent de nouvelles approches de la compréhension de l’univers, à partir du présent pour saisir le passé plutôt que le contraire. Selon l’approche de ces deux chercheurs, l’univers n’est pas tributaire d’un unique commencement et d’une seule histoire, mais serait partie prenante d’une myriade de recommencements et d’histoires incessantes ! Selon Hawking et Hertog,  la plupart des modèles de l’univers procèdent en considérant des conditions initiales bien définies, telles celles relatives au prélude du big bang. Mais cette méthode, considèrent-ils, est défectueuse, du fait qu’il est impossible de connaître ces conditions initiales, estimant que seul pouvant être connu, l’état final de l’univers, en l’occurrence celui dans lequel nous évoluons. Pour le reste, les deux chercheurs se fient à la fameuse théorie des cordes- quoique contestée- pour avancer l’idée d’une multitude de divers univers qui pourraient avoir existé ensemble durant les tout premiers instants, faisant suite au big bang, mais qui se seraient éteints, à l’exception du nôtre.

	Cette théorie des cordes propose, grosso modo, que les éléments élémentaires de la matière sont des brins d’énergie en oscillation semblable à des cordes et qu’au plus profond de chaque particule  vibrent de minuscules filaments d’énergie dans des dimensions supplémentaires pratiquement inobservables, du fait qu’ils sont courbés dans un espace trop restreint. Des dimensions qui seraient responsables de la vibration de ces cordes infiniment petites, ouvertes ou fermées, qui composent toutes les forces et la matière de l’univers, selon ces chercheurs. Ces derniers expliquent que la matière, au niveau fondamental, serait donc constituée d’états vibrants qui peuvent osciller suivant différents schémas. Ce qui signifie que l’univers serait le fait d’un réseau constitué d’un nombre incommensurable de minuscules filaments d’énergie en vibration dans ces dimensions additionnelles, sans lesquelles cette théorie des cordes s’écroule. Il faut signaler, par ailleurs, que cette théorie des cordes ne fonctionnant pas dans un univers à 3 ou 4 dimensions, d’autres théories ont vu le jour, «telles que la théorie des cordes bosoniques qui propose 26 dimensions spatiales, la théorie des supercordes qui suppose l’existence de 6 nouvelles dimensions, qui s’ajoutent aux 3 dimensions de l’espace et à celle du temps (10 dimensions)…». 

	Cette théorie des supercordes ouvrant la voie à 5 nouvelles différentes variantes introduisant une nouvelle dimension, la 11e , a rendu possible la réunification de ces multiples variantes au sein d’une seule et unique théorie, appelée la théorie M. Cette dernière, présentant l’avantage d’unifier, en une seule théorie unique M, toutes les lois de l’univers et les 4 forces fondamentales (gravitation, électromagnétisme, interaction forte et interaction faible) serait susceptible de décrire n’importe quel phénomène physique observable dans l’univers et d’expliquer aussi comment et pourquoi le cosmos est tel qu’il est…, en dépit des lacunes que recèle cette théorie sous-tendante des cordes, aucune expérience ne pouvant la vérifier.  Cette théorie promue, en 1995, par Edward Witten, démontre, à ce propos, que les 5 variantes de théories des cordes existantes ne sont, en fait, que cinq manières différentes de considérer la même chose. Comme qui dirait un même élément scénique pris sous divers angles de vue. Au-delà de ces considérations, ce qui retient l’attention, ici, c’est que l’hypothèse de cette 11e  dimension autorise à parler non pas d’un seul univers, mais de supposer l’idée de différents univers parallèles, et ce, par l’introduction d’un nouveau type d’objet, en l’occurrence les Membranes (Branes), confortant l’idée présupposant de multiples univers parallèles coexistant harmonieusement comme des membranes géantes évoluant en parfaite symbiose.

	Certains de ces univers pouvant être régis par les mêmes lois physiques régissant notre univers, tandis que d’autres pouvant dépendre de lois physiques autres, totalement divergentes qui font que ces univers différentiels évolueraient dans les dimensions supplémentaires comme le conjecture la théorie M.(4) Cette représentation de «multivers» est bien évidemment affermie par la nouvelle cosmologie supposant l’existence d’univers multiples avec ses divers modèles physiques spéculatifs controversés, mais qui pourrait inviter à un changement de paradigme fondamental pour la physique théorique. C’est ce que soutient un Bernard Carr dans son ouvrage édifiant, Universe or Multiverse, que cite Aurélien Barrau dans son  article «Des univers multiples ? » , où il rapporte que l’auteur tente d’apporter des éléments de réponse à travers les contributions réunies de divers spécialistes, pour la plupart physiciens théoriciens célèbres, en dressant un panorama relativement exhaustif des arguments en faveur de l’existence d’univers multiples appuyés des théories qui les sous-tendent. Le commentateur, prenant soin d’avertir que l’idée d’univers multiples n’est pas nouvelle : d’Anaximandre à Goodman, en passant par Nicolas de Cues, Rabelais, Bruno, Leibniz et David Lewis, elle traverse, en fait, toute l’histoire de la philosophie et jalonne les grandes cosmogonies. Avérée dans le champ des sciences dures, elle constituerait, aux yeux de beaucoup de physiciens, une révolution conceptuelle sans doute comparable à la rupture copernicienne.

	C’est toute notre représentation du monde qui s’en trouverait profondément modifiée, en adhérant au postulat de cette  structure de «multivers»,  ou  optant pour la conception alléguant que notre univers, c’est-à-dire l’ensemble de ce qui nous est causalement lié, ne serait-il en fin de compte, pour reprendre l’expression d’Aurélien Barrau, qu’une dérisoire parcelle d’un immense méta-monde? Ceux qui sont en faveur d’une telle hypothèse hardie n’ont pas manqué d’arguer que  «s’il existe de multiples planètes, de multiples étoiles, de multiples galaxies, de multiples amas de galaxies, pourquoi n’y aurait-il qu’un univers ? ». Des objections. D’autres spécialistes s’opposent, certes, à cette vision des choses, mais il faut dire qu’il existe différentes théories qui prônent l’existence d’univers multiples, à commencer par l’une des mieux établies, des mieux testées et avérées de toute la physique, celle de la relativité générale, ou modèle d’Einstein, préconisant l’infinité de l’espace. Et si ce dernier est infini, cette caractéristique spatiale suffirait, vraisemblablement, à expliquer certains faits étranges qui deviennent, par conséquent, un phénomène bien naturel. Et c’est tout autant pour «la mécanique quantique, suivant certaines interprétations, hétérodoxes mais légitimes, qui peut également conduire à l’existence d’univers multiples, lorsque ses principes fondateurs sont interprétés strictement sans recourir à des postulats supplémentaires. Comprise littéralement, la superposition quantique, qui n’est effectivement pas observée dans le macrocosme, ne conduit pas à l’usuelle  ‘’projection’’ du vecteur d’état mais plutôt à l’existence d’autres mondes dans lesquels se réalisent les différentes occurrences possibles de l’évolution du système».
	 

	Trous de ver et théorie des cordes  

	
	Une question qui ne manque pas de se poser lorsqu’on évoque la pluralité des mondes, est celle relative à leur inter-communicabilité. On est en pleine science-fiction, mais le sujet de voyage stellaire interplanétaire a déjà été abordé par des physiciens, qui ont soutenu que cette communication pourrait se faire entre ces différents astres. La chose pouvant s’expliquer, selon eux,  par le fait que l’espace temps n’est point uniforme et dépendrait d’autres considérations. Entre autres, d’abord, et suivant la théorie de la relativité générale d’Einstein, celles instruisant que «l’univers formé par le tissu espace-temps peut s’étirer», et suivant ce qu’avance la théorie M, qui nous apprend que «les dimensions peuvent se courber, mais aussi se réduire et créer de cette manière des raccourcis qui peuvent relier un point d’une membrane avec un point d’une autre membrane d’un univers vers un autre».

	Et ce, par le moyen du graviton, responsable de la force de gravitation qui serait une corde vibrante assurant les relais entre les divers univers parallèles « connectés» via ces raccourcis. La théorie des trous de vers préconisée par le chercheur Kip Thorne, allègue qu’il est possible de voyager dans l’espace interplanétaire en empruntant des voies de raccourcis : celles qu’autoriseraient les trous vers dont les champs de gravitation recourant à l’énergie négative (hypothétique mais expérimentée en laboratoires) permettraient alors de passer d’une dimension à une autre, grâce à ce stratagème de raccourcis interstellaires. Pour schématiser, l’utilisation d’un trou de ver permettrait le voyage d’un point de l’espace à un autre (déplacement dans l’espace), d’un point à l’autre du temps (déplacement dans le temps), d’un point de l’espace temps à un autre, il reste cependant que ces trous noirs sont des conceptions purement théoriques, leur existence et formation physique dans l’univers n’ont pas été vérifiées.
	Et il ne faut pas confondre  trous de ver et trous noirs, ces derniers existants réellement et dont la gravité est si intense que toute étoile qui s’y effondre-y compris la lumière même,-  ne pourra jamais s’en échapper.
	
	Cela dit, revenons à la théorie M, dont on considère aujourd’hui que son apport permet de  mieux comprendre l’origine de l’univers dont le fameux big bang qui serait la résultante d’une collision entre diverses membranes dimensionnelles, laissant supposer qu’il y a eu plusieurs big bang par le passé et que d’autres sont à venir. Intervenant, considère-t-on, dans la logique d’un processus cyclique incessant, allant d’un big bang expansif à un big crunch décroissant, auquel succéderait par la suite un autre  big bang régénératif suivi également d’un autre big crunch dépérissant et ainsi de suite dans la trame interminable de la complexe et permanente évolution cosmique…Autrement dit, avec la théorie des univers parallèles, on passe de la singularité originelle de l’univers inscrite dans un cadre spatio-temporel géocentrique délimité, tel qu’enseigné dans les manuels classiques, à un nouveau type d’univers comparable cogitant dans un cadre spatio-temporel polycentrique s’inscrivant dans le flux perpétuel du temps ou des diversités des temps, passant pour être en parfaite corrélation d’interdépendance avec la constellation de la pluralité des mondes, vraisemblablement…

	Comme il se pourrait que ce soit dans des conditions autres d’évolutions parallèles ou oppositionnelles, dépendant de lois favorisant naturellement gouffres de séparations sidérales incommensurables ou lignes limites disjoignant diverses dimensions astrales maintenues à d’immenses distances stellaires mais  susceptibles d’être reliées via ce que préconise la théorie des cordes, entre autres…Des théoriciens ont, bien sûr,  écrit sur ce sujet captivant ou inquiétant des univers multiples ou multivers et de plus en plus des avis d’experts montent au créneau pour nous apprendre que d’autres terrains d’approche à l’étude promettent des éventualités plus surprenantes encore ! Cette idée de multivers, avancée par des chercheurs soutenant l’hypothèse de la pluralité d’univers, a fait son bonhomme de chemin et paraît de plus en plus plausible par les temps qui courent, par rapport à l’hypothèse classique soutenant l’existence d’un seul univers prééminent. C’est que l’on envisage, de nos jours, que la complexité caractéristique de  la constellation infinie des flux et reflux «désintégrateurs – intégrateurs » spatio-temporels cosmiques permanents, régis par le perpétuel jeu transformationnel de la trame intersidérale, puisse très bien sous-tendre une possible fluctuation de pluralité des mondes cogitant dans l’instantanéité éternelle du temps Présent.

	Celui de l’«ici-maintenant» s’annonçant sans cesse dans la constante instantanéité fugitive du moment présent continuellement actualisé, coïncidant ainsi avec la notion de temporalité cosmique éternelle résonnant au rythme des battements d’aiguilles de l’horloge universelle, signant l’écoulement et l’actualisation immédiate de l’instant fugitif de chaque seconde retentissant au diapason du présent de tout temps perpétuellement (re)commencé…Autrement dit, un présent permanent en rapport dialectique avec son paradigme spatio-temporel se faisant et se défaisant dans la toile de fond du cycle à la fois fini et infini de l’alternance transitionnelle permanente des big bang et des big crunch successionnels. Chaque phase entérinant les précédents univers et présidant à la régénération des suivants dans l’ordre interstellaire évolutif permanent, présidant aux continuités dans les ruptures avec l’engendrement d’un big bang tous les mille milliards d’années, selon les théoriciens de l’évolution cosmique.

	Cette dernière régissant les constellations de ses multiples champs d’espace –temps  aux «briques» caractéristiques  construisant – déconstruisant (à la fois), incessamment les «murs» de ces univers parallèles, supposés se succéder donc dans un cycle éternellement renouvelé : bal cosmique perpétuel animé partout par la dualité Eros-Thanatos présidant aux destinées de ces univers parallèles, que l’on suppose passant de phases expansives des big bang en croissance aux phases inversées des big brunch décroissants et ainsi de suite, dans le cycle mutationnel permanent déterminé par  la loi de l’entropie et de la néguentropie conditionnant la succession des temps. Avec leurs fins et leurs régénérations transformationnelles incluant d’autres revêtements spatio-temporaux intégrant les apports d’innombrables ingrédients interstellaires qui proviendraient de toutes les dimensions sidérales et son infini Mystère, à l’origine du phénomène vie : le vivant autant que l’inerte  sempiternellement dégradés et régénérés diversement en différentes spatialités interstellaires, par-delà l’accomplissement, en différentes temporalités sidérales de leurs mille milliards cycles ontologiques évolutifs déterminés, qu’entraîne le perpétuel ballet cosmique orchestrant en permanence le jeu universel des déclinaisons - régénérations métamorphosées de tous temps renouvelées . Ce qui rappelle cette fameuse citation de Lavoisier «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme» en une succession de pluralités existentielles de mondes parallèles sans cesse en mutation régénérative à chaque fin de cycle, pourrait-on ajouter, dans ce contexte de l’évolution cosmique permanente.

	
	Hypothétiques multivers

	
	Nul doute que la science promet beaucoup à l’avenir comme innovations et découvertes de plus en plus surprenantes, cependant les postulats théoriques du savoir ne sont pas à confondre avec la réalité avertissent les scientifiques. Les prédictions de la théorie de la relativité générale, par exemple, ne peuvent être expérimentalement vérifiées, quoique la théorie dans son ensemble n’en demeure pas moins scientifique. Et comme le conclut Aurélien Barrau dans son article cité ci-dessus, «Il n’est pas nécessaire de vérifier toutes les prédictions d’une théorie pour qu’elle puisse être réfutée.» Qu’un seul des univers d’une théorie puisse être observé affaiblit la signification statistique des résultats, mais ne modifie nullement la démarche scientifique usuelle. Un unique échantillon est disponible, mais il est bel et bien disponible ! Si donc le «paysage» de la théorie des cordes venait à être précisément calculé (ce qui est aujourd’hui loin d’être le cas), si la probabilité d’apparition d’observateur dans une structure donnée venait à être scrupuleusement évaluée (ce qui est non moins hors de portée de nos moyens actuels), si une mesure rigoureuse et covariante pouvait être définie dans le multivers (ce qui n’est pas encore consensuel), il devrait être possible de confronter notre unique univers à un modèle prédisant de multiples univers et de corroborer ou d’infirmer ce dernier à un niveau de confiance donné. Une physique somme toute très standard qu’il serait étonnant de réfuter a priori, d’autant que les vertus explicatives du multivers quant à la naturalité et à la complexité n’apparaissent qu’a posteriori, sans le moindre coût conceptuel. Une adéquation quasi parfaite avec le critère du rasoir d’Ockam…

	Parce que l’histoire des sciences nous enseigne qu’une certaine humilité est toujours bienvenue face aux attraits des révolutions naissantes, la prudence est de mise. Il est fort probable que les mondes multiples s’évaporent aussi rapidement qu’ils ne sont venus sur le devant de la scène scientifique. Mais rien, aujourd’hui, ne semble plaider contre une prise au sérieux de cette nouvelle cosmogonie. Dans cette optique recommandant la prudence  et considérant ces supposées cordes de relais cosmiques permettant, grâce à leurs raccourcis interstellaires, d’assurer des liaisons intersidéraux en des temps records, suivant les suppositions de chercheurs astrophysiciens, peut-être convient- il de rappeler l’interprétation révisée du paradoxe de Langevin en relativité par l’éminent chercheur Jean Charon ( le concepteur français de la théorie de la relativité complexe considéré comme continuateur d’Einstein). On s’est durablement habitués à l’idée, longtemps entretenue, du paradoxe répandu supposant qu’un voyageur partant pour l’espace et revenant au bout d’un temps assez long trouverait la terre plus vieillie que lui.

	Il n’en est rien, démontre l’astrophysicien qui explique que dans cette éventualité c’est l’espace qui se contracte et non pas le temps, affirmant que ce voyageur sidéral à son retour trouverait la terre au même âge que lui : l’écart entre les deux points ralliés ayant été parcouru en un temps record à la vitesse de la lumière,  réduisant ( contractant) donc,  l’étendue séparant la distance terre-cosmos sans que l’âge des personnes sur terre et des éléments dans l’espace vertigineusement ralliés changent en quoi que ce soit… Cependant, l’auteur n’exclut pas moins la possibilité théorique de visiter les galaxies les plus lointaines et d’en revenir dans la durée d’une vie humaine sans que la terre ait vieilli d’un nombre d’années plus grand que celui qui s’est écoulé pour les voyageurs intergalactiques. Pour clore, disons qu’en matière de savoir, il est légitimement permis de rêver. Rappelons l’anecdote qu’on prête à Platon, considéré comme chef de file des idéalistes. Un jour qu’il se  promenait en campagne les yeux rivés vers le ciel, absorbé par ses préoccupations, il tomba par mégarde dans une fosse suscitant les railleries d’une dame.
	Cette dernière lui reprochant d’avoir la tête dans les nuages et les pieds loin du sol ferme La saison de la cueillette d’olives arrivée, les récoltes des champs se sont avérées abondantes et le célèbre philosophe prit sa revanche en ayant prédit les conditions météorologiques grâce à sa perspicace observation du firmament. Comme quoi ce qui est songe ou supposition, aujourd’hui, peut parfaitement devenir réalité demain… 
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           <title>Réforme du marché financier : axe formation-communication</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 04 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 04 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	La réforme du marché financier en Algérie a considéré le volet «Formation-Communication» comme un axe stratégique et prioritaire dans les cinq chantiers engagés à ce jour :
	Métiers, émissions, institutions, systèmes et formation-communication. Concernant l’axe «Formation-Communication», il se dégage, des premiers résultats des travaux de la première phase de la réforme du marché financier «évaluation-conception», un «GAP» très important entre les besoins de la place financière et l’analyse des programmes enseignés, la logique et la stratégie suivies par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS). Malgré la répartition, la place et la présence des universités algériennes à  travers le territoire national, l’enseignement supérieur des services d’investissements financiers restent en deçà du niveau professionnel requis pour son développement. Le réseau constitué par les 47 universités algériennes est un atout favorable pour servir de support de formation et de communication nécessaires au développement des services d’investissements financiers dans chaque wilaya du pays. Il s’agit donc de proposer des pistes de réflexion :
	• afin d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur, de le réorganiser et d’adapter les filières concernées aux besoins de la place financière,
	• d’organiser une certification par l’autorité de marché (Cosob) afin de permettre aux enseignants et étudiants d’exercer et développer les services d’investissements financiers dans leur wilaya. La stratégie d’amélioration et d’adaptation de l’enseignement supérieur vise à former donc en graduation et post-graduation des cycles de cours en LMD requis par «métier-titre». Cette formation de base par «métier-titre» donne la possibilité à l’étudiant et l’enseignant   d’exercer l’activité de service d’investissement financier au niveau de sa wilaya après une certification de l’autorité de marché au sein d’une banque ou à titre individuel (remise d’une carte professionnelle). Rappel des principaux résultats des travaux : à ce sujet, il est proposé une démarche temporelle de développement des services d’investissements financiers en Algérie basée sur la   reconnaissance des «métiers-titres» et la certification de son exercice à travers le territoire national. Cette démarche temporelle est présentée en trois principales étapes avec les priorités suivantes :
	-1. Développer d’abord les opérations financières et rendre accessible le marché aux épargnants : pour cela il faut encourager les conseillers en placement de produits financiers et   les analystes financiers à travers le territoire national.
	-2. Sécuriser le marché en protégeant les épargnants, les investisseurs, les sociétés cotées et les sociétés de services : pour cela il y a lieu de former des spécialistes des risques et des spécialistes de la complaisance. Ce qui permet aussi d’organiser le «middle-office» et les centres de contrôles internes des entreprises de services d’investissements financiers.
	-3. Dégager des ressources de liquidités grâce au développement des banques d’affaires qui sont appelées à accompagner les entreprises dans la recherche de financement, contribuer à la création et extension des entreprises et enfin encourager la création de la richesse et de la valeur.
	-4. Les autres métiers (gestion de portefeuilles, négociateur,…) seront favorisés par la dynamique du marché financier en Algérie, qui est appelée à converger avec les marchés du reste du monde à moyen terme.

	
	Démarche à suivre

	
	Nous retenons principalement la priorité accordée à la mise en place de la formation et la certification des conseillers en placement des produits financiers et des conseillers financiers. En effet, dans la situation actuelle du marché financier en Algérie, ces deux aspects sont très importants pour accompagner le développement du marché. Ils ne sont assurés aujourd’hui que partiellement par les agences   bancaires à travers le territoire national. Dans les marchés émergents, ils sont aussi connus sous la forme de gestion de patrimoine (private banking) et conseillers clientèles.
	En Algérie, les banques privées et publiques se sont familiarisées avec les procédures d’émissions et de placement sur le marché primaire au grand public et aux institutionnels. Pour cela, elles font partie du Syndicat de placement et engagent leurs agences locales dans l’opération de placement des produits financiers émis par les sociétés émettrices. Cependant, nous savons que les banques disposent d’une agence ou deux (voire trois) seulement au niveau du chef-lieu de chaque wilaya d’une part et que d’autre part le travail d’information sur l’opération est surtout réservé à la clientèle au sein de l’agence. La force de vente des agences bancaires à travers le territoire national ne peut donc pas couvrir toute la demande potentielle de placement dans les produits financiers et intéresser la forte masse d’épargne hors banque disponible chez le grand public. Intervention du conseiller en placement et de l’analyste financier à l’interieur du  pays (au niveau local) Les services bancaires ont donc besoin d’un relais et un prolongement dans le grand public en tant que conseillers en placement et/ou analystes financiers à travers le territoire national. Afin de répondre à ce besoin réel de dynamisation du marché, il y a lieu d’agir sur l’environnement local des agences bancaires par les actions suivantes :
	• Définition et reconnaissance de chaque métier en fonction des risques et des compétences requises
	• Stratégie de formation universitaire adaptée aux besoins de chaque «métier-titre» (programme, durée, conditions…)
	• Certification de l’exercice des métiers et des services d’investissement financiers par l’autorité du marché financier au niveau local.
	• Remise de cartes professionnelles aux conseillers en placement et/ou aux analystes financiers.  Pour cela, il est proposé de favoriser la création d’un pôle d’ingénierie financière au niveau de chaque université autour des enseignants et étudiants en post-graduation des modules de finances, économie, commerce et management. L’organisation et l’identification d’un tel pôle permet à l’autorité de marché :
	-1. De pouvoir les associer aux regroupements périodiques nationaux en présence des experts, des associations et bureaux nationaux et étrangers.
	-2. Leur fournir les supports pédagogiques requis pour la formation par métier.
	-3. Les associer à la réforme du marché financier
	-4. Les informer des nouveautés et actualiser leurs connaissances.
	-5. Organiser la certification et fournir les cartes professionnelles
	 

	Il reste à règlementer leur intervention auprès du grand public par le contact et l’information des épargnants afin de les aider à forger leurs   opinions. Il y a lieu d’examiner aussi la possibilité d’accompagnement des clients jusqu’à l’agence bancaire pour ouvrir les comptes nécessaires, renseigner l’ordre d’achat et bloquer les ressources. La rémunération du conseiller en placement et de l’analyste financier doit être règlementée, affichée et connue, à préciser avant leur autorisation (sous forme de commission ou sous d’autres formes à payer par l’agence bancaire ou par le client).

	
	Conclusion-recommandations

	
	 A ce stade de réflexion, la demande de formation en services d’investissements financiers est donc relativement identifiée. Il reste à définir les produits sous forme d’offre de formation par «métier-titre» au niveau de toutes les universités. Si cette approche est retenue par la place, il suffit d’engager ce chantier en exprimant clairement cette demande de formation aux services pédagogiques du MESRS.
	Ce qui constitue une opportunité pour mettre en place le cadre idéal d’encouragement et de valorisation des compétences locales et les engager dans la réforme du marché financier. C’est aussi l’occasion de passer d’une perception réduite de la Bourse d’Alger à une perception plus large de la Bourse d’Algérie.
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           <title>Le féminisme exhibitionniste : une nouvelle arme contre le paradigme islamiste</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Mon, 29 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 29 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	L’idéologie des femmes montre ses limites car dans le Monde arabe elle donne naissance à un féminisme extrême. Pour une grande partie des musulmans, elle  relève des tabous corporels condamnés par la quasi-totalité de la population arabe, quel que soit son degré de religiosité, car elle va à l’encontre des codes culturels et moraux ancrés dans les mentalités. Ainsi, la nudité devient une norme aussi asservissante que la contrainte imposée à la femme de porter le voile et c’est  l’interaction de ces deux visions extrêmes qui représente un cocktail dangereux. 
	Au lendemain de la vague de mouvements de révolte qui ont eu lieu dans le Monde arabe en 2011, le rôle et les droits de la femme représentent  des points de mire qui se placent au centre du débat politique post-
	révolutionnaire. Durant la révolution tunisienne, tout comme égyptienne, la participation et la contribution de la femme arabe dans la chute des régimes de Ben Ali et Moubarak étaient dignes d’admiration et une preuve de courage. Cependant, lorsque les régimes islamistes au pouvoir en Tunisie substituent la reconnaissance de la femme, qui était l’un des piliers sous la dictature par la mise en place de politiques oppressives à son encontre, les femmes se sentent menacées et privées de leurs droits fondamentaux. En effet, diverses déclarations de figures islamistes connues tiennent les femmes pour responsables du harcèlement sexuel et de la violence domestique dont elles font l’objet. Par conséquent, un grand nombre de mouvements réactionnaires ont vu le jour avec pour objectif le rejet de l’agenda islamiste sur les questions de la femme. Un de ces mouvement est «The uprising of women in the Arab World» (Le soulèvement des femmes dans le monde arabe) qui a gagné une certaine notoriété et popularité.

	Le mouvement est une campagne dans les réseaux sociaux qui a pour objectif primaire de créer une plate-forme qui permet à la femme arabe de nous faire part de ses histoires personnelles et protestations en ce qui concerne la violence domestique, le harcèlement sexuel et le sexisme. Par ailleurs, des mouvements parallèles sont nés, en grande partie selon un contexte politique particulier, celui des diverses attaques faites aux femmes rebelles et émancipées. Ceci a enclenché une vague de manifestations où les femmes descendent dans la rue pour protester contre un gouvernement qui néglige leurs droits. Bien que ces mouvements protestataires se font de plus en plus ressentir, tel un flot intarissable de colère et de frustration, les violations des droits faites aux femmes deviennent la triste réalité de l’hiver arabe. Ennahda, tout comme les Frères musulmans, continuent à blâmer les femmes pour les attaques dont elles sont victimes et non coupables. Ce processus d’émancipation soulève des questions sur l’avenir du féminisme et des droits de la femme dans le Monde arabe. Tandis que des organisations féministes existaient dans la région depuis des décennies, c’est l’adoption de démarches plus radicales qui a créé la polémique les deux années qui ont suivi les révolutions du Monde arabe.

	Un exemple de cette alliance controversée est celle du mouvement ukrainien, Femen, et celle des féministes arabes, qui a provoqué la condamnation et des critiques virulentes de l’exhibitionnisme du corps de la femme comme arme de
	révolte contre le diktat des théocraties modernes. Dès lors se produit un «clash» entre la revendication de l’exposition du corps au nom de la liberté et la vision qu’ont les islamistes de la femme qui, à leurs yeux, a pour devoir de se couvrir et d’être pieuse et docile. Ainsi, il est essentiel de placer l’adoption des idées réactionnaires de Femen dans un contexte spécifique, celui d’un gouvernement régi par les lois et les préceptes de l’islam, une religion qui prescrit un code vestimentaire austère aux femmes. Il va sans dire qu’une tendance parallèle de protestation contre les dogmes de la religion islamique se décèle depuis quelques mois. Un courant qui émerge de façon de plus en plus visible, l’athéisme, qui est par ailleurs au cœur des discussions en Egypte. L’athéisme qui, en soi, existait aussi sous Moubarak, devient la nouvelle arme de révolte contre les politiques islamistes en place. En effet, si nous assistons à une génération grandissante d’athées, c’est bien en raison d’un mouvement de rejet de l’islam tel qu’il est imposé par les gouvernements dits islamistes, avec un laxisme manifeste face aux salafistes.

	Ce laxisme va même accepter et apporter son soutien aux prêches et discours des islamistes les plus radicaux dans les mosquées et à la télé. Un athéisme politique voit le jour qui, a priori, n’est pas une conviction antireligieuse du rejet de l’existence de Dieu, mais un rejet d’un groupe de personnes qui s’opposent aux interprétations oppressives et aliénantes des principes de l’islam telles que les défendent les gouvernements en place. Cet état d’esprit place les Egyptiens libéraux dans une situation complexe. En optant pour le rejet de l’islam comme une riposte aux islamistes radicaux, ils estiment que les islamistes au pouvoir prêchent l’islam obscurantiste qui ne s’adapte pas au système des valeurs des temps modernes. C’est ce même phénomène de rejet qui nourrit aussi le comportement protestataire des féministes les plus radicales du Monde arabe.

	Tout comme le fondement des politiques islamistes repose sur une condamnation de l’athéisme, l’exhibitionnisme du corps de la femme devient une revendication des droits de la femme à s’opposer au port du voile que leur imposent ces régimes. Ainsi, la critique de la rhétorique islamiste perçue comme le paradigme de l’oppression sexuelle du corps de la femme est une attaque de l’argumentaire féministe occidental qui consiste à dire que la liberté de la femme ne peut être atteinte que par la nudité. Cependant, l’idéologie des femmes montre ses limites car dans le Monde arabe, elle donne naissance à un féminisme extrême. Pour une grande partie des musulmans elle relève des tabous corporels condamnés par la presque quasi-totalité de la population arabe, quel que soit son degré de religiosité, car elle va à l’encontre des codes culturels et moraux ancrés dans les mentalités. Ainsi la nudité devient une norme aussi asservissante que la contrainte imposée à la femme de porter le voile, et c’est l’interaction de ces deux visions extrêmes qui représente un cocktail dangereux. ]]></description>
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           <title>Démocratie ex nihilo, démocratie de contrefaçon</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 27 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 27 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Si ces gavroches écervelés de la révolution française se laissèrent embringuer sans la moindre hésitation dans un très large mouvement insurrectionnel dont ils ne mesuraient ni l’ampleur ni l’issue, c’est tout simplement à cause de certaines idées forces qui circulaient depuis déjà bien longtemps : celles de Montesquieu, Voltaire, Rousseau, d’un cri de désespoir balancé sur des pavés poisseux par une misère séculaire qui atteignait, enfin, son point de non-retour. 
	Tout le monde sait que les démocraties ne naissent pas d’un processus semblable au big-bang, émergeant subrepticement d’un néant mystérieux, néanmoins il faut aussi admettre que jamais dans le monde, aucune révolte ni révolution ne se sont déroulées selon les vœux de leurs dialecticiens instigateurs ou de cette tourbe qui s’offre comme chair à canon pour communiquer au monde des ressentiments et des injustices entassés depuis des lustres. Que de chemins tortueux sommes-nous forcés d’emprunter, de pactes avec le diable faut-il se résigner à parapher, pour aboutir à la consécration d’une démocratie dont on sait, aujourd’hui, qu’il sera toujours nécessaire d’y introduire des amendements permanents par le débat, le suffrage et «l’ijtihad».

	On parle aujourd’hui de ce Printemps arabe avec amertume et beaucoup de déception, on égrène ses erreurs monumentales. On qualifie ce mouvement de gageure et de débâcle, comme si c’était une surprise et comme si en l’espace de quelques saisons, on espérait, sans mésaventure, extraire des décombres d’un système politique et social vermoulu un nouvel art de vivre, de penser, de coexister, de construire un projet de société commun où la norme essentielle serait la communion et l’union sacrée et indivisible. «Une partie de l’humanité peut être appréhendée comme une nationalité, si elle est liée par des sympathies communes et exclusives(1)», disait John Stuart Mill. Je peux vous affirmer que le monde arabe est exclusivement sympathique. Le philosophe Ernest Renan enrichissait cette définition de la nation en posant deux conditions  : «La première est la possession commune d’un riche héritage de souvenirs, l’autre est l’engagement, le souhait de vivre ensemble(2).»

	Le monde arabe possède tous ces attributs splendides et davantage encore, il cherche seulement et désespérément sur quel socle juridique il pourrait discipliner cette richesse de passions antagonistes. Les Arabes sont dotés d’une générosité extraordinaire, ils veulent vivre ensemble, mais faisant chacun ce que bon lui semble avec des comportements et des modes de pensée qui ne pourront jamais être gérés par un même système politique. On aura beau essayer de rendre l’islam soluble dans les libertés infinies de la démocratie, il n’a pas réussi à prendre sa place. On aurait bien voulu que l’islam rognât un peu ses intransigeances canoniques. Il a répondu qu’il ne pouvait pas se servir de ciseaux qui sont entre les mains de Dieu. Tout le monde feint d’ignorer pourquoi le monde arabe, familiarisé lui aussi à ce matériau de «sympathies communes et exclusives» et d’«héritage de souvenirs», demeure  incapable de pérenniser cet «engagement et ce souhait de vivre ensemble», selon des règles admises par tout le corps social. On a donc le plus souvent essayé de nous accommoder les uns des autres, dans l’espoir que certains affrontements inévitables ne menacent point nos pouvoirs politiques, mais en vain.

	Nous venons récemment de goûter à l’esprit des barricades, des tribunes publiques enflammées et de l’immense privilège de concourir pour ces trônes qui étaient dévolus à des dictateurs, dont le seul mérite était d’imposer un silence religieux dans un monde profane. Aucun chahut de quelque part que ce soit n’était jamais toléré. Aujourd’hui, l’appel irrésistible de la rue essaye d’engloutir tout le monde. Mais parfois, lorsqu’on descend dans la rue, c’est pour ne plus en remonter, pour ne plus en sortir. On y laisse des plumes, on y perd son âme, on se salit les mains. La rue est un ogre, un abîme où il n’y a pas que des clameurs d’enthousiasme qui annoncent des lendemains meilleurs et des songes qui déposent dans votre imagination cette promesse de soulagement et de bonheur, qui nous pousse à égorger sans scrupules ceux qui sont en face. La rue est faite également d’impasses, d’endroits malfamés, de lieux mal éclairés, de recoins obscurs, d’où peut surgir n’importe quoi. La rue nous donne la force de dresser l’échafaud pour décapiter nos tyrans, mais dans notre liesse, par mégarde, nous y érigeons aussi des trônes pour de nouveaux despotes. La rue est humaine, imprévisible, volubile, indécise, hésitante. Elle accepte tout le monde, elle est le miroir de toutes les passions, de toutes les convoitises. Aveugle, elle répond à toutes les sollicitations et compatit à toutes les rancœurs.

	La rue se rallie à toutes les résistances et à tous les opportunismes : ceux qui s’accrochent désespérément à leur royaume et refusent l’avènement d’un nouveau monde, ceux qui se résignent enfin à mourir réellement après avoir pris conscience qu’ils n’existaient pas et enfin ceux qui viennent de nulle part, qui étaient là seulement par hasard, mais qui auront la veine ou le culot de prendre le train en marche et de finir le voyage en première classe. La révolution française a été un exemple édifiant en matière de terreur et de chaos, elle a chancelé, titubé, regretté ses audaces et ses ambitions. Elle fut contrainte de plonger ses mains dans le sang, le plus souvent innocent. On n’a pas hésité à consentir l’inconcevable compromis. On a décimé une Vendée insoumise et assassiné des prêtres hostiles au pouvoir civil. On avait, par cette funeste loi de Prairial, exécuté des centaines de personnes selon des formes expéditives et barbares, qui feraient vomir de honte les philosophes des Lumières.

	On est passé du Directoire au Consulat, on a créé un empereur, on a réinvité au pouvoir une monarchie qu’on avait décapitée. Bref ! Il s’en est passé des choses et beaucoup de grabuge pour qu’une République embryonnaire puisse sortir sa tête et survivre hors de ce chaos, que personne n’avait prévu lorsqu’on pensait à cette démocratie qui abolirait les privilèges et ferait de chaque citoyen le roi de son destin. Personne n’avait prévu ce chaos, lorsqu’on a décidé un jour de grimper sur des tribunes et de vociférer aux gens de prendre les armes pour défendre ces idées et ces promesses. Si pendant qu’ils dissertaient, penauds dans des salons littéraires ou entre les allées embaumées de quelques jardins, vous aviez demandé à tous ces génies de cette France des Lumières quelles étaient les recettes les plus sûres, les moins humainement désastreuses pour mettre concrètement en place cette jolie trouvaille qu’était la République, avec son florilège de droits et de libertés, personne ne vous aurait répondu. On vous aurait seulement suggéré : voilà tel que le monde doit être, comment l’humanité serait plus belle, plus humaine, plus généreuse et moins cruelle si elle prenait tel chemin. Mais le malheur, c’est que le chemin n’est jamais vacant, il est chaque fois occupé et depuis déjà bien longtemps par des gens qui y vivent avec leurs bardas, leur confort et leurs habitudes, auxquelles ils tiennent énormément et pour lesquelles, eux aussi, sont prêts à tuer «légitimement».

	Ce n’est pas une sinécure de déloger un système, déverrouiller une mécanique, inverser l’ordre des choses, modifier une nature. Il n’y a absolument aucune recette pour cela, hormis la théorie du chaos, le hasard, du bon sens et beaucoup de temps. Les démocraties européennes sont tributaires d’une série d’événements sans lesquels rien n’aurait été permis. La guerre d’indépendance des Etats-Unis (1775) et la révolution française (1789) sont l’éruption d’un magma d’éléments incandescents, travaillés depuis des siècles par des forces interactives imperceptibles, mais fortement déterminantes dans la suite des événements, qui ont enfanté les républiques occidentales.
	Pour se frayer son chemin, la démocratie a été obligée de dissoudre les antagonismes qui rongeaient la société et freinaient la naissance de la République.

	Il était donc indispensable pour elle de s’attaquer à ses deux plus grands ennemis de l’histoire, deux despotismes millénaires : le premier incarné par une royauté qui estimait détenir son pouvoir de Dieu, tandis que le deuxième pouvoir, extraordinairement omnipotent, délégué disait-on par Dieu lui-même, était confisqué par une gargantuesque Eglise qui se donna pour charge, de régenter tous les aspects de la vie humaine. Abattre les rois, les tyrans et les despotes devait inéluctablement passer par des guerres, des révoltes incessantes, des révolutions, beaucoup de sang comme toujours et surtout un génie exceptionnel combiné à des lois bien adaptées et qui suscitèrent l’assentiment général. «La Charte des libertés», en l’an 1100, «La Magna Carta» en 1215, «La Déclaration des droits» (ou Bill of Rights) en 1689, marquent les jalons de cette chronique sanglante face à une tyrannie séculaire.

	«Le Traité  de Westphalie» (1648) a permis à une mosaïque de territoires agglomérés, par une puissance arbitraire, de créer non seulement leurs propres «foyers nationaux», mais surtout de prendre conscience, pour la première fois, de l’inestimable valeur de ce butin de guerre qu’est «l’Etat-nation» et d’une «Souveraineté» dont nul ne pouvait auparavant concevoir les innombrables bienfaits. Le XVIIIe siècle verra fleurir toutes ces idées terriblement subversives et annonciatrices d’une ère nouvelle, proclamée à travers la pensée de ces philosophes du désordre fécond (Montesquieu, Voltaire, Benjamin Franklin, Rousseau, Adam Smith, Emmanuel Kant…)

	Quant au sort de cette deuxième tyrannie exercée par les représentants de Dieu, il sera scellé pendant la révolution française. L’Eglise commencera par se ratatiner sur elle-même, jusqu’à ce que son divorce soit officiellement et irréversiblement entamé avec un pouvoir terrestre, qui obéira désormais à une nouvelle dogmatique moins figée mais davantage déterminée par le choix des hommes et l’alternance au pouvoir. L’Eglise sera entièrement dépouillée de ses incalculables richesses et de son pouvoir politique. Sa chute aux enfers connaîtra des moments angoissants (La Constitution civile du clergé en 1790 — une accalmie pendant la période du Concordat de 1801 — et enfin le coup de grâce de 1901, date de la séparation de l’Eglise et de l’Etat). Elle sera enfin démobilisée, renvoyée dans ses foyers pour laisser surgir une laïcité que tout le monde attendait impatiemment et qui promettait de réunir les citoyens autour de valeurs nouvelles. «Elle le fait en conjuguant la liberté de conscience, qui permet aux options spirituelles de s’affirmer sans s’imposer, l’égalité des droits de tous les hommes sans distinction d’option spirituelle et la définition d’une loi commune à tous visant le seul intérêt général, universellement partageable(3).»

	Le monde arabe, quant à lui, continue à flotter au-dessus d’une ligne sismique dont les prodigieuses forces telluriques le font tressaillir en permanence. Ces deux formes de despotisme que je viens d’évoquer et pour lesquelles l’Occident a mis presque un millénaire pour les annihiler subsistent encore dans un monde arabe qu’on voit constamment osciller entre un despotisme séculaire exercé par des révolutionnaires qui ont, eux aussi, reçu en héritage un pouvoir éternel, un pays et des sujets, et entre la tyrannie d’une pensée sacrée et intouchable que l’on attribue à des fous de Dieu qui veut, elle aussi, subordonner les ouailles que nous sommes à une vision du monde qui ne coïncide pas avec le développement constant de nos désirs et de nos aspirations.

	Parfois, il y a des peuples qui ne sont pas prêts pour la démocratie, ils ont été préparés à la rêver, mais pas à la vivre en commun, ni à la pétrir ensemble, à l’exercer, à subir et à respecter ses règles. Les Etats-Unis furent le premier pays au monde à s’en apercevoir et à révéler les mécanismes latents et très complexes qui risquent de gripper une démocratie «clé en main». Il a fallu du temps et un génocide pour que l’Oncle Sam prenne conscience qu’il était impossible en une seule virée d’installer une entité républicaine et démocratique homogène sur un site mésopotamien traversé par un enchevêtrement de disparités archaïques inconciliables, les mêmes auxquelles nous tous n’avons pas prêté attention et que nous avons laissé traîner, tels des paillassons effilochés sur lesquels tout le monde trébuche aujourd’hui. Depuis la mort d’Averroès et de ses pairs, le monde arabe a essayé vainement de débroussailler le chemin qui le mène vers le futur, en se tortillant, un cul majestueusement calé entre deux chaises. Nous survécûmes ligotés par nos traditions inamovibles et immuables et constamment sollicités par la nécessité de nous adapter au présent avec des logiques, sinon plus conciliantes, au moins réétudiées et réexaminées à la lumière de nos propres invariants religieux objectivement et pacifiquement confrontés aux exigences du monde contemporain et de cette modernité intraitable.

	Avec un contentieux aussi vieux et à propos duquel aucune réflexion sérieuse n’a été officiellement engagée, cela revient à dire que nous sommes toujours englués au Moyen-Age avec des corps qui déambulent dans un futur totalement étrange. Le plus choquant et le plus paradoxal, c’est que dans notre réalité intime, nos mœurs ne correspondent nullement ni à cet islam que l’on tient en otage ni à une modernité qui ne cesse de nous expulser et de nous renier. Qui sommes-nous donc alors ? Nous, nous sommes hypocritement ligués, pour un temps, contre un colonialisme qui menaçait un bien que nous avions en commun et qui, soit dit en passant, était de création récente, c’est-à-dire une nation dans laquelle nous nous sommes tous fourrés. Nous gigotons à l’intérieur tant bien que mal avec des constantes nationales, qui laissent peu de place à un esprit républicain qui trimbale dans sa valise une laïcité et une démocratie sans aucunement de tyran imberbe ou barbu irréductible. Nous ressemblons à ce pauvre corps possédé par une multitude de démons et que Jésus voulait exorciser. Qui es-tu ? demandera le Prophète en s’adressant à cette âme torturée. Légion ! lui répondit une voix de l’intérieur d’un corps sans véritable propriétaire. Aucune carcasse ne peut supporter d’être habitée et hantée par autant d’entités divergentes.

	 

	Notes de renvoi :
	-(1) J.S.Mill, Considerations on Representative Government, Londres, 1861 - Traduction française : Considérations sur le gouvernement représentatif par Patrick Savidan, Paris, Gallimard, 2009
	-(2) Renan E. (1992), Qu’est-ce qu’une nation ?, Presses Pocket.
	-(3) Henri Peña-Ruiz, Histoire de la laïcité, genèse d’un idéal, Gallimard, collection : «Découvertes / Histoire», 2005.
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           <title>Les assassins de l’innocence  «Urban Legend of Algeria»</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
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           <pubDate>Sat, 27 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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	A la mémoire de Chayma, des enfants de Constantine, de ceux d’avant et d’après. 
	Tout le monde vaquait à ses occupations, loin de s’imaginer que l’inénarrable se tramait. Une soucoupe volante atterrit sans que personne y prenne garde, il y avait à son bord des créatures rebutantes aux sourcils rasés et qui portaient des barbes bien fournies, teintées au henné. Les occupants du vaisseau firent irruption chez nous, les bras chargés de couteaux, de haches et de sabres. Une très longue besogne les attendait. Le pays sera plongé dans le noir pendant dix longues années. Le temps se figera, pétrifié par le sang qui ruisselait dans les caniveaux. Et puis un jour, on n’a plus revu cette soucoupe volante. Pourquoi ces créatures étaient-elles venues ? Quel chemin mystérieux les avait menées jusqu’à nous ? Nous avons seulement eu le temps de préparer à la hâte une forme d’armistice pour empêcher l’extermination de notre espèce. Nous avions préalablement essayé de déchiffrer leur langage, saisir leurs mobiles. Nada ! Il y eut une «Rencontre du troisième type», genre Steven Spielberg, mais version plus «Gore». On a fini par tout oublier. Cela s’est-il réellement passé ? Ou n’était-ce  qu’un  cauchemar  national, une psychose collective ? Les victimes sont les seules à avoir ce droit sacré de fournir des réponses, de porter des jugements, de faire leur deuil ou de réclamer justice jusqu’à la fin des temps. Comment avions-nous fait pour ne pas voir venir cet holocauste ?

	«Pendant que les étendards de la mort happaient les âmes des innocents, nourrissons, enfants et femmes au milieu de flots de sang, les voisins attendaient leur tour [pour être égorgés] dans un état d’hystérie et d’épouvante poussés à l’extrême.» (1) Cette légende urbaine n’a rien à voir avec mon article, les seuls faits similaires avec l’actualité sont, comme toujours, cet état d’âme sociétal surprenant : insouciance,  incrédulité, étonnement et panique. C’est l’histoire de monstres assoiffés de sang qui apparaissent à des moments précis pour semer les drames les plus macabres et les plus indicibles. Une fois la société terrorisée, la paranoïa s’installe et avec elle les excès de prudence et de répression, ou de colère et de résignation. Les monstres se terrent le temps de la chasse à l’homme et attendent patiemment que la société replonge dans ses distractions favorites : les jouissances quotidiennes, la course effrénée vers les biens matériels, l’égocentrisme, l’indifférence, l’insouciance, les terribles disparités sociales, la mondialisation de la violence par l’image et le son, des mécanismes éducatifs, préventifs et répressifs lamentablement inefficients et en décalage par rapport aux menaces… Bref !

	Une situation certes chaotique, mais toujours supportable. Comme disait le philosophe Kierkegaard : «Dans la réalité nul ne peut tomber si bas qu’il ne puisse tomber plus bas encore, ni qu’on ne puisse en trouver un autre ou beaucoup d’autres pour tomber encore davantage.»(2) Ainsi, certains parmi nous prient chaque jour pour que cette parcelle de bonheur, qu’ils essayent jalousement de préserver, ne puisse pas s’évanouir sous les coups d’un mauvais sort, tandis que d’autres voudraient seulement que la misère indescriptible dans laquelle ils sont se maintienne au même niveau. On cherche moins à construire l’idéal qu’à tout faire pour éviter le pire. Chacun s’interroge dans son coin pour essayer de démêler ces énigmes. Tout le monde a une réponse bien faite. Evidemment, cela ne consolera jamais les parents de la victime, mais toutes ces supputations réchauffent le cœur, car elles auront au moins ce mérite illusoire et éphémère de permettre, à nous autres rescapés, de continuer à vivre jusqu’à la prochaine calamité sans penser que l’ombre de la mort rôde constamment aux alentours.

	La peur et le sang, c’est mauvais pour les affaires ! Le peuple algérien est robuste et cela ne sera pas des hécatombes qui l’empêcheront de vivre, d’espérer, de faire des affaires, de renouer avec ses fiestas, ses noubas et de deviner son avenir grâce à des «boqualas». Cela a toujours été comme ça. L’Arabe n’anticipe pas. Il se soumet à la fatalité et répare les dommages qu’elle lui fait subir en pansant ses plaies. Que peut-on faire  contre «El mektoub»? «Lan Youssibouna Illa ma kataba Ellahou lana !» Cette vision réductrice de la soumission de l’homme à la volonté divine a ses avantages. Elle permet de déresponsabiliser, de déculpabiliser tout le monde. Elle nous évite de faire des efforts afin de nous hisser au niveau de l’irrationnel, de l’inconnu, de ces forces obscures, de cette puissance démiurgique qui, pense-t-on, s’amuse avec nos destinées. Alors, on  se contente de subsister en se persuadant que toutes ces mésaventures n’arrivent qu’aux autres. Nous sommes nombreux à ignorer où se trouve exactement Bentalha, Raïs, Had-Chekala.

	Des galimatias toponymiques insolites, des lieux qui ne font que passer, transitoires et interchangeables, impossible donc à caser dans cette mémoire sémantique propre à faire germer en nous cette émotion nécessaire à notre empathie, notre indignation et surtout à la mise en place d’une prospective d’autodéfense, qui pourrait ultérieurement amoindrir l’impact de ces coups de sort funestes.  «Si l’histoire ne se répète pas, les comportements humains se reproduisent»(3). Après la décennie noire, ces égorgements à répétition barbares, disséminés dans l’espace et le temps et perpétrés par des criminels de droit commun, seront distillés de manière à constituer une normalité tolérable, terriblement sournoise, d’autant qu’elle contribue à pérenniser cette culture de l’attentisme. «J’ai égaré ma chamelle, dira le bédouin. Où l’avais-tu laissée répondit le Prophète ? L’avais-tu attachée ? Non ! répondit le bédouin, je l’ai laissée entre les mains de Dieu. C’était à lui que je m’en suis remis. Attache-là et remets-toi à Dieu, conseillera le Prophète.» On ne se réveille pas un beau matin avec subitement l’idée de vouloir égorger quelqu’un, de kidnapper un gosse ou de violer une fille. Cela couve à l’intérieur assez longtemps, jusqu’à cette date fatidique que personne ne pouvait ou ne voulait prévoir, et à ce moment-là, l’irréparable finira inéluctablement par débouler dans nos existences paisibles et insouciantes…lorsque toutes les circonstances seront réunies.

	Les égorgeurs étaient là, bien avant de commencer à égorger, ils ne sont pas tombés du ciel. Ce n’est pas un vaisseau spatial qui les a propulsé jusqu’à nous. Ce sont des produits locaux, nationaux, c’est  nous qui étions ailleurs, chacun dans sa bulle protectrice. Nous ne les avons pas vu naître, grandir, évoluer et mijoter leurs projets à notre insu, à leur insu.
	«Je marchais tranquillement, lorsque le garçon m’a aspergé d’eau avec son pistolet. C’est alors que j’ai vu rouge. Je l’ai empoigné énergiquement, mais il se débattait. Je lui ai alors mis la main sur la bouche pour l’empêcher de crier et j’ai pris mon cutter pour lui trancher la gorge.» En deux coups de cuillère à pot, le jeune Nazim aura la gorge tranchée. C’était en 2002, à Bordj El-Kiffan.       

	En 2008, à El-Khroub, ce sera au tour du jeune Yasser, âgé de trois ans, à subir l’immolation et l’abus sexuel par un gars du coin comme toujours. En 2012, à Sétif, en plein jour et à quelques encablures des forces de l’ordre, un enfant âgé de quatre ans sera lui aussi égorgé. Ces faits divers seront ponctués par une chronique macabre qui laisse supposer que ces drames ne reflètent pas des cas particuliers, c’est toujours un cas général latent sous la carapace d’un particulier. En huit ans, 1000 enfants de 4 à 15 ans seront enlevés. Le phénomène du kidnapping d’enfants, suivi d’assassinat, est rentré avec fracas dans nos mœurs dès l’an 2000. On n’a pas cessé de découper des enfants en rondelles, toujours les enfants des autres bien entendu. Ces kidnappings sont plus fréquents que les décès par mort naturelle.

	Evidemment, cela se  passe toujours loin de chez nous, parfois dans le beylik de l’Est et le plus souvent en pays amazigh, dans ces patelins qui ressemblent à Boghni. Même si ce phénomène horriblement contre-nature dure depuis 13 ans, les feuilletons turcs sont là pour nous faire oublier la laideur de nos mœurs. La violence est servie à toutes les sauces : la violence à l’école, la violence dans les stades, la violence conjugale, la violence routière, les harcèlements sexuels et moraux…Une autorité parentale complaisante et démissionnaire, une institution scolaire moralement avachie, une politique préventive et sécuritaire submergée par l’actualité débordante d’un monde qui va très vite en termes de bouleversements culturels, sociaux et politiques…Tous ces acteurs s’amusent à exercer une autorité apparente, superficielle et vouée à l’échec. Tout le monde est surpris par le comportement d’une jeunesse qui a entamé une rupture radicale et discrète avec les codes traditionnels et obsolètes d’une société impuissante à gérer le changement. «Dans l’Algérie  actuelle, les personnes produisent leurs folies, car elles ne savent pas vivre ensemble en l’absence de sentiments partagés et de références identitaires.

	Dans ces situations, la déraison ne réside pas exclusivement dans les dérèglements de la vie psychique et mentale, mais dans l’altération de la vie sociale et communautaire.»(4) Déjà, depuis bien longtemps, un peu partout dans les grandes villes, on a commencé à tirer la sonnette d’alarme au sujet de ces «enfants de la nuit», cette faune juvénile abandonnée à elle même dans une autre dimension, loin de nos regards. «La mégapole renoue, comme à chaque soir, avec une autre réalité, choquante et cruelle. Celle que les gouvernants ne voient pas ou refusent de voir. Le monde de la nuit synonyme de tous les dangers et où la créature la plus faible constitue une proie pour des prédateurs nocturnes... Ces enfants sont les victimes toutes désignées d’une société qui a perdu ses repères.»(5) Propagation des phénomènes de pédophilie, homosexualité, proxénétisme, rendus imperceptibles à cause de ces maudits tabous qui facilitent le mutisme et une paupérisation qui légitime ou justifie nos démissions répétées et parfois un consentement délibéré. Le 26 juin 2007, Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Yazid Zerhouni, invité par la Radio Chaîne I, dira : «Nous ne sommes pas préparés face au crime organisé ni au kidnapping.»

	Concernant la violence subie par l’enfance algérienne, déjà impressionnante à cette époque, le docteur Oukaci Lounis, maître de conférences à l’université de Constantine, révèle à travers l’une de ses enquêtes que les réseaux de prostitution de mineurs sont «très bien organisés, bénéficient de  couvertures et utilisent du matériel perfectionné», avec apparemment des réseaux de plusieurs années en avance sur la police en matière de technologie utilisée et de moyens financiers colossaux. De graves accusations ont été portées, en 2006, contre l’Algérie par le Département d’Etat U.S dans son rapport annuel sur la situation de l’enfance dans le monde. Parmi les griefs retenus figurent l’exploitation sexuelle.
	Dans un entretien accordé au journal Liberté, le 20 août 2007, Mme Dalila Djerbal, sociologue et membre du réseau Wassila déclare que «la génération qui a 20 ans aujourd’hui n’a connu que la violence, la corruption et l’impunité.  

	Si tout est devenu  possible et permis, c’est qu’il y a confusion des normes et des repères… La violence étant devenu un mode de comportement naturel que nous n’avons pas suffisamment dénoncé. Ce qui est inquiétant, c’est de ne pas prendre de réelles mesures de sanction».  Docteur en psychosociologie à la faculté des sciences sociales et humaines de Bouzaréah, Slimane Medar, a déclaré au cours d’un entretien accordé au quotidien El Watan, le mardi 23 janvier 2007 que «nous évoluons à travers une insécurité permanente. Le jeune est préparé à n’obéir à aucune règle sinon à celle de la force».  Autres temps, autre mœurs. «Une vidéo montrant  des détails de l’assassinat d’une adolescente à  Alger circule actuellement sur internet. Les images sont  d’une violence insupportable. Des coups de pied en cascade, suivis par deux coups de pierre à la tête et au visage, plongent le corps  frêle de la victime dans un bain de sang. Les acteurs qui filmaient la scène étaient en extase devant leur crime.»

	Ce n’était, hélas, ni en Afghanistan, ni dans une fiction de ces films d’horreur passée au Festival d’Avoriaz que ce drame se déroulait ! Non, c’était bel et bien une des réalités algériennes rapportées  par la journaliste Salima Tlemçani au journal El Watan dans son édition du lundi 10 mars 2008. Ce ne sont pas les Cassandre qui ont manqué dans notre pays, il est utile de rappeler que tous ces faits horribles et étrangers à notre culture (suicides, viols, kidnappings, pédophilie, proxénétisme…) ont à chaque fois été ipso facto soumis à des éclairages très instructifs et à des mise en gardes faites par des instances spécialisées et confrontées à la dure réalité du terrain (associations, réseau Wassila, Forem, psychologues, sociologues, reporters, journalistes…) auxquelles il faut rendre un très grand hommage. Ce sont les pouvoirs publics, qui les bras ballants, demeurent à chaque fois tétanisés face à des dérèglements sociaux criminogènes et terriblement exponentiels. Les dissertations débiles qui tournent autour de la mise en place de systèmes d’alerte similaires à ceux que l’on voit dans des pays, tels que le Canada risquent, à eux seuls, de n’avoir absolument aucun effet.

	Il faut apprendre à adapter les mécanismes qui correspondent à nos réalités sociales et à ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Nos kidnappeurs ne sont pas de psychopathes itinérants qui sillonnent des Etats et dont il faudrait renifler les traces sur des longueurs considérables, ce sont des lâches du coin qui accomplissent leurs méfaits tout près de chez eux. On découpe nos enfants en rondelles et on fait semblant de tomber des nues. La société a toujours eu du mal à dresser le profil de ses délinquants. Et pourtant, ils peuvent se trouver partout, parmi vos voisins, dans votre cage d’escalier, dans votre propre famille… La société cultive un art de s’accommoder au chaos qui l’entoure. Nos réactions dépendent des choix auxquels est confrontée notre mémoire : décider de figer en soi l’information tragique, chose qui va nous pousser, pour être en paix avec nous-mêmes, à trouver des solutions, chacun à  son niveau ou supprimer le fait émotif de notre disque dur mental et mettre son attention à la disposition d’une actualité moins harcelante. Le plus souvent, tout le monde surfe impassiblement sur ces événements qui auraient dû nous interpeller il y a bien longtemps.

	La violence est rentrée dans les écoles il y a plus de dix ans. On s’est mis à tabasser les enseignants. Certaines classes ont commencé à ressembler à  des asiles psychiatriques par l’anarchie, l’insubordination et l’absence totale de respect à l’égard de l’institution.
	En 2009, au lycée Lotfi d’Oran, des lycéens s’amuseront sadiquement à scier un pied de la chaise de leur enseignante. La dame fera une chute déplorable qui lui vaudra plusieurs hématomes et une fracture au niveau du bassin. La scène sera filmée à l´aide de portables. Des faits similaires et plus graves sont hélas monnaie courante. En 2013, à Mostaganem, un collégien pénètre le plus normalement du monde dans son CEM avec un bidon d’essence avec lequel il tentera d’asperger son professeur, pour ensuite l’immoler. Est-ce l’heure d’un déploiement massif d’une police de proximité vigilante, d’une télésurveillance, d’un fichage d’une population potentiellement dangereuse (signalement des premiers signes alarmants à l’école – au boulot – dans la vie de tous les jours – surveillance accrue des récidivistes, des délinquants sexuels…) ?

	Des jeunes iront jusqu’à se présenter eux-mêmes au commissariat munis de plaquettes de cannabis et demanderont à être incarcérés. Si on appliquait à toute la société certains paradigmes propres à la victimologie, on verrait peut-être s’étaler sous nos yeux ébahis nos multiples défaillances dans notre manière de jauger la société, surveiller l’éducation de nos enfants et l’ensemble des interactions qui produisent ces difformités sociales. Plus de 1000 kidnappings après que la soucoupe volante des barbus égorgeurs eut quitté l’Algérie, et nous sommes toujours au stade du balbutiement sécuritaire. Ces pays d’Amérique latine, réputés pour ce genre de délinquance, sont une pâle copie face à notre palmarès nécrologique. Pendant qu’on tabasse nos enseignants, qu’on viole nos filles, qu’on kidnappe nos gosses sur lesquels on pratique toutes sortes de rituels dignes des serials killers, on s’affaire ailleurs pour hériter d’un parti politique, préparer le nouveau découpage de la rente suite aux prochaines présidentielles ou tout bonnement pratiquer ce sport aristocratique national : la corruption avec ses nombreuses variantes.

	
	Notes de renvoi
	-(1) Al Khabar, 24 septembre 1997
	-(2) Soeren Kierkegaard, Le concept de l’angoisse
	-(3) Michel GODET, Manuel de prospective stratégique,  (1997)
	Michel Godet est un  économiste français, titulaire de la chaire de prospective stratégique.
	-(4) Mourad Merdaci Folies et cliniques sociales en Algérie, éditions L’Harmattan
	-(5) Liberté du 14/02/2008, « Dans les quartiers d’Alger, avec les enfants de la nuit ».  ]]></description>
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           <title>Le lendemain de la pilule</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Tue, 23 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Nous qui prônons le contrôle des naissances, nous insistons sur l’arrêt de la reproduction des inaptes, mais aussi sur l’arrêt de la reproduction, là où il n’y a déjà pas assez de moyens économiques pour prendre soin de ceux qui sont nés en bonne santé… Nous affirmons que le monde est déjà surpeuplé.» 
	Une affirmation de Margaret Sanger, une infirmière new-yorkaise, pour qui «le lit du mariage est l’influence la plus délétère de l’ordre social», et la maternité un esclavage. Elle serait la pionnière du «Birth control», le contrôle des naissances, ou planning familial. Auquel, eugéniste pure et dure, elle décida de consacrer sa vie. Alors que ses adeptes pensent qu’il permet d’éviter les grossesses non désirées, et donc les avortements, les détracteurs du «Birth control», tel que prôné par Sanger, pensent a contrario, que la contraception, tout en favorisant les relations sexuelles extra-conjugales (donc les grossesses non désirées), met le couple dans un tel état d’esprit qu’il croit qu’il a le contrôle absolu de sa procréation.

	Avec un tel état d’esprit, dans le cas où la contraception échoue, le passage à l’acte d’avorter se fait sans aucun état d’âme. Et ce, même dans le cas de relations conjugales licites. En effet, lors d’une campagne lancée par le ministère de la Santé français en 2007, la pilule apparaît déficiente dans près de 45% des cas des IVG (Interruption volontaire de grossesse), en augmentation régulière depuis 30 ans.

	La pilule, l’acharnement d’une femme

	Entre 1916, date à laquelle Margaret Sanger ouvre la première clinique de contraception, fermée dix jours plus tard par la police new-yorkaise, et 1923, date à laquelle elle fonde son premier centre de planning familial, Margaret Sanger sera emprisonnée à huit reprises au cours de sa vie, accusée d’outrage aux bonnes mœurs et propagande contraceptive, prohibée à l’époque. Au cours de sa quête de moyens de contraception efficaces, Margaret Sanger rencontre Gregory Pincus,  médecin et biologiste américain.

	Elle le séduit par ses idées eugénistes et par une offre de financement de ses recherches très alléchantes, que lui propose Katherine Mc Cormick, une autre richissime féministe, amie de Margaret Sanger. Ses recherches vont aboutir, après des essais sur des femmes portoricaines vivant dans des conditions précaires, à la mise au point, en 1957, de l’Enovid 10 mg.

	La FDA l’autorise uniquement pour l’indication de troubles menstruels et de fausses couches. L’indication, à des fins contraceptives, ne sera possible sous AMM que le 23 juin 1960. La société Searl, s’empare du marché et lance sa commercialisation le 18 août de la même année. Après avoir constaté des cas de décès par embolie pulmonaire, le dosage de L’Enovid est revu à la baisse.
	C’est l’Enovid 5 mg qui sera la première pilule contraceptive ayant officiellement cette indication.
	Elle connaîtra un succès commercial fulgurant, qui n’empêchera pas les essais cliniques d’être repris et multipliés, afin d’optimiser le dosage des hormones pour en limiter, tant le coût que les effets secondaires.

	En 1963, l’Ovulen, toujours à base de Northisterone moins dosée, reçoit son AMM. Vers 1980, arrivent les pilules de 2e génération. La troisième génération, conçue dans les années 1990, contient 1/10e en progestérone, 1/3 en estrogène de celles contenues dans les pilules de première génération. Plus récemment, les pilules de 4e génération, à base d’un nouveau progestatif la
	Drospirénone, arrivent sur le marché de nombreux pays. Le Japon est le seul pays qui résiste, où la pilule n’a été autorisée qu’en 1999, 40 ans après l’apparition de la première pilule.

	De Margaret Sanger à Marion Larat, un demi-siècle de pilules    

	Après avoir connu une période faste, les pilules de 3e et 4e générations sont au banc des accusés. Le terme de 3e et 4e générations n’est pas tout à fait innocent, il sous-entend une amélioration dans l’efficacité et l’innocuité de ces pilules, par rapport aux générations précédentes. Une formule marketing visant à la banalisation de leur prescription en première intention par les médecins, alors qu’en réalité ces pilules, dites de 3e génération, exposent les femmes à un risque de thrombose veineuse deux fois plus élevé que les pilules de 1re et 2e générations.

	Symbole d’émancipation et de liberté féminines, 50 années durant, voilà qu’une autre femme, Marion Larat, pour qui la pilule est synonyme de souffrance et de maladie, la déclare comme une atteinte à l’intégrité de la personne et à la liberté de choix. Victime d’un accident vasculo- cérébral quelques mois après la prise de la pilule Méliane, sa plainte déclenche une avalanche de 400 autres plaintes qui auront déjà été déposées en France. Alors qu’aux Etats-Unis, après avoir évité, en janvier 2012, un procès moyennant une forte indemnisation, le New York Times évoque le chiffre de «10 000» plaintes, contre le laboratoire allemand Bayer, mais aussi en Europe (Allemagne, Suisse), au Canada et en Australie, où des plaintes ont déjà été déposées en raison d’effets secondaires graves.D’autres laboratoires  pourraient être concernés, comme Effik, Biogaran, MSD France, et Pfizer.

	Pilule et cancer du sein                                                                                                                                           

	Alors que les médias en parlent aujourd’hui, les risques des pilules sont connus depuis près de 20 ans ! Les médecins ont été alertés, depuis quelques années déjà, par des publications alarmantes. Aujourd’hui, l’attention est portée sur les pilules dites de 3e et 4e générations, pour leurs risques cardio-vasculaires, alors que toutes présentent des risques, non seulement veineux mais également artériels et cancérogènes, minimisés par beaucoup de praticiens, au nom de pseudo-incertitudes. On en parle trop peu, estime le Dr B. Arenal, gynécologue et présidente de l’association Au sein de femme, de lutte contre le cancer du sein, qui, dans un ouvrage co-écrit avec le Pr Joyeux, cancérologue, dénonce cette mise en hormone des femmes, de la puberté à la ménopause.

	Ils font écho à d’autres travaux antérieurs, comme ceux du Dr Elen Grant, qui avait contribué au Royaume-Uni au développement des contraceptifs chimiques au début des années 1960, qui a, par la suite, écrit un livre intitulé Amère pilule, pour en dénoncer les dangers (accident vasculaire, surcharge hépatique, entre autres).                                                                                                                                        

	Dans son livre L’enfer au féminin, sortir du cycle règles/cancer, le Dr Vignal, gynécologue qui fait le dépistage du cancer du sein depuis 30 ans, rappelle que les règles (menstruations) sont une exception humaine dans le règne des mammifères, et qu’il y a à peine un siècle, les femmes enchaînaient les grossesses et les périodes d’allaitement de près de 3 ans, ce qui constituait une protection naturelle très efficace. Il ne demande pas à revenir à ce mode de vie, mais nous invite à tirer les leçons que la nature nous donne, pour diminuer l’exposition des femmes aux œstrogènes (les pilules).                                                                                                                                       

	En 2005, le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer, dépendant de l’OMS)  finit par donner raison à ces praticiens.
	Il classe la pilule parmi les produits cancérigènes du «groupe 1», ceux dont l’action est «certaine» pour les cancers du sein, de l’utérus et du foie. Cela est particulièrement vrai avec certains progestatifs synthétiques, ou avec les pilules fortement dosées en œstrogènes.                                                                                                                                     

	Plus récemment, en 2009, une autre étude américaine assez inquiétante publiée par l’American Medical Association, et réalisée à Seattle par l’université de Washington, montre qu’entre 1976 et 2009, le nombre de jeunes filles atteintes d’un cancer du sein métastasé a augmenté de 2,1% par an. L’exemple du Japon, qui compte le taux de cancer du sein et de l’utérus le plus bas au monde, est à ce titre assez édifiant. On a longtemps cru à la prédominance du facteur génétique. Jusqu’au jour où l’on s’est aperçu que des femmes japonaises, immigrées aux Etats-Unis, développaient des tumeurs, alors même que ce type de cancer était très rare au Japon. Dès 2008, Andreas Kortenkamp et son équipe du service de toxicologie de l’université de Londres, pointent la responsabilité des œstrogènes dans l’augmentation du cancer de sein, notamment apportés par les pilules contraceptives.

	Par ailleurs, nous ne pouvons nous empêcher de faire le lien entre la flambée actuelle du cancer du sein, de l’utérus ainsi que celui de la prostate en Algérie et l’usage massif de la pilule, au nom du contrôle d’une démographie soi-disant «galopante» de la population algérienne.

	Pilule et cancer de la prostate                                                                                                                                

	Comme si les effets secondaires des pilules ne suffisaient pas pour les femmes, voilà que les hommes sont aussi concernés. C’est en 2002,  qu’on évoqua le danger que font courir les œstrogènes à l’environnement, après la constatation  d’une féminisation massive des poissons sauvages, notamment dans la Seine.
	En 2011, des chercheurs canadiens publient une étude dans le British Medical Journal montrant clairement une corrélation entre la pilule et le cancer de la prostate. En prenant au hasard près de 90 pays, les chercheurs ont pu mettre en évidence que ce sont dans ceux dont les femmes utilisent le plus la pilule que se trouve le plus fort taux de cancer de la prostate.

	Très probablement lié à l’ingestion chronique par les hommes de quantité infinitésimale d’œstrogènes contenus dans l’eau des boissons. Les auteurs précisent qu’ils n’ont pas retrouvé de corrélation entre le cancer de la prostate et les autres moyens de contraception, tels que le stérilet, les spermicides ou les préservatifs. Les traitements de filtration de l’eau n’éliminant pas complètement ces substances, agiraient alors comme des perturbateurs endocriniens, affectant bien la fertilité des hommes, via une contamination de l’eau courante locale. En effet, dans certaines régions d’Europe, utilisant l’eau recyclée, 40% du sperme des hommes est de mauvaise qualité.                                                                                                     

	Dans la revue Nature, Richard Owen et Susan Jobling, professeurs à l’Université d’Exeter (Royaume-Uni) estiment qu’il faudrait investir «au moins 32 à 37 milliards d’euros dans les stations d’épuration anglaises pour éliminer les œstrogènes des résidus de pilules». En attendant, l’Europe compte fixer des teneurs maximales d’œstrogènes, c’est-à-dire un seuil au-delà duquel l’eau courante sera jugée impropre à la consommation.

	Qu’en est-il en Algérie ?

	En Algérie, comme dans la plupart des pays du tiers-monde, où la pilule est utilisée à très grande échelle, les laboratoires, comme Bayer ou Schering, propriétaires des pilules en question, n’ont pas été inquiétés, non pas que les cas d’HTA, de décès et mort subite, ou d’accidents vasculo-cérébraux n’existent pas, mais tout simplement parce que les recensements et les moyens de recours font cruellement défaut.                                                                                                                                         

	Par ailleurs, dans le domaine du traitement des eaux usées et des ressources hydriques,  des efforts colossaux ont été consentis visant à leur préservation et la modernisation de leur gestion. Les stations de dessalement et d’épuration, déjà réalisées ou en cours d’achèvement, contribueront, à terme, à améliorer sensiblement la ration journalière en eau par habitant, et l’approvisionnement en eau potable qui a atteint 95% en 2012.

	Ce formidable exploit, nous devons absolument le préserver, car il est synonyme de vie et de fertilité. Ne serait-il pas totalement compromis par les résidus de pilules contraceptives, synonymes de mort et de stérilité, que nous risquons de retrouver dans nos verres et nos assiettes ? Les nombreuses preuves qui s’accumulent autour de ce moyen de contraception, dont les effets, une fois disséminés dans l’environnement, ressembleraient à un degré moindre à ceux des déchets nucléaires, semblent se préciser chaque jour : nette augmentation du taux de cancer du sein et de la prostate en Algérie et une baisse assez significative de la natalité et de la fertilité masculin. Cela doit interpeller nos pouvoirs publics à plus d’un titre.

	Selon une estimation préliminaire, les caisses d’assurance maladie, toutes branches confondues, ont remboursé, en 2012, à un taux de 100% environ 200 000 boîtes uniquement de pilules en question, à savoir Meliane et Diane, soit approximativement plus de 130 millions de dinars ou 13 milliards de centimes. Ce chiffre n’est qu’une estimation provisoire, car le chiffre réel dépasserait de loin le million de boîtes. Il suffirait à financer bon nombre de médicaments anticancéreux que les malades peinent à trouver dans les pharmacies, car non pris en charge par la Sécurité sociale dans les officines pharmaceutiques. Ne plus rembourser les pilules et affecter leurs enveloppes respectives à d’autres médicaments, notamment les anticancéreux, ne serait-il pas le premier pas à faire en urgence, dans la perspective d’une meilleure prise en charge du cancer en Algérie ?

	En attendant que d’autres décisions plus volontaristes, en faveur des méthodes de contraception plus respectueuses de l’environnement et du développement durable, voient le jour, cela pour renouer avec l’Algérie qui professait, en 1974, à Bucarest : «Le développement est la meilleure pilule pour bâtir une nation, un nouveau dragon africain de 50 millions d’individus». ]]></description>
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	La pilule, un moyen d’éviter l’avortement.
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           <title>Statut de la langue amazighe, entre passion et pragmatisme</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
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           <pubDate>Sat, 20 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Quel que soit le statut juridique de la langue, la politique linguistique n’a de sens que si sa mise en œuvre devient une réalité sociale. 
	Aucune normalisation, au sens catalan du terme, n’est possible sans une méthodologie qui permette un aménagement efficace et planifié. Une planification régulièrement évaluée, qui puisse permettre une implantation en profondeur de la langue. Trop lente, la socialisation tombe en désuétude par inertie et usure de la demande sociale. Trop rapide, elle peut être à l’origine d’erreurs irréversibles pouvant compromettre sérieusement l’avenir de la langue.

	Le cas algéro-marocain

	J’utilise sciemment le singulier pour bien montrer que dans nos deux pays (un seul, si on se réfère à l’histoire), il y a eu une même politique linguistique. Forcément, le peuple nord-africain, existant historique, a subi globalement, dans toute son étendue, les mêmes colonisations. L’acculturation a eu donc les mêmes effets, principalement sur la langue. Le paysage linguistique est absolument identique. Trois langues se partagent de manière inégale ce vaste territoire, Le tamazight, l’arabe et le français. Le dernier colonisateur a inspiré les gouvernants de nos deux pays, qui ont reproduit par mimétisme la politique linguistique française.

	Le dialecte de Paris (devenue le français) s’est imposé par la loi aux autres langues de France. Les indépendances acquises, les pouvoirs nord-africains (comme pour la France du père Grégoire et de Villers Cotterêt) ont imposé l’arabe classique, «langue de fer et d’acier», pour reprendre le défunt H. Boumediène. Depuis, le maghribi, comme aime à le dire Abdou Elimam, est présenté comme une langue dégénérée et le tamazight comme un idiome archaïque incapable de porter la modernité. Ces deux dernières langues, bien que seules réellement fonctionnelles à côté de la langue française, jusqu’à des temps très proches, n’ont été utilisées qu’à des fins strictement domestiques.

	Pire, tamazight a été présenté comme pouvant menacer l’unité du peuple et nuire à l’Islam, considéré comme le seul ciment de la nation. Il aura fallu attendre les années 1980 pour qu’enfin la communauté amazighophone se remémore les revendications linguistiques qui ont démarré en  Kabylie dès les années 1940 et prenne enfin conscience de ce déni. Cette atteinte aux droits de l’homme, à l’origine d’une contestation de plus en plus marquée et de plus en plus ample, amènera les pouvoirs marocain et algérien à céder progressivement quelques parcelles de liberté. D’interdite, mais quelques fois tolérée, tamazight aura depuis ces dernières années droit de cité dans un pays, où elle est pourtant la langue d’origine. Il aura fallu attendre l’année 2002, pour que cette langue autochtone ait un statut de langue nationale en Algérie et 2011 pour qu’elle soit la langue officielle au Maroc.

	Les Constitutions marocaine et algérienne

	Constitution marocaine : A quelques exceptions près, toutes les Constitutions dans le monde prônent, souvent sans mise en œuvre, l’égalité des droits citoyens. Les nôtres n’échappent pas à la règle. Dès le préambule, la loi fondamentale marocaine annonce son caractère d’  «Etat de droit démocratique, les principes de participation, de pluralisme et de bonne gouvernance», comme il sera dit qu’«il développe une société solidaire où tous jouissent…du respect de leur dignité et de la justice sociale». Elle insistera sur la volonté de l’Etat de «préserver, dans sa plénitude, sa diversité et son identité nationale une et indivisible». Il y est ajouté que «le Maroc s’engage à souscrire aux principes, droits et obligations énoncés dans ses chartes et conventions, il réaffirme son attachement aux droits de l’homme tels qu’ils sont reconnus».

	Plus loin, l’Etat énonce sa volonté de «bannir et combattre toute discrimination… en raison… de la culture…de la langue…».
	Ce préambule avant-gardiste est tempéré dans le texte. L’article 5 vient marquer une différence de niveau entre les langues arabe et tamazight. Tout compte fait, la première est plus officielle que la seconde, puisque l’arabe ouvre droit à la «protection, au développement et à la promotion de son utilisation», tandis que la seconde est rangée dans un cadre patrimonial national. Une officialisation muséographique en quelque sorte. La loi organique, qui définira la mise en œuvre du caractère officiel est renvoyée à une date ultérieure !

	Constitution algérienne : La Constitution algérienne n’est pas en reste. Tout aussi bien que sa consœur marocaine, elle formule des décisions destinées à n’être que des vœux pieux. Malgré un préambule ouvert et tolérant et un corps de texte élevant tamazight au rang de langue nationale, l’enseignement de cette langue et, à plus forte raison, son utilisation dans l’administration n’ont pas évolué. Pire, les obstacles qui lui sont dressés ont entraîné un désintéressement des locuteurs à l’origine d’une régression palpable. C’est ainsi que six wilayas ont cessé tout enseignement (Tipasa, Illizi, El Bayadh, Oran, Ghardaïa et Biskra) et Alger est passé de 479 à 41 élèves. En fait, dans nos deux pays, les statuts accordés n’ont été que le résultat d’un rapport de force et non ceux relevant d’un droit humain, tel que préconisé dans les Constitutions et les institutions internationales. Comme j’ai eu à le dire dans d’autres contributions, les décisions qui restent à l’état d’écrits ne sont jamais irréversibles.

	Qu’en est-il concrètement ?

	Malgré les difficultés, il ne faut pas être nihiliste. Des avancées sont enregistrées, aussi bien en matière de statut interne qu’externe. A présent, dans nos deux pays, tamazight n’est plus cette «chose immonde» dont il faut s’éloigner. La loyauté linguistique a regagné du terrain et nombre de citadins, qui souffraient du complexe du minoré, ont recouvré la parole. Bien qu’insuffisant et parfois insignifiant, l’enseignement se fait au grand jour dans des institutions publiques. Des centres de recherche et des instituts ont ouvert leurs portes avec les deniers de l’Etat. Le problème est, aujourd’hui, d’élargir les ouvertures acquises. Pour des questions de justice et d’égalité citoyenne, telles que précisées dans les Constitutions, il faudrait que les Etats appliquent «un coefficient de réparation historique» qui permettrait au tamazight de rattraper le temps perdu par rapport à l’arabe, en matière de recherche, de développement, d’enseignement et de diffusion. Le véritable processus de mise en œuvre de la volonté constitutionnelle trouvera alors tout son sens.

	Pourquoi un statut de langue officielle ?

	Le statut officiel d’une langue nationale n’est, de fait, qu’un droit humain légitimé par de nombreuses conventions internationales. Ce statut est un facteur de stabilité de la nation par son rôle de ciment, de cohésion et d’intégration des citoyens. A une époque où les «grandes langues» sont hégémoniques, les langues minoritaires disparaissent par dizaines chaque année. Ce statut est dès lors un outil de préservation du patrimoine linguistique de l’humanité.

	L’absence d’oppression linguistique assurerait une ouverture du marché des langues et permettrait ainsi l’émergence d’une des langues en présence sans qu’il y ait de contestation, à la condition, toutefois, que soit réservée au tamazight une place qui lui permette de rattraper un retard accusé injustement. Notamment, qu’elle devienne une langue qui soit un outil effectif de communication. La responsabilité de l’Etat est, à ce titre, engagée pour que tamazight soit la langue de l’enseignement, de la justice, de la politique, du droit, de l’économie, du social et du culturel. Chaque communauté ne verrait alors plus la langue de l’autre comme une citadelle à abattre.

	Qu’implique le statut de langue officielle ?

	Ce statut implique une volonté politique de favoriser l’utilisation de la langue tamazight à côté de la langue arabe. Mais cela n’implique pas forcément une égalité des droits. Il peut, en effet, être décidé que tamazight ne le soit que dans un nombre restreint de territoires et pire, qu’elle ne soit pas un outil de fonctionnement de toutes les institutions. On se trouverait alors dans le cas où l’une des langues n’occuperait qu’un strapontin. Un statut juste nécessaire pour calmer les esprits. Nous comprenons pourquoi, en matière de politique linguistique, tout doit être dit et écrit dans le détail pour ne pas laisser la porte ouverte aux interprétations.

	Qu’entendons-nous par mise en œuvre ?    

	Une politique linguistique requiert une volonté politique au sens large, qui soit dénuée de calculs politiciens. Pendant très longtemps, l’islamisme a été utilisé comme cheval de bataille contre l’amazighité, et les pouvoirs pourraient être tentés de faire aujourd’hui le contraire. La sincérité politique est un préalable à toute mise en œuvre, qui est un processus nécessitant des moyens colossaux qui ne peuvent être, essentiellement, octroyés que par l’Etat (mais pas seulement). L’implication de la société civile, consommatrice, est également très importante parce que c’est d’elle que dépend la vigueur de la langue.

	La socialisation de cette dernière, son utilisation dans tous les actes de la vie publique impliquent nécessairement une demande importante pour combler les lacunes en termes pouvant porter la modernité. Ainsi donc, si le statut permet à la langue de détenir les moyens de développement, l’aménagement interne permet d’accélérer le processus de mise en œuvre de la loi. Aménagement interne et aménagement externe sont donc deux faces d’une même politique. L’une d’elles viendrait à manquer et c’est l’échec.

	En matière de décision, la loi doit être appliquée dans toute sa rigueur. L’enseignement du tamazight doit être obligatoire à tous les niveaux (dans l’étendue du territoire concerné) et tout contrevenant doit être sanctionné. Obligation doit également être faite pour l’introduction de cette langue officielle dans l’administration et tout domaine relatif au fonctionnement de la société. Il s’agira donc, pour rattraper le temps perdu, de pratiquer une politique nécessairement interventionniste, non pour sauver un patrimoine, mais pour donner à tamazight le même rang que celui occupé par la langue arabe.

	Le bilinguisme parfait est une réalité dans de nombreux pays, où les conflits entre communautés linguistiques se sont largement apaisés. A l’inverse, séparatisme et sécessionnisme sont le lot des pays où les égalités linguistiques et culturelles sont rejetées. Pour cela, il ne faut pas se suffire de la loi fondamentale. Le corpus des autres textes juridiques (lois organiques, articles, décrets…) est une urgence pour la mise en œuvre, sans quoi le statut de langue officielle ne servira qu’à récupérer une cause pour mieux l’annihiler par des manœuvres dilatoires (par exemple la création de centres sans compétence juridique et/ou technique) qui, inévitablement, font baisser la contestation/revendication par effet de leurre. Nous en savons quelque chose en Algérie. Et puis ce statut ne saurait se limiter à l’aspect purement linguistique. La prise en charge de l’environnement dans lequel tamazight évolue est primordiale. L’espace langagier doit être géré de manière à faire du tamazight une langue de développement économique et culturel.
	L’intervention sur la langue est en elle-même un vrai projet de société.

	Que faire ?

	Si, comme nous l’avons dit plus haut, le rôle de l’Etat est primordial, un aménagement linguistique (autrement dit une mise en œuvre) réussi, dépend aussi, dans une large mesure, de la société civile, principalement les locuteurs (en ce qui nous concerne les amazighophones). Parfois leur intervention précède la décision officielle, comme ce fut le cas du centre de terminologie basque (UZEI) reconnu depuis, par les institutions.

	La mise en œuvre n’est donc que la traduction pratique pour concrétiser les actions et les moyens dans le but de donner du sens à la loi. On ne peut donc faire l’économie d’un programme de travail accompagné d’un échéancier avec des évaluations régulières. Il faut être conscient de nos choix en matière de statut et de leurs implications politique, sociale et culturelle. Il faudra aussi penser aux nombreuses réponses qui s’offrent à nous, pour une même question. Nous savons combien sont importantes les questions idéologiques, quand il s’agit de codifier une langue. C’est pourquoi il faut être très prudent avant la prise d’une décision qui semble d’apparence anodine. «Qui veut aller loin ménage sa monture», dit l’adage. Ce dernier est on ne peut plus vérifié quand il s’agit d’intervention sur la langue. La politique du «pas à pas» est conseillée. Il faut progresser étape par étape.

	Des étapes qu’il va falloir préciser en leur assignant des délais de réalisation. Notamment, en se posant les questions : «Où en est-on, où voulons-nous aller et dans combien de temps ?». Pour ce qui et de l’Algérie et du Maroc, beaucoup de travaux universitaires existent déjà. La situation sociolinguistique actuelle de tamazight est largement étudiée. Les dialectes amazighs sont suffisamment décrits. La demande sociale est forte dans la communauté amazighophone, mais il reste à convaincre la communauté arabophone.

	A cette difficulté, s’ajoutent les oppositions affirmées de certains milieux identifiés comme arabo-baâthistes (au Maroc arabo-andalou) ou comme islamistes. Politiquement, les partis sont, aujourd’hui, moins frileux et certains sont porteurs de la revendication par calcul parfois électoral, et c’est tant mieux. Les institutions parlementaires peuvent donc servir de tribune pour renforcer le développement et la diffusion de tamazight. De grands pas ont donc déjà été franchis. Nous connaissons les domaines d’intervention de l’arabe et du français, mais il faut définir ceux du tamazight, ainsi que ses capacités linguistiques à occuper les espaces.

	Une fois ces étapes accomplies, il faudra dresser une feuille de route (qui soit identique pour les deux pays), pour employer des mots à la mode, afin que tamazight soit un autre outil de communication entre les Marocains et les Algériens, comme l’est déjà l’arabe. Il faut toujours rappeler qu’il s’agit d’un même peuple et que les frontières ne sont que le fait du colonialisme. Cette fiche technique doit entrer en adéquation avec le statut qui est conféré constitutionnellement au tamazight, autrement dit un statut d’égalité sur tous les territoires concernés et tous secteurs confondus.

	Il faut cependant s’entourer de pragmatisme pour que trop de précipitation n’aboutisse pas à un échec, dont les conséquences risqueraient d’être très lourdes. Garder à l’esprit que désir n’est pas réalité. Un statut de langue officielle dont doit bénéficier le tamazight (au même titre que le Maroc) implique de gros moyens humains, matériels et financiers. Un facteur viendrait à manquer et ce statut ne serait que symbolique. Et c’est là notre tendon d’Achille, car les détracteurs du tamazight peuvent agir sur l’un de ces trois piliers pour déstabiliser un édifice linguistique. Pour dire que le militantisme a encore de beaux jours devant lui.
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           <title>La justice, la société et le pouvoir</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 20 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Plus de cinquante ans après la libération politique du pays, le projet d’un pouvoir judiciaire indépendant revêt de plus en plus la forme d’un pari ambitieux et sans doute difficilement réalisable.  
	La causalité profonde d’une telle problématique n’incombe pas au seul magistrat pris seul et isolé, mais se ramène globalement à la combinaison de trois facteurs essentiels : l’absence de traditions étatiques dans la société algérienne, l’hostilité ouverte des hiérarchies politiques à édifier une justice fondée sur le droit et l’incapacité de l’ensemble de la famille judiciaire à faire siennes les attentes légitimes du justiciable.

	L’absence de traditions étatiques dans la société algérienne

	L’absence de traditions judiciaires de la société puise à la fois du caractère totalitaire de la colonisation française et du vide idéologique de la Révolution algérienne, qui fut surtout une guerre de Libération nationale. Mohamed Ben Yahia parle d’un éléphant avec une tête d’épingle. Contrairement à ses voisins immédiats, le Maroc et la Tunisie, qui subirent un protectorat compatible avec l’existence partielle de leur Etat national, l’occupation française de l’Algérie s’imposa surtout par son emprise totalitaire, emprise qui connaîtra son apogée avec son annexion officielle en 1848.

	Cette intégration ne sera d’aucune utilité pour la future justice algérienne, car, à l’exception des grands centres européens qui se fondirent complètement dans le système judiciaire français, la grande majorité du territoire continua  très longtemps à subir les formes traditionnelles du caïdat, où la condition autochtone ployait sous le code féroce de l’indigénat. En fait, la colonisation française ne fit que prolonger la présence ottomane plusieurs fois séculaire, où les Algériens, pressurés et discriminés par le makhzen étaient des sujets fiscaux et n’existaient que par leur contribution au trésor du Dey. Il n’y avait pas d’organisation judiciaire et les déclarés coupables étaient pendus à des crocs ou jetés aux flots au large de Bâb D’zira, les cadis reclus dans leur sanctuaire ne s’occupaient que des seules affaires de statut personnel.

	Nos historiens seraient bien inspirés de s’intéresser à cette période méconnue, au lieu de gloser éternellement sur les exploits des corsaires Barberousse, qui, appelés à aider le pays à se défendre contre les Espagnols, commencèrent par étouffer le roi légitime d’Alger, Salem Ben Toumi, dans sa propre baignoire, avant de rattacher l’Algérie à la Sublime Porte. Sur un autre plan et dans un autre contexte, la Révolution algérienne, qui se présente dans le souvenir commun des peuples comme une étape capitale de l’histoire de l’humanité, a été dans le domaine des institutions incapable de produire une doctrine apte à l’indépendance de servir de fondement idéologique à l’édification des institutions.

	Ni l’appel du 1er Novembre, véritable déclaration de guerre pour bouter l’ennemi hors des frontières, ni la plateforme salvatrice de la Soummam, organisant politiquement et militairement la lutte et encore moins le programme de Tripoli, simple compromis entre les différentes tendances de l’Algérie combattante à l’orée d’une libération inéluctable, n’en comblèrent le vide. Présentés comme fondamentaux par la propagande officielle, ils ne valent que par leurs caractères stratégique et historique et ni la justice ni l’administration n’en tireront profit.

	Ce vide doctrinal, reflétant la nature spécifique du nationalisme algérien tourné exclusivement vers la libération du territoire, sera la cause dirimante de tous les dysfonctionnements qui enfoncent depuis des décennies nos institutions dans la confusion. Il continue allégrement,  aujourd’hui, à desservir en particulier le cours de la justice, même si tant pour l’illusion ou que pour la bonne mesure, les gouvernements successifs s’étaient attelés, dès la libération à le combler par un recours inconsidéré à une législation  française vieillotte, remontant parfois au Second empire.  

	L’hostilité des hiérarchies politiques à édifier une justice fondée sur le droit

	Il est un fait rarement démenti que dans cette contrée légendaire d’Algérie, frondeuse et paradoxale à l’excès, les intérêts des gouvernants n’ont pas toujours correspondu aux vœux des populations et que toutes les irruptions violentes actuelles et passées contre les institutions naissent dans les périodes de divorce entre la société et l’Etat. Les exemples édifiants, où des individus et des groupes s’adonnant à tous les sacrifices pour préserver leur Etat se ravisant, ensuite, pour vider leur courroux sont légion, et la psychologie des foules ne trouvera nulle difficulté pour expliquer la causalité d’un tel transfert.

	En fait, la causalité ne se trouve point dans la tendance suicidaire qui s’était exprimée durant la décennie noire sous les formes éculées du fanatisme religieux, non plus dans une inadaptation congénitale des Algériens à l’Etat, mais  puise potentiellement dans l’hostilité croissante des hiérarchies à édifier une justice fondée. Et pour cause, cette hostilité s’était traduite essentiellement par la place étriquée attribuée à la justice par les différentes lois fondamentales du pays.

	L’explication est qu’institution parmi d’autres, exerçant ses prérogatives dans le sillage du pouvoir unique, elle ne saurait prétendre à une quelconque autonomie, car comme le soutenait avec force le premier président de la République, le 12 août 1963, dans son discours au dernier congrès de l’Ugema : «L’autorité émanant du peuple est confiée au chef de l’Etat,  désigné par le parti et il n’existe aucune autorité, y compris judiciaire, qui ne soit conférée ou confiée par lui. C’est de lui que les magistrats tiennent leur pouvoir, c’est à lui qu’il appartient d’intervenir, s’il arrivait d’en mal user.»

	Cette conception singulière de la justice, que le Président éprouvera lui-même pendant sa longue captivité, imprimera particulièrement les Constitutions de 1963 et de 1976, qui la consacrèrent fonction spécialisée du pouvoir. La Charte d’Alger et la Charte nationale, qui leur servirent respectivement de référent idéologique, postulèrent une justice engagée conciliant les ordres de la loi et les intérêts de la Révolution, dilemme cornélien qui allait, durant des années, contraindre les juges à des exercices périlleux que d’aucuns, irréprochables et vertueux, payèrent de leur honneur et de leur carrière.

	Cela se traduira, en pratique, par une condition judiciaire précaire où des hommes de loi, dépourvus de statut professionnel, végétaient des années à l’enseigne du contrat révocable avant de voir leur carrière normalisée. Mal payés, mal lotis et mal logés, ils étaient jetés comme des malpropres dans des contrées lointaines, exposés à toutes les tentations. Cette situation poussa les meilleurs à émigrer vers d’autres cieux plus sereins, tandis que d’autres attendirent que la retraite sonne. Remplacés au pied levé par une faune de besogneux, ils apprirent à leurs dépens l’ingratitude des hommes et des institutions. Il faut attendre les événements d’Octobre 1988 pour voir la situation évoluer quelque peu.

	Elle se débloqua relativement avec l’adoption de la loi 24-11 du 6 septembre 2004, portant statut de la magistrature qui éleva la justice au rang de fonction supérieure de l’Etat, proclama l’inamovibilité de ses membres et restreignit leur responsabilité devant le seul Conseil supérieur de la magistrature, le tout auréolé d’une somme d’avantages sans pareil dans les pays arabes et africains. Malheureusement, ces mesures restèrent pratiquement sans effet, car l’étau des maux qui grippent la machine judiciaire procédant en premier lieu de la valeur intrinsèque des magistrats et des avocats.

	La responsabilité collective des magistrats et des auxiliaires

	L’efficacité de l’action judiciaire est tributaire, dans une large mesure de la collaboration de l’ensemble des personnels composant la famille judiciaire. Elle dépend, en premier lieu, du magistrat et de sa capacité à affronter les défis des temps modernes. Jusqu’à une époque récente, le souci de la fonction judiciaire était de veiller à la protection des personnes et des biens et apparaissait comme un ensemble de mécanismes permettant de concilier les droits des individus avec les exigences de l’ordre public.

	Ce rôle classique se trouve aujourd’hui dépassé par le phénomène de la mondialisation, qui bouleverse de fond en comble l’ordre social et engendre des normes nouvelles avec lesquelles il faut dorénavant compter. Qu’il s’agisse des relations sociales, des transformations économiques, des libertés publiques, les mutations qui en découlent exigent de plus en plus des magistrats compétents et spécialisés, au moins bilingues, et ouvert sur le monde.

	L’ordre public traditionnel cédant le pas, et par la force de l’époque où nous vivons, à un autre ordre public spécifique, le rôle nouveau du pouvoir judiciaire est de veiller à la défense de la société en s’investissant pleinement dans la nouvelle donne planétaire. Malheureusement, ce rôle se trouve aujourd’hui largement obstrué par le décalage immense entre la formation classique du juge et son inadéquation avec les réalités nouvelles. Et dans cet enchevêtrement des causes, le marasme qui mine le service public juridictionnel ne doit pas être recherché, nécessairement, dans un quelconque manquement des juges à leurs obligations professionnelles, mais le plus souvent dans le peu de proximité qu’ils ont avec les disciplines pointues de l’économie et des finances, ainsi que des techniques comptables et bancaires dont la maîtrise est nécessaire pour la diligence des affaires de grande délinquance économique.

	Leur recours systématique aux lumières de l’expert risque de conduire à l’émiettement de leur pouvoir au profit de spécialistes, dont la loi situe le concours dans l’ordre des moyens et non de celui des fins.  Cela dit et pour conclure sur ce chapitre, il faut reconnaître que beaucoup de juridictions ont depuis longtemps mis au débet certains anachronismes et opérer le redressement nécessaire. Ici, l’action des hommes a été salutaire. Ce sont des invisibles qui s’obligent à la vertu et ne recherchent ni souveraine ni gouverne.

	La situation actuelle souffre corrélativement et surtout de l’apport précieux des auxiliaires de justice, notamment, les avocats. Contrairement au sens commun, l’administration de la justice, ou plus prosaïquement encore la manière dont elle est rendue, n’est pas l’apanage des seuls magistrats, mais se rattache à un certain nombre de personnels  dont la compétence et le savoir-faire sont indispensables à la réalisation de l’œuvre de justice.  La vérité est qu’en ce domaine, le barreau n’est plus ce qu’il était. C’est un monde en soi qu’il faut se garder d’appréhender avec les critères rationnels de la raison. Il faut plutôt le comprendre que de le juger.

	Investi par le mal ambiant, il n’est plus le cadre d’antan où les membres se défient, se surpassent, s’investissent et assument l’idéal de justice. Ils endurent les mêmes problèmes que leurs collègues magistrats. Ils sont nombreux et se bousculent au portillon et n’éclairent plus comme jadis par la plume et la parole. Et pour faire simple, les audiences pâtissent cruellement et souffrent de la nostalgie des interventions oriflammes d’un Bentoumi, des répliques d’un Brahimi des grands jours, des envolées lyriques d’un Bouzida sarcastique, des proses châtiées d’un Zertal didactique, d’un Issad universitaire bien élevé ou du sérieux des Zerdani, homme et femme, beaux restes de l’épopée de Novembre.

	Tout ce monde émérite, aujourd’hui disparu, vieilli ou attendant dans la pénombre, est une espèce en voie de disparition et ne risque pas d’être remplacé de sitôt, sauf si la providence qui rôde autour de notre vieux pays ne préserve leur corporation. Ils auront le mérite, comme disait César mourant, d’avoir longtemps vécu pour la nature et la gloire.  La responsabilité incombe enfin aux justiciables. Qu’ils soient puissants ou misérables, appartiennent-ils à la gueuse poussiéreuse des bas quartiers ou à la bourgeoisie raffinée des hauteurs, les Algériens s’adressent à la justice pour croiser le fer avec leurs proches, leurs voisins, leurs employeurs.

	Tout est matière à contentieux, les problèmes de famille, les relations de travail, les transactions. Cet exercice abusif du droit au juge, aboutit aujourd’hui à l’encombrement des rôles et au volume grandissant des affaires. La chancellerie s’échine, vaille que vaille, à résorber le phénomène en recourant à la multiplication des effectifs pour accélérer les rythmes d’évacuation et au système suranné des cadences pour contraindre les juges à régler, mensuellement, un nombre optimum de dossiers.

	En vain et rien n’y fit, les tribunaux et les cours asphyxiés se voient au contraire infliger la malédiction de Sisyphe, personnage mythique de l’antiquité grecque, condamné par Zeus à faire pousser un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, qui chaque fois lui roule entre les mains et l’oblige à descendre vers le bas.   En vérité, les causes ne sont pas à rechercher dans l’importance du contentieux, mais plutôt dans de la législation dépassée,  héritée du droit français. Régulièrement amendé, notre corpus de lois gagne à être revu dans l’imagination et l’intelligence pour s’adapter à l’air du temps.

	En France, le toilettage est régulièrement effectué et des débats fructueux sont organisés autour des thèmes sensibles de la limitation des voies et délais de recours, la déjudiciarisation, la dépénalisation, la responsabilité du magistrat, la saisine du CNM par le citoyen et l’ouverture des audiences aux médias lourds pour permettre au citoyen de suivre directement les grands procès. Ces questions inédites suscitent, certes, des controverses, des polémiques et alimentent des chroniques, mais elles ont le mérite d’être soulevées, car elles ne manquent pas de pertinence.

	Conclusion

	En tout lieu et en tout temps, l’adversité des épreuves et la faiblesse des hommes confinent souvent à la critique de l’institution. Celle de la justice ne saurait échapper et faire exception. Si son thème ne cesse d’être récurrent, il n’est pas pour autant d’arrière-garde et tant mieux s’il mobilise encore. Car, comme l’écrivait un ancien professeur de droit, une République sombre dans l’anarchie lorsqu’elle n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions de puissance publique, en particulier celle de la justice.
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	La séparation des pouvoirs, un principe immuable d’un Etat de droit.
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           <title>Grandeur et décadence de l’hôpital Mustapha</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 13 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 13 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Celles et ceux qui, comme moi, ont connu l’hôpital Mustapha après l’indépendance,  se rappellent certainement que c’était un édifice majestueux et impressionnant. 
	Il était beau à voir, avec son jardin fleuri, ses arbres dont certains, centenaires, avaient des gros troncs, des branches élancées et entrecroisées, le tout formant un ensemble de verdure ombragé offrant aux patients et aux visiteurs un havre de fraîcheur particulièrement apprécié les jours ensoleillés et  chauds. Cette végétation offrait un grand espace d’air qui pénétrait dans les salles des malades, abrités dans des pavillons harmonieusement et symétriquement alignés de part et d’autre de ce jardin. Ils se rappellent également que c’était un endroit paisible, fréquenté surtout par des personnes en quête de prestations médicales, respectueuses de l’environnement, de la réglementation de l’hôpital et en parfaite harmonie avec le personnel médical et administratif de l’établissement. Les personnes transitant par l’hôpital étaient peu nombreuses.

	Les voitures étaient rares et aucun ne s’avisait de klaxonner ou de perturber les activités du personnel soignant. Une atmosphère bon enfant régnait dans l’hôpital, où la sécurité était totale de jour comme de nuit. On n’a jamais constaté d’agression, surtout contre les femmes qui travaillaient et qui circulaient allègrement d’un bout à l’autre de l’hôpital sans être inquiétées le moins du monde. Les deux mille lits que comptait l’hôpital n’altéraient en rien sa quiétude, témoignant d’une bonne gestion de la part d’une administration consciente de ses responsabilités, fière et respectueuse de son personnel tout dévoué au bien-être de ses pensionnaires. Dès son ouverture, cet hôpital a écrit une partie de son histoire. Abandonné brutalement par ceux qui exerçaient auparavant, il sera remis très rapidement en service au grand soulagement des malades.

	Des médecins nationaux et étrangers, du monde entier, se sont mis très vite au travail, poussant le sacrifice à être de garde continuellement, abandonnant femmes et enfants et réussiront le tour de force, en quelques semaines, à rendre l’hôpital non seulement fonctionnel mais performant et ouvert à presque tout le territoire national. Il serait fastidieux d’énumérer tous les praticiens de cette époque et surtout inconvenant pour ceux qui ne seront pas cités, mais tous ceux qui y ont exercé à cette époque méritent hommage et respect. A ces pionniers, vont se joindre très rapidement des médecins de ma génération et bien d’autres, qui œuvreront avec l’énergie que leur conférait leur jeunesse et permettre, en quelques années, à l’hôpital Mustapha, d’abord destiné aux soins, de devenir un véritable centre universitaire ayant une triple vocation de thérapeutique, d’enseignement et de recherche.

	Des conférences, des symposiums nationaux et internationaux seront organisés quelques mois après sa réouverture et c’est ainsi qu’on fera connaissance avec des célébrités médicales, comme le Professeur Mathé, Jean-Bernard et autres Milliez. Ces conférences se déroulaient, il faut le préciser, dans des amphithéâtres de l’hôpital qui étaient bien entretenus avec toutes les commodités pour les orateurs et les auditeurs.
	L’hôpital Mustapha était un haut lieu de la formation, c’était le seul, jusqu’aux années soixante-dix, qui remplissait cette fonction. Presque tous les enseignants, qui exerceront par la suite dans d’autres centres universitaires, seront formés dans ce centre, et certains d’entre nous auront même de hauts postes administratifs.

	Beaucoup aussi, forgés à l’école révolutionnaire, n’hésiteront pas à se porter volontaires sur les champs de bataille, que ce soit lors de la guerre des Sables, des Six-Jours, du Kippour, du Liban, du Biafra, d’Angola ou autres. Cette tradition sera maintenue à chaque fois que nécessaire, notamment plus tard durant la guerre d’Irak, où nos chirurgiens, sous l’égide du Comaspi, iront opérer à Baghdad encore sous le feu des bombardements et des explosions. Toutes les techniques nouvelles et pendant longtemps, comme la greffe du rein, la chirurgie cardiaque, l’angioplastie, la greffe de la cornée et autres thérapeutiques modernes verront le jour à Mustapha, avant d’être appliquées dans d’autres structures nationales. De ce fait, par sa triple vocation, l’ingéniosité et le sérieux de ses médecins, Mustapha accueillera des malades de toutes les régions, des humbles, des responsables et même des chefs d’Etat (surtout africains).

	Aucune prise en charge n’était accordée, sauf pour ceux qui s’arrangeaient pour aller se refaire les dents. C’est à cette période où l’hôpital était au firmament de sa gloire, que l’on parlait d’âge d’or de la médecine algérienne. Mais hélas, vont apparaître des nuages qui vont assombrir les allées de l’hôpital Mustapha. La médecine gratuite est promulguée, sans que l’on aie réfléchi aux conséquences de son application et surtout sans que l’on aie prévu quoi que ce soit, comme par exemple l’instauration d’un ticket modérateur que nous avons suggéré pour canaliser le flux des malades, qui allait déferler sur nos hôpitaux entraînant gabégie et anarchie. On observera le même phénomène se reproduire quand a été décidé un forfait de cent dinars la journée d’hospitalisation.

	Les caisses ne verront aucun dinar rentrer, mais en même temps il n’y avait plus de javel dans les salles d’hospitalisation, la mesure n’ayant jamais vu le jour.  En plus, la réforme des études médicales verra arriver des centaines d’étudiants qui vont envahir Mustapha et ses amphithéâtres, dès lors une foule immense grouillante, bruyante, va déferler à Mustapha. Cette foule était estimée, en 1980, à plus de 70 000 personnes, qui transitaient quotidiennement par Mustapha, le taux de pollution était supérieur à celui du tunnel des facultés. Pour n’avoir rien entrepris et rien anticipé, l’hôpital va amorcer son déclin et atteindre le stade de dégradation que nous lui connaissons aujourd’hui. Le taux de fréquentation actuel avoisine les 200 000 personnes par jour. Les voitures pénètrent dans Mustapha comme dans un moulin à vent, stationnant n’importe où et n’importe comment, entraînant un embouteillage monstre, les tuyaux d’échappement déversent beaucoup de gaz et le taux de pollution est encore plus important et plus nocif que celui des années quatre-vingt. Le pavillon des urgences, intempestivement localisé à l’entrée de l’hôpital, alors qu’il était prévu ailleurs, ajoute encore plus à l’anarchie.

	Je mets plus de 30 minutes entre l’entrée de l’hôpital et le service où j’exerce. Il arrive que les gens  se meurent dans les taxis et les ambulances, avant leur prise en charge. Beaucoup de voitures de riverains stationnent toute la nuit. Ces dernières qui vont, qui viennent, qui klaxonnent, qui stationnent en 2e ou 3e position, font penser, à s’y méprendre, au marché de Tidjelabine. Les patients ne sont pas en reste, une foule bigarrée faite de vieux, de jeunes, de femmes, d’enfants, de malades, du personnel, de passants, de badauds, de touristes allant faire leur marché, arpentent les allées de l’hôpital dans tous les sens, bavardant, criant, fumant, crachant, chantant, pleurant, jetant par terre tout ce qui est superflu, téléphonant, se disputant, bref c’est Khmiss ou Frenda le jour du marché.

	Les consultations, les laboratoires, les salles de soins sont assaillies et même les chambres de réanimation ne sont pas épargnées. Les disputes sont fréquentes entre patients et personnels, les personnels entre eux, l’insécurité de jour et de nuit est permanente, les femmes sont agressées nous obligeant à les encadrer pour aller dans les lieux où elles y sont requises.  Le pavillon des urgences est toujours plein, accueillant des malades de presque tout Alger, toute une faune y gravite. On y trouve de tout : vendeur de cigarettes, de boissons, de sandwichs, d’électronique, et bien d’autres choses pas toujours recommandées et parfois prohibées.

	Les salles de malades ne sont pas respectées : restes de nourriture jetés partout, traces de boue les jours de pluie, dans les allées de l’hôpital, qui ne sont pas régulièrement nettoyées et où s’amoncellent des détritus de toutes sortes. Les crevasses sont partout, le dernier goudronnage date de 1980, quand la reine d’Angleterre est venue rendre visite aux blessés du tremblement de terre d’ El Asnam, encore faut-il préciser que cette réfection a été partielle, puisque s’étant arrêtée au pavillon ORL, le lieu qu’on a voulu montrer à Sa Majesté. A cette physionomie calamiteuse créée par nous et la société civile, il faut ajouter les carences de l’administration, son manque d’imagination, son laxisme et sa gestion anarchique des faits et des choses.

	Les centres de consultation prévus en dehors de l’hôpital pour les externes, mal équipés, nous renvoient les malades censés être pris en charge dans des centres prévus à cet effet. Les examens biologiques, réservés aux hospitalisés, sont réalisés pour toutes les personnes qui le désirent, ajoutant leur grain de sel dans cette anarchie générale.

	Les pannes sont fréquentes à cause d’une installation électrique désuète conçue pour des hôpitaux pavillonnaires, alors que la demande est excessive, surtout en été, où la consommation d’énergie est à son maximum. Les pénuries de médicaments, de consommables sont fréquentes, du fait d’un code des marchés inapproprié confié à des «experts» qui sont très loin du monde médical. Entre la demande et la livraison, il peut se passer 3 ans à cause d’une virgule, d’une phrase, d’une mauvaise interprétation des textes ou une mauvaise maîtrise des paramètres techniques. Ces délais perturbent l’activité des services, font perdre patience au malade et paradoxalement, comme cela peut paraître, augmentent le coût du produit demandé et, il peut être déjà ancien quand il est livré.

	Les agents de sécurité (qui dépendent de l’hôpital) insuffisamment formés, n’assurent ni la sécurité ni la fluidité de la circulation. La formation des infirmiers est stoppée, perturbant l’activité médicale. La restructuration de l’hôpital s’est arrêtée, un pavillon construit sur du remblai est toujours en activité. Des services se marchent sur les pieds, alors que d’autres sont vastes et fonctionnement en dehors des normes internationales, des chantiers existent partout avançant au rythme de la tortue. Des services ont été refaits plusieurs fois, alors que le service de diabétologie, en état d’insalubrité, (ce qui est une honte pour l’Algérie indépendante) attend toujours le bon plaisir de l’administration.
	Le manque de civisme est évident, il est le fait de tout le monde y compris des malades, qui, parfois, bouchent des toilettes et les tuyaux d’évacuation, aidés en cela par des gardes-malades qu’on tolère par manque d’infirmiers et qui sont la cause de la détérioration du matériel et des désagréments et qui, par leur interférence sont la cause de différends entre malades et personnel soignant.

	Les visiteurs sont partout : dans les salles, au niveau de la réanimation, jusqu’à une heure tardive de la soirée et les interpeller c’est s’exposer à des insultes et parfois même à des agressions. Des journalistes, parfois manipulés n’hésitent pas à discréditer l’hôpital et jeter l’opprobre sur le personnel médical et l’exposent à des poursuites judiciaires, sans prendre la précaution de bien s’informer. Ces heurts et malheurs font qu’aujourd’hui Mustapha n’a plus son aura d’antan et malgré de solides équipes qui exercent encore, nous sommes très peu présents dans les congrès et nos publications sont rarissimes.
	Beaucoup de malades, humbles et décideurs, qui accouraient vers nous, ne viennent plus à Mustapha préférant solliciter les services d’autres hôpitaux qui les accueillent dans un meilleur environnement et avec plus d’humanisme.

	Par la faute d’une administration timorée, manquant d’imagination, souvent dépassée, d’un corps médical désabusé et dévalorisé, un manque de civisme de la société civile, des patients eux-mêmes, des pouvoirs publics (APC, wilaya d’Alger, sûreté urbaine, médias) Mustapha a perdu son aura et il est douloureux de dire, oui il est en déclin, oui il est en danger, il importe de tout faire pour le sauver alors qu’il est encore temps. Nous avons le devoir d’accueillir ces malades, qui arrivent à nous souvent après de multiples péripéties, rejetés parfois par d’autres structures, demandant à être pris en charge dans un cadre agréable et humain qui puisse leur faire oublier quelques temps leur souffrance et faire naître en eux l’espoir d’un mieux être et pourquoi pas la guérison.

	Pour cela, on doit dépasser le seuil de dénonciation et s’armer d’audace pour obtenir une authentique mobilisation aux côtés des soignants, qui trouveront, à travers ce témoignage, une considération à la hauteur de la valeur et de la compétence de leur investissement.
	La crise de l’hôpital nous interpelle, elle demande une réflexion exigeante et d’envisager des solutions justifiées nécessaires et possibles. Cette crise doit être considérée dans le cadre le plus large des sensibilités de notre société.
	Elle rend indispensable de créer les conditions d’une analyse pluraliste constructive, en y associant toutes les parties concernées : autorités administratives de l’établissement, autorités locales (APC, APW, sureté urbaine) et les citoyens. Cette réflexion devra effacer ce sentiment d’incompréhension et parfois le mépris que le corps soignant éprouve devant certaines prises de position inconsidérées ou des mesures excessives. Elle doit sur le plan des soins nous sublimer pour nous substituer aux irrespects et aux renoncements à l’égard des personnes malades qui ne s’en remettent qu’à nous.

	L’hôpital est l’affaire de tout le monde. Il doit être au centre des préoccupations de la cité pour accomplir ses évolutions et ses transformations, lorsqu’elles sont justifiées. Il faut considérer notre mission comme une fonction sociale et donc une mission éminemment politique. Une telle option engage vers des choix où chacun est comptable et n’aura pas à emprunter aux institutions les voies parfois contestables qui affectent la nature des soins. D’ailleurs, il n’est pas rare de constater que certains administrateurs, dans leur action, sont proches des soignants et plus responsables que ceux qui, dans notre société, exigent tout de l’hôpital, sans apporter leur contribution de citoyen. Nos hôpitaux sont en danger, c’est l’intérêt de tous et l’affaire de chacun.
	Concernant l’hôpital Mustapha, l’établissement emblématique de l’Algérie, pour y avoir travaillé pendant plus de 40 ans, il suffit de quelques décisions et initiatives pour le sauver et le rendre performant. Il doit être géré par une administration qui sort de sa léthargie et qui ne considère pas cette situation comme une fatalité.

	Des mesures simples, qui ont fait leurs preuves, peuvent améliorer cet hôpital sur tous les plans. On peut obtenir très rapidement une circulation plus fluide, en utilisant de façon réfléchie les auxiliaires de santé chargés de la sécurité, en les formant et en les dotant de l’autorité nécessaire pour accomplir leur mission. Ils peuvent faire respecter l’ordre et la sécurité des citoyens et du personnel médical, ils peuvent diminuer le vol de médicaments et des instruments et rendre le pavillon des urgences plus sûr. Une station de taxis et des bureaux d’accueil (gérés par la société civile) seront les bienvenus.
	Des actions audacieuses sont nécessaires, comme les délocalisations du service de stomatologie à Maherzi et de l’actuel pavillon des urgences dans le terrain où se trouvait l’ancienne administration du Métro ou la maison de la presse, dont certains de ses occupants ne sont pas contre (on mettrait moins de temps à se rendre aux services de Mustapha que de se rendre des urgences aux pavillons).

	Mais cela ne suffit pas, il faut être lucide, et affirmer avec force que Mustapha a vécu, il s’est lézardé, il a été construit il y a presque 150 ans avec une architecture adaptée à l’époque, qui privilégiait les services pavillonnaires et conçu pour une certaine population qui ne dépassait pas 500 000 habitants. Le temps est venu de réaliser un hôpital moderne, construit sur des modules verticaux qui ont l’avantage de ne connaître aucun problème de circulation. En effet, tout est acheminé : les tubes, le linge, les médicaments, les instruments par des circuits automatiques et les résultats communiqués par voie informatique. Tous les hôpitaux, depuis 50 ans, sont construits sur ce modèle qui a en plus l’avantage de grouper des spécialités complémentaires dans le même noyau, une utilisation commune et rationnelle des moyens d’exploration, ce qui rend leur coût moindre. Il est à noter aussi que ces modules connaissent très peu de pannes, ce qui est un atout considérable.
	La médecine est en pleine métamorphose. Il devient urgent et nécessaire que Mustapha opère sa mue aujourd’hui et sans attendre, car demain ce sera peut-être trop tard.
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           <title>Al Jazeera, une arme de destruction massive</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
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           <pubDate>Thu, 11 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	La chaîne qatarie, Al Jazeera, est, comme aurait dit l’autre, née avec des moustaches, au vu des 100 millions de dollars dont elle fut créditée dès sa naissance, en novembre 1996, à partir du holding Al Jazeera Satell Network. 
	Al Jazeera est, dit-on, concurrente du géant nord-américain CNN, les téléspectateurs arabes et arabophones étant peu réceptifs à la langue anglaise, et maintenus dans l’analphabétisme par leurs régimes respectifs. D’autres sources indiquent que CNN est actionnaire d’Al Jazeera. Ce n’était donc pas «la petite chaîne qui monte», comme le proclamait le slogan de M6. Quelques mois après sa naissance, Al Jazeera revendiquait déjà 30 millions de téléspectateurs. Mais dès 2001, et grâce à la retransmission exclusive des vidéos, que lui faisait parvenir Ben Laden et les sous-chefs d’Al-Qaîda, son taux d’audience augmenta jusqu’à 50 millions de téléspectateurs.

	L’audimat ne cessera d’augmenter jusqu’à atteindre 100 millions de téléspectateurs. Et pour prouver son allégeance totale à l’establishment américain, elle se prit à donner la parole aux leaders israéliens, sans contradicteur en face. L’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa al Thani, est, bien entendu, le propriétaire d’Al Jazeera, même s’il dit que CNN est actionnaire de cette chaîne, ce que nous ne pouvons prouver tant la gestion d’Al Jazeera est pour le moins opaque. Qui est l’émir Hamad Ben Khalifa al Thani ? Il est tout ce que la morale réprouve, mais que le «larbinisme» gouvernemental occidental approuve. L’émir Hamad ben Khalifa al Thani, diplômé de l’Académie royale militaire de Sandhurst, prend le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat contre son propre père, Khalifa ben Hamad al Thani.

	Depuis son coup d’Etat réussi, le désormais émir du Qatar ne cessera de donner des gages à l’Occident. Cet irremplaçable allié de l’Occident pervers est le mari — excusez du peu—de trois épouses qui lui ont donné vingt-quatre enfants, dont onze garçons et treize filles. C’est la princesse Mozah qui l’accompagne le plus souvent dans les actes officiels, faisant ainsi figure de princesse consort.
	Avec sa première épouse, Mariam bint Mohammed al Thani, il a 2 fils et 6 filles :
	• Mishaâl ben Hamad al Thani
	• Fahd ben Hamad al Thani
	• Aïcha bint Hamad al Thani
	• Hussah bint Hamad al Thani
	• Sara bint Hamad al Thani
	• Rawdah bint Hamad al Thani
	• Fatima bint Hamad al Thani
	• Mashael bint Hamad al Thani
	Avec sa deuxième épouse, Mozah bint Nasser al-Missned, il a 5 fils et 2 filles:
	• Jassim ben Hamad al Thani
	• Tamim ben Hamad al Thani (prince héritier)
	• Joaan ben Hamad al Thani
	• Khalifa ben Hamad al Thani
	• Mohamed ben Hamad al Thani
	• Al-Mayassa bint Hamad al Thani
	• Hind bint Hamad al Thani
	Avec sa troisième épouse Nora ben Khalid al Thani, il a 4 fils et 5 filles:
	• Khalid ben Hamad al Thani
	• Abdallah ben Hamad al Thani
	• Thani ben Hamad al Thani
	• Al-Qaqa ben Hamad al Thani
	• Lulwaa bint Hamad al Thani
	• Maha bint Hamad al Thani
	•Dana Hamad al Thani
	•Al Anood bint Hamad al Thani
	Soulignons que le Qatar abrite la plus grande base militaire US dans le monde, en dehors des Etats-Unis.

	Qui est Al Jazeera ?

	Lancée en novembre 1996, par l’émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al Thani, mais sous la direction des Franco-Israéliens — et surtout sionistes — David et Jean Frydman, qui n’avaient aucune expérience des médias, mais qui avaient la «vertu» d’avoir la double nationalité française et israélienne, la chaîne qatarie Al Jazeera offrait, à ses débuts, un semblant de neutralité, accordant la parole aux démocrates arabes, mais tout en courtisant leurs régimes oppresseurs. Plus tard, les frères Frydman seront les principaux intermédiaires entre les régimes qatari et israélien, jusqu’à l’aboutissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Excellente tactique pour séduire un public irrité par la langue de bois des chaînes nationales arabes, toutes contrôlées par l’Etat.
	Mais la soudaine et fulgurante ascension de la chaîne ne survint qu’à la suite de sa diffusion exclusive des messages vidéo de Ben Laden.

	Dès lors, elle devint la coqueluche des téléspectateurs arabes qui, nous l’avons écrit plus haut, à cause de l’analphabétisme régnant, n’avaient pas accès à des sources d’information différentes, voire contradictoires. Al Jazeera doit son premier succès mondial à la diffusion des cassettes vidéo de Ben Laden. Quelques mois plus tard, les USA lui demandèrent de mettre l’affaire en sourdine, Ben Laden ayant accompli la mission qui lui fut confiée par ses parrains US.

	Ce qu’Al Jazeera fit. Et comme l’appétit vient en mangeant, surtout lorsque cet appétit, ou cette voracité, est entretenu par des pétrodollars, le groupe Al Jazeera lance cinq sites Web : trois sites pour la chaîne Al Jazeera (en arabe, en anglais et en bosnien), un pour Al Jazeera Sport, un pour Al Jazeera Documentary Channel et enfin un pour Al Jazeera Training Center. Le site d’Al Jazeera Children, le plus dangereux de tous parce qu’il s’adresse à des enfants, clôt, pour le moment, cette hégémonie médiatique, mais non moins islamiste. Et tout récemment, l’empire Jazeera a mis un pied aux Etats-Unis. La chaîne du Qatar vient d’acheter (pour 500 millions de dollars) dit-on, Current TV, une chaîne fondée, en 2005, par l’ancien vice-président américain, Al Gore.

	La boucle est bouclée ? Non, puisque le holding Al Jazeera a décidé, en mai 2012, de se doter d’une chaîne francophone qui cible, selon son propre aveu, les banlieues françaises où sont implantés les musulmans ou des citoyens d’origine musulmane. Par ailleurs, Al Jazeera, que dirige actuellement un Algérien depuis le limogeage de Wadah Khanfar, a implanté une chaîne à Sarajevo, pays de turbulences, s’il en est. Mais les troubles semblent être un élément déterminant d’Al Jazeera, puisqu’elle vient de s’installer en Bosnie où l’islamisme, après des années de terrorisme, demeure en sommeil.

	Al Jazeera est là pour le réveiller.

	A la fin de l’année 2002, deux mois après l’agression américaine contre l’Irak, le gouvernement US, à travers Colin Powell, alors chef d’état-major de l’US Army, demanda à l’émir du Qatar d’«éviter» de couvrir la situation en Irak. Cela fut fait.
	La chaîne demeura étrangement muette sur l’une des guerres majeures du début du XXIe siècle. Puis vint le moment où il fallait se débarrasser du PDG de la chaîne, Wahd Khanfar, WikiLeaks ayant révélé que celui-ci était un agent en service commandé de la CIA.

	L’émir du Qatar le remplaça, au poste de directeur général de la chaîne, par un cadre de l’industrie gazière qatarie, le cheikh Hamad ben Jassem al Tahani, membre de la famille royale, et bien que n’ayant aucune expérience dans l’audiovisuel, n’en était pas moins conseillé par des experts ès islamisme et, surtout, conseillé par les frères Frydman. Alors, la chaîne a ouvertement pris position en faveur du camp impérialiste, d’autant qu’elle était pratiquement la seule source d’information pour les masses arabes qui étaient — et demeurent — maintenues analphabètes par leurs régimes respectifs, qui n’ont aucun avantage à avoir affaire à un peuple cultivé donc capable de rébellion. Dès lors, la machine Al Jazeera fonctionna comme une fusée à deux étages.

	Le premier consistant à fidéliser le public arabe, le deuxième celui de mettre sur orbite ce même public, en conformité avec les desiderata de l’impérialisme US, d’une part, à recruter ce public dans les rangs islamistes, d’autre part, ces deux objectifs étant convergents. En gros, l’islamisme. Tout le monde — ou presque — sait que l’islamisme a un objectif suprême, celui d’instaurer dans les pays musulmans l’ordre islamiste... qui n’a rien à voir avec l’islam et que cette idéologie vise à établir un capitalisme de bazar, c’est-à-dire un capitalisme sans syndicat, ni sécurité sociale ni contrôle des prix..., sous prétexte que le Prophète Mohamed (QSSSL)aurait énoncé que «Le commerce est une activité honorable.» Cette version satisfait pleinement l’ultralibéralisme US.

	La première tentative du Qatar fut l’Algérie, où le terrain semblait propice, vu l’expérience islamiste de ce pays, suivie de la situation vécue de 1989 à 1999, que les Algériens appellent «La décennie rouge» avec près de 200 000 morts, victimes du Groupe islamique armé (GIA) et autre Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Selon l’Institut tunisien des relations internationales (ITRI), l’ancien ambassadeur tunisien à l’Unesco, Mezri Haddad, a déclaré publiquement qu’«Al Jazeera prépare consciencieusement un plan de déstabilisation de l’Algérie». Pour ses dires, il fut attaqué en justice par Al Jazeera.

	Le statut diplomatique de Mezri Haddad bloqua la procédure judiciaire. Al Jazeera tourna donc des scènes d’émeutes algériennes... au Maroc, à l’aide de lumpens (des baltaguis) payés par le Qatar mais néanmoins encouragés par les plus hautes autorités marocaines, le Palais royal marocain ne dédaignant pas de jouer un mauvais tour de plus à son ennemi de toujours : l’Algérie. Al Jazeera diffusa en boucle ces «émeutes» en annonçant que de plus importantes émeutes auraient lieu le 17 septembre de l’année 2011. Certains sites reprirent cette information sans en vérifier la véracité. Mais là, la manœuvre du Qatar échoua. La raison essentielle est que les Algériens ne marchèrent pas, conscients que leurs cadets avaient été manipulés durant les fameuses «émeutes populaires» d’octobre 1988, qui firent plus de 4000 morts, et récupérés par les islamistes.

	Indécence médiatique. Mais ce qui distingua le Qatar, ce fut d’abord son implication en Libye, lorsque le prêcheur-vedette de la chaîne Doha, Al Qardaoui, appela à travers Al Jazeera à l’assassinat de Kadhafi. Comme il a appelé, récemment à «l’exécution de... Bachar al Assad». Il faut dire, aussi, que l’OCI (Organisation des pays islamiques), elle-même sous la coupe des monarchies arabes, donc des intérêts US, n’a été d’aucun secours au peuple musulman libyen martyrisé.

	Bien au contraire. Après avoir «monté» de soi-disant émeutes en Libye, au Maroc à l’aide de figurants marocains relativement bien payés, le Qatar parachuta, deux mois avant «l’insurrection libyenne», 5000 membres de ses Forces spéciales en Libye, plus précisément dans une région islamiste, en Cyrénaïque, chargés d’instruire militairement et d’encadrer des militants islamistes très nombreux dans cette région — et des tonnes d’armes lourdes et légères, ce qui fit dire à un général algérien, lors d’un colloque tenu au siège du Centre de recherches stratégiques et sécuritaires (Crss) d’Algérie, à Ben Aknoun, au mois de mars 2011 : «Qu’on m’explique comment des manifestants se sont retrouvés, dès le début de l’insurrection, avec des chars ?»

	Il va sans dire que ce général était au fait des déversements par le Qatar, par voie aérienne et de l’OTAN, par voie maritime, d’une impressionnante quantité d’armes au profit des «rebelles» libyens. Au même moment, Al Jazeera diffusait, en boucle des scènes d’émeutes en Libye, avant même que celles-ci n’eurent lieu, dûment organisées par les Forces spéciales du Qatar, grâce à ses images tournées au Maroc.

	La nouvelle, mais pas la dernière, cible du Qatar est la Syrie, déjà à genoux face à Israël, mais qu’on veut en plus la coucher. Le même scénario d’images d’«émeutes» syriennes sont tournées au Maroc — pays qui n’a rien à refuser à cet émirat nain au sabre de géant — diffusées à l’attention des masses crédules arabes.
	L’indécence frisa le comble (sans l’atteindre, comme nous le promet cette chaîne) lors des funérailles de Chokri Belaïd.
	A l’occasion de ces funérailles du martyr tunisien, voilà ce que dit ITRI (cité plus haut) : «La chaîne satellitaire qatarie a fait, à l’occasion des funérailles de Chokri Belaïd, de l’excellence.

	Excellence en matière de manipulation médiatique, toujours fidèle aux agendas politiques internationaux. La prouesse de ce vendredi restera certainement dans les annales comme un cas d’école : Al Jazeera a procédé à la diffusion de deux manifestations, différentes dans le temps. La chaîne a, par un grossier montage vidéo, montré deux  manifestations à Tunis : celle faite à l’occasion des funérailles de Chokri Belaïd, en y superposant des images scandant une manifestation pro-Ennahda filmées plus d’une année auparavant. On chercherait ici en vain l’éthique et la déontologie de presse.»

	Al Jazeera, devrait pour les droits de l’homme internationaux qui s’égosillent à dire à chaque fois que Washington les actionne, être mise sur les listes d’organisations internationales et régionales en tant que groupe terroriste… Mais Washington n’a pas donné et ne donnera jamais l’ordre. On n’agit pas contre ses intérêts.
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	Une télévision aux visions opaques.
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           <title>Immunité parlementaire : la spécificité algérienne</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Wed, 10 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 10 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Il est loin de mon intention, ici, de prendre position sur le malheureux épisode qui a opposé deux avocates à Annaba. Il appartiendra au bâtonnat et à la justice de prendre une position éclairée sur la question. 
	Il ne s’agit pour moi que d’un prétexte médiatique, pour revenir sur le caractère aberrant d’une législation qui prouve l’état de grande décrépitude morale des institutions et des hommes et des femmes qui les forment. Il y a lieu de s’indigner, tout d’abord, contre le fait que les parlementaires, ou plutôt de rappeler une indignation devant des parlementaires qui ont voté et établi leur propre statut indemnitaire. Ce qui a donné lieu, en s’en souvient, à des salaires de la honte. Il se trouve que ces indemnités odieuses n’ont pas ruiné seulement les caisses de l’Etat, mais aussi la crédibilité de l’institution elle-même. Elles ont transformé le statut de député en une sorte d’eldorado pour affairistes.

	L’immunité parlementaire, en droit algérien, est régie par les articles 109 à 111 de la Constitution de 2008. Elle est accordée aux députés et aux membres du Conseil de la nation pendant la durée de leur mandat. Les députés et sénateurs ne peuvent faire l’objet de poursuites, d’arrestation, ou, en général, de toute action civile ou pénale ou de pression, en raison des opinions qu’ils ont exprimées, des propos qu’ils ont tenus ou des votes qu’ils ont émis dans l’exercice de leur mandat. Sur ce point, on ne peut rien dire. Il est normal que ceux qui nous représentent et défendent nos droits soient protégés durant leur mission. Mais l’extension de cette surprotection, au-delà de leur mission et de l’enceinte parlementaire, est autrement problématique.

	L’article 110 étend cette protection au-delà et en dehors de l’enceinte parlementaire. Les poursuites ne peuvent être engagées contre un député ou un membre du Conseil de la nation pour un crime ou un délit, que sur renonciation expressément de l’intéressé ou sur autorisation, selon le cas, de l’Assemblée populaire nationale ou du Conseil de la nation, qui décide, à la majorité de ses membres, la levée de son immunité. Une exception est toutefois offerte par l’article 111, dans les cas de crime ou de délit flagrant, où il peut être procédé à l’arrestation du député ou du sénateur.

	Le bureau de l’APN ou du Sénat, selon le cas, en est immédiatement informé. La situation commence à devenir sérieusement gênante et un peu ubuesque lorsque dans le deuxième alinéa : «Il peut être demandé par le bureau saisi, la suspension des poursuites et la mise en liberté du député ou du membre du Conseil de la nation, il sera alors procédé conformément aux dispositions de l’article 110 ci-dessus.» En fait, si on lit bien, il ne s’agit point d’une demande par le bureau du Parlement au juge, mais plutôt d’un ordre auquel ce dernier est appelé à se conformer en procédant, selon l’article 110, qui subordonne les poursuites à l’acceptation du député (sans rire) ou à l’autorisation du Parlement.

	Comment lever l’immunité parlementaire ?

	La Constitution de 2008 ne prévoit aucune disposition sur la procédure de levée de l’immunité parlementaire. Il faudra pour cela se référer à une autre loi qui règle ce détail. La loi n° 01-01, du Dhou el-kaâda 1421 correspondant au 31 janvier 2001, relative aux membres du Parlement, ne consacre qu’un unique et laconique article à cette épineuse et déterminante question, à savoir l’article 14 : Le membre du Parlement jouit de l’immunité parlementaire conformément aux articles 109, 110 et 111 de la Constitution. La loi de 1989, relative au statut des députés, aujourd’hui abrogée sans un véritable texte de substitution, était autrement plus explicite.

	Voici l’essentiel de ses dispositions : Elle commence par préciser les protections dont jouissait le député qui «ne peut faire l’objet de poursuites, d’arrestation ou, en général, de toute action civile ou pénale en raison des opinions qu’il a exprimées, des propos qu’il a tenus ou des votes qu’il a émis dans l’exercice de son mandat». Elle détermine la procédure de renonciation ainsi que les organes et structures compétents : la compétence pour l’instruction de la demande de levée de l’immunité est dévolue à la commission de la législation et des affaires juridiques et administratives. La demande peut être proposée, selon l’article, par le gouvernement ou le président de l’Assemblée populaire nationale, agissant au nom du bureau, à la requête du procureur général. L’article 12 du texte fixe le déroulement de la procédure intra-muros (débats et prise de décision).

	Ce texte au contenu critiquable avait au moins le mérite d’exister. Il y a lieu de signaler un élément cocasse : il revient à la justice, qui veut engager des poursuites, de demander l’accord du Parlement. Dans d’autres pays, comme nous le verrons, les poursuites sont engagées sans autorisation préalable, il appartiendra au Parlement d’en demander la suspension dans certains cas. En Algérie, l’autorisation des poursuites, question éminemment juridique, est  soumise à des personnes qui, parfois, n’ont aucune connaissance du droit (ou aucune connaissance tout court), qui trancheront en fonction de paramètres plutôt politiques conjoncturels opportunistes, soumis à un jeu d’alliances parfois puéril.

	La politique suspend la marche du droit. Enfin, en omettant de réglementer les règles et la procédure de levée de l’immunité parlementaire, le législateur a laissé une question substantielle dans un vide complet. En affirmant qu’elle était prête à renoncer à son immunité, si sa culpabilité est établie, la députée prêche dans le désert, car aucun texte ne prévoit cette possibilité. En outre, il y a là un jeu un peu cocasse semblable à la question de savoir lequel des deux a précédé l’autre, l’œuf ou la poule. La députée jure, la main sur le cœur, qu’elle lèverait son immunité si la culpabilité est au préalable établie. Or, la culpabilité ne peut être établie que si l’immunité est préalablement levée.

	Dans la frénésie des amendements et des réformettes, les rédacteurs des textes oublient l’essentiel. J’ai consulté pour les besoins de cet article le site de l’APN, qui, dans une rubrique consacrée au statut du député, présente des éléments et des règles qui ne se réfèrent à aucun texte juridique. Voilà ce qu’on peut y lire : «L’immunité parlementaire est reconnue au député pendant la durée de son mandat. Elle recouvre l’irresponsabilité parlementaire édictée par l’article 109 de la Constitution». La lecture que fait le rédacteur de la rubrique est complètement différente de l’article 109, qui consacre l’immunité et non l’irresponsabilité, qui sont, évidemment, deux notions complètement différentes. Edifiant exemple de rigueur de notre institution ! Afin de mettre au clair l’iniquité et l’aberration de notre système, soumettons-le à la comparaison d’autres statuts des députés dans le monde.                                                                                                                                          

	En France, la Constitution de 1995 dispose : «Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Aucun membre du Parlement ne peut faire l’objet, en matière criminelle ou correctionnelle, d’une arrestation ou de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté, qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée dont il fait partie. Cette autorisation n’est pas requise en cas de crime ou délit flagrant ou de condamnation définitive.»

	La Constitution française restreint l’immunité à l’arrestation et à la peine privative de liberté, elle ne s’étend pas à la protection contre les poursuites, les inculpations et les mises en cause. La détention, les mesures privatives ou restrictives de liberté ou la poursuite d’un membre du Parlement sont suspendues pour la durée de la session, si l’Assemblée, dont il fait partie, le requiert. La suspension des peines et des mesures privatives de liberté se limitent à la durée de la session et non à celle du mandat. En outre, cette suspension n’est pas automatique, mais doit être requise par l’Assemblée et non par l’intéressé. Le mécanisme français est le contraire de celui appliqué en Algérie: la soumission au droit commun de la procédure pénale est la règle, la suspension des mesures privatives de liberté sont l’exception.

	Autrement dit, le député est soumis au droit commun, sauf si l’Assemblée le requiert et non le contraire. En droit algérien, le député est dans un statut dérogatoire, sauf si l’Assemblée autorise la levée de ce statut. Pratiquement et conformément à la suprématie du pouvoir judicaire, c’est l’Assemblée qui demande à la justice de suspendre les mesures privatives de liberté et non la justice qui demande au Parlement l’accord de mise en détention. En tout état de cause, les poursuites peuvent être engagées sans mesure préalable.

	La hiérarchie des pouvoirs et la suprématie du droit sont clairement affirmées. Tunisie : Dans le pays de Bourguiba et celui de Ben Ali et durant leur règne, aucun membre de la Chambre des députés ou de la Chambre des conseillers ne pouvait, pendant la durée de son mandat, être poursuivi ou arrêté pour crime ou délit, tant que la Chambre concernée n’aura pas levé l’immunité qui le couvre. Toutefois, en cas de flagrant délit, il peut être procédé à son arrestation. La Chambre concernée en est informée sans délai. La détention est suspendue si la Chambre concernée le requiert.  Au Maroc : L’article 39 de la Constitution marocaine instaure un système juridique nettement plus nuancé. Deux régimes sont applicables :                                                                  
	 

	1- Pour les agissements liés à la fonction :
	L’immunité du parlementaire, même durant et à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, s’arrête devant la monarchie, l’Islam et le roi
	2- Pour les agissements extérieurs à la fonction:

	A- Durant les sessions parlementaires :
	Cette immunité protège tant contre les poursuites que contre les arrestations, mais elle n’est applicable que durant les sessions. L’autorisation de la Chambre est préalable à l’engagement des poursuites et/ou à l’arrestation. Cette autorisation est sollicitée par la justice qui se trouve dans un statut de subordination. à l’Assemblée.                                                                                    

	B- En dehors des sessions parlementaires :
	Les poursuites sont déclenchées et menées sans aucune autorisation préalable. Les arrestations par contre sont subordonnées à l’autorisation de la Chambre. Exceptions d’arrestation sans autorisation de l’Assemblée : le flagrant délit et les poursuites autorisées ou de condamnation définitive.

	Commentaires :   

	En dehors des sessions de l’Assemblée, l’immunité du député marocain ne le protège que contre l’arrestation et non contre les poursuites. Le député ne peut être arrêté en préventif dans les cas de poursuites non autorisées par le Parlement, mais il peut l’être si la condamnation est définitive, même si la poursuite n’a pas été autorisée par le Parlement. La Constitution marocaine ajoute que «la détention ou la poursuite d’un membre du Parlement est suspendue si la Chambre à laquelle il appartient le requiert, sauf dans le cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnation définitive». L’intervention de la Chambre du Parlement ne peut être opérante et mettre fin à la détention que si les poursuites n’ont pas été autorisées par elle et aussi si la mise en détention n’est que préventive  et aussi en dehors des cas de flagrance.

	D’abord, c’est à la requête de la Chambre que la détention ou la poursuite sont suspendues, la justice n’est pas obligée de requérir l’accord du Parlement pour poursuivre, son action, c’est le Parlement qui sollicite la justice pour mettre fin à la détention. La hiérarchie est encore affirmée entre la justice sollicitée et le Parlement en position de demandeur, encore que le texte ne précise pas que la justice doive obtempérer. Ce droit de requête du Parlement est exclu en cas de flagrance de poursuites autorisées ou de condamnation définitive. Il est intéressant de rappeler que les poursuites n’ont pas besoin d’être autorisées durant les intersessions et si une condamnation définitive est prononcée suite à une poursuite, même non autorisée, l’immunité parlementaire devient totalement inopérante.

	Des brèches sont quand même ouvertes, où la justice marocaine agit avec un député comme un commun des mortels. Belgique : Qu’implique l’immunité parlementaire ?   Les parlementaires bénéficient d’un régime de protection renforcée qui tend à assurer le libre et entier exercice de leurs attributions. Cette protection réside principalement dans deux garanties distinctes que leur reconnaît la Constitution. L’une est prévue par l’article 58 de la Constitution, on l’appelle communément «L’irresponsabilité parlementaire». Elle offre une immunité absolue, mais limitée. Les parlementaires ne peuvent en aucun cas, même après la fin de la session parlementaire ou après la fin de leur mandat, être poursuivis du fait d’opinions ou de votes qu’ils ont émis dans l’exercice de leur fonction.

	L’autre est prévue par l’article 59 de la Constitution, on la désigne par l’expression d’«inviolabilité parlementaire». Elle offre une immunité relative, mais illimitée : elle vise toutes les infractions possibles mais peut être levée. Elle protège les parlementaires lorsqu’ils font l’objet de poursuites en raison d’actes délictueux autres que ceux que peuvent constituer les opinions et votes émis par eux dans l’exercice de leurs fonctions. Le régime de l’inviolabilité ne joue que pendant la durée de la session. En dehors de celle-ci, le droit commun de la procédure est intégralement applicable. Un parlementaire ne peut faire valoir son inviolabilité parlementaire lorsqu’il est pris en flagrant délit. La détention d’un parlementaire ou sa poursuite, devant une cour ou un tribunal, est suspendue pendant la session si la Chambre dont il fait partie le requiert.                                                                                                                                 

	Conclusion générale : 

	Chaque président algérien a eu sa Constitution. Ben Bella en 1963, Boumediene en 1976, Chadli en 1989, Zeroual en 1996, Bouteflika en 2008, il en aura probablement une deuxième. Dans toutes ces Constitutions que nous avons consultées,  le régime de l’immunité parlementaire est demeuré inchangé avec quelques nuances de rédaction sans incidence sur le fond. Le régime de l’immunité parlementaire, dans ses textes fondamentaux, est une spécificité algérienne. Elle a une portée absolue et protège pendant toute la mandature.

	Toutes les Constitutions s’accordent pour octroyer une immunité totale au député dans le cadre de ses fonctions et en dehors de celles-ci. Elle couvre les agissements parlementaires et non parlementaires au Parlement et à l’extérieur. Partout au-dessus des lois sous toutes les latitudes. Elle ne peut pratiquement pas être levée, et ce en raison de l’absence d’un texte qui régit la procédure applicable à cette fin. Autant dire qu’elle ne le sera jamais. Le texte, aujourd’hui abrogé, qui prévoyait la procédure de levée, plaçait la justice dans une situation de subordination au pouvoir législatif.

	Les députés sont des supercitoyens qui échappent aux lois qu’ils élaborent. Le régime algérien de l’immunité parlementaire, applicable en 2013, ressemble comme un frère jumeau à celui de la Tunisie de Bourguiba et Ben Ali. Le brouillon de la nouvelle Constitution tunisienne semble introduire des nuances. La tendance universelle de l’immunité parlementaire pivote autour des axes suivants :
	-Une immunité parlementaire totale pour les faits accomplis dans le cadre du mandat.      
	-Une immunité contre les mises en détention pour les délits et les crimes, et non contre les poursuites, pendant les sessions parlementaires.                                                                                        
	-Un régime de droit commun comme le commun des citoyens en dehors des sessions parlementaires.                                                      -La justice engage les poursuites sans demander au préalable une quelconque autorisation.                                                                             -La possibilité est donnée au Parlement de solliciter la justice pour la mise en jeu de l’immunité. L’histoire parlementaire algérienne n’a jamais connu de levée d’immunité.

	On se souvient, en 2007, de l’affaire de l’ex-P/APC de Tazmalt (Béjaïa), Smaïl Mira, cité dans une affaire d’homicide du défunt Kamel Saâdi, où il s’est dit disposé à la levée de son immunité pour que la justice puisse l’écouter, et ce, avait-il ajouté, dans un but pédagogique. Parole de député, nettement moins fiable qu’une parole de scout. En attendant qu’un texte répondant aux normes universelles soit promulgué, rêvons mes frères rêvons que nos députés atteignent le niveau éthique et moral de ne pas invoquer leur statut pour échapper à la justice. Des déboires de députés ont été cités, ici et là, aucun n’a été jugé. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/contributions/immunite-parlementaire-la-specificite-algerienne-10-04-2013-209794_120.php</link>
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           <title>l’urgence d’une protection sociale</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 06 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 06 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Le destin d’un pays et plus prosaïquement son développement et son évolution ne sauraient s’accomplir sans l’effort soutenu, sincère, tout autant individuel que collectif de toutes ses composantes humaines, ayant préalablement acquis le valorisant statut de citoyens, dans le cadre d’une organisation sociale performante permettant l’émergence des vocations et facilitant la libération des initiatives dans tous les domaines de la vie de la nation. 
	Cela suppose l’existence réelle d’un système politique, économique et social fondé sur des lois justes, exprimant réellement la volonté populaire (la loi devant être l’émanation de la volonté populaire) et régies par des principes et des règles de jeu connus de tous et s’appliquant à toutes et à tous, sans distinction de quelque nature que ce soit. Dans un tel système, l’individu, épanoui, conscient de sa valeur, parce qu’elle est respectée et en contrepartie respectueux lui-même de celle de ses concitoyens, connaissant ses devoirs et ses droits par ailleurs consacrés, jouissant totalement de sa liberté bien comprise, s’efforcera spontanément de jouer un rôle positif au sein du groupe auquel il appartient, étant entendu que sa force, son éclosion citoyenne et son équilibre dépendent fondamentalement de son appartenance solidaire au dit groupe.

	L’une des conditions essentielles de cet épanouissement de l’individu et de la stabilité sociale d’une société, se voulant équilibrée, consiste, en effet, à garantir la sécurité des personnes et des biens et à préserver l’ordre public. C’est en plus un des attributs régaliens et prioritaires de l’Etat, qui est inscrit en bonne place dans toutes les Constitutions que les hommes se  sont données pour pouvoir vivre en communauté, en société.

	Le dilemme est que dans une société traditionnelle comme la nôtre, trop tôt ou peut-être tardivement happée par une certaine modernité et en perpétuel mouvement sur elle-même, les notions de droits et de devoirs, ainsi que la représentation des lois en général, sont trop souvent perçues avec beaucoup de flou et avec une forte méfiance par nos citoyens, notamment lorsqu’il s’agit de mesures édictant des obligations contraignantes ou prescrivant des restrictions limitatives des libertés ou accompagnées de dispositions coercitives.

	Ces notions s’obscurcissent davantage aux yeux des citoyens que nous pensons être, dès lors que nous constatons (parfois à tort) un manque d’équité et de justice dans l’application des lois et règlements en vigueur. En effet, la notion de citoyenneté, bien comprise, demeure plutôt inaccessible et ses codes encore inintelligibles chez bon nombre de nos compatriotes pour de nombreuses raisons, liées tant au passé colonial qu’à l’analphabétisme qui touche encore une frange importante de la population algérienne.

	Le dernier facteur, qui continue de retarder et de compromettre l’accession du plus grand nombre de personnes à une pleine et entière jouissance d’une citoyenneté définitivement assumée, tire sa raison des effets néfastes d’une urbanisation massive et précipitée, ayant forcé des millions de personnes habituées aux us et coutumes de la vie rurale à se regrouper dans les grandes villes ou à leur périphérie, au sein desquelles elles arrivent difficilement à s’intégrer et à s’adapter au mode de vie beaucoup plus complexe et plus exigeant que celui de la campagne.

	Ce qui caractérise, en fait, aujourd’hui, notre société post-moderne de ce début de millénaire, a trait au fait que le citoyen, confronté à une multitude de difficultés et de contraintes de toutes sortes, s’échine à faire valoir ses droits sans les connaître réellement, tout en faisant fi des devoirs à accomplir avant de prétendre à l’obtention des droits, étant donné que c’est le devoir qui crée le droit et non le contraire. Force est de reconnaître, en même temps, que les institutions de l’Etat, s’appuyant sur le principe cardinal selon lequel «nul n’est censé ignorer la loi», ont trop souvent considéré leurs prérogatives comme une chasse gardée non ouverte aux citoyens considérés, eux, comme de simples usagers ou des consommateurs quasiment mécaniques de la «production» réelle et surtout symbolique de ces mêmes institutions.

	Conséquence : aucun droit de regard ne leur est accordé ou permis sur la manière d’améliorer la qualité de ces «produits» qui leur sont servis, la plupart du temps sans emballage et de manière tout à fait grossière et inaccomplie. Ce constat soulève consubstantiellement la question des relations du citoyen algérien avec les lois et les règlements, de celles qu’il tente de tisser, vaille que vaille, avec l’Etat et ses institutions et subsidiairement la problématique du degré de confiance qu’éprouve ce citoyen à l’égard de ses gouvernants. Il nous semble que c’est là que se situe le nœud gordien des relations du citoyen avec les lois de son pays. Il n’est nul besoin de souligner ici le fait que la méconnaissance, la violation ou le non-respect des lois, constituent le premier facteur des désordres, de l’insécurité et des troubles au sein des sociétés.

	S’ajoutent à cela, bien évidemment, d’autres causes qui plongent plutôt leurs racines dans les dysfonctionnements et autres dérèglements de l’organisation sociale en général. Une organisation sociale, résultant, elle-même, de l’accélération du sens de l’histoire, qu’a connue notre pays depuis l’indépendance et dont les épiphénomènes se manifestent par des attitudes foncièrement négatives mues, soit par le souci que nous avons de nous assurer, souvent par effraction, une place dans une société qui semble nous ignorer, soit par dépit et frustration devant les injustices criantes et répétées, dont nous sommes quotidiennement victimes ou simples témoins, soit enfin pour défier l’autorité de l’Etat, accusé d’être à l’origine de tous les maux de la société.

	L’origine d’une telle situation remonte, à notre sens, d’abord à la faiblesse et à la vulnérabilité de l’édifice familial, traditionnellement chargé en première fournée de façonner l’individu et de lui donner le moule originel lui permettant de s’approprier les attributs du groupe social auquel il appartient et duquel il tire son identité, sa force et bien souvent, chez nous, sa fierté excessive. Cet édifice, faut-il le souligner, a subi depuis l’indépendance des ondes de choc successives qui ont fini par l’ébranler dans ses fondements mêmes et par réduire son champ potentiel de rayonnement, parasité de surcroît par l’audiovisuel et tous les produits des nouvelles technologies de l’information aussi diverses que nuisibles.

	Ensuite vient l’échec consommé de l’école algérienne, deuxième maillon de la chaîne ayant pour noble mission de poursuivre l’œuvre de l’éducation familiale de base. Cette école a été, de l’avis unanime de tous, incapable de servir de socle social et humaniste en mesure de donner aux jeunes Algériens une conscience collective, portant les mêmes espoirs et tendant vers un projet de société partagé, après l’échec de l’entreprise ayant tenté d’en faire un illusoire sujet d’une société uniforme pour tous. Il est évident que la présente contribution n’a guère pour prétention d’énumérer toutes les causes qui poussent les citoyens à défier la loi ou à commettre des actes répréhensibles ou simplement contraires à l’ordre public et, de plus en plus, ces derniers temps, à la morale publique.

	Cela nécessiterait des volumes entiers impliquant des psychologues, des sociologues, des criminologues et autres spécialistes de l’évolution de la société dans tous ses compartiments et ses étapes d’évolution. Notre seul but est de démontrer à quel point il est important, aujourd’hui, pour le citoyen de prendre sérieusement conscience de sa place et de sa valeur dans la société et d’agir en fonction de cette valeur, notamment en s’aménageant un rôle positif moins passif, pour contribuer à l’application des lois et à la prévention des différents types de délinquance.

	Car une loi, certes, ne vaut que par la valeur de ceux qui sont chargés de l’appliquer, mais aussi et surtout par le degré de conscience des personnes auxquelles elle s’applique. S’il est une autre évidence qui mérite également d’être rappelée dans ce contexte, c’est que l’infraction aux lois, le délit ou le crime quelles que soient leur nature, ont tous une motivation sociale fondamentale. C’est dans la société que résident les racines de tout acte violant les lois et les règlements mis en œuvre par la société, pour se protéger et se prémunir contre les tendances à la délinquance de certains individus ou groupes qui la composent.

	Ce postulat de base et cette vérité première, nous incitent à dire que toute politique de prévention et de lutte contre la criminalité et la délinquance, dans sa large acception, doit mettre en mouvement la synergie de l’intégralité des ressorts de la société civile, à travers l’utilisation ou l’aménagement d’espaces et de canaux organisés et bien identifiés susceptibles de pouvoir servir de supports, de relais ou de courroies de transmission dans les deux sens aux pouvoirs publics et aux institutions compétentes.

	Ceux qui continuent de penser que l’éradication de la délinquance relève de la compétence exclusive des institutions de répression et de justice pénale se leurrent et se trompent lamentablement, durablement ! Comme chacun le sait, il faut parfois faire preuve de beaucoup d’imagination pour convaincre les pouvoirs publics de partager leurs prérogatives ou une petite parcelle de ces dernières avec les organisations de la société civile, notamment en matière de prévention, d’aménagement de passerelles permettant à cette dernière de s’exprimer et de s’associer à des activités bien ciblées et préalablement déterminées.

	Il s’agit, en fait, de mettre en place une stratégie nationale à court, moyen et long termes, circonscrivant l’origine du mal et son étendue, ciblant les actions de prévention et de lutte à entreprendre, déterminant les échéances de leur exécution, les moyens nécessaires à leur mise en œuvre, la répartition des tâches entre l’ensemble des partenaires concernés, ainsi que les méthodes d’évaluation du travail accompli, pour pouvoir corriger les imperfections et garantir plus d’efficacité à l’action commune. Lorsque nous parlons de sécurité, il doit être entendu que c’est, en fait, toute la société qui est interpellée, car, au risque de nous répéter, la sécurité conditionne plus que jamais toutes les autres démarches de développement économique, social et culturel du pays.

	L’affaire de Tiguentourine est, hélas, là pour le rappeler avec éclat. Pour illustrer davantage cette situation et cette primauté, il n’y a qu’à se référer aux années de braise qu’a traversées l’Algérie durant la décennie noire, pour se convaincre que rien ne peut se faire dans un climat d’insécurité, d’angoisse ou psychologique et d’instabilité. Ma conviction est que le citoyen algérien, qui a vécu les affres du terrorisme sauvage qui a frappé de plein fouet notre pays, est mieux placé et surtout censé être plus conscient que quiconque pour saisir l’importance du facteur sécuritaire dans le processus d’évolution d’un pays.

	C’est dire que ce citoyen ne peut que se sentir concerné par toute démarche visant à améliorer les conditions de sécurité et de stabilité sociale. Il est, en réalité, fondamentalement prêt à se joindre à tout projet lui offrant réellement des espaces et des dispositifs novateurs, lui permettant de contribuer un tant soit peu à la garantie de l’ordre public et à la protection des biens et des personnes. La Sûreté nationale, sous l’impulsion volontariste et déterminée du général-major Abdelghani Hamel, se montrant consciente de l’importance de la contribution que peut apporter le citoyen pour jouir de plus de sécurité et de tranquillité, s’emploie, ces derniers temps, à multiplier les actions d’information, de communication, de relations publiques et de travail de proximité dans le but évident de venir à bout des dernières barrières qui subsistent encore dans les relations police/citoyen.

	Il s’agit bien évidemment et dans la foulée de sensibiliser davantage les nombreuses organisations civiles ayant gagné à la fois la confiance des citoyens et celle de l’Etat par leurs activités efficaces et désintéressées, en vue de participer, aux côtés des services de sécurité, à l’effort de mobilisation de toutes les franges de la société appelées à renforcer le dispositif de prévention et de lutte contre toutes les formes de criminalité et de délinquance.

	Cette sensibilisation citoyenne doit cibler tout naturellement l’ensemble des fléaux sociaux qui menacent gravement, ces derniers temps, notre jeunesse, tels que celui de la prolifération des différents types de drogues et de psychotropes dont l’abus provoque non seulement la destruction du consommateur mais aussi annihile tout effort de développement. Toutefois et comme souligné plus haut, le facteur sécurité étant devenu, au fil du temps, un besoin vital pour notre société, son traitement doit désormais s’élever au niveau d’une approche beaucoup plus globale en vue d’aboutir à la mise en œuvre d’une gouvernance nationale en matière de prévention et de lutte contre la criminalité dans toutes ses manifestations.

	Elle doit être érigée au rang  d’authentique politique publique (au sens managérial moderne du terme) à l’issue d’une large consultation et d’un consensus entre tous les acteurs de la société, afin que chacun puisse connaître le rôle qui lui revient et le jouer pleinement dans une synergie totale, alliant judicieusement prévention et répression.

	Il s’agit en vérité de mener une lutte implacable contre tous les germes et ingrédients de la délinquance, tâche que les services de sécurité ne peuvent à eux seuls assumer quel que soit leur professionnalisme, leur performance ou leur effectif, même quand leur compétence est désormais unanimement appréciée, voire mondialement reconnue. Cette lutte ne saurait, à notre sens, être gagnée qu’à travers une politique publique démocratiquement élaborée et scientifiquement déclinée dans ses fondements et ses applications. En l’absence d’une telle vision et d’une telle stratégie, notre pays risque de voir se développer, à terme, de nouvelles formes de violences et de criminalité qui peuvent prendre des proportions autrement plus graves que celles connues et non encore implicitement reconnues jusque-là.

	Sans pouvoir illustrer notre propos par des statistiques ou des données actualisées, je n’en veux pour preuve que ce que nous rapporte quotidiennement les médias sur la propagation des différents types de drogues et de psychotropes, les enlèvements et les tragiques assassinats d’enfants, le commerce d’organes humains, les échauffourées qui opposent des bandes de jeunes utilisant les armes blanches, y compris les sabres, les suicides sous diverses formes, les fermetures de routes, le blocage de sièges d’administrations publiques, la cybercriminalité, le blanchiment d’argent, les trafics de toutes sortes à nos frontières.

	A tout cela, s’ajoutent les méfaits du terrorisme international qui continue de sévir avec une férocité décuplée dans certaines zones de notre pays et dans l’espace maghrébin et subsaharien. Grande nation du bassin méditerranéen, du monde arabe et de l’Afrique, disposant de tous les atouts historiques, économiques et humains lui permettant d’affirmer son identité et sa force,  l’Algérie, notre beau pays, constitue une cible privilégiée au double plan géostratégique et politique que les laboratoires, faiseurs de «révolutions exportées», ont de toute évidence incluse dans leurs plans diaboliques de déstabilisation, en actionnant, entre autres, toutes les officines liées de près ou de loin aux réseaux de criminalité transnationale organisée, qui ont assurément les moyens de leurs desseins.

	Si ces organisations arrivaient à gangrener notre jeunesse qui constitue, comme tout le monde le sait, notre première richesse et à la paralyser en lui déversant des quantités industrielles de stupéfiants et autres substances destructives, elles auront touché le rempart le plus sensible de notre système de défense sociale. Notre pays a connu depuis la reconquête de son destin national, il y a plus d’un demi-siècle, bien des séismes, aux sens propre et politique du terme. Face à ces risques potentiels et aux défis de toutes natures, l’Algérie, utilisant la force massive du chêne et la capacité d’adaptation du roseau, a résisté jusque-là sans rompre.

	Les Algériens ne sont, en effet, jamais aussi proches de la résurrection que quand ils se sentent menacés dans leurs fondements majeurs, dans leurs espaces intimes. Si ces espaces ont été, dans le passé lointain et récent, jalousement préservés et soustraits à la force déferlante des tempêtes et autres bourrasques déstabilisantes qui les ont menacés, notamment ces dernières années, c’est en partie grâce à l’infinie sagesse et à l’immense patience, voire aux sacrifices incommensurables, des générations qui ont toujours et à jamais placé l’Algérie au-dessus de toute autre considération.

	Après un demi-siècle de conquêtes économiques et sociales réelles, d’errements et d’hésitations que l’on peut justifier, de rendez-vous manqués moins explicables, avec l’Histoire, les nouvelles générations post-indépendance sont peu enclines au pardon et à l’attente. Elles sont tout le contraire de celles qui les ont précédées dans leurs motivations et dans leurs rêves. Elles sont légitimement porteuses d’exigences nouvelles soutenues de part en part par une fougue, une volonté d’arriver, voire une rage de vivre leur époque. Ces caractéristiques fondamentales n’ont pu malheureusement s’exprimer sous le poids des événements parfois dramatiques de la période que nous avons vécue douloureusement, dans les années quatre-vingt-dix.

	Le plaidoyer en faveur de l’urgence d’un pacte de défense sociale, élevé par la grâce d’un acte majeur de bonne gouvernance au rang de politique publique, que nous défendons dans la présente contribution, aurait pour effet de canaliser les bonnes et saines énergies et d’extirper les mauvais germes des nouvelles formes de violence tapies au cœur de la société et qui agressent quotidiennement les Algériens à travers les manchettes de journaux, à la lecture insupportable et les chuchotements sous cape aux narrations morbides insoutenables.
	
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	La violence est aussi une manière de défier toute autorité.
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           <title>Les dirigeants des EPE sont-ils toujours éligibles au délit de favoritisme à l’occasion de la passation de marchés ?</title>
           <author></author>
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           <pubDate>Sat, 06 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 06 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Le décret présidentiel n°13-03 du 13 janvier 2013, modifiant et complétant le décret présidentiel n°10-236 du 7 octobre 2010 relatif aux marchés publics, semble avoir sonné le glas des poursuites pénales contre les dirigeants des entreprises publiques économiques du chef du délit de favoritisme, communément appelé passation illégale de marchés, fait prévu et puni par l’article 26-1 de la loi 06-relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. 
	La réalité est toute autre. Pourquoi ?

	I-Théoriquement, le décret présidentiel 13-03 soustrait les EPE du code des marchés publics :
	 En effet, aux termes du deuxième paragraphe de l’article 2 modifié par le décret présidentiel 13-03, les EPE ne sont pas soumises au code des marchés publics. Mais le cordon ombilical avec le code des marchés publics, aussi ténu soit il, n’est pas totalement rompu. En effet les EPE sont «tenues d’élaborer et de faire adopter, par leurs organes sociaux, des procédures de passation de marchés, selon leurs spécificités, fondées sur les principes de liberté d’accès à la commande, d’égalité de traitement des candidats et de transparence».

	Y aura-t-il une incidence pénale pour le fait qu’une entreprise ne respecte pas ses procédures de passation de marchés ?  
	La question sera étudiée dans notre développement et nous y reviendrons à l’issue de notre analyse.

	II- Cependant, le délit de favoritisme prévu et puni par l’article 26-1 de la loi 06-1 du 20-02-2006 sur la corruption ne s’applique pas uniquement aux marchés publics.
	Il résulte en effet des dispositions de l’article 26-1 précité que le délit de favoritisme s’applique à tout contrat ou marché passé par un agent public en violation des dispositions législatives et réglementaires relatives à la liberté d’accès, à l’égalité entre les candidats et à la transparence des procédures.

	Or l’article 2 de la loi 06-1 sur la corruption étend la qualité d’agent public aux dirigeants des EPE.
	Par conséquent, il n’est pas exclu de poursuivre les dirigeants des EPE en leur qualité d’agents publics du chef du délit de favoritisme.
	Mais encore faut-il que soit établi que le marché passé ou le contrat conclu l’ont été en violation des dispositions législatives et réglementaires relatives à la liberté d’accès, à l’égalité entre les candidats et à la transparence des procédures.
	That is the question, comme diraient les Anglais.  

	III- Toute la question est de prouver que le dirigeant de l’EPE a violé une disposition législative et réglementaire relative à la liberté de la concurrence. Il s’agit donc de chercher si le dirigeant de l’EPE a violé une disposition législative ou  réglementaire relative à la liberté d’accès, à l’égalité entre les candidats et à la transparence des procédures.

	Cette recherche doit être, toutefois, effectuée en dehors du code des marchés publics dans la mesure où celui-ci exclut expressément les EPE de son champ d’application. Par ailleurs, le législateur a circonscrit le champ d’investigation aux seuls textes à caractère législatif ou règlementaire, ce qui exclut les procédures de passation de marchés que les EPE sont tenues d’établir pour la bonne raison que celles-ci ne sont pas des textes réglementaires et encore moins des textes législatifs. En effet, les procédures de passation de marchés propres aux EPE sont des règlements internes à ces entreprises, dépourvus des attributs du texte réglementaire (non publiés au JO et donc  non opposables aux tiers, non susceptibles de recours devant les juridictions…).   
	 Ainsi, la violation des procédures de passation de marchés propres aux EPE ne constitue pas une infraction pénale, elle relève plutôt du manquement disciplinaire.

	IV- Au-delà du code des marchés publics, existe-t-il d’autres textes législatifs ou réglementaires contenant des dispositions relatives à la liberté d’accès, à l’égalité entre les candidats et à la transparence des procédures?
	Il faut d’abord éliminer l’article 9 de la loi 06-01 sur la corruption dans la mesure où ce texte parle uniquement des marchés publics et que les EPE ne sont plus soumises au code des marchés publics.  
	Restent alors quelques textes épars de portée générale sur la liberté de la concurrence comme l’ordonnance du 9 juillet 2003 relative à la concurrence, voire le code pénal à travers l’article 172 sur la spéculation sur le marché, ou des textes spéciaux, comme le décret législatif du 23 mai 1993 relatif à la bourse et la loi n°2000-03 du 5-08-2000 sur les télécommunications...

	Conclusion :

	Les dirigeants des EPE demeurent éligibles au délit de favoritisme prévu et puni par la loi sur la corruption, mais il faut chercher l’élément matériel du délit non pas dans la violation du code des marchés publics ni dans la violation des procédures de passation des marchés propres à ces entreprises, mais plutôt dans d’autres textes, à condition que ces textes aient un caractère législatif ou réglementaire.

	Il reste entendu, par ailleurs, qu’à défaut d’être poursuivis pour délit de favoritisme, les dirigeants des EPE n’échapperont pas aux poursuites pénales du chef de délit de prise illégale d’intérêts, prévu et puni par l’article 35 de la loi sur la corruption, dans le cas où ils bénéficieraient eux-mêmes d’un avantage indu, l’avantage consenti à soi-même n’entrant pas dans la qualification du délit de favoritisme, mais dans celle du délit de prise illégale d’intérêts, sans qu’il ne soit nécessaire de chercher si le marché a été conclu ou pas en méconnaissance de dispositions législatives ou réglementaires relatives à la liberté d’accès, à l’égalité entre les candidats et à la transparence des procédures.
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           <title>La stratégie de la tension permanente par l’utilisation de l’idiot utile</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 06 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 06 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	L’analyse des événements qui se sont succédé ces dernières décennies au Moyen- Orient, laisse à penser, à première vue, que le lobby juif, établi aux USA, est derrière la majeure partie des décisions prises par «l’empire le plus puissant depuis l’empire romain»(1). 
	Tout porte à croire, en effet, que l’influence et la puissance de ce lobby dicte sa volonté à Washington, donnant ainsi l’impression que l’empire agit contre ses intérêts dans de nombreuses parties du monde et notamment au Moyen-Orient. Il est révélateur de noter que les dirigeants White Anglo-Saxon Protestants (WASP) font tout pour laisser croire que c’est le lobby qui mène le jeu alors qu’en réalité, ce sont les sionistes et l’Etat d’Israël qui sont manipulés en leur faisant jouer le rôle de l’idiot utile, pour servir les intérêts supérieurs stratégiques des Etats-Unis.

	Derrière tous les grands conflits ouverts ou larvés qui ont jalonné l’histoire du XXe siècle, on trouve la main cachée des grands groupes industriels et financiers WASP(1). Après avoir provoqué la guerre de sécession qui fut la première guerre industrielle pour imposer leur vision moderne du grand capital sur toute l’étendue du continent nord-américain, les barons de la finance et de la grande industrie lancèrent leurs tentacules sur le reste de la planète avec le même cynisme qu’ils mirent pour conquérir et s’approprier l’Amérique du Nord.

	Des entrées en guerre préméditées

	Les archives des deux grandes guerres du XXe siècle montrent l’implication des grands de la finance et de l’industrie, essentiellement
	WASP, pour faire jouer à certains Etats ou idéologies le rôle de l’idiot utile aux fins de servir leurs intérêts. Ainsi que l’expose le Dr Anthony C. Sutton, «L’apport fourni à l’Allemagne avant 1940, par le capitalisme américain en vue de préparer la guerre ne peut être qualifié que de phénoménal. Il fut sans aucun doute, décisif pour la préparation militaire de l’Allemagne. Des preuves permettent de comprendre que le secteur influent de l’économie américaine était, certes, lucide sur la nature du nazisme, prêt à l’aider et à le soutenir financièrement par intérêt personnel, pleinement conscient que cela finirait par une guerre où seraient impliqués l’Europe et les Etats-Unis.»(2) On sait aujourd’hui ce qu’il est advenu de l’Allemagne nazie et des colossaux profits engendrés par le complexe militaro-industriel.

	L’intérêt stratégique qu’en ont tiré les USA grâce à leur intervention programmée dans le conflit européen est considérable. Ce conflit, d’une ampleur sans précédent, leur a permis d’avoir la mainmise sur l’Europe par le maintien de troupes et de matériels de guerre sur ce continent depuis la fin de la 2e Guerre mondiale à ce jour, sous la bannière de la «liberté et de la démocratie»... Pour l’Asie, le procédé fut moins subtil. L’histoire, telle qu’écrite par les vainqueurs, occulte le fait que ce sont les USA qui ont provoqué la guerre, en décidant un strict embargo sur le pétrole pour étouffer l’empire japonais, le poussant ainsi dans le piège tendu de Pearl Harbour, devenu la proie idéale pour attirer les militaristes japonais.

	La mise en place de cet appât fut d’autant plus efficace que Washington avait cassé, depuis longtemps, le code secret de l’armée nippone. Le Pentagone prit soin, avant l’attaque, de faire patrouiller au large ses trois porte-avions Sorotogo, Lexington et Enterprise ainsi que 13 croiseurs, n’hésitant pas à sacrifier, pour les besoins de la cause, plus de 2 000 hommes et de nombreux navires de guerre à l’aviation japonaise. Il est de notoriété que Washington avait eu l’information de l’imminence de cette attaque majeure plusieurs jours à l’avance, mais rien ne fut fait pour l’éviter, bien au contraire.

	En effet, le plan pour renforcer la marine de guerre avait déjà été matérialisé par la signature de loi Vinson-Walsh le 19 juillet 1940, dite loi des «Deux océans»(3) prévoyant la construction de deux grandes flottes pour le Pacifique et l’Atlantique, préparatifs à une entrée en guerre programmée par le complexe militaro-industriel (CMI) dans ces deux parties du monde. Du côté Pacifique, un complexe géant, regroupant 30 arsenaux dans la baie de San Francisco, fut mis en place, devenant le plus grand complexe naval au monde, faisant travailler plus de 100 000 ouvriers.

	Pour avoir une idée de la puissance et du gigantisme de ces chantiers, il suffit de savoir qu’à la fin de la 2e Guerre mondiale, les USA possédaient 95 porte-avions... et ont fabriqué plus de 5 000 navires. Pour ce qui est des conflits régionaux, les USA ne s’embarrassent pas de plans finement élaborés. L’entrée en guerre contre le Nord-Vietnam, a commencé par une simple «provocation» : Entre le 2 et le 4 août 1964, deux destroyers américains, l’USS Maddox et l’USS Turner Joy, sont entrés dans les eaux territoriales du Nord-Vietnam, et ont essuyé des tirs de la part des Nord-Vietnamiens. Il est établi aujourd’hui que les incidents du golfe du Tonkin ont été instrumentalisés pour permettre une escalade de l’intervention américaine dans le conflit indochinois.

	Les «papiers du Pentagone»(4) ont révélé que le texte de la résolution d’entrée en guerre a été rédigé par l’administration Johnson plusieurs mois avant que lesdits «incidents» aient lieu. Ce qui a permis à l’industrie de guerre du CMI de (re)fonctionner et d’engendrer de substantiels profits. C’est d’ailleurs le refus du président Kennedy de se prêter au jeu du CMI qui lui coûta la vie. On comprend mieux, dans ce contexte, l’avertissement lancé au peuple américain par le président Eisenhower dans son discours d’adieu du 17 janvier 1961 pour le mettre en garde contre les menées aventurières du CMI.

	Les idiots utiles

	On sait ce qu’il est advenu de l’empire du Soleil- Levant sur le sol duquel, se trouvent à ce jour 47 000 marines US, qui ont, depuis, une nouvelle mission : «protéger» le Japon de «l’ogre» nord-coréen à qui l’on fait jouer, aujourd’hui, le rôle d’épouvantail ou de l’idiot utile. La mission assignée à la Corée du Nord est de faire peur au Japon et à la Corée du Sud où sont stationnés 28 000 marines. La Corée du Nord est devenue, objectivement, le meilleur allié des USA dans cette partie du monde. Elle permet, en effet, à l’empire américain de justifier, sous la bannière de la «liberté», le contrôle de cette région, éminemment stratégique, et sans que les prétendus acteurs de ladite «communauté internationale», qu’ils manipulent comme de vulgaires pions d’un jeu d’échecs, trouvent à redire.

	Ceci, sans parler des formidables ventes d’armes qu’engendre la création de telles situations. Lorsque l’on remonte le fil d’Ariane qui mène à la bombe atomique nord-coréenne, on fait un passage obligé par le Dr Abdul Kader Khan, et son recrutement, sur intervention de la CIA, au sein de l’Urenco(5). Il est de notoriété que sa «fuite», a été organisée par la même CIA en 1975, avec non seulement les plans, mais aussi un modèle complet de centrifugeuse(6). A l’époque, le but premier de cette manœuvre était de doter le Pakistan de la bombe A, pour contrecarrer la bombe A de l’Inde, alignée sur l’Union soviétique. C’est par le biais du Dr Khan et toujours à l’instigation de la CIA, que la technologie pour la fabrication de la bombe a été «vendue» à la Corée du Nord puis à l’Iran(7).

	Redistribution des cartes

	Il faut reconnaître aux dirigeants Wasp du CMI, véritable «gouvernement de l’ombre», un esprit d’anticipation et une intelligence hors norme dans la mesure où ils parviennent à manipuler des Etats et des idéologies, en créant des situations bien à l’avance, pour en tirer d’énormes avantages tout en leur permettant de maintenir leur domination sur le monde. L’écusson du corps des marines US, qui représente un aigle tenant la planète entre ses serres, est bien représentatif du rôle et du but qu’ils se sont assignés pour les siècles passé et à venir.

	Lors de la signature du premier accord d’union douanière en 1985 avec l’Etat d’Israël, le président Reagan le qualifia «d’actif stratégique» en déclarant que «ce n’est qu’en prenant conscience du rôle essentiel de l’Etat d’Israël dans nos calculs stratégiques que nous pourrons bâtir les fondations sur des territoires et des ressources vitales pour notre sécurité et notre bien-être»(8). La création de l’Etat d’Israël ne fut possible que grâce à la volonté du CMI qui avait déjà jeté son dévolu sur cette région hautement stratégique, du fait de ses gigantesques ressources en hydrocarbures.

	Les stratèges US se sont même préoccupés d’élaborer, en 1947, un plan pour faire admettre l’idée d’une «alliance judéo-chrétienne» au sein de la communauté chrétienne internationale par l’organisation du Concile Vatican Il, en 1963, pour obtenir le soutien des peuples chrétiens d’Europe à la cause israélienne(9). Pendant des décennies, les USA ont fait jouer à Israël le rôle de l’idiot utile, en l’utilisant comme mercenaire pour la défense de leurs intérêts dans cette région considérée comme «l’un des plus grands enjeux économiques de toute l’histoire de l’humanité»(10). Cependant, l’analyse de certains signes donne à penser que les stratèges US du CMI mettent en place les prémices d’un lâchage de l’Etat hébreu pour les vingt ou trente années à venir. Tout a été fait pour pousser Israël dans une impasse et faire croire que ce sont des événements conjoncturels qui contraignent les USA à changer de politique vis-à-vis de leur allié.

	Chute vertigineuse des réserves de l’Arabie

	Un des éléments les plus importants de ce revirement est la chute vertigineuse des réserves pétrolières de l’Arabie Saoudite, gardée secrète pour des raisons de stratégie énergétique. En effet, l’un des plus prodigieux puits de pétrole, jamais découverts dans le monde, reste le gisement géant de Ghawar, surexploité depuis 1948, qui assurait 60% de la production du pays, appelé «roi des gisements». Il s’étend sur 250 km de long en bordure du golfe Persique. Aujourd’hui, il faut injecter plus d’un baril d’eau pour obtenir un baril de pétrole(11). Les déclarations de l’Arabie Saoudite pour faire croire qu’elle est en mesure d’augmenter sa production sont irréelles et dictées par l’Oncle Sam.

	La très grande désinformation et le tapage médiatique faits autour du gaz de schiste sont en fait un leurre, comme cela a été le cas pour les prétendus «gisements géants» de la mer Caspienne et de l’Alaska. C’est cette chute drastique des réserves de l’Arabie Saoudite qui a décidé les USA à envahir l’Irak en y instaurant le «chaos constructif», dans le seul but d’y permettre une exploitation minimale, et se réserver les ressources pétrolières pour un futur proche. De même, qu’ils ont fait s’écrouler, au moyen du «Printemps arabe», le régime libyen, toujours dans le dessein de se mettre de côté les réserves de ce pays qui sont les plus grandes d’Afrique.

	Là aussi, le «gouvernement de l’ombre» a fait jouer, au président Sarkozy, le rôle de l’idiot utile, en le projetant au-devant de la scène, pour faire chuter le régime libyen, avec pour conséquence immédiate, de préparer la déstabilisation du Sahel et du même coup celui de la France dans la région.

	Par cette opération libyenne, les stratèges du CMI ont fait d’une pierre plusieurs coups : l’avenir de la France dans le Maghreb, la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, qui est très compromis.

	La fin programmée de l’État d’Israël ?

	Les prémices de cette offensive contre Israël ont commencé par une étude, commanditée en 2002, auprès de deux chercheurs(12), sur «l’influence (négative) du lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine». Les observateurs avisés de l’Etat hébreu ont eu des raisons de s’inquiéter: ils connaissent les méthodes du «gouvernement de l’ombre» des USA pour préparer, longtemps à l’avance, leur opinion sur les aspects négatifs de ce soutien «aveugle». En fait, une redistribution des cartes est en train de s’opérer dans la région: le nouveau rôle attribué au Qatar, conseillé et doté par l’Oncle Sam d’une redoutable arme de communication, «El Jazeera»,dont le siège se trouve à quelques centaines de mètres de l’une des plus grandes bases navales US de la région.

	La réorientation, voulue, de la politique turque en direction des pays arabes, accompagnée de brouilles, calculées, avec l’Etat d’Israël. Le lâchage, prémédité, de Hosni Moubarak à la faveur du «Printemps arabe», et le coup de pouce à la prise du pouvoir civil par les islamistes, ont permis de justifier la réorientation de la politique suivie jusqu’alors par le régime égyptien, afin de mettre la pression sur l’Etat hébreu. Cette nouvelle donne permet de justifier les attaques contre le gazoduc du Sinaï et une plus grande fluidité du trafic par les tunnels de Rafa pour armer le Hamas, qui est désormais, en mesure d’atteindre Tel-Aviv par ses missiles à courte portée.

	La visite organisée, sous le parapluie US, du Premier ministre qatari à Ghaza en octobre 2012, est un autre signe qui laisse présager un avenir sombre pour l’Etat hébreu. Sur le front est, Israël se trouve confronté au Hezbollah libanais et surtout à «l’ogre» iranien qui travaille à la mise au point de sa bombe, sous l’œil bienveillant de l’Oncle Sam, qui a mis sévèrement en garde les dirigeants israéliens contre toute intervention intempestive de leur part.

	Le rôle dévolu à l’Iran dans la région par les USA leur permet de continuer à vendre des armes et de justifier la présence de bases et de troupes dans cette région charnière entre l’Orient et l’Occident. Toutes les déclarations faites par les officiels US pour faire accroire que les USA veulent empêcher l’Iran d’avoir la bombe ne sont en réalité que des leurres. Il en est de même que celles condamnant les gesticulations, calculées, de la Corée du Nord en direction du Japon et de la Corée du Sud. On comprend mieux dès lors, pourquoi l’Iran a été «autorisé» à faire patrouiller deux navires de guerre en empruntant le canal de Suez ainsi que la reconnaissance, par le Brésil, l’Argentine, le Pérou, de l’Etat palestinien dans ses frontières de 1967. Même Chypre, qui fait partie des 27, y est allée de cette reconnaissance, sans que Bruxelles ait trouvé à redire.

	Ce sont toutes ces «coïncidences», ajoutées à l’humiliation, mondialement médiatisée du directeur du FMI, sioniste convaincu, et la désignation de Chuck Hagel comme secrétaire d’Etat à la Défense, connu pour être très critique à l’égard d’Israël, qui donnent à penser que le «gouvernement de l’ombre» US est en train de préparer de grands bouleversements dans cette région du monde, et dont leur allié, conjoncturel fera les frais. Dans leur «Programme pour un nouveau siècle», les analystes US ont mis en garde les décideurs du CMI: «Si nous ne prenons pas nos responsabilités, nous susciterons des défis envers nos intérêts fondamentaux. L’histoire du XXe siècle doit nous enseigner qu’il est important d’organiser les situations avant que les crises ne surviennent et de faire face aux menaces avant qu’elles ne deviennent extrêmes. L’histoire du XXe siècle doit nous inciter à prendre fait et cause pour la domination américaine».(13)
	 

	Notes : 

	1- Propos tenus par Henry Kissinger.
	2- in «Wall Street and the Rise of Hitler» and «Wall Street and the Bolshevik Revolution» by Anthony Sutton .
	 3- « Two-Ocean Naval Expansion Act ».
	 4- Pentagon Papers : United States-Vietnam Relations 1945/67 rédigé par 36 officiers et experts.
	5- Consortium anglo-allemand, fabrique des centrifugeuses destinées à la production d’isotopes 235 (siège en Hollande).
	6- Emission radiophonique «Rendez-vous avec Mr X», sur France Inter.
	7- Ce qui fut reconnu par le Dr Khan qui lors d’une conférence de presse télévisée en 2004, demanda des «excuses» pour avoir vendu les plans à ces pays.
	8- Cité par J. Attali dans «Les juifs, le monde et l’argent».
	9- Voir article, Khelifa Mahieddine, sur El Watan du 26/10/10, intitulé «Les arabes chrétiens sacrifiés sur l’autel de l’Alliance judéo-chrétienne».
	10- Foreign relations of US 1945 Val. VIII, cité par S. Zunes dans «La poudrière».
	11- «La face cachée du pétrole» par Eric Laurent.
	12- John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt in «The Israël Lobby and US Foreign Policv».
	13- Dans «Reconstruire les défenses de l’Amérique. Stratégie pour un nouveau siècle».
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        <item>
           <title>Le  trésor du dey et de Sonatrach</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Wed, 03 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 03 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Un journaliste, fin connaisseur du monde arabe,  posa un jour à un richissime émir la question suivante : «Vous avez  pu certainement construire avec les richesses de votre pétrole pas mal d’édifices étincelants, mais jusqu’à présent vous n’avez pas réussi à faire de cette fortune incommensurable le catalyseur d’un progrès industriel et économique viable. Que se passerait-il lorsque vos n’aurez plus de pétrole ?», «Nous  retournerons  sous nos tentes», répondit l’émir. Ce cynisme outrecuidant et pathétique reflète le destin tragique d’une ethnie pitoyablement épicurienne, qui n’en a cure de l’«intelligence économique et de la prospective»  et de tout le bataclan qui empêcherait nos insatiables hédonistes de savourer les joies du présent. 
	De ces  jardins enivrants de cette Andalousie légendaire, où se mêlaient érotisme, beuverie et sérénades, nous viennent aujourd’hui ces vers si célèbres entonnés jusqu’à aujourd’hui par nos divas et nos mélomanes du haouzi : «Selli houmoumek fi hadhi El achia – Ma tedri bech yatik essabah» (Dissipe tes maux ce soir, tu ne sais point ce que le matin te réservera). Cette insouciance criminelle, combinée évidemment à d’autres facteurs, ouvrira les portes à la Reconquista.

	Nos Maures, esthètes et amateurs de bonne chair, auraient dû savoir que pendant qu’ils étaient affalés en galante compagnie, à l’ombre de leurs jasmins et leurs orangers, avec des échansons à leurs pieds et les airs de Ziriab qui embrumaient leur lobe pariétal, il y avait également à leur chevet d’autres personnes qui tissaient laborieusement ce qu’on appellera la «Renaissance», qui sera à son tour la mère de la révolution industrielle et de la conquête spatiale. Et ce n’est pas terminé. On ne peut reprocher à ces Maures si raffinés cette joie de vivre et l’extrême élégance des mœurs qu’ils ont pu léguer à une Europe roturière.

	Les instincts et les pulsions, ça ne se commande pas. C’est aussi vieux que le monde.  Quatorze siècles  avant  notre Ziriab,  le poète romain, Horace, laissa le même testament «Carpe Diem» : «C’est aujourd’hui qu’il faut vivre. Car demain reste pour toi ce qu’il y a de moins sûr ». Quelle étrange similitude de passions et de passe-temps, néanmoins les descendants d’Horace ont fabriqué un Occident qui règne en maître incontestable depuis cinq siècles.  
	Nous retournerons à nos tentes, avait dit l’émir. C’est ce qu’il prédit à ces Sémites lorsqu’ils auront  siphonné tout leur jus. Comme c’est étrange ! Les prophéties de cet émir me rappellent les prédictions toutes récentes du réseau Nabni à propos d’un futur proche de l’Algérie.

	«Retourner sous sa tente !» est certes une ineptie cinglante qui n’est pas digne d’un homme sensé, qui se prétend créé à l’image de Dieu ou investi  sur terre de cette mission représentative de l’esprit du Seigneur. L’islam des lumières ne semble guère avoir eu quelque effet sur notre  émir, dont les  gènes de ses ancêtres païens s’impatientaient pour se réactiver de plus belle, afin de s’adonner entièrement à cette voluptueuse oisiveté qui rêve de l’infini dans un désert morne et stérile.
	 Seul un homme étouffé par une arrogance, qui constitue sa seule richesse, pourrait concevoir son passage sur terre, ballotté entre un bivouac, des dromadaires, des  yachts et des jets privés.

	Hélas, s’il n’y avait parmi ces Sémites prodigues que cet émir, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. Mais le monde arabe grouille de ces joyeux lurons, propriétaires de pays qu’ils promettent de laisser en friche. Il  faut vraiment avoir un esprit complètement fossilisé pour oser dilapider une énergie fossile non renouvelable, sans se donner les moyens de créer de nouvelles assises propres à induire un progrès pérenne  et définitivement affranchi  de cet accessoire qui n’aurait, en fin de compte, servi qu’à procurer un certain confort  jouissif et à l’étirer sur  quelques dizaines d’années. «Al yaouma khamra wa ghada Amran», disait aussi notre regretté, Imrou’l Kaïs,
	«Aujourd’hui l’ivresse et demain la décision».

	La poésie de notre Casanova arabe figure parmi ces prestigieuses Mu’allaqat  où l’amour, le vin et la flagornerie tiennent quand même une place non négligeable. Au diable ce génie capable de créer toutes les autres richesses et énergies durables que notre  longue marche vers un futur incertain exige. Cet  esprit suicidaire, réfractaire au progrès, qui  refuse de revendiquer un  futur pour se contenter seulement de cet  attribut  que notre  légende des siècles appelle «El-Mourouâa» (virilité) continue à errer, tel un spectre, sur ces territoires qui ont été foulés par ces valeureux conquérants initiés à l’école du Prophète pour diffuser un savoir et une sagesse intarissables. On imaginait un autre futur pour ces ruches que les compagnons du Prophète avaient essaimées.   

	«Que s’est-il passé ?» disait, abasourdi par autant de décadence consentie, l’islamologue Bernard Lewis. Bien avant cet historien de Princeton, un autre historien, E. F. Gautier, qui nous a longtemps fréquentés et suffisamment  bourlingués sur notre territoire, aurait dit lui aussi : «Par quel enchaînement de fiascos particuliers, s’est affirmé un fiasco total ?»

	Je  serais tenté de satisfaire la curiosité de ces messieurs, qui ne sont pas rompus à nos mœurs indolentes et impulsives, en leur disant ceci : «Errodjla  khanguetna.» (notre propre virilité nous étouffe !). Sincèrement, je ne vois pas d’autre cause que cette vertu qui ne cesse de nous harceler depuis la nuit des temps, ce legs originel, ultime et unique dont nous ne cessons de nous vanter aujourd’hui encore.

	A défaut de conquérir le globe autrement que par notre pétrole et notre grabuge, nous pillons nos propres richesses, donc celles de notre progéniture, en laissant au peuple ses ours en peluche et cette indicible satisfaction étrangement libidineuse et machiste  qui lui permet de fantasmer sur d’autres  globes et d’autres rondeurs moins prometteuses peut-être, mais néanmoins  fortement cathartiques : de pauvres  ballons de foot  qui ne cessent de nous dire d’aller chercher la gloire ailleurs ou de disparaître dans la dignité. Je  doute que ce soit l’islam qui  ait empêché l’extinction de cette espèce bizarre d’enfants prodigues, maudits et incorrigibles que nous sommes.  Nous aurions probablement disparu, tels ces Indiens d’Amérique, s’il n’y avait pas eu notre cher pétrole. Quant à l’islam, rassurez-vous, il se suffit à lui-même et saura éternellement où dénicher ses propres fidèles, loyaux, lucides et pourquoi pas solubles dans la modernité, la démocratie et la laïcité.

	«Il ne faut pas se demander ce que l’islam a fait des musulmans, mais  bien ce que les musulmans ont fait de l’islam», dira Bernard Lewis. Il y eut d’abord ce Maghreb chaotique, patchwork de tribus disséminées sur un territoire confus avec autant d’obédiences, de dialectes et de chefs dont les seules ambitions étaient de figer le temps, leurs enclos et leur pouvoir. Tout ce beau monde morcelé, divisé et affaibli avec de surcroît les turbulences d’une Reconquista aux prolongements ingérables, sera forcé de solliciter une protection assez bizarre pour contrer les ambitions de la belle Isabelle de Castille et de ses conseillers en soutane.

	Ce sera des corsaires, moitié albanais, moitié grecs, qui viendront à notre secours et forcément s’amouracheront de nos terres fécondes, y éliront domicile, prendront le pouvoir et donneront naissance à une autre époque de gloire et de tumulte, celle de la Régence d’Alger. Nous donnerons nos filles à des janissaires au service d’un pouvoir qui sera en permanence contesté, menacé et affaibli de l’intérieur. Kouloughlis et autochtones revanchards donneront du fil à retordre à ces maîtres des lieux qui, tantôt, servaient la sublime porte,  tantôt se remplissaient les poches.

	Nos beaux mercenaires, intelligents, rusés et terriblement chahuteurs, sur une Méditerranée qui commençait à devenir «géostratégique», irriteront tout le monde et particulièrement certains prospecteurs. On s’est dit que nos vastes territoires, qui appartiennent à tout le monde ou qui n’appartenaient à personne, sauf peut-être aux percepteurs ottomans et à leurs vassaux autochtones,  pourraient peut-être changer de main. Ce sera cette fois-ci une autre opération de sauvetage qui va s’enclencher : nettoyer la Méditerranée afin de sécuriser des échanges commerciaux florissants et faire semblant de donner un coup de main à ce fatras de tribus belliqueuses et terriblement rétives à toute  autorité centrale et à un nouvel ordre mondial.

	Le général de Bourmont laissera penser «aux Kouloughlis, aux Arabes et aux habitants d’Alger, que l’armée française venait chasser les Turcs, nos tyrans et que nous pourrions enfin régner,  comme autrefois, dans notre pays, maîtres et indépendants de notre sol natal». Ce rêve ne se réalisera jamais. Cette patrie, où plutôt ses richesses, n’ont jamais été les nôtres ni sous le règne des corsaires et des Ottomans, ni sous celui des Français, ni sous celui de nos frères libérateurs. 

	En dissertant sur les ambitions de ces nouveaux maîtres et percepteurs qui vinrent supplanter nos deys, l’historienne, Annie Rey-Goldzeiguer, dira de manière succincte et péremptoire : «On veut simplement  mettre les mains sur les céréales et les dattes, les troupeaux et le corail. S’installer dans les ports et drainer un commerce juteux. Le reste on s’en moque ! On est persuadés que cette terre, ce grenier à  blé tant vanté par les Romains, est un eldorado, un monde de richesses, qui, de surcroît, ouvre les portes de l’Afrique».

	Jusqu’à ce jour, les mains nationales ou étrangères  ne cesseront  jamais de farfouiller dans cette pauvre patrie pour lui soutirer quelques richesses, pendant que les bruits de bottes se font toujours entendre d’un côté ou d’un autre. En 1830, la Régence d’Alger ressemblait à «une  colonie d’exploitation dirigée par une minorité de Turcs, avec le concours de notables ‘’indigènes’’». Et pourtant, il n’ y avait pas encore ce foutu pétrole. Et le Sahara était le seul endroit qui ne représentait aucun intérêt ni pour la Régence ni pour le diable lui-même. Mais notre beau pays, toujours fécond, imprévisible et terriblement attrayant, allait subjuguer nos nouveaux maîtres, fabriquer des fortunes considérables et, comme toujours, ne causer du malheur qu’à ses fils, ces autochtones malchanceux. On pliera encore sous le joug de l’impôt, du métayage, de l’ignominieuse ségrégation et des courbettes aux Makhzens. Même débarrassés de nos Turcs et de nos Gaulois, jusqu’à ce jour les mêmes scénarios se reproduisent avec des imbroglios inextricables.

	Le pays est toujours en proie à la rapine. On y trouve parmi ses charognards et ses fossoyeurs les valets de la France, des autochtones pourris qui ne sont affiliés à aucune chapelle idéologique ou politique, mais qui sont intéressés par le dépeçage. On y trouve aussi un ramassis de pseudo révolutionnaires et d’anciennes personnalités politiques qui se sont cooptés pour détrousser leur pays et qui ont aussitôt opté pour un exil doré, en sollicitant d’autres nationalités et en rêvant à d’autres terres d’accueil et des cieux plus cléments, où ils pourront fredonner les airs langoureux de leurs ancêtres : «Selli houmoumek fi hadhi el achia – Ma tedri bech yatik essabah.»

	En effet, si  bien mal acquis ne profite jamais, il n’y aura plus jamais de matin radieux pour tous ces voleurs et ces apatrides de malheur. Il y aura de la leucémie et des infarctus, des regrets et beaucoup de nostalgie, une progéniture souillée et des voix qui maudiront leur nom et leur règne lors de leurs obsèques. Dans son livre, Main basse sur Alger, l’auteur, Pierre Péan, nous raconte ce pillage odieux perpétré par les Français une fois à l’intérieur de La Casbah, lors de la prise d’Alger. Des fortunes colossales  seront secrètement embarquées pour d’autres destinations  (roi de France, militaires, fonctionnaires des finances, banquiers, négociants, aventuriers).

	Si de toute évidence rien ne peut justifier ce pillage éhonté, il est quand même utile de rappeler que ces biens n’appartenaient pas à un peuple. Ce n’était que des fortunes amassées par le pouvoir central et majoritairement appartenant aux Turcs, à qui personne ne pouvait demander des comptes. Les «déclarations de patrimoine» et «le contrôle budgétaire» n’existaient pas à l’époque. On peut donc affirmer que le peuple de cette époque, constitué de tribus éparses et relativement indépendantes,  ne pouvait pas avoir  été délesté de quelque chose qu’il ne  possédait pas.

	Bien évidemment, plus tard, lorsque la colonisation cessera d’être restreinte, et vu les immenses opportunités qu’offrait ce pays, on s’attellera à dévaliser l’ensemble des autochtones. Mais sous cette Régence d’Alger, ce trésor du Dey, particulièrement, ressemblait à la Sonatrach d’aujourd’hui. Jalousement gardé, personne n’en connaissait ni la valeur  ni l’usage qui allait en être fait ultérieurement. On peut donc rassurer Pierre Péan et lui dire que si pillage il y a eu, ce n’était pas un fait inédit dans l’histoire de ce pays qui semble revivre le même karma. Le pillage n’a jamais  cessé, ni pendant l’époque romaine ni sous les Turcs, encore moins pendant le colonialisme et aujourd’hui sous ce nouveau code de l’indigénat où c’est l’indigène lui- même qui vole ses propres frères , qui se vole lui-même.

	Doit-on se sentir scandalisés ou poser des questions indiscrètes, lorsque notre mère est une sale prostituée, mais une prostituée immensément riche et qui nous permet de manger, de nous amuser, de subsister comme des dandys, d’être toujours des hommes ? Depuis cinquante années, à des milliers de kilomètres de notre Algérie septentrionale indifférente, la Sonatrach ouvre ses jambes à ses entremetteurs les plus audacieux sans aucun  protecteur légitime, ni lois efficientes pour protéger ses vertus.

	Rien n’a jamais pu intimider nos puissants maquereaux. Ni nos rachitiques lois censées garantir ce chimérique contrôle budgétaire ni ce Parlement de carnaval qui n’est jamais arrivé à exercer pleinement toutes les fonctions que notre sainte Constitution  lui  assigne, notamment en matière de contrôle budgétaire, de possibilité d’instituer à tout moment des commissions d’enquête  sur des affaires d’intérêt général et du contrôle de l’action du gouvernement. (articles 99/160/161/162 de la Constitution algérienne) On peut supposer que si jusqu’à présent le Parlement est resté en jachère, c’est probablement parce qu’il n’y a jamais eu de menaces à la sécurité nationale, ni de problèmes d’intérêt général  propres à susciter son émoi. Que devrait-il faire face à autant d’affronts ? Démissionner ou continuer à recevoir malgré tout les subsides de cette prostituée du Sud qui lui permet de savourer la vie de nabab  qu’offre la nouvelle Régence d’Alger. Et pourtant, l’information et le contrôle constituent, aujourd’hui plus que jamais, le seul garant pour des institutions saines et le signe d’une bonne gouvernance.

	La Convention des Nations unies contre la corruption a émis des recommandations très rigoureuses à ce sujet. Le  dernier rapport émis par la Cour des comptes dénonce ces mêmes dysfonctionnements criminels qui, d’ailleurs, minent le pays depuis l’indépendance  et qui tournent toujours autour des deniers publics et de l’opacité  qui entoure leur gestion. Le rapport  met en cause la mauvaise volonté de l’Etat dans la lutte contre ce pillage qui se perpétue depuis le cambriolage du trésor du dey.

	Toujours à propos de cette opacité légendaire qui fait la force de nos voleurs algériens au sommet de l’Etat, une enquête réalisée par l’International Budget Partnership a abouti aux mêmes conclusions qui n’étonnent d’ailleurs personne : «L’Algérie est peu loquace et coopérative lorsqu’il s’agit de transparence budgétaire.» Décidément, s’il n’y avait pas eu ce dernier incident, vraiment inopportun, au sujet  de l’ENI-Saipem avec la prostituée de service (Sonatrach), scandale qui, comme toujours, met en cause les grandes familles algériennes de la Régence d’Alger, on aurait pensé que notre Président serait  toujours  en vie, car depuis  son intronisation et le serment qu’il avait tenu en 2009 , on attend toujours qu’il fasse publiquement et sans quartier briser les os de ces forbans,  au lieu que des avions soient affrétés aux gavroches d’El Harrach pour aller se défouler sur des Egyptiens dont le destin est autant pitoyable que le nôtre.

	En 2003, le chroniqueur de l’hebdomadaire Marianne, excédé comme tout le monde par autant de frivolité insoutenable chez nos dirigeants, dira : «Que demain un savant bostonien ou genevois découvre dans l’hydrogène une inépuisable source d’énergie et Ryad, plus toutes les merveilles du Golfe, retournera au sable d’où il a jailli.» Nous sommes aujourd’hui en 2013, alors que tout le monde s’amuse, voilà que ces jeunes illuminés du réseau Nabni viennent, par leur dernier rapport, perturber notre farniente en se mettant à jouer aux Cassandre  et à dresser des ultimatums qui nous font regretter d’avoir profité un tant soit peu de cette prospérité qui avait l’air de durer encore un peu. 

	A  écouter leurs oracles sur les décennies à venir, il semblerait que nous risquerions de retourner sous nos tentes comme l’avait prédit cet émir, si nous ne mettons pas un frein à nos troubles maniaco-dépressifs. Ils ont même osé dire :  «Changez les institutions et vous aurez un autre visage de l’Algérie !» L’économiste, El Kadi Ihsane, dira que nous serons amenés, après avoir consumé tout ce qui est comestible (Fonds de régulation des recettes budgétaires, réserves de change..) à revenir à notre drogue d’antan : l’endettement extérieur. On dit chez nous que «Rima est revenue à ses anciennes habitudes» ( Âdat Rima ila âdatiha El-Kadima).

	Cette impression de «déjà-vu» est fascinante, si certains rapports de ces commissions coloniales de 1833-1834 sur la Régence d’Alger relataient avec exactitude les incuries de l’époque, qui ressemblent étrangement aux menaces qui nous guettent aujourd’hui. Voilà ce qui se disait à cette époque : «Grâce à ces mesures stupides et odieuses, un pays naturellement si fertile fut plus d’une fois exposé à d’affreuses disettes. Et  comme chaque jour augmentait pour lui le besoin des secours étrangers à mesure que sa force productive diminuait, il est évident que l’échange ne pouvait avoir lieu qu’aux dépens des capitaux précédemment accumulés, et ces capitaux une fois consommés, n’étant pas reproduits par le travail et ne pouvant plus être renouvelés…la nation s’appauvrissait constamment et marchait à une ruine complète.» Et c’est en partie pour cela que l’Algérien a toujours eu du mal à déchiffrer les dessous de son odyssée «existentielle».

	Ce qui n’appartient à personne appartient à tout le monde. Face à l’absence d’un peuple dont les communautés ressemblent à ces tribus de la Régence d’Alger, atomisées, divisées et égoïstes. Face à la démission d’un Parlement apprivoisé au-delà de toute espérance. Face à la compromission des élites, les biens d’un peuple, qui est toujours ailleurs, seront convoités par tout le monde. L’écrivain libanais, Selim Nassib, avait dit un jour que «les Arabes semblent condamnés à n’avoir pour seul choix que différentes formes d’oppression».  
	
	
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           <link>http://www.elwatan.com/contributions/le-tresor-du-dey-et-de-sonatrach-03-04-2013-208942_120.php</link>
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           <title>La corruption politique : élites, Assabya et Bazar</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Tue, 02 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	On parle de la lutte contre la corruption depuis l’accession de notre pays à l’indépendance. 
	La corruption n’est toutefois problématique que lorsqu’elle devient une forme de gestion de la chose publique. Elle facilite, de ce fait, l’ascension sociale, déprave les luttes politiques et syndicales et porte atteinte à l’intérêt national au profit des intérêts particuliers, familiaux et de groupes de pression locaux et internationaux.

	Bouteflika et la corruption sous l'ancien régime 

	Lors de la campagne électorale de 1999, le candidat Abdelaziz Bouteflika a fait de la question de la corruption le thème central de son discours. Son absence de la scène politique, pendant une vingtaine  d’années, lui a permis d’affirmer qu’il n’avait aucune part de responsabilité dans la situation actuelle du pays, rongé par la corruption. Il promet alors de moraliser la vie publique et de mettre fin «au règne de la mafia politico-financière», qui a ruiné l’économie nationale. Selon lui, 12 barons avaient le monopole sur le commerce  extérieur, en dépit de la mise en place des mécanismes de l’économie de marché.

	Quelques mois seulement après son accession au pouvoir, il fustigea à Tipasa, sans complaisance, les tenants du système militaro-mercantile, «des bandits ont pris en main le marché  de l’importation par la force et parfois par la menace et la terreur». Indigné par l’ampleur de ce phénomène, il lâcha le propos : «L’Algérie est un pays miné par la corruption.» Pour lutter contre ce fléau, il compte mettre en pratique une stratégie cohérente pour faire de l’Algérie «une maison de verre». Toutefois, le constat ne paraît pas  avoir nettement changé depuis, après trois mandats présidentiels. La mise  en place d’organes de lutte contre la corruption, soutenues par un discours rassembleur contre ce fléau social n’a pas eu les résultats escomptés. Bien au contraire, le phénomène de la corruption est devenu, aujourd’hui, plus dévastateur qu’avant son accession au pouvoir.

	Térrorisme et rente sécuritaire 

	Le phénomène de la corruption a pris une nouvelle tournure lorsque l’Etat était occupé à combattre le terrorisme islamiste. Cette lutte a laissé, de ce fait, libre cours aux différentes pratiques de malversation, prévarication, passe-droits et de pots-de-vin. Ce phénomène s’est accéléré et s’est répandu à travers tout le territoire national, de la petite commune au fin fond du pays, jusqu’à l’administration centrale, en passant par les entreprises publiques et privées. Pendant que le peuple affrontait, les mains nues, le terrorisme islamiste et d’autres intégrismes, des groupes bâtissaient frauduleusement des  fortunes colossales.

	De nouveaux riches apparaissent au début des années 2000, alors que le peuple n’a pas encore cicatrisé ses blessures, des cicatrices qui ne cessent de devenir béantes, comme l’atteste la relance du mouvement des protestations et émeutes. Ces «bagharas», selon le terme consacré, étalent leur fortune sans honte bue sur la place publique. Plus fondamentalement encore, des groupes financiers apparaissent au grand jour. «L’empire Khalifa» comprenant une dizaine de filiales surgit de nulle part dans un ciel serein. Cet Etat parallèle s’apprêtait même à prendre en otage l’Etat, d’une part, et d’autre part, le peuple algérien. 

	De nombreux groupes ont ainsi intérêt à ce que le terrorisme perdure pour que la rente sécuritaire reste intarissable. De ce point de vue, le terrorisme ne risque pas de disparaître complètement et de sitôt. La privatisation de l’Etat continue de générer des rentes de situation. Le terrorisme résiduel reste suspendu comme l’épée de Damoclès sur  de l’Etat sécuritaire. La corruption est devenue l’institution la plus stable autour de laquelle gravitent les rentiers, anciens et nouveaux, le divorce s’est, entre autres, approfondi entre décideurs et décidés et  entre forces sécuritaires et manifestants.

	Revenus pétroliers et syndrome hollandais

	Comme autre important facteur favorisant la corruption politique,  notons le renchérissement des prix du pétrole dans la période post-terroriste. L’aisance financière, dont dispose l’Algérie, donne lieu à des détournements colossaux et à de nombreuses pratiques frauduleuses. Ce brigandage est accéléré lorsque des flux  financiers considérables sont gérés dans l’opacité.
	La grande corruption se manifeste par des scandales financiers lors des passations de contrats de réalisation de projets d’infrastructures, de l’achat d’équipements collectifs, de prêts bancaires et l’achat d’armements, ainsi que lors de la vente du pétrole sur le marché spot. Le gré à gré, au lieu d’être l’exception, est devenu la règle dans ces transactions commerciales.

	Chaque gré à gré dissimulerait une affaire de corruption. Si la petite corruption se manifeste au niveau des institutions de base, la grande, par contre, se manifeste lors des grandes transactions avec les partenaires  étrangers. Elle se pratique au sein du premier cercle du pouvoir. Elle rapporte des millions de dollars aux  décideurs, apparatchiks et à leur clientèle à l’étranger. La  rente énergétique revient, de fait, de droit à une minorité, tribu, grande famille, une caste. Une simple signature ou un appel téléphonique peut permettre à des individus de gagner «le gros lot». Des individus deviennent milliardaires du jour au lendemain.

	Cette ascension sociale fulgurante prendrait plusieurs générations dans les pays démocratiques. Le véritable problème, c’est que ces «patriotes» blanchissent cet argent détourné dans des biens immobiliers et autres  à l’étranger. Cette fuite de capitaux porte un lourd préjudice à l’intérêt national et appauvrit davantage le pays. La marche de l’histoire se fait sans l’Algérie. Ce pays est devenu un enjeu pétrolo-sécuritaire convoité par de nombreuses forces étrangères, alors qu’il était un acteur au sein du concert des nations dans les années 1950 et 1960. La rente énergétique, au lieu de tirer le pays vers le haut, le fait vers le bas.

	élites et privatisation étatique 

	Ce qui est extraordinaire, c’est que les élites algériennes considèrent l’Etat national comme l’Etat beylik, un Etat voleur et qu’il est loisible  de voler. Sur la base de cette hypothèse, la course à l’enrichissement illicite est grande ouverte, tous les coups bas sont permis. La privatisation du patrimoine devient l’activité essentielle des équipes gouvernementales.
	L’ensemble de la  classe politique, dont les membres sont pourtant triés sur le volet, est impliquée d’une manière ou d’une autre dans des affaires de corruption. La gestion de la crise par la corruption est plus rentable que l’émancipation politique et la dignité humaine.

	La corruption en Algérie a atteint un tel degré de propagation, que la Banque mondiale a entrepris pour la première fois, en 2003, un sondage d’opinion auprès des hommes d’affaires comptant investir en Algérie et des chefs d’entreprises algériennes. Selon ce rapport, 75% des entreprises algériennes reconnaissent avoir versé des pots-de-vin lorsqu’elles ont affaire aux agents de l’Etat. La corruption est une contrainte majeure dans le climat des investissements en Algérie, souligne le rapport de la Banque mondiale.

	Le climat des affaires  continue à se détériorer depuis cette enquête.  Selon une enquête diligentée par la présidence de la République, plus de 60% des cadres des institutions publiques sont susceptibles d’être concernés par des affaires de corruption. Quant aux élites locales, un nombre considérable d’élus, notamment des présidents d’APC, sont traduits en justice pour corruption et malversations. Une gestion transparente et rationnelle réduirait considérablement le déficit chronique des communes.

	L’affaire Khalifa a, en effet, mis en exergue la profondeur de la corruption au sein des élites. Plus d’une centaine de hauts fonctionnaires, ministres, militaires, walis, directeurs d’entreprises étatiques,  syndicalistes, journalistes, ainsi que des chefs d’entreprises furent impliqués dans le scandale Khalifa.

	Comme autre exemple saisissant, les agences bancaires sont souvent secouées par des affaires de corruption. Les banques, au lieu de fonctionner comme le moteur des réformes économiques, sont des lieux de distribution de rente à des clientèles. Selon Abdellatif Benachenhou, ministre des Finances à l’époque, «le système bancaire et financier actuel représente un véritable danger pour la sécurité nationale». Plus grave encore, aucun dirigeant, pouvoir ou opposition n’a réagi à cette déclaration.  Last but not least, l’opinion publique attend avec une grande  impatience les résultats des enquêtes en cours sur des contrats  que Sonatrach a signés avec des partenaires étrangers. L’affaire Sonatrach deviendrait-elle une «affaire Khalifa bis»?

	Dépenses publiques et croissance économique  

	Le chef du gouvernement de l’époque, dans les années 1980, a estimé à 26 milliards de dollars le volume de la grande corruption. En 1996, le ministre de l’Industrie avait estimé la corruption à 2 milliards de dollars par an. Selon les estimations de l’économiste Abdelhak Lamiri, sur une dépense publique de 500 milliards de dollars, 400 milliards de dollars sont engloutis dans la corruption, les malfaçons  et malversations. Sur la base du multiplicateur keynésien, il estime que le gouvernement algérien injecte 5 dollars pour obtenir un dollar de production de biens et services, alors qu’un dollar rapporte 5 dollars dans les pays démocratiques.

	Le volume de la  corruption représente, selon Abderrahmane Mebtoul, de 3 à 10% du PNB. Tous les calculs économiques parviennent finalement à la même conclusion: une forte corrélation relation entre la croissance négative (hors hydrocarbures) et la corruption politique. La relance industrielle, dont il est question aujourd’hui, ne peut être concluante dans un contexte délétère conjugué à un manque de vision stratégique et de projet de société. En opposition aux néolibéraux, y compris Abdellatif Benachenhou, toute politique industrielle est vouée à un échec cuisant dans le climat actuel des affaires. La question économique n’est pas économique en dernière analyse, elle est foncièrement politique. Elle est une affaire très sérieuse pour la laisser aux comptables.

	Lutte de clans et Assabya

	La lutte anticorruption a constitué de tout temps un élément essentiel du discours officiel algérien. Elle a permis à chaque prince, chef, clan, gouvernement…, de façonner une plus grande légitimité pour asseoir un pouvoir plus opaque et autoritaire. Tous les chefs d’Etat, d’Ahmed Ben Bella, jusqu’à Abdelaziz Bouteflika, en passant par Houari Boumediène, ont lancé des campagnes anticorruption. Le slogan lancé pendant l’Algérie des colonels était de choisir entre la richesse et la Révolution. Celui de l’Algérie des généraux serait de choisir entre la richesse et l’islamisme.

	Les slogans changent souvent, mais la corruption politique poursuit inexorablement sa marche. On dénombre aujourd’hui une vingtaine d’affaires constituant le corps de la corruption politique, Sonatrach, BNA, CPA, KBR (Kellogg Brown &amp;Root ), Sonelgaz, autoroute  Est-Ouest,  Khalifa, PNDA. Chaque dossier dissimule en réalité plusieurs affaires. On parle aujourd’hui de Sonatrach 3 et de Khalifa 2. La boîte de Pandore reste toutefois le secteur énergétique. Le scandale Sonatrach-Saipem de 260 millions de dollars ,qui a indigné les Algériens, est insignifiant comparé au volume global de la corruption.

	Les chefs, clans,  familles, personnalités sont unis pour ne pas ouvrir les grands dossiers de la corruption. Chaque groupe prétend que son rival est aussi corrompu que lui pour ne pas dire plus. La lutte contre la corruption ne débouche presque jamais sur des procédures judiciaires et des sanctions, à l’image des pays occidentaux. La lutte des clans est ainsi circonscrite dans un cadre donné, elle ne peut pas franchir le Rubicon, la ligne rouge. Bien au contraire, les clans se serrent les coudes face aux nouvelles menaces, les solidarités de type assabya deviennent indéfectibles. Ces derniers temps, la lutte des clans ne fait plus référence à la mafia politico-financière, mais aux lobbies de l’import.

	La sincérité politique des protagonistes de cette lutte doit commencer par rendre publique la composition de ces lobbies, qui ont pris  en otage l’économie  nationale et hypothéqué l’avenir du pays sur le terrain des activités qui assureront le progrès  social.
	Pour certains groupes, le président de la République n’a pas la légitimité pour mettre en branle une lutte radicale contre la corruption politique. Pour d’autres, le chef du DRS n’a pas les mains libres pour diligenter les enquêtes sur les grands dossiers. Tout compte fait, ces forces parviennent à s’équilibrer sur l’autel de la justice, le lieu de l’institutionnalisation de la «hogra».

	Les Algériens ne se souviennent pas que la  justice ait incarcéré des ministres, généraux militaires et autres privilégiés du système pour corruption et malversations. Il est très difficile dans la configuration politique actuelle de lutter contre la corruption politique, même si la volonté politique existe. Cette lutte  est structurellement limitée par le pouvoir discrétionnaire, l’essence de la bureaucratie attribuée aux administrateurs. La corruption est enchâssée dans le système de rentes.
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           <title>Que des cités d’urgence !</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sun, 31 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Nous sollicitons la clémence de notre ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme pour le prier de recevoir cet article comme une contribution pour le voir réussir sa mission, à la tête d’un ministère devenu aussi stratégique que le ministère en charge de l’ordre, de la tranquillité et de la sécurité publique (les terroristes, les délinquants, les paumés sont issus des cités dortoirs, un bon sujet à piocher par plusieurs ministères concernés). 
	Après l’analyse de votre interview publiée sur El Watan du 20 février 2013, en page 8, nous notons tout de suite que vous vous égarez vous-même dans l’océan des chiffres que vous citez, parce que ceux-ci aveuglent et polluent l’esprit jusqu’à ne plus savoir quel est le véritable rôle d’un ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme.  

	Pensez un instant M. le ministre, avec nous s’il vous plaît, que les Algériens et Algériennes demandeurs de logements résidant forcément, à l’instant où vous lirez  ces lignes, quelque part dans une commune d’Algérie, qui en compte 1541.
	Si nous sommes 1 500 000 demandeurs de logements, cela nous donne une moyenne nationale, par commune, de 974 citoyens (1 570 934 citoyens en arrondissant à 974 par 1541 communes).

	Cette moyenne est bien entendu dépourvue de pertinence scientifique, parce qu’elle est fausse en termes réels de demandeurs de logements par commune, par rapport à une autre commune, cela va de soi, en tenant compte de la démographie singulière et donc du nombre réel d’habitants par commune. Il est donné juste pour dire que si les communes se voient dotées d’un OPGI de compétence communale, libre de faire de la véritable promotion immobilière sociale et marchande à la fois, chaque commune aura à satisfaire un nombre de citoyens devant tourner autour de cette moyenne à première vue «erronée» (l’exception des grandes villes ne sera jamais la règle, vous en conviendrez).

	Pour cibler ce chiffre magique de moyenne d’habitants, primo demandeurs de logements par commune naturellement et forcément à l’échelle d’une commune. Et c’est là que le certificat de résidence spécial logement, que vous proposez à juste titre, trouvera tout son sens pour barrer la route aux fraudeurs et voleurs de logements que notre pauvre Etat s’échine à construire pour enrichir des citoyens criminels, dont la chaîne va d’un bureau à un autre, et d’un «samsar» à un autre ! Tous complices, personne responsable devant le désert de l’irresponsabilité nationale et de la mésintelligence ! A notre sens, un ministère a l’envergure pour réaliser la carte que demande M. Boudadoud, juste en page 7, du même numéro d’El Watan. Un ministère peut penser l’harmonie des règles d’architecture et d’urbanisme, des servitudes des affectations de terrains constructibles, de l’harmonie urbanistique, des permis et des interdits en matière de construction et en matière d’acte de bâtir.

	Une économie des terres agricoles pour développer la construction intégrée pour ne plus voir un ex-wali de Constantine demander un terrain pour un commissariat,  un autre pour une agence postale, etc. Alors même que ces infrastructures s’intègrent parfaitement aux ensembles d’habitation s’ils sont pensés par des architectes et des urbanistes, auxquels on demandera des programmes prévoyant des cinémas et des théâtres, des banques et cafétérias au rez-de-chaussée des immeubles comme à la place Audin pour leur donner la perspective d’une ville en construction, depuis un embryon de projets intégrés dégageant des économies en milliards de dinars à notre Etat, des soucis de gestion immobilière en moins, des revenus en plus au budget de l’Etat puisqu’on sera intelligents pour vendre sur plan tous les biens marchands d’une ville au nom de la promotion immobilière, au nom de la copropriété immobilière,  au prix et au nom aussi de l’équité sociale.

	Les architectes et les urbanistes sont capables de prévoir à l’angle  d’un bâtiment un commissariat, en affectant dans leurs dessins un espace intégré dans un angle mort, comme à El Biar où vous pouvez voir cette idée en mode réel, telle que réalisée par les pouvoirs coloniaux. Un cinéma Algeria comme à la rue Didouche, pourquoi pas à Djelfa ou Ouargla ou partout ailleurs. A El Mouradia, nous avions deux cinémas dans le temps disparus depuis lors devenus pour l’un salle des fêtes et pour l’autre  au nom de notre regretté défunt Mohamed El Badji, qui avait juré de se plaindre au colonialisme sur ce que lui a fait l’indépendance. Lui, un authentique condamné à mort de la glorieuse Révolution de Novembre. Un ministère se doit de penser la stratégie du secteur à long terme, c’est-à-dire sur un siècle en ce qui concerne l’acte de bâtir. Surtout pas travailler dans l’urgence pour des cités d’urgence laissées par le colonialisme, comme souvenir des laissés-pour-compte de la France coloniale, ici même en Algérie ?

	Un ministère pensera à comment faire habiter les Algériens avec 2  400 000 km2 du territoire du pays, dont plus de 80% demeurent inoccupés. Voyez donc que nous définissons pour votre département un plan de charge digne de vos compétences et une feuille de route évaluable chaque année en termes de résultats et surtout confirmant que le développement sont : les visages et les paysages.
	Monsieur le Ministre, De nombreux citoyens algériens, entre profanes et experts, ont écrit à El Watan comment construit-on beau, pas cher, fonctionnel et opérationnel depuis l’an 2000, on cite de mémoire MM. Boudadoud, Ougouadfel, Louni, nous-mêmes (sur la stratégie de développement multisectoriel intégré) et combien d’autres dignes d’intérêt. Il n’y a qu’à compulser leur contribution pour développer la stratégie et la vision qui manquent et qui devraient être le propre d’un Etat, le nôtre en l’occurrence. Aucun de ces citoyens ne demande à être ministre, tous voudront voir leur ministre réussir le programme de notre gouvernement, tous voudront voir l’Etat réussir ses paris socio-économiques. Nous sommes restés et revenus en Algérie pour ces grands objectifs de notre Etat et de notre pays.
	Mais tous, nous refusons d’endosser l’échec des politiques qui ne sont pas des politiques.

	Excusez notre faiblesse, nous croyons aux sciences de gestion, à la science politique à laquelle nous aspirons et nous œuvrons pour aujourd’hui, pour demain, pour toujours. Nous croyons à l’architecture en trois D, aux maquettes en mode réel sur un moniteur d’ordinateur et nous croyons aussi au génie algérien, comme M. Boukrouh et combien d’autres encore d’élites de ce grand pays intelligent, entre civils et militaires engagés pour la survie de notre raison d’exister : l’Algérie El Djazaïria… . Le pays de vos et  nos enfants.
	Avec nos sentiments les plus déférents et les vœux de réussite pour vous en particulier et pour notre grand amour El Djazaïr en général. ]]></description>
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           <title>La réforme du marché financier : des choix déterminants pour son développement</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 30 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 30 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	
	  
	I/ RAPPEL DU CONTEXTE  
	
	La première phase de la réforme du marché financier en Algérie, intitulée «Evaluation-conception», vient de s’achever au mois de décembre 2012. Elle a nécessité huit (8) mois de travaux, de discussions et d’échanges entre experts nationaux et internationaux, professionnels, autorités et toutes les parties prenantes de la place. L’objectif attendu de cette phase initiale est de concevoir le modèle cible de fonctionnement et  d’organisation du marché financier en Algérie, d’une part, et de définir un programme national d’émission de titres, nécessaires au développement du marché financier en Algérie, d’autre part. Il convient tout d’abord de rappeler que cette réflexion se déroule pour la première fois en Algérie. Elle n’a jamais eu lieu ni avant ni après l’ouverture du marché secondaire à la Bourse d’Alger en 1999, voire pas à l’occasion de la mise en place du dépositaire central des titres en 2002 et 2004. En effet, l’infrastructure boursière en Algérie a été réalisée durant la période 1997-2004, sans tenir compte des spécifications, des besoins et des possibilités du marché, mais pour mettre en place les dispositions de la loi de la Bourse des valeurs N°008/93 datant de l’année 1993.

	
	II/ INTRODUCTION

	
	A travers ce papier, nous nous proposons d’apporter une contribution à la réalisation des objectifs fixés dans les termes de référence par des commentaires, des observations et des propositions sur les résultats des travaux.
	Cette contribution s’inscrit dans le cadre du débat élargi à tous les acteurs de la place et qui associe toutes les compétences professionnelles et universitaires
	On se base pour cela sur les rapports définitifs présentés par les experts internationaux à tous les acteurs et autorités de la place lors de la journée de restitution le 5 décembre 2012.
	Cinq principaux chantiers ont été arrêtés et définis comme des axes de réflexion complémentaires : émission, métiers, système, institution et formation-communication. Ils couvrent globalement les aspects suivants :
	-1. les produits financiers et les conditions d’émission, de négociation et de dénouement des transactions ;
	-2. le système d’information et informatique ;
	-3. l’agrément, l’organisation et la supervision des services d’investissement ;
	-4. le modèle cible de fonctionnement et d’organisation du marché («marché et supervision», «post-marché et IOB») ;
	-5. le cadre juridique et règlementaire voire loi cadre ou canevas de loi de marché financier ;
	-6. formation et communication financière ;
	-7. La démarche à suivre.  

	Dans ce premier papier relatif à la réforme du marché financier, nous consacrons notre contribution aux travaux et recommandations faites par les experts portant sur seulement la démarche à suivre et le modèle cible de fonctionnement et d’organisation du marché financier en Algérie.
	Nous avons l’intention de revenir ultérieurement sur les résultats des autres chantiers et axes de la réforme, ci-dessus mentionnés qui sont aussi importants, mais qui nécessitent une réaction appropriée, par chantier et à inscrire dans la solution globale.

	
	III/ DéMARCHE à SUIVRE  

	
	Il a été recommandé que l’élaboration et la définition du modèle cible du marché financier en Algérie doit tenir compte du fait que les fondamentaux existent et qu’il faut limiter les conséquences des propositions sur le système en place. En plus, il y a lieu de privilégier les propositions de développement basées sur des pratiques éprouvées et standard.
	Ce qui revient à envisager une mise en œuvre progressive de la réforme selon le principe de maîtrise de la montée en cadence et rester dans la continuité en procédant par étapes pour tenir compte des capacités des différents acteurs du marché.
	Sachant que le système en place de négociation, de compensation et de dénouement est une organisation de démarrage, il ne peut servir de référence, voire de base, pour la construction d’un nouveau système intégré autour d’une infrastructure technologique d’un marché financier moderne

	Donc, la limitation des conséquences des propositions de la réforme sur le système en place nous semble être une démarche prudente, inutile et improductive car elle risque de bloquer les changements significatifs requis par la place à court et moyen termes.
	Il n’est donc pas conseillé de raisonner sur la base de montée en cadence en attendant une maturité et engagement des acteurs et viser un développement à réaliser par étapes et sur une longue période.
	Il faut mettre en place une solution globale et complète (juridique, technologique, émissions, organisation, information, formation) sur un horizon visible et une période déterminée. Et, par conséquent, conduire le changement dans tous les compartiments du marché en même temps et d’une façon coordonnée.

	Une telle démarche permet de mobiliser les équipes disponibles, de profiter de l’engagement politique actuel, de disposer des ressources d’investissement de la place, de contribuer au financement du développement de l’économie nationale et aussi de rattraper le retard accumulé dans ce domaine par rapport au reste du monde.
	Ce qui passe par des choix stratégiques et déterminants dans tous ces domaines pour permettre à la place d’apporter un changement significatif au mode actuel de fonctionnement et d’organisation du marché financier en Algérie.
	Cette solution globale et complète couvre tous les compartiments du marché et apporte des réponses à toutes les questions de définition du cadre d’organisation, à l’agrément et la supervision des acteurs, à l’émission, à la négociation des produits financiers avec garantie du dénouement des transactions à terme.

	
	IV/ MODèLE CIBLE de fonctionnement et d’organisation du marché financier

	
	La conduite de ce changement ne peut se faire que si elle s’appuie sur la définition d’un modèle cible de fonctionnement et d’organisation du marché financier qui reflète les choix stratégiques, structurants et déterminants dégagés lors du débat durant cette première phase de la réforme du marché financier.
	«évaluation - conception  
	Il s’agit ici de faire évoluer rapidement le contexte national pour favoriser la mise en place d’une force de marché qui va accompagner les entreprises en Bourse grâce à :
	-1. la professionnalisation et l’apparition de nouveaux acteurs autour de la ségrégation des métiers, développement de l’industrie de titres et de gestion d’actifs, acteurs étrangers ;
	-2. la sophistication des produits financiers pour répondre à chaque besoin de financement d’entreprises par le marché ;
	-3. l’intervention d’une autorité de supervision (et non d’organisation) sur la base d’une loi cadre pour garantir la transparence, la sécurité et l’intégrité du marché ;
	-4. une plateforme technologique moderne pour la négociation, la compensation, la supervision et le règlement-livraison.

	A ce sujet, les standards internationaux rappellent notamment le respect :
	-1. des règles relatives à la sécurisation de la comptabilité des avoirs et des opérations effectuées par le T de Cc ;
	-2. du dénouement en T+3 ;
	-3. Des transferts scripturaux des titres à travers le Dépositaire Central. Sachant que la contrepartie centrale pour s’interposer entre participants dans les transactions sur produits financiers n’est pas obligatoire (elle reste facultative).

	Comme on le constate, les choix déterminants pour la définition du modèle de marché financier en Algérie doivent tenir principalement au choix du mode d’organisation et de fonctionnement du sous-ensemble «post-marché et IOB», notamment les règles de la tenue des comptes, du maintien du registre des actionnaires, de la compensation, de la garantie de marché, de bonne fin des opérations et de la gestion des risques de défaillance des acteurs.

	Les décisions à prendre dans ce domaine de «post-marché et IOB» vont déterminer l’organisation du sous-ensemble «marché» : autorité et entreprises de marché, services d’investissement, système de négociation, règlementation et supervision.
	A ce stade de la réflexion, il est difficile d’affirmer que le modèle de fonctionnement et d’organisation a été arrêté et défini, on retrouve des propositions relatives à la gouvernance des institutions et entreprises du marché, à la création des fonds d’indemnisation et de garantie de marché et un comité clients, et d’autres relatifs à la réorganisation des opérations d’émissions sur le marché primaire.
	Les propositions restent donc vagues sur les choix au niveau du fonctionnement des sous-ensembles «marché et supervision» et «post-marché et IOB» entre eux et avec les autres marchés.
	En plus, les propositions et recommandations n’ont pas précisé l’architecture cible du modèle, ses principes directeurs et les principales caractéristiques et déterminants de son fonctionnement et son organisation.

	
	V / SOUS-ENSEMBLE«MARCHé et SUPERVISION»

	
	Les aspects relatifs au marché couvrent les principaux domaines suivants :
	• le moteur de cotation ;
	• déclaration des transactions ;
	• gestion des émissions au marché primaire ;
	• diffusion des données du marché/calcul d’indices.
	Quant à la surveillance du marché, elle concerne l’autorité du marché financier et permet régulièrement de :
	• analyser le comportement du marché ;
	• prévoir, alerter et détecter la situation anormale ;
	• investigation et recherche : comment et qui a provoqué cette situation anormale (conflit d’initiés) ?

	Ces deux aspects importants du sous-ensemble «marché» ont été pris en charge dans cette première étape de la réforme à travers l’élaboration d’un projet de cahiers de charges pour acquérir une plateforme technologique moderne du marché financier.
	L’objectif consiste à bien identifier les fonctionnalités du système à acquérir pour répondre aux besoins et capacités requises du marché à moyen et long termes.
	Les termes de référence et le cahier des charges du sous-ensemble «marché-supervision» doivent prendre en charge les caractéristiques et les fonctionnalités du sous-ensemble «post-marché-IOB» qui est appelé à faire l’objet d’une étude particulière de validation et d’option entre l’alternative «d’un back-office central» ou «un registre central» au niveau de la place ainsi que l’automatisation des traitements à la charge des IOB et des T de Cc.

	
	VI / SOUS-ENSEMBLE «POST MARCHé-lOB»

	
	Le marché boursier en Algérie fonctionne depuis son démarrage en 1999 sans compensation, sans garantie marché (et clientèle) et sans procédures de gestion de risques.
	Mais il dispose d’une bonne base et expérience de tenue de comptes scripturales des titres au niveau des Banques -T de CC, dans le cadre de la gestion du système de règlement - livraison par Algérie Clearing Spa.
	Malheureusement, ce système délivré par Euroclear France en 2002 n’est plus maintenu par le fournisseur. Il continue à tourner grâce à la compétence et la volonté des jeunes cadres «d’Algérie Clearing Spa».  

	Par ailleurs et bien que répondant aux besoins actuels, le système utilisé par Algerie Clearing Spa devra à moyen terme être renouvelé pour plusieurs raisons :
	• ajouter des fonctionnalités non prévues par le système en place ;
	• développer l’activité marché secondaire sur la dette souveraine : prévoir une activité de pensions livrées ou repos à travers un logiciel approprié ;
	• ajouter un back office central qui implique de revoir la solution globale du système en place.
	Il est recommandé que ce renouvellement du système du dépositaire central passe par l’acquisition de deux systèmes compatibles entre eux plutôt que de développer plusieurs interfaces et relier un back office central avec un système de CDS (Custodum Dépositary System).

	
	VII/ «BACK OFFICE CENTRAL» vs «REGISTRE- CENTRAL» au niveau de la place d’Alger

	
	Le mode de détention et de circulation des produits financiers prédéterminé l’architecture du modèle d’organisation et de fonctionnement du compartiment post-marché.
	Cet aspect tient d’une thématique principalement juridique sur l’exercice et transferts du droit de propriété avec impact sur :
	• le système informatique et d’information ;
	• l’organisation, agrément et supervision des services d’investissement.

	L’objectif principal visé à ce niveau reste la gestion du risque du marché pour apporter la sécurité à tous les intervenants quelles que soient leur taille et leur signature. Cet aspect est d’autant plus important que la réforme vise à mettre en place un schéma d’ouverture du marché financier à de nouveaux acteurs, nombreux et hors banque.
	Les résultats des travaux de cette première phase de la réforme du marché financier écartent la mise en place du registre central et recommandent l’alternative de la mise en place d’un back office central.
	Il est recommandé d’organiser une contrepartie centrale au niveau d’une Chambre de compensation et de garantie (CCG) avec au départ seulement un compte technique de transit.

	La principale raison avancée à ce stade est que la solution de back office central n’implique pas de changement règlementaire majeur et s’intègre dans l’architecture actuelle avec consolidation et modernisation de l’organisation en place.
	Ce qui implique de maintenir en l’état le logiciel actuel du dépositaire central des titres avec les banques - T de Cc. Et de construire autour de ce système d’ Euroclear France tout le dispositif de back office central.

	
	VIII/ éLéMENTS du CHOIX d’un «BACK  OFFICE CENTRAL»

	
	La mise en place d’un «back office central» au niveau du dépositaire central (Algérie Clearing spa» tiendrait en plus des comptes titres de ses adhérents (Banques -T de CC), les comptes titres de tous les investisseurs finaux en Algérie suite au transfert de propriété résultant des transactions sur les titres.
	Ceci devrait valider, consolider et moderniser la tenue de compte — conservation assurée aujourd’hui par les Banques — T de CC, au profit de leurs clients. Il offre aussi à la place des services — titres administratifs et commerciaux supplémentaires (certificat de propriété, nantissement, succession, donation, indivision, et décisions de justice...).

	Le principal avantage avancé par les experts est que le «back office central» qui concerne la gestion des risques et le dénouement des transactions est un environnement normalisé et fait l’objet de recommandations internationales, il est universel et répond à tous les environnements.
	En plus de cela, le choix d’un « back office central» en Algérie reste dans le prolongement du dispositif en place et ne demande pas beaucoup de changements sur les autres activités du marché financier. En fait, il s’agit de l’organisation d’un «netting» par produit financier pour garantir la bonne fin des transactions et surtout réduire le nombre des transactions et volume à dénouer par titre.

	Plusieurs types d’organisation du back office peuvent être envisagés en fonction  de :
	• la maturité du marché ;
	• les types d’instruments financiers concernés ;
	• le degré de sophistication et de développement de la place.

	Il est proposé 3 types d’organisation de CCG (Chambre de compensation et de garantie) :
	-1. CCG intégrée à la Bourse ;  
	-2. CCG dotée de son propre capital ;
	-3. CCG dont la gestion est assurée par le FGM.
	Les banques peuvent sous-traiter la tenue de comptes titres de leurs clients et se concentrer sur les aspects commerciaux et sur la relation avec la clientèle.
	Ce type d’organisation du back office est généralement le schéma résultant d’une accumulation de savoir et d’expérience au niveau des marchés financiers des pays développés depuis plus d’un demi-siècle.

	
	IX / REJET DE LA MISE EN PLACE D’UN REGISTRE CENTRAL EN ALGÉRIE  

	
	L’option de création d’un Registre Central en Algérie a été donc écartée par les experts, alors que ses principaux avantages au niveau national sont nombreux et importants. D’abord, il permet le maintien de la propriété et sa preuve ; ensuite, il facilite les opérations de dénouement et réduit au maximum l’impact des risques de faillite des acteurs sur la place, car il sécurise fortement la comptabilité des avoirs et des opérations de tenue de comptes conservation. En plus, un registre central au niveau de la place d’Alger permettra de centraliser et d’actualiser quotidiennement le registre des actionnaires des sociétés et des détenteurs finaux des titres, au niveau du dépositaire central des titres (Algérie Clearing Spa). Le registre central devient donc le passage obligé «au marché» avant l’exécution des ordres et «au post marché» avant l’inscription en compte titres.  

	Ceci nécessite que l’investisseur en titres dispose d’un code national au niveau du registre central qui permet à son courtier (lOB) de réaliser et dénouer ses ordres d’achat et de vente correctement.
	Il n’y a donc pas de «netting» à réaliser par produit financier entre plusieurs participants ; mais il y a un dénouement transaction par transaction sur la base des codes investisseurs du vendeur et de (des) acheteur(s).

	La place n’a plus besoin ni de chambre de compensation ni de garantie de bonne fin de transactions puisque il n’y a pas de risques de place en cas de non-réalisation d’une transaction.  Mais cette solution de post marché n’a pas été examinée et déroulée au niveau du dépositaire central pour les raisons principales suivantes :
	• le registre central nécessite un environnement nominatif, non universel et non standardisé ;
	• le registre central a été retenu par les pays du Moyen-Orient pour des raisons historiques d’assainissement propres à leur situation, car il répond aux besoins du contexte local (lutte contre le blanchiment d’argent…).

	En plus, le choix du «registre central» suppose de revoir profondément les procédures et relations en place et risque de nécessiter beaucoup plus de temps d’adaptation et de mise en place.
	Nous proposons que le sous-ensemble «lOB et post marché» refasse l’objet d’une étude particulière dans la suite du projet pour étudier l’opportunité d’un registre central au niveau de la place d’une part, et automatiser les traitements à la charge des IOB et des T de Cc, d’autre part. ça sera aussi l’occasion d’examiner toute l’activité «IOB et post marché» en relation avec la mise en place des solutions suivantes :
	-1. e- trading (bourse en ligne) ;
	-2. ordre management Système (OMS : collecte et routage des ordres) ;
	-3. Back office de Place ou Registre Central ;
	-4. Système de dépositaire central.

	
	X/ CONCLUSION - RECOMMANDTIONS  

	
	Se dégage des résultats des travaux de cette première phase de la réforme que le marché financier en Algérie a les «fondements» pour être en ligne avec des standards, à la condition de réaliser :
	- une «Financial Market Infrastructure» ou FMI ;
	- une loi cadre du marché financier qui permet l’organisation et la règlementation de l’intervention de l’autorité, des entreprises de marché, des acteurs, de la protection des épargnants investisseurs et enfin de l’émission des produits financiers ;
	- une bonne gestion des risques et des conditions du dénouement irrévocables et sécurisées des transactions des titres grâce à la mise en place de Registre central ou /et back office central avec une CCG qui permet la gestion des risques de défaillance ;
	- un programme national d’émission de titres d’actions et d’obligations ;
	- la ségrégation et la réorganisation des métiers titres avec engagement de nouveaux professionnels dans l’exercice des services d’investissement et l’accompagnement des sociétés en Bourse ;
	- l’organisation d’une formation financière requise pour l’exercice des métiers.

	La difficulté (voire le challenge) vient du fait qu’il «faut mettre en place cette solution globale et complète sur un horizon visible et une période déterminée. Et, par conséquent, conduire le changement dans tous les compartiments du marché en même temps et d’une façon coordonnée. Les décisions à prendre dans le sous-ensemble «IOB et post-marché» vont déterminer l’organisation du sous-ensemble «marché» : autorité et entreprises de marché, services d’investissement, système de négociation, règlementation et supervision. Pour cela, on rappelle que le régime juridique de détention des titres associés au système de registre central est un régime scriptural nominatif. Ce qui permet, d’une part, de renforcer la transparence et la lutte contre le blanchiment d’argent, et d’autre part de se passer de tout le dispositlf complexe, coûteux et ancien de gestion (voire de réduction) de risques liés au Back Office Central : pas de Netting titres, pas de de fonds de garantie de marché et d’investisseurs, pas de compensation centrale et surtout pas de Chambre de compensation et de garantie (CCG). La place d’Alger est donc devant des choix stratégiques entre une solution de Back Office Central complexe et coûteuse correspondant à des marchés matures et organisés depuis plus d’un demi-siècle, et une solution simple et sans risques de Registre central correspondant aux marchés financiers récents, en phase de démarrage, sans historique (tradition) et voire même émergent. 

	
	II. / Expert judiciaire en économie / noureismail@gmail.com Ancien président de la casas (Autorité de Marché Financier en Algérie) 2008/2012. ]]></description>
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           <title>La relation entre «riba» et intérêt bancaire</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 30 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 30 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Bien que déjà, actuellement, elle soit en décalage avec la réalité de notre marché, la fonction de la banque en Algérie devient maintenant, encore, en plus grand danger. 
	La raison en est une interprétation religieuse qui nous vient sûrement d’ailleurs. Cette interprétation devient de plus en plus forte ces derniers temps. Beaucoup de jeunes talents algériens, «sans le sou», refusent d’aller à l’Ansej, à cause justement de cette interprétation religieuse. Elle est reprise, malheureusement, par nos propres «imams», de manière certainement inconsciente, aussi bien dans les mosquées qu’à la Télévision et autres médias.
	Pour casser un pays, il faut casser son économie. Pour cela, il suffit de bloquer son système bancaire. Les Algériens sont très majoritairement «mouslimine» et c’est tant mieux. C’est donc en s’aidant de cette religion que ceux qui ne nous aiment pas poussent les gens à stigmatiser le travail des banques algériennes qui doit être très diversifié, car les besoins de l’économie sont eux-mêmes très diversifiés.

	C’est la raison qui m’a poussé à écrire pour soulever un débat religieux sur le sujet.
	Si les banques travaillent avec intérêt «zéro», la différence sera donc obligatoirement compensée sur le budget de fonctionnement de l’Etat. Un poids de plus à supporter par tous les contribuables (même ceux qui ne bénéficient pas du crédit).
	Si la banque commerciale utilise le système de participation pour des crédits commerciaux, d’une part, ce système coûtera beaucoup plus cher que l’intérêt lui-même et, d’autre part, la banque sera autorisée à s’immiscer dans la gestion de l’entreprise du commerçant, puisque la banque devient elle aussi associée, ce que l’emprunteur ne souhaite pas. Entre autres, une banque qui s’associe est sûre de gagner, sinon, à moins d’une erreur, elle ne «prête» pas.

	Concernant les emprunts dont les sommes sont colossales, il existe pour cela des banques d’affaires spécialisées dans le domaine et qui peuvent prendre des participations.
	Après avoir longuement réfléchi à la question, je suis de ceux qui affirment que l’intérêt bancaire peut être «riba» dans certaines conditions, mais peut aussi ne pas l’être. En tout cas, je suis persuadé que toutes les banques publiques algériennes ne font pas du «riba». Pas parce qu’elles sont publiques ni parce qu’elle sont algériennes, mais par ce que je vais essayer de développer ci-dessous.
	- «riba» est péché, indiscutablement.
	- Manger de la viande de porc est péché, pourtant manger «hallal» existe.
	- Parler pour dire des mensonges est péché, pourtant parler sans mentir est possible.
	Ce n’est pas le fait de manger ou de parler qui est interdit, mais le résultat de l’action de manger ou de parler qui peut l’être.
	En fait, de mon point de vue, le résultat de toute action de l’homme (motivé bien sûr par son intention) peut être péché ou licite. Une même action est péché dans un cas, mais licite dans un autre cas. Si l’action «se situe» dans la définition du péché, l’action est péché, sinon elle est licite.

	Quelle est donc la définition de «riba» ?
	Cette définition est donnée par les différents chercheurs en Islam qui ont puisé l’information dans le Coran «les hadith du messager d’ Allah Mohamed (QSSSL)».
	Pour ce qui est de la définition de cette «riba», nous n’allons retenir que celle concernant le «surplus sans contrepartie», qui est comparée à l’intérêt bancaire dans n’importe quel cas.
	Cette définition stipule que la restitution d’un prêt ou l’échange d’une quantité de marchandise doit être équivalent à l’échange ou au prêt de cette marchandise. Tout surplus est considéré comme «riba». La même marchandise que celle prêtée doit être restituée avec la même quantité sans tenir compte de la qualité (il est cité comme exemple, par les chercheurs en Islam, l’échange d’une mesure de dattes de bonne qualité contre deux mesures de dattes de seconde qualité, comme étant «riba»).
	Il s’agit de la restitution du prêt ou de l’échange de marchandise en surplus de ce qui a été réellement prêté ou échangé qui est péché et non de la vente de biens et services qui, elle, est licite

	Mais restons dans la monnaie d’aujourd’hui qui est récente et qui est beaucoup plus compliquée que les exemples sus-cités.
	Par exemple, la Banque de France (la mère des banques en France) n’a été créée que le 18 janvier 1800 (début de la monnaie papier) par Napoléon Bonaparte. Les banques telles qu’elles sont actuellement n’existent donc que depuis un peu plus de deux siècles. La monnaie papier est donc récente, compliquée et souvent mal interprétée par les non professionnels .
	D’une part, cette monnaie n’est plus l’or d’autrefois, qui avait cette fonction (de monnaie). Cet or était aussi indiscutablement une marchandise (un bien) estimée en valeur marchande. Et, d’autre part, le prêt se faisait de personne à personne et non de banque à personne (morale ou physique) qui est de création récente. Tâchons de mieux comprendre la réelle fonction de la banque qui est encadrée par la loi.

	Il faut aussi savoir que le pouvoir d’achat de la monnaie d’aujourd’hui est instable, à l’inverse du pouvoir d’achat de la monnaie or qui reste réelle et en adéquation avec le marché, comme pour une marchandise.
	Donc, si l’on réfléchit ainsi, le prêt d’une somme d’argent de 1000 DA (à valeur stable) sur un an d’échéance, par exemple, et remboursé à 1100 DA (valeur stable) est «riba». Car c’est la même marchandise qui est restituée en surplus de 100 DA sans contrepartie. Il ne s’agit pas d’une vente d’un service, mais bien d’un prêt.
	La vente, elle, a une contrepartie : c’est le service du commerçant (par son travail) qui sert de monnaie d’échange, comme pour le troc.
	Prenons deux exemples concrets, avec une monnaie analogue en valeur à ce qu’elle était autrefois. Des billets de banque (sans inflation) en remplacement de l’or. Le 1er exemple étant «riba», et le 2e exemple, bien qu’identique, ne l’étant pas.

	
	1er exemple  

	
	A pouvoir d’achat égal (comme pour l’or), Djamel demande à Yacine de lui prêter 1000 DA pendant un an. Yacine accepte de lui prêter à condition que Djamel lui rembourse à l’échéance 1100 DA. Ceci est bien «riba», car si Yacine lui prête cet argent c’est qu’il n’en a pas besoin lui-même, alors que cet argent reste chez lui ou chez Djamel, le résultat est le même. Il n’y a pas de raison pour qu’il augmente ainsi (le prêt en lui-même n’est pas considéré comme un service). Si Yacine avait besoin de cet argent il ne l’aurait pas prêté.

	
	2e exemple

	
	Djamel demande à Yacine de lui prêter 1000 DA pendant un an. Yacine n’a pas d’argent, mais il connaît Moussa qui lui en a. (Moussa n’est connu que par Yacine et il n’habite pas la même ville.) Yacine propose donc à Djamel de faire l’intermédiaire entre lui (Djamel) et Moussa, à condition qu’à l’échéance Yacine soit payé et reçoive 100 DA pour les frais qu’il doit engager pour pouvoir rapporter l’argent de chez Moussa et ensuite le lui restituer le jour de l’échéance (frais de transport, de restauration mais aussi de son activité).
	Dans ces conditions, Yacine offre bel et bien un service qu’il vend en contrepartie d’une rémunération. Il devient salarié chez Djamel qui accepte de l’employer, en tant qu’agent de mission, pour cette fonction d’intermédiaire.

	A l’échéance, Djamel qui n’a reçu que 1000 DA déboursera 1100 DA comme pour le 1er exemple.
	Par contre, seulement 1000 DA seront remis par Yacine à Moussa qui est le prêteur, sans aucune augmentation, donc aucune «riba». Les 100 DA seront encaissés par Yacine qui, lui, n’a rien prêté. C’est simplement son salaire en tant qu’agent de mission. Yacine a réellement fourni un travail pour le compte de Djamel qui l’a utilisé pour son besoin.
	C’est en somme, comme pour un conférencier qui, en réalité, ne fait que parler et pourtant il est payé pour ça. L’information qu’il donne est bien une vente d’un service, ce n’est donc pas «riba». Les banques,  appelées aussi intermédiaires agréés, (agréés par la Banque centrale), ne prêtent pas leur argent. Elles n’en ont pas vraiment (les règles prudentielles qui sont dans leur majorité universelles, insistent sur les conditions pour la protection de l’argent des épargnants). C’est bien l’argent des déposants qu’elles remettent aux emprunteurs, moyennant un salaire, appelé intérêt, pour le service qu’elles exécutent, afin de pouvoir payer elles-mêmes leurs propres charges. La loi le leur permet. En fait, les banques (algériennes et publiques) travaillent pour le compte des déposants, gratuitement, en leur fournissant des services (chéquiers, domiciliation, etc.) mais aussi et surtout pour le compte des emprunteurs, sous forme de crédits adaptés pour chaque demande. La banque, telle que citée ci-dessus, prête l’argent des autres, pas le sien. Son argent est insuffisant pour les prêts. Il est réservé surtout pour son propre investissement et ses propres besoins de gestion. Elle fait donc un travail d’intermédiaire entre les uns et les autres, moyennant, au risque de nous répéter, un salaire appelé intérêt pour ce travail d’intermédiaire qu’elle effectue et non pas un intérêt sur le prêt de son propre argent qui serait dans ces conditions «riba».

	Certains prétendent que c’est péché, aussi, parce que la banque fait payer le risque qu’elle prend en prêtant.
	Si cela est vrai, est-ce que se faire payer pour le risque pris est péché ? Si oui, alors supprimons toutes les primes de risque qui sont perçues par certains salariés à fonctions risquées. Pourquoi ne pas supprimer aussi toutes les autres primes ?
	Quant à l’intérêt qu’elle remet aux déposants, il faut le considérer comme une compensation de la perte du pouvoir d’achat. En effet, lorsqu’elle donne du 4% en intérêts, il faut voir l’inflation de plus de 8% de l’année 2012 que le déposant a perdue comme pouvoir d’achat. N’oublions pas qu’il s’agit d’une monnaie papier, non stable et non d’une marchandise. Les gens ont donc intérêt à mettre leur argent en banque pour minimiser la perte de pouvoir d’achat de ce «sacré» papier qui sert de monnaie.

	Cette situation ne se présente pas avec la monnaie or (d’autrefois) qui n’a pas d’inflation accrochée à son existence.
	Certains chercheurs en Islam prétendent (à tort ou à raison) que l’inflation en elle-même est une «riba». Alors, à bon entendeur...
	Les banques publiques algériennes ne font pas du «riba». Les autres peuvent-elles en faire ?
	La réponse est oui dans certains cas et non dans d’autres.
	Les banques publiques algériennes n’ont pas réellement accès au marché financier (la Bourse) tel qu’on le connaît sous toutes ses formes des plus agressives. Elles n’interviennent pas dans la spéculation des titres obligataires ou de propriété. La spéculation est l’achat pour revendre en l’état et souvent sur le même marché, quelque temps plus tard, comptés parfois en secondes, des titres dans le seul but de faire du bénéfice. Aucun but d’investissement n’est en intention. C’est en quelque sorte jouer pour gagner. Parfois, elles gagnent des sommes colossales, et parfois elles perdent également des sommes colossales, s’élevant à plusieurs milliards d’euros dans certains cas (lorsqu’elles perdent, c’est bien sûr le «trader» qui paie). C’est donc dans ce «casino» qu’offre le marché financier que ces banques jouent, bien souvent, avec l’argent des déposants. La «riba» ne fait pas de doute dans ces cas. C’est cet argent ainsi obtenu par la «riba» qui est en partie prêté. Ce n’est pas le cas des banques publiques algériennes et même probablement certaines banques privées installées en Algérie (tout dépend d’où provient l’argent qui sert à financer le crédit).

	Les marchés financiers sont très utiles à l’économie en général, ils n’ont absolument rien à voir avec tous les intervenants qui n’ont pas tous les mêmes motivations innocentes.
	Je m’abstiens de dire quelques mots sur les banques dites «islamiques» ou du marché financier dit «islamique» ou même du chèque dit «islamique». Des appellations trompeuses qu’un jour peut-être je commenterai. Dans ces conditions l’«Internet islamique» et pourquoi pas la «voiture islamique» pourront bien, un jour, aussi exister.
	Revenons donc à notre véritable culture, sans écorcher aucune religion, tel que nous l’enseigne notre religion islamique. 
	  ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/contributions/la-relation-entre-riba-et-interet-bancaire-30-03-2013-208423_120.php</link>
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           <title>Enfants : violence, maltraitance et délinquance</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 30 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 30 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	L’horrible assassinat des deux enfants Haroun (10 ans) et Ibrahim (9 ans), dans la ville de Ali Mendjeli à Constantine, suscite colère et indignation. La liste des violences à l’égard des enfants ne cesse de s’allonger. 
	50 000 enfants maltraités, 10 000 violés, 350 000 travaillant au noir, 20 000 livrés à eux-mêmes, et 15 000 présentés devant les tribunaux pour divers délits. Ces chiffres effrayants représentent 25% des enfants algériens. De plus, selon l’Observatoire des droits de l’enfant (ODE), entre 3000 et 5000 enfants naissent sous x par an. Dans un entretien accordé à un quotidien national, Mme Kheira Messaoudène, chargée du bureau national de la protection de l’enfance et de la délinquance juvénile à la direction de la Police judiciaire, a déclaré que les services de la police nationale ont recensé 5495 enfants victimes de violence au niveau national pour l’année 2012.

	La violence physique vient en première position avec 3222 enfants, dont 2469 garçons et 753 filles. Viennent ensuite les violences sexuelles avec 1608 victimes, dont 924 filles et 684 garçons. A ces cas s’ajoutent les mauvais traitements, avec 433 cas, et enfin les enlèvements avec 186 kidnappings et détournements de mineurs. Toutes ces violences ont causé la mort de 28 enfants, cela d’une part, de l’autre 18 enfants ont été victimes d’homicide volontaire dont des infanticides (des parents qui tuent leurs enfants parce qu’ils ne trouvent pas de quoi les nourrir). Elle déclare également : «On a enregistré un cas pareil d’une maman qui a tué ses deux enfants et s’est rendue ensuite aux services de police.» En 2010, près de 10 000 enfants ont été victimes d’agressions sexuelles, dont 80% sont enregistrés dans le milieu familial, 15% des enfants quittent l’école avant la fin du cycle primaire. L’Unicef estime que 27,2% des enfants algériens de moins de 15 ans sont analphabètes.  

	Cependant, en 2011, la Gendarmerie nationale a enregistré une augmentation du phénomène de la violence juvénile, soit 3281 mineurs arrêtés, dont 141 de sexe féminin, qui ont commis différents actes de violence et/ou crimes. Ces chiffres reflètent l’extrême violence que les enfants subissent au quotidien dans notre société.
	Ainsi, chaque année, en Algérie, les autorités et la société civile assistent, sans bouger le petit doigt, aux crimes commis à l’égard des enfants (de même pour les femmes, les personnes âgées, etc.) des milliers de victimes de viols et d’agressions sexuelles, des dizaines de milliers sont victimes de mauvais traitements, qu’il s’agisse de maltraitances physiques, psychologiques, de manipulations affectives, de confrontations destructrices à des violences familiales, de défaut de soins, lesquels doivent être décidément considérés comme maltraitances avérées, car un enfant ne peut se construire que si ses besoins affectifs, psychologiques, éducatifs sont convenablement couverts.

	Si on veut bien prendre en compte ce que nous apporte l’approche clinique de toutes les formes de violences, à savoir que tous les adultes violents ont été des enfants violentés, de même les adultes maltraitants ont été des enfants maltraités, que les grands criminels d’Etat (Hitler, Staline, Franco, etc.) ont été des enfants maltraités, il paraît légitime, écrit Pierre Lassus, de se poser la question de savoir si les maltraitances de l’«histoire» ne trouvent pas leur origine principale dans les histoires de maltraitances infligées aux enfants. C’est un sujet qui nécessite un plan national d’urgence et qui devrait susciter des débats nationaux et parlementaires pour prendre les mesures les plus adaptées afin de faire face à ce phénomène qui ne cesse de prendre des proportions alarmantes. Nous ne sommes pas le seul pays confronté à ce genre de problème. Néanmoins, reconnaître que ces violences existent est déjà le début de la solution. Il reste à déterminer comment présenter et résoudre ce phénomène, ceci est une autre question ! Car, à mon sens, les lois répressives n’ont jamais abouti à leur objectif escompté, au contraire elles ont fait émerger des «lois parallèles».

	De plus, chercher la solution dans «les liens familiaux» et «les valeurs traditionnelles» me semble un aveuglement intellectuel ou une politique de l’autruche, car la société algérienne n’est plus ce qu’elle était il y a vingt ans, et cela est de l’ordre naturel de l’évolution sociale, dans la mesure où chaque société est condamnée à évoluer. C’est au législateur de s’adapter à cette évolution et à l’élite religieuse ou autres de se libérer de ce discours du retour aux «valeurs authentiques» et «aux liens familiaux». Cette résistance à l’évolution, par le retour à la morale religieuse et les valeurs traditionnelles, n’aboutit à rien, elle freine au contraire les potentialités émergentes, qui sont les forces vives de la société.

	Dans son dernier ouvrage, Gérard Lopez, psychiatre et président fondateur de l’Institut de victimologie de Paris, a montré que la recherche scientifique fait directement le lien entre maltraitances et problèmes de santé, tant physiques que psychiques, entre maltraitances et exclusion sociale et même entre maltraitances et criminalité. Une revue de diverses études a identifié huit types de problèmes sur la santé mentale des enfants qui ont subi des maltraitances physiques qui sont : «Les comportements agressifs et violents ; les comportements criminels non violents ; l’abus de toxiques ; les comportements auto-agressifs et suicidaires ; les problèmes émotionnels ; les problèmes relationnels ; les difficultés scolaires ; les difficultés professionnelles».
	Certes, les violences que subit le peuple algérien, surtout les enfants, et qu’ils continuent à subir, sont nombreuses. Ces violences se présentent à plusieurs niveaux : la violence du système social traditionnel, la violence familiale, la violence scolaire et enfin la violence politique. Elles s’étendent sur une période historique qui date de l’époque coloniale, voire même plus, si on inclut les facteurs qui sont en lien avec les traditions et les croyances, à ce jour.

	Dans l’ouvrage La violence sociale en Algérie, le Pr Medhar S., enseignant de psychologie sociale à l’Université Alger 2, a abordé la violence symbolique de la société traditionnelle. Ce système social traditionnel, selon le Pr Medhar, se compose de six dimensions : une culture, une organisation sociale, un mode de gestion du facteur humain, un agencement mental, un mode d’implication sociale et une structure économique. L’imbrication de ces dimensions a lieu suivant une logique précise. Elle génère et entretient un mode de vie qu’animent des mécanismes psychosociologiques et culturels (saisie des opportunités, mensonges, contention, etc.) et que balisent des valeurs culturelles (fraternité, solidarité, entraide, etc.). Le tout se déroule sous un contrôle continu. Et ce système a tendance à se «sacraliser». C’est dans ce milieu social que l’enfant algérien interagit, et ses premières expériences (schémas cognitifs) s’en imprègnent forcément. En conséquence, les représentations de liens et les valeurs sociales (l’intelligence sociale) se construisent en distorsions qui seront transmises telles quelles aux générations futures. Ainsi, la spirale de la violence va s’étendre sur plusieurs générations. Notre objectif est d’exposer la problématique en premier lieu et de proposer, si possible, des solutions imprégnées de l’évolution des sciences humaines et de la clinique de la victimologie.

	
	Comment améliore-t-on la protection de l’enfance de toute forme de maltraitance et de violence ?

	
	-1- Création d’une institution pluridisciplinaire (juge d’enfant, avocat, éducateur, médecin légal, psychologue, assistante sociale, éducateur spécialisé, etc.) qui s’occupera de la protection de l’enfance. Cette institution facilitera et assurera la prise en charge de ces enfants.
	-2- Création des centres d’accueil, transitoire ou permanent, pour des enfants qui ont été victimes de la violence, mais aussi pour des enfants violents, car leur place n’est pas dans les prisons. Centres d’accueil où ils seront encadrés par une équipe pluridisciplinaire : psychologue, psychiatre, médecin, assistante sociale, éducateur spécialisé et animateur.
	-3- Le nombre de divorces explose dans notre société, donc réfléchir à mettre en place des lieux d’accueil familial, c’est-à-dire des assistantes maternelles, où l’enfant serait accueilli dans des familles. Car nombreux sont les enfants qui ont subi des violences dans leur milieu familial et qui se trouvent obligés de regagner leur famille, qui sont source de leur souffrance.   
	-4- Il est important de renforcer le rôle des assistantes sociales et des éducateurs, qui jouent un rôle important dans le signalement. Leur rôle ne se réduit pas à récolter les informations et les transmettre aux instances judiciaires ; il est, en outre, dans l’accompagnement de la victime jusqu’à lui trouver un lieu où elle se sentira protégée. Renforcer la présence des assistantes sociales dans les milieux éducatifs et de proximité est primordial.
	-5- Création d’un institut de victimologie ou de traumatologie pour former des psychologues et des médecins pour améliorer l’évaluation psycho-légale et médico-légale et la prise en charge thérapeutique. De plus, mener des recherches sur les causes de la violence dans notre société.  

	Ces propositions sont des pistes pour prendre en charge nos enfants qui subissent les violences au quotidien. Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire, les lois répressives ne sont pas forcément les meilleures solutions. Nos enfants victimes aujourd’hui pourraient devenir des citoyens dégénérés plus tard. Notre rôle est de prévenir, pour un avenir meilleur pour nos enfants.   
	
	
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           <title>Sabrak ya Ayyoub : pour Chaïma, Haroun, Ibrahim, Sana</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Mon, 25 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 25 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Il est parfois des faits qui, juxtaposés, télescopés ou croisés, vous brisent comme sous les effets d’un séisme et vous lacèrent les entrailles. Soudain, on n’est plus le même, on ne vit plus là où l’on croyait vivre. 
	Tout vacille et l’on se retrouve étranger à l’orbite sur laquelle on naviguait avec l’œil et la plante des pieds comme boussole. Je lisais un roman, qui n’avait rien d’un roman, mais que son auteur, en demandant pardon au lecteur, voulut qu’il en soit un. Vrai, il n’y avait pas dans cet ouvrage une littérature dite narrative, ni d’intrigue, pas de héros triomphant ou vaincu, pas de sentiments contrariés ou de désirs refoulés, pas de Docteur Jekyll et de Mister Hyde, mais une tragédie cosmique d’un homme confronté au mal et à la souffrance, et c’est Dieu qui les lui fait subir. Il s’agit de Vies de Job, de Pierre Assouline.

	Qui, un jour, un livre en mains, n’a pas eu cette sensation inquiète de pénétrer dans les labyrinthes d’une ville inconnue et de percevoir des rais de lumière éclairant ce que l’histoire a oublié ? J’en étais un, au milieu de ma lecture des Vies de Job, l’esprit secoué par les déferlantes d’une théologie œcuménique et laïque dans laquelle Job, que l’historien Tabari nommait Ayyoub, le Juste souffrant, Ayyoub, le patient à la fidélité minérale, recevant coup après coup les épreuves de Dieu. Je lisais Les Vies de Job, et en creux ou au-dessus, se déroulait une lecture parallèle des vies algériennes, tant et tant de fois meurtries. Sabrak ya Ayyoub, tu es certainement réincarné en Algérien ! Des titres de journaux empilés sur la table m’ont déconcentré, une distance sans borne s’est creusée entre ce qui comblait mon imagination et la cruelle réalité dite en prénoms, en âge et en dates, écrits sous des photos d’enfants : 19 décembre, Chaîma, 8 ans ; 26 du même mois, Soundous, 6 ans ; 13 février Mehdi, 7 ans ; 10 février, Haroun, 10 ans et Ibrahim, 9 ans, 16 février Sana, 5 ans… enfants de Ayyoub, bourgeons de fleurs aux pétales à peine éclos. Innocences surprises dans leurs jeux, à l’aube de la vie, et outragées. Mon regard se brouille, s’obscurcit. Les images s’extirpent de la page du journal et s’impriment sur ma rétine.

	Visages juvéniles, noms aux magnifiques résonances venues du lointain de l’histoire et des légendes. Enfants assassinés. Soudain l’espace devient un tableau cubiste, un miroir brisé en mille faisceaux. Quelle est cette terre, ce pays, quelle est cette ville, cette rue qui me portent et où je respire et déambule ? Quel est cet appartement qui est le mien et dont les murs, les angles et les plafonds ne cessent de se déplacer et menacent de m’étouffer. Je me sens éviscéré, décérébré, anonyme, muet, amnésique.  L’air, à peine tremblé d’une page de livre tournée, prend soudain la force d’un vent de sable  et me fait tituber comme un homme ivre. Je lisais avec cette étrange sensation de voir la biographie d’un homme, Job, faite de verbes, uniquement de verbes, se déplier et se réincarner partout, de tout temps, toujours et encore. Le pays de Ayyoub le souffrant serait-il le mien ? Les victimes sont des enfants et leurs bourreaux nous ressemblent. Sommes-nous revenus aux âges barbares, au temps  des anthropophages et de l’inceste ? J’ai fermé le livre de Job et ouvert celui de la vie banale et de ses fantômes tueurs. Les premières questions posées au monde sont déjà dans les yeux d’un enfant.

	Quand les adultes les entendent, il est déjà trop tard, ils meurent avant de leur répondre et parfois, certains, tels des bêtes aveugles les chassent comme des proies, et les saccagent, laissant mère et père à leur détresse, la société à sa stupeur. Monsieur le procureur de Constantine, oublieux des mille massacres des vingt dernières années, certifie : «Ces crimes sauvages sont étrangers à notre société.» Un magistrat rassure-t-il ses concitoyens par la prestidigitation ou par le déni ?
	Des articles dans les mêmes journaux me déconcertent. Faudrait-il que l’Etat algérien abdiquât de ses obligations culturelles et civiques en les confiant à des associations pieuses ? Avec zèle, celles-ci se proposent d’apprendre aux petites-filles à momifier leur corps, non seulement pour le cacher aux autres, mais pour le soustraire à elles-mêmes, sinon elles porteraient la faute et donc la culpabilité du désordre moral et social.
	Toujours le déni. Le coupable n’est jamais de chez nous, jamais en nous.

	Lisez les Vies de Job, Monsieur le procureur, lisez-les, je vous en prie. Qui pourrait croire que l’Algérie est plus pacifique que la Principauté de Monaco, plus propre que la Suisse, plus civique que l’Autriche, plus active que la Corée du Sud… et moins corrompue que la Norvège ? De déni en déni, nous en oublions les malheurs qui nous rongent et la compassion qui les répare. Qui sont ces immolés,
	44 décès à Oran en 2012, qui sont ces milliers de haraga, Monsieur le procureur, de quelle terre inconnue viennent-ils ? Nous les oublions après l’affichage des sinistres statistiques d’immolés par le feu et de cadavres rejetés sur les côtes. Je porte en moi la douleur de mes compatriotes et comprends leur dégoût de la vie, qui leur faisait quitter leur pays comme pour se quitter eux-mêmes. Leur naufrage a commencé bien avant de frotter une allumette ou d’atteindre la haute mer. Ils ont longtemps vécu sur un radeau échoué en pleine ville ou en rase campagne. Le harrag n’appartient pas à une génération spontanée, qui du jour au lendemain perdrait la raison et engagerait sa vie sur un coup de bonneteau.

	Qui connaît la panique et l’effroi de celui dont le corps se consume, celui qui hurle, en appelle à Dieu et à sa mère et s’anéantit dans les flammes ou les abysses ?
	La compassion n’est pas la pitié ni le chagrin, pas la charité non plus. Elle est partage de la passion, cet autre nom de la souffrance inouïe qu’un être subit pour en sauver d’autres. Cela implique du courage et de la lucidité politiques, jamais de la fatalité. La compassion est la part que chaque homme prend sur lui pour partager la souffrance d’un autre, semblable à lui, cet autre qui ne peut, à lui-même, supporter tout le poids de la détresse quand le prédateur atteint un enfant, quand la hogra mine et désespère la jeunesse. Avoir de la compassion, c’est partager la passion qui brillait dans le regard d’El Hallaj au bûcher, dans celui de Larbi Ben M’hidi enchaîné, dans celui de Maurice Audin, de Zabana, de Hassiba Ben Bouali…
	
	  ]]></description>
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           <title>Impérialisme et mondialisation : pourquoi deux termes différents ?</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 23 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 23 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	En janvier-février 2011, au moment de ce qui a été nommé «le printemps arabe», commentateurs, analystes et experts de tous ordres, amis et ennemis, étaient surpris, inquiets, ... puis presque en colère contre l’Algérie, les Algériens de la société civile qui ne se sont pas soulevés pour rejoindre ce qui semblait être un vaste mouvement «révolutionnaire» des peuples arabes. 
	Et, malgré les tentatives de quelques apprentis sorciers de créer l’événement en organisant des marches et autres regroupements, malgré les pressions amicales et inamicales, non, l’événement, soulèvement n’a pas eu lieu. Les interrogations n’ont pas cessé et les hypothèses fusaient dans tous les sens, car il fallait expliquer à tout prix. Bien évidemment, le microscope grossissant de la puissance du pouvoir et de l’efficacité de l’appareil répressif (supposé plus puissant qu’en Egypte, qu’en Tunisie, que partout ailleurs, Bahrein, Yémen...) a été l’explication la plus convenue. Et inquiétante, dérangeante, singulière ? L’Algérie, à travers sa société civile n’a pas «marché» (dans tous les sens du terme au moment de l’irruption du «printemps»

	2011).(1) Peut-être que l’histoire récente de l’Algérie, depuis 1988, pourrait peut-être mieux éclairer le choix d’un autre chemin : faire les premiers pas de la longue et difficile marche pour un «autre monde possible». En effet, la jeune génération, dont une partie a vécu la période ouverte par octobre 1988, explique clairement qu’el1e ne souhaite plus être instrumentalisée. «Les jeunes se sont soulevés en octobre 1988 pour plus de droits et de libertés démocratiques, et qu’est-ce qu’on a
	eu ? Les islamistes qui en ont tiré profit pour ensuite faire de notre pays ce qu’ils en ont fait... Non, on ne veut plus jamais ça... rouler pour les autres !».

	Les dynamiques algériennes pour le FSM

	1. Les réalisations : un ancrage des nouvelles problématiques au niveau mondial, régional, local. Depuis 2001 à Porto Alegre, au Brésil, à ce jour, préparant Tunis 2013 du 26 au 30 mars 2013, les mouvements sociaux engagés dans la perspective d’un «autre monde possible» se sont développés selon deux axes articulés :
	- d’une part, ils ont connu une extension sans précédent en prenant racine dans tous les continents, de façon inégale certes, en termes numériques,(2) mais plus aucun coin du monde, même parmi les plus reculés, n’ignore qu’un nouvel horizon ? utopie ? inspire et fait bouger les lignes habituelles des luttes économiques, sociales, culturelles ;
	- d’autre part, ces mouvements ont ouvert de nouvelles questions tant au niveau organisationnel que des contenus. Au niveau organisationnel, une attention permanente est accordée pour mettre en pratique les valeurs et principes de la charte, notamment en battant en brèche la verticalité des prises de décision, la structure pyramidale des postures entre les instances et en mettant sans cesse en pratique les relations latérales dans des espaces de travail ouverts, quel que soit le niveau d’intervention (local ou international) et la taille des organisations, à toutes et tous ceux qui acceptent l’éthique de la Charte. Au niveau des contenus, les grandes ONG intègrent des thématiques comme la souveraineté des peuples, l’économie sociale et solidaire comme alternative à l’économie du profit. Par ailleurs, les réflexions ont remis en cause les façons de faire «le politique» pour se libérer des vieilles cultures et réinventer un nouvel imaginaire politique qui réagence les différents aspects de la pensée et de l’action politiques.

	2. Composantes de la société civile, des organisations algériennes altermondialistes émergentes, ayant à des titres divers été imprégnées de ce foisonnement pendant un parcours de 12 années, se concertent pour ensemble, rejoindre tous les mouvements sociaux des autres régions et continents en marche vers «un autre monde possible»(3) :
	Deux journées de travail préparatoire à la participation des mouvements sociaux algériens au Forum social mondial qui se tiendra à Tunis du 26 au 30 mars 2013, se sont déroulées à Alger les vendredi 15 et samedi 16 février 2013.
	Ces journées viennent élargir et consolider les différentes initiatives et tentatives qui ont débuté depuis le début des années 2000. Et bien sûr les participant(es) n’ont pas éludé la question de savoir pourquoi tant d’années «perdues» pour l’émergence d’un mouvement altermondialiste structuré en capacité de porter les questions algériennes au niveau régional et mondial.

	Un bilan critique, sans aucune complaisance, a été dressé pour apprendre des erreurs et échecs passés. Les obstacles tels que : les jeux de pouvoir, l’accaparement et monopole des décisions qui tuent les initiatives, «l’entrisme» des partis politiques et la méconnaissance par certains ou la non-adhésion par d’autres aux valeurs et principes de la Charte... ont contribué à freiner la construction d’un espace ouvert, responsable et soucieux de faciliter l’accès à cet espace, des mouvements sociaux, qui luttent tous les jours pour élargir les espaces des libertés démocratiques, l’amélioration des conditions de vie et de travail et l’accès aux droits économiques, sociaux et culturels.  

	D’alger à Tunis

	Le parcours des dynamiques algériennes, qui ont eu la constance de continuer à s’inscrire dans les processus du FSM, ont ainsi réussi à rencontrer la dynamique régionale du FSMag(4) initiée et portée par les mouvements sociaux du Maroc, élargie à l’ensemble du Maghreb dans une démarche inclusive regroupant les pays de la région (Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie, en y intégrant les dynamiques du peuple sahraoui afin d’être «ensemble pour un Maghreb des peuples». Cette construction régionale a été décisive, par sa vision stratégique altermondialiste, sa démarche ouverte et respectueuse de la grande diversité et la gestion non conflictuelle des «sensibilités» nationales, notamment la question du peuple sahraoui, dans la consolidation des dynamiques algérienne et régionale et a permis d’aboutir à l’organisation du Forum social mondial à Tunis, un des peuples qui a réussi à renverser un régime dictatorial et corrompu.

	Les 3 et 4 février, une rencontre entre des membres du comité de suivi du FSMag (tunisien, marocain, sahraoui, et algérien) a eu lieu à Alger pour renforcer les capacités de mobilisation régionale préparatoire au FSM 2013 à Tunis. La rencontre des 15 et 16 février étant prévue de longue date et avant la tenue du comité de suivi du FSMag, l’initiative a été enregistrée parmi les actions de mobilisation dans le programme régional préparatoire au FSM de Tunis. A cette rencontre, un membre du comité d’organisation du FSM tunisien s’est déplacé pour soutenir l’action algérienne et faire une mise à jour des processus de travail au niveau tunisien et avec le conseil international du FSM.

	Etait présente également une femme active dans tous les processus du FSM depuis sa création et membre du Conseil international du Forum social mondial et du Conseil africain du FSM pour présenter l’historique des dynamiques mondiales et des approches et innovations méthodologiques depuis 12 ans. Des organisations de type et taille diverses, issues de plusieurs régions du pays (Tiaret, Bougie, Tizi Ouzou,Tipasa, Laghaouat, Ouargla et travaillant dans les domaines les plus variés couvrant un large éventail d’activités culturelles, sociales et économiques dans les quartiers des villes et dans les villages algériens, ont répondu à l’appel lancé par un comité constitué de 5 organisations algériennes actives dans les différents processus du Forum Social Mondial et en particulier membre du Forum Social Maghrébin.

	Si l’objectif immédiat consistait à unir les efforts pour créer un espace de convergences qui transcende les intérêts particuliers et permette la plus grande visibilité des dynamiques algériennes par une présence à Tunis, articulée des mouvements sociaux en Algérie, et dans les différents processus plus vastes pour aller vers un «Autre monde possible», l’objectif à long terme est d’assurer une consolidation de ces initiatives et un ancrage de ces dynamiques dans le tissu social en Algérie. En effet, les participantes et participants dans leurs contributions au débat à travers différentes approches et formulations ont fait ressortir les priorités suivantes :
	- clarifier le rôle et les visions des associations et organisations de la société civile ;
	- contribuer à faire émerger et valoriser les innovations sociales, culturelles et économiques dans les organisations populaires ;
	- identifier et soutenir toutes les luttes significatives visant des améliorations des conditions de vie et de travail ;
	- densifier la construction de connexions avec les organisations populaires et mouvements sociaux à l’échelle du pays.

	Par ailleurs, les différentes prises de parole ont porté sur la nécessité de la connaissance de la charte des principes du FSM et le rappel des deux lignes de fond non négociables qui réunissent toutes celles et ceux qui s’inscrivent dans ces mouvements vers un «autre monde possible» en adhérent à la Charte des principes toutes les formes de résistances, de luttes contre les politiques néolibérales et la dictature du marché tout puissant ; une opposition ferme et multiforme à toutes les violences, les guerres et toutes formes d’ingérence.

	Conscients des rapports de force défavorables à l’intérieur et à l’extérieur du pays, les contributions ont également porté sur la responsabilité des acteurs et actrices de la société civile, puis se sont attelés ensuite à clarifier le rôle des associations et ONG et les visions vis-à-vis des mouvements sociaux en lutte (femmes, ouvriers, employés, paysans, pêcheurs, syndicats, étudiants, chômeurs...). L’axe thématique principal pour Tunis 2013 consiste à visibiliser et valoriser les mouvements sociaux dans toutes leurs dimensions et initiatives visant des changements significatifs et transformations sociales.

	Un programme d’actions a été dressé afin d’élargir la mobilisation au maximum possible de régions avec pour tâches :
	• le partage de l’information la plus précise sur les valeurs et principes de la charte ;
	• l’identification des alternatives et innovations sociales, économiques et culturelles des différents mouvements sociaux ;
	• avec la proposition que chaque participant puisse mobiliser au moins une dizaine de personnes dans le milieu où il évolue. La présence de l’organisation des mères des disparus a permis de retenir également la justice transitionnelle qui est un des axes du FSM à Tunis.

	Au fur et à mesure des interventions surgissent des talents... des visions d’avenir... des propositions généreuses : on assistait ainsi à un véritable foisonnement jaillissant d’un gisement dormant qui, à la différence du pétrole, est une richesse immatérielle inépuisable. Reste à savoir si ces initiatives et débats seront entendus, compris et soutenus par des partenaires institutionnels nationaux, des groupes d’intellectuels et leaders d’opinions et les différents médias pour en assurer la diffusion à une échelle significative. Mais l’assemblée avait une moyenne d’âge très jeune et de l’avenir du pays : lucide, responsable et généreux, ils et elles savent que «ce n’est pas le chemin qui est difficile, mais le difficile qui est le chemin». 

	 

	Notes : 
	
	1) Mais les mouvements sociaux (plus de 950 d’après les chiffres de D... ) n’ont jamais cessé revendications et luttes sous toutes les formes et dans tous les domaines de la vie économique et sociale.
	2) S’il est bien évident que les mouvements altermondialistes ont très vite essaimé en Amérique latine et Caraïbes, en termes numériques c’est le continent africain qui a non seulement organisé 3 FSM (Bamako 2006, Nairobi 2007, Dakar 2011) mais a aussi pénétré quasiment tous les pays africains, y compris ceux qui étaient en conflits armés (Forum social africain qui regroupe toutes les régions d’Afrique, et aussi une multitude à des niveaux nationaux ou sous-régionaux (Afrique australe, Afrique de l’Ouest, etc.)
	3) Un autre monde possible : article 2 de la Charte des principes du Forum Social «Le Forum social Mondial de Porto Alegre (la première édition s’est déroulée du 25 au 30 janvier 2001) a été une manifestation dans le temps et l’espace. Désormais, avec la certitude proclamée à Porto Alegre qu’«un autre monde est possible», il devient un processus permanent de recherche et d’élaboration d’alternatives, qui ne se réduit pas aux manifestations sur lesquelles il s’appuie»
	4) FS Mag: Forum oocial maghrébin
	  ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/contributions/imperialisme-et-mondialisation-pourquoi-deux-termes-differents-23-03-2013-207563_120.php</link>
        </item>
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           <title>Le projet de logement social et ses conséquences politiques en Algérie</title>
           <author></author>
           <guid>http://www.elwatan.com/contributions/le-projet-de-logement-social-et-ses-consequences-politiques-en-algerie-17-03-2013-206928_120.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sun, 17 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 17 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Le logement social est devenu  une question politique embarrassante pour les pouvoirs publics. 
	A chaque distribution, des émeutes violentes éclatent pour dénoncer les listes des bénéficiaires, et contester dans le même temps l’injustice sociale établie par les responsables de l’administration locale. Il semble que la politique de logement social ait développé un marché informel juteux, qui a permis aux responsables locaux de construire autour d’eux des réseaux «mafieux» pour s’enrichir illicitement, au détriment des cas sociaux, laissés à l’abandon. En effet, ce constat s’est confirmé par la rapporteuse onusienne en juillet 2011. Elle pointe du doigt la politique gouvernementale du logement.

	«La politique algérienne du logement n’est pas étudiée (…). Des logements sont attribués illégalement à des personnes inéligibles. Ensuite, ils sont vendus à des prix exorbitants ou loués au noir.» Le rapport précise que «40% des logements sont attribués à des demandeurs âgés de moins de 30 ans, alors que ceux âgés de 35 à 50 ans sont dans un besoin de logement plus impératif et sont plus nombreux à le solliciter. 46,14% des demandeurs de logement sont âgés entre 35 et 50 ans et seulement 9,07% des demandeurs ont moins de 30 ans».(1) Nous entendons par là que la stratégie mise en œuvre pour réussir une politique sociale en matière de logements a produit un état d’esprit qui incite au développement du phénomène de la prédation.

	Le logement social conçu comme projet politique pour atteindre un objectif noble, à savoir la protection des familles nécessiteuses, est détourné par des «logiques prédatrices» qui façonnent la mentalité des responsables locaux et organisent les rôles des administrations publiques pour servir une partie de la société sans se soucier de la situation sociale de la majorité. Dans ce sens, le projet du logement social a bien été vidé de son rôle social et de son éthique humaine, car il est devenu une source de richesse.

	Aujourd’hui, les enjeux autour des projets de logements sociaux sont devenus colossaux et les manifestations violentes comme l’auto-immolation contre les listes préétablies des bénéficiaires par l’administration locale sont révélatrices. Les projets d’aide aux logements sociaux ont divisé la société en deux catégories, à savoir celle qui s’octroie le logement social et s’enrichit des quotas des programmes faramineux grâce aux relations qu’elle peut avoir avec des réseaux constitués autour d’un responsable influent, et celle qui se voit vivre sans «toit» et subir tous les aléas de la pauvreté à cause de l’absence de ce type de relation.

	Désormais, la richesse se construit en Algérie sur la base de la relation personnelle qu’on peut avoir avec des responsables dont la fonction est censée représenter les principes de l’Etat. Elle s’accumule donc chez certains au détriment des autres situations précaires que les décideurs politiques ciblent, d’une part, par un discours mystico-religieux pour les sauvegarder et exploiter, d’autre part, par les nouveaux opportunistes de la politique. Ces situations précaires sont devenues des «cartes» qu’on peut manipuler pendant les pseudo campagnes électorales pour faciliter aux riches véreux de s’enrichir plus des fonctions politiciennes réservées à cet objectif.

	Cependant, bien que l’aide aux logements sociaux ait été jugée par certains comme étant une idée positive, il n’en demeure pas moins que la gestion politique et financière de cet investissement «social» ait accentué les sentiments de frustrations aussi bien au niveau des familles besogneuses qu’au niveau des spécialistes de la question de l’habitat et de l’urbanisme. Dans cette situation, le slogan politique «construire pour loger» est tombé à l’eau. Au-delà du déséquilibre régional, la gestion désastreuse de l’espace et de ses fonctionnalités n’a fait que multiplier le sentiment de dépendance et de disparité sociale. Les bénéficiaires déclarent qu’ils n’habitent pas ces logements, car ils ne servent que pour dormir.

	Le président Bouteflika, l’initiateur de cette idée, l’a confirmé à plusieurs reprises. «L’Etat a injecté beaucoup d’argent dans les programmes sociaux, mais ces derniers ne répondent pas aux attentes. La construction de logements s’est souvent limitée à l’aspect quantitatif, ce qui a favorisé la négligence des aspects desquels dépendent le progrès des individus et la cohésion sociale.»(2) De ce point de vue, les problèmes engendrés par le projet du  logement social au niveau de l’exploitation de l’espace qu’au niveau des relations sociales dépassent de loin les attentes souhaitées pour construire une vie d’ensemble cohérente.

	En plus de l’injustice pendant les distributions, les réalisations n’ont répondu ni aux besoins des familles ni encore moins aux exigences de la ville. Le cadre bâti est loin de produire la ville. Le peu d’espace réservé au logement et l’absence des équipements socio-éducatifs, culturels et de loisirs n’encouragent pas de construire une vie collective. Les membres de la famille et particulièrement les jeunes quittent les logements sociaux tôt pour errer dans les rues jusqu’au coucher du soleil. Ils n’entrent que pour dormir et pour ressembler aux morts. Les rêves  ne prédisent aucune joie et les nuits ne se terminent que par des cauchemars. Ces logements n’offrent  aucun confort et ne permettent d’édifier aucune vie privée.

	Le logement social est détesté, car son espace et sa conception ne permettent de construire aucun lien. Le cadre bâti ressemble donc à un cadavre sans âme. L’habitat, écrit M. Segalen, «relève d’une analyse relative au côté le plus privé, le plus intime de la famille. Il n’est guère du domaine dépendant du champ familial (…). L’espace résidentiel vous habite tout autant que vous l’habitez. La privatisation de chaque famille de son lieu d’habitation est un phénomène naturel. Ce lieu qui s’approprie par rapport à la nature sociale et culturelle de chaque famille intervient lui aussi pour modifier le comportement des membres qui l’habitent. L’un modifie l’autre.»(3)

	En ce qui nous concerne, les malfaçons et les hostilités que produisent ces logements sociaux ne sont pas considérées comme un crime contre la santé des individus. Les concepteurs et les réalisateurs ne se soucient ni de la justice de l’homme ni de châtiment divin. Ils vivent en toute impunité malgré les dégâts commis contre la nature et contre la santé de l’homme. Au-delà de la gabegie de l’argent public et du temps, les immeubles d’une architecture affreuse et effrayante continuent de pousser pour agresser plus davantage la nature et couper toutes les voies d’une vie sociale sereine.

	En Algérie, les dépenses publiques ne sont pas investies pour produire la vie, mais pour devancer les facteurs de sa naissance. Il suffit d’observer les immeubles qui apparaissent dans les campagnes et dans les villages reculés pour comprendre que les concepteurs de cette stratégie abominable l’ont faite soit par ignorance totale de la réalité de la paysannerie algérienne, soit pour couper tous les espoirs de sa renaissance. Visiblement, aucune pensée n’est consacrée à cette Algérie qui continue d’allaiter ses enfants malgré les coups morbides qu’elle encaisse. Bien qu’elle reste attentive aux besoins de ses nouveau-nés, les adultes continuent de la téter pour empêcher les petits de grandir. Ils demeurent nuisibles dans son propre espace pour qu’elle ne puisse guère s’isoler avec ses petits et les détourner de leurs regards.

	En l’absence du «père», ces adultes insistent à ce qu’ils l’accompagnent dans l’éducation pour surveiller ses petits et participent à leur «façonnement». Ceux qui ne suivent pas les règles préconçues n’ont d’autre choix que de «fuir» pour grandir loin des regards des adultes. Actuellement, la dépendance totale aux adultes est devenue la règle sacrée. Ce sont eux qui veillent à ce que cette règle fonctionne jusqu’au retour du «père». Tant qu’il n’est pas revenu, ce sont les adultes qui décident pour les besoins des petits et ce sont eux qui choisissent comment et où ils peuvent vivre en sécurité. Il n’est point question de discuter la règle car elle n’appartient à personne.

	En effet, personne n’est en mesure de changer la règle et tout le monde évolue dans l’état d’esprit des adultes pour préserver ce qui est recommandé essentiellement par eux. Malgré le vieillissement de la mère (Algérie), personne n’ose affranchir la règle et intervenir pour entretenir son visage et manier ses membres afin qu’elle puisse tenir  debout pour fêter le retour du père. Malheureusement, l’attente a duré et les adultes s’acharnent de la faire vieillir plus encore pour qu’elle suive leur cycle de vie sans rendre aucun hommage qui peut la faire renaître à nouveau. De cette image symbolique découle la santé réelle de l’Algérie. Elle est affaiblie par une gestion désastreuse que tout le monde se décharge vis-à-vis des conséquences tragiques qu’elle subit.

	Le projet de logements sociaux suit la même règle. Il a produit des effets sérieux en matière de gestion et de développement durable. Le besoin des hommes en matière d’habitation, écrit l’un des spécialistes de l’habitat, «est un état et par extension un objet. Dire qu’une famille a besoin de logement, c’est définir un état particulier. Dire que le logement est un besoin primordial, c’est donner à un objet une place prioritaire. Or, confondre l’état et l’objet aboutit souvent à oublier l’état. Au lieu de parler du besoin de logement, on parle volontiers des besoins en logements. On établit alors un calcul, l’accroissement démographique, la dimension des familles, etc. Il faut étudier d’abord en quoi consistent exactement les besoins des familles. L’insatisfaction de l’espace habité entraîne des conséquences qui peuvent être graves pour la santé physique ou mentale.»(4)

	En effet, la construction des logements dans les milieux urbains ne présente pas un cadre bâti imposé ou construit d’une manière aléatoire. La mise en œuvre d’une politique urbaine en matière de construction insiste sur les données empiriques de la société. Elle se base sur des études techniques, architecturales et psycho-sociologiques. Négliger les données réelles établies par des études et des enquêtes produit une population déstabilisée et désordonnée. Loger des familles sans enquêter sur leurs besoins en matière d’habitat est considéré comme un acte irrationnel. Il ne peut y avoir une autre signification que celle d’une politique inconsciente sur la gravité de ce problème et les conséquences que peuvent agir.

	Le besoin d’espace domestique n’est pas lié fondamentalement à un état de nécessité. Il suppose une fin consciente ou non. Dans l’habitation, la notion de fonction, écrit P. H. Chambart de Lauwe, «revêt un double aspect technique et socio-psychologique. Les formes doivent exprimer les fonctions déterminées par les besoins des hommes…L’habitation moderne est faite pour un type de famille et non pour une famille déterminée. L’architecte travaille de moins en moins pour une personne, de plus en plus pour des groupes ou des catégories de personnes.

	L’architecte établit ses plans de façon fonctionnelle non pas d’après ce que les familles ont ou ce qu’elles ont eu, mais d’après ce qui leur est nécessaire pour vivre dans la société. Les besoins relatifs à l’habitation sont physiologiques, psychologiques, culturels. Il y a des besoins d’obligation, des besoins de détente, des besoins d’aspiration. Une famille ne peut pas vivre sans logement. Ce dernier doit satisfaire un certain nombre de besoins. Dans le logement, chaque membre doit trouver le moyen de se détendre à tout point de vue, depuis le repos physique jusqu’aux besoins culturels ; mais le logement doit aussi répondre à des aspirations soit d’extension de la famille, soit d’amélioration matérielle, soit de développement intellectuel, soit d’épanouissement affectif et spirituel.»(5)

	Cependant, bien que nos décideurs politiques préfèrent être conseillés par des étrangers que par leurs compatriotes, formés sur les questions stratégiques du développement de leur propre pays, il n’empêche que le peu de propositions efficaces restent hostiles aux vœux de nos dirigeants. En effet, en matière de logements sociaux et de leur gestion, l’experte en logement et urbanisme,  Mme Ronilk, a conseillé le gouvernement algérien sur l’importance d’«une diversification dans la réponse au problème du logement en Algérie au lieu du ‘‘tout-construction se limitant à une offre de nouveaux logements’’, option quantitative très lourde financièrement mais qui ne parvient pas à résorber le déficit.

	Une diversification qu’elle lie étroitement avec l’impératif de démocratiser le traitement du dossier en impliquant davantage la société civile qui pourrait, selon elle, remettre en question la rigidité uniforme des critères d’attribution, par exemple et éviter le cycle infernal des émeutes.»(6) Changer la règle afin de permettre à la société civile de se construire pour participer dans la gestion des affaires locales et particulièrement celle des projets de logements sociaux avec un dispositif spécifique, formulé sur la base de vraies enquêtes socio-économiques de différentes formes de familles pour maîtriser essentiellement l’outil de distribution et de transparence, reste un rêve qui ne peut être exaucé avec la mentalité de nos dirigeants.

	Visiblement, la défaillance d’une conception psycho-sociologique de logement social n’est qu’un aspect qui montre à ciel ouvert les échecs d’un pouvoir central qui continue de fonctionner malgré les dégâts réalisés. Bien que ce régime ait réussi à fragiliser les initiatives locales qui peuvent émerger pour exprimer les vrais besoins de leur localité et organiser en même temps les populations pour mieux s’adapter avec les nouvelles réalités, il n’empêche que les dommages commis ne lui ont pas servi de leçon pour comprendre que les décisions politiques dans les bureaux luxueux fermés, entre des bureaucrates orgueilleux, demeurent  hostiles aux opportunités que peuvent développer les régions différentes et ne génèrent en fin de compte que de l’injustice et des conflits.

	En effet, la compréhension du problème de logement social est en rapport direct avec ce pouvoir central qui continue de maintenir les anciennes règles pour entretenir un pouvoir archaïque sur la société. La demande de logement comme la demande de travail ne trouve de solution que dans sa vision qui ne répond à aucune logique économique et ne suit aucune stratégie rationnelle. Elle vise essentiellement à maintenir la société dans un esprit de dépendance totale et qui, de son côté, continue de se mettre en scène publiquement en «victime» pour harceler le pouvoir par des émeutes pour jouir uniquement des avantages matériels qu’il peut leur distribuer quand il sent la peur de sa déchéance.  
	
	Références :
	1- N. M. Politique du logement en Algérie : «L’enquête onusienne objective» sur www.algérie360.com.  2- Journal El Watan du 09 février 2013.
	3- Martin Segalen, 1999. Les familles dans la ville. Une ethnologie de l’identité, Toulouse. PUM, p 70.
	4- P. H. Chombart de Lauwe, 1960. Famille et habitation, Paris, CNRS,
	p,17.
	5- P. H. Chombart de Lauwe. ibid,
	p 17.
	6- www.algérie360.com.
	Site d’informations et d’actualités sur l’Algérie.
	 
	
	
	
	 
	  ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/contributions/le-projet-de-logement-social-et-ses-consequences-politiques-en-algerie-17-03-2013-206928_120.php</link>
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           <title>A quoi joue Bouteflika ?</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 16 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 16 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	La dernière ligne droite avant l’élection présidentielle du mois d’avril 2014 vient d’être entamée : l’annonce d’une révision de la Constitution dans le courant de l’année 2013 vient d’être officiellement faite par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. 
	Et sans le dire aussi clairement, l’annonce prévoit une réforme en profondeur du dispositif électoral. Le Premier ministre a, en effet, affirmé que le projet de réforme/révision constitutionnel «sera soumis à un référendum populaire, dans le cas où l’équilibre des pouvoirs sera modifié». Or, qui dit modification de l’équilibre des pouvoirs, dit changement de nature de ceux existants : la Constitution actuelle, que le président Bouteflika a toujours dit ne pas aimer, a mis en place un système hybride, ni totalement présidentiel, malgré les pouvoirs très élargis qu’elle offre au Président, ni parlementaire, malgré que, théoriquement, l’APN dispose de vrais pouvoirs qu’elle n’a jamais voulu ou pu exercer. Il est donc assez logique d’imaginer que le président Bouteflika optera pour une Constitution qui élargira encore plus les pouvoirs du chef de l’Etat et instaurera un régime véritablement présidentiel. Qu’est-ce qui changera donc par rapport à la situation actuelle ? Celle-ci est caractérisée par une mainmise totale du Président sur l’ensemble du système politique en place. Bien que la Loi fondamentale actuelle ne le lui permette pas, il est la seule vraie source du pouvoir et son bénéficiaire unique : il en use et en abuse à sa guise.

	Mais si Abdelaziz Bouteflika, de par sa personnalité et la place inexpugnable au sommet du pouvoir qu’il a acquise à travers une série de stratagèmes au cours de ses deux premiers mandats à la tête de l’Etat, peut se permettre d’user et d’abuser du pouvoir absolu, son successeur, quelle que soit l’étendue de sa victoire électorale ne pourra en aucun cas le faire. Les contre-pouvoirs réels existant dans la Constitution actuelle (pour peu que leurs détenteurs veuillent bien les utiliser) et surtout les autres centres du pouvoir (politique, judiciaire, militaire et aussi d’argent) ne permettront certainement pas à son successeur de disposer des mêmes prérogatives que lui. C’est probablement l’une des raisons qui le poussent à une réforme en profondeur de la Loi fondamentale. Il veut laisser à son successeur, qu’il aura lui-même choisi, pour son appartenance au clan ou pour sa fidélité, les pleins pouvoirs que seule une Constitution de type présidentiel lui permettra. Personne ne pourra le mettre en situation de «trois-quarts de Président» dans laquelle il avait été lui-même mis quand il avait été «élu» président de la République en avril 1999 et de laquelle il avait réussi difficilement à se sortir.  

	
	Le seul vrai objectif de la révision constitutionnelle : réussir la succession et protéger le clan

	
	Depuis déjà le début de son deuxième mandat et l’annonce de sa mystérieuse maladie en novembre 2005, la question se posait sur la manière dont se déroulerait sa succession. Et même quand il avait réformé à la hussarde la Constitution pour supprimer la limitation du nombre de mandats pour postuler à un troisième, c’était avant tout pour se donner le temps et les moyens de réussir sa succession à la tête de l’Etat. Longtemps avait circulé la rumeur d’une succession en famille. Une rumeur qui aurait pu devenir une réalité si les événements de Tunisie, d’Egypte, de Libye et d’ailleurs n’étaient venus remettre en question le scénario déjà écrit mais devenu trop risqué à mettre en images et en musique. Exit, au moins pour un temps, le temps que les images du Printemps arabe s’estompent ou se transforment en hiver arabe, la piste longtemps préparée de Saïd Bouteflika, successeur et continuateur de l’œuvre de son frère. Il fallait donc trouver une autre piste qui recevra l’aval des tenants du système actuel, parce qu’elle garantira sa pérennité et sauvegardera pour très longtemps encore ses intérêts. Et c’est cette piste qui est en train de se mettre petit à petit en place.

	Depuis le début de l’année 2011, le président Bouteflika a mis en œuvre un scénario secret et machiavélique pour réussir la seule chose qui compte réellement pour lui depuis l’aggravation visible de son état de santé : réussir une succession qui lui survivra et qui pérennisera les intérêts de son clan familial. Dans un premier temps, pour donner de lui et de son système politique une image très éloignée des dictatures arabes en crise et en décomposition, il avait annoncé et mené au pas de charge toute une série de pseudo réformes politiques qui n’ont absolument rien changé à la situation, quand elles ne l’ont pas aggravée : code communal, loi sur l’information, code électoral, loi sur les partis politiques, etc. Résultat, le nombre de partis politiques agréés et admis à participer aux élections (législatives, communales et de wilayas) a été plus que doublé. Le champ politique, déjà étroit, a été ainsi rétréci encore plus : les nouveaux partis, incapables de recruter ailleurs qu’au sein de ceux déjà existants, ont créé de scissions au sein de pratiquement toutes les organisations partisanes de toutes les tendances. La victime expiatoire a été sans conteste le camp islamiste, qui avait cru naïvement qu’il allait «cueillir» le pouvoir, tout le pouvoir, à l’image des pays voisins du Maroc jusqu’à l’Egypte en passant par la Tunisie et la Libye.

	Résultat : le MSP, qui avait eu l’outrecuidance de se mettre dans l’opposition alors qu’il avait participé à tous les gouvernements mis en place par Bouteflika pour réaliser ses programmes de développement, avait été laminé, et avec lui ses alliés de l’AAL ; les autres partis islamistes n’ont recueilli que des miettes ; tandis que le FFS qui avait répondu au son des sirènes des législatives s’est retrouvé englué dans une crise profonde qui a même emporté Hocine Aït Ahmed, son inamovible président, qui ne se représentera pas pour se succéder à lui-même à la tête du plus vieux parti de l’opposition. Les partis de l’Alliance présidentielle, FLN et RND en tête, ont tout raflé au cours des élections législatives, communales et de wilayas. Deux nouveaux partis sont venus s’ajouter à ceux de l’Alliance et ont profité des quelques miettes : le MPA de Amara Benyounès, représentant la mouvance démocratique, et le TAJ de Amar Ghoul, représentant l’islamisme soft. Le FFS a retrouvé les bancs de l’APN et le PT de Louisa Hanoune a perdu des plumes dans sa politique de «soutien critique» de la politique de Bouteflika. La scène politique est donc restée pratiquement la même qu’avant les réformes : toute à l’avantage du système qui a squatté le pouvoir depuis l’indépendance du pays. Le Président est resté le seul vrai maître du jeu : tout, absolument tout, est soumis à sa seule volonté. C’est lui qui fixe les règles du jeu et c’est lui qui en sort en permanence vainqueur. La suite des réformes, il l’avait annoncée lui-même, le 8 mai 2012 à Sétif, au cours de son dernier discours à la nation, à la veille des élections législatives : ce sera la révision de la Constitution. Le moment est maintenant arrivé pour «tenir» la promesse. Le Président a beaucoup tergiversé sur le moment et le contenu des changements qu’il veut apporter à la Constitution qu’il avait déjà «manipulée» en novembre 2008, pour pouvoir postuler à un troisième mandat.

	La grande majorité des analystes de la scène politique algérienne pense que la prochaine révision aura pour objectif premier d’organiser la succession du président de la République pour garantir la pérennité du système tel qu’il a été développé sous le long règne de Bouteflika. Ajoutons que même si une telle solution constitutionnelle n’est  pas retenue, compte tenu des résistances réelles à un quatrième mandat, qu’elle suscitera au sein même du sérail, une autre piste pourrait être suivie, qui aurait exactement le même résultat que celui attendu : adouber un «prince héritier» et le faire élire à la prochaine élection présidentielle d’avril 2014. Les analystes et les médias se sont posé la question du retard mis par les pouvoirs publics pour annoncer la date de la révision constitutionnelle. Il semble bien que le Président ait mis deux fers au feu : l’un et l’autre dépendant de l’évolution de son état de santé. C’est de toute évidence l’état de santé du Président qui a fait reculer le plus loin possible la date de la révision de la Constitution. Il s’agissait apparemment de s’assurer que l’évolution implacable de sa maladie ne l’empêchera pas de postuler à un quatrième mandat, quitte à ce que ce quatrième mandat n’aille pas jusqu’à son terme.

	L’essentiel est que le troisième, lui, le fasse et que le Président sera, en avril 2014, en mesure de présenter une candidature «physiquement» crédible. Le but visé étant d’être remplacé, le moment venu, par son successeur qu’il aura auparavant désigné, conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution révisée. Il semble bien en effet que c’est vers une telle issue que nous amènera l’étape actuelle des «réformes bouteflikiennes». Une Constitution qui, outre un régime présidentiel qui a toujours eu sa préférence, instituera un système de succession «automatique» au profit d’un «prince héritier» constitutionnellement désigné. Tout porte à croire qu’il s’agira d’un vice-président que la nouvelle Constitution lui permettra de désigner lui-même et qui lui succèdera en cas d’empêchement. Compte tenu de l’hypertrophie de l’ego du Président, il serait étonnant que la nouvelle Constitution opte pour un «ticket» président/vice-président, comme cela se fait aux Etats-Unis. Dans cette formule, le vice-président disposera d’une légitimité électorale aussi grande que celle du Président et pourrait le rendre «incontrôlable» pendant toute la période de «cohabitation». Dans le cas où la maladie du Président devient visiblement et inéluctablement invalidante ou si comme semblent le penser beaucoup d’analystes politiques, il devra faire face à une opposition ferme d’une partie des membres influents du système, une autre formule tout aussi motivante pour le clan pourrait être choisie et adoptée : une formule à la Chavez, qui avait désigné un successeur de son vivant sans pour autant, Constitution oblige, qu’il lui succède automatiquement.

	Il devra d’abord affronter le suffrage universel et remporter l’élection présidentielle. Une telle formule, si elle ne garantit pas l’élection du «prince héritier», a comme avantage d’être plus «démocratique» et donc de susciter moins de résistance au sein même du pouvoir en place. Dans cette optique, il ne sera pas nécessaire que Bouteflika se présente à un quatrième mandat. Il lui suffira d’adouber, dès le début de l’année 2014, son successeur pour lui ouvrir la voie à une élection certaine. Et c’est là que les résultats des élections législatives de 2012 et la recomposition du champ politique qu’elles ont permis ont leur importance dans le scénario de la succession : les partis de l’Alliance, toutes tendances confondues, représentent une monumentale force de frappe en tant que machine à gagner les élections, quitte à ce qu’elles soient loin d’être transparentes et honnêtes. Le FLN et le RND, qui entre-temps auront surmonté leurs crises internes, prendront fait et cause, de manière volontaire ou forcée, pour le «prince héritier» et mettront à son service leur machine à faire voter. Le TAJ en fera de même : il aura entre-temps renforcé ses rangs et sera d’un apport non négligeable pour le nouveau «candidat du consensus». Le MPA en fera de même. Il sera difficile pour les opposants, ceux qui participeront et ceux qui boycotteront, de résister à une telle force de frappe. A moins que les crises actuelles du FLN et du RND ne persistent et ne viennent fausser tous les calculs. Il est vraiment difficile de croire à un tel scénario : il équivaudra à un véritable suicide politique et au début de la fin du système mis en place depuis juillet 1962.

	
	Quid du «Prince héritier» ?   

	
	Quelle que soit l’importance de la révision constitutionnelle annoncée et le rééquilibrage des pouvoirs auxquels elle parviendra, c’est surtout le mode de succession qui sera utilisé (constitutionalisé ou pas) qui sera le plus scruté par les observateurs. Et la question «Majuscule» sera de connaître le nom du «prince héritier». Est-il déjà choisi ? Fait-il déjà partie de la liste des noms qui circulent depuis un moment ? Serait-ce une personnalité totalement nouvelle ? Aucune réponse n’est possible dans l’état actuel des informations disponibles. Ce qu’il est assez loisible d’affirmer, c’est que les crises du FLN et du RND ont mis fin aux ambitions de
	Belkhadem et de Ouyahia. Ils ont été les victimes de leurs ambitions présidentielles trop vite annoncées. De toutes les façons, aucun des deux n’a le profil du «prince héritier».  

	Avec eux, les intérêts du clan Bouteflika ne pourront pas être protégés, même si, avec chacun d’entre eux, le système en place ne fera que se succéder à lui-même. Parmi les noms qui circulent (certainement des ballons d’essai), l’on retrouve les noms de Mouloud Hamrouche et Ali Benflis. A mon avis, les deux ont peu de chances d’être adoubés par le Président : le premier parce qu’il traîne des casseroles avec sa gestion catastrophique du FIS du temps où il était Premier ministre, et aussi parce qu’il a toujours voulu être le candidat de l’armée. Le deuxième parce qu’il avait eu l’outrecuidance de s’opposer à Bouteflika en 2004. Bouteflika, c’est connu, ne pardonne jamais à ceux qui l’ont «trahi». Il reste le mystère Sellal. Sa nomination au poste de Premier ministre, ses compétences managériales, sa proximité avec le clan Bouteflika, sa fidélité proclamée au chef, son absence d’ambition présidentielle, tout cela peut faire de lui l’homme idoine pour succéder au Président dès 2014. Etant entendu que le moment venu, en 2019, il cède la place au véritable «prince héritier», un membre de la famille Bouteflika. Pourquoi pas Saïd, qui n’a certainement pas renoncé, loin de là, à l’ambition de succéder à son frère ? ]]></description>
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           <title>Evolution de la responsabilité médicale ou le médecin face à la justice</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 16 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Un médecin porte en lui une liberté de choix professionnel et une contrainte. 
	Cette conscience de soi nous met alors en état de vigilance permanente, vigilance qui se manifeste de façon pleine et entière, engage notre responsabilité dans nos actes et n’obéit qu’à l’autosurveillance. Cette conscience morale, sorte de juge, prescrit ce que je dois faire, ordonne ce que je dois être. En choisissant le métier de médecin, nous nous soumettons à un contrat social qui vise le bien  de l’homme et de la communauté. «Brève est la vie», énonçait
	Hippocrate, «long est l’art, malaisé à saisir l’occasion, trébuchante est l’expérience et le jugement difficile».

	Que de progrès ont été réalisés par la médecine depuis les temps reculés, où le père des hommes de l’art formulait cet aveu de modestie. Dans les dernières décennies en particulier, la médecine n’a cessé d’accroître l’efficacité de ses interventions et de porter les limites du possible bien au-delà de tout ce qu’on osait imaginer quelques années avant. Néanmoins, la constatation faite par Hippocrate reste d’actualité, en ce sens que dans l’art médical, il y a toujours une part non négligeable d’incertitude et d’aléa. Que ce soit par suite d’une erreur du praticien, ou simplement en vertu du «génie propre de la maladie», il se peut que le résultat bénéfique ne se produise pas, ou même que ce dernier se traduise par des conséquences tout à fait dommageables pour le patient.

	C’est là qu’apparaît la notion de responsabilité médicale : notion qui n’est certes pas nouvelle, mais semble prendre d’autant plus d’extension que les progrès de la médecine sont plus éclatants. On a l’impression que plus «le médecin est capable», plus le public est exigeant à son égard. Reculer les limites du possible implique une part croissante d’aléas : utiliser des techniques de plus en plus sophistiquées, un matériel de plus en plus complexe accroît la place du risque et de l’erreur. Par conséquent, avec les interventions de pointe, des interventions que l’on savait délicates il y a dix ou vingt ans, sont considérées comme de la routine et le public n’admet pas que des accidents puissent s’y produire. Il n’admet pas qu’un «simple calcul», «qu’une prostate»… puissent avoir des suites complexes, voire dramatiques, alors que les médias relatent banalement des greffes de n’importe quel organe et même de clonage. L’urgence nous impose parfois des décisions rapides quand la connaissance complète de toutes les connaissances est une chose humainement impossible, de sorte que nous ne pouvons agir qu’en fonction d’une connaissance qui peut être sérieuse mais incomplète.

	Et pourtant, nous sommes responsables et responsables de notre négligence et de l’insuffisance même de notre connaissance. La pratique médicale reste sous surveillance juridique constante. Pour tout dommage, on recherche maintenant un responsable et on exige une réparation. Cette attitude tranche avec la résignation devant les problèmes de la vie, de la souffrance et la mort qui a été la règle quasiment générale jusqu’à la dernière moitié du siècle (Mektoub). On est frappé de voir l’acharnement que mettent certains malades, ou leurs héritiers, à poursuivre le médecin qu’ils estiment responsable. Il est des réclamations nettement abusives dans lesquelles les plaignants, à défaut de pouvoir reprocher au praticien une faute caractérisée, s’attachent à des détails, à des omissions ou défauts d’organisation mineurs, pour intenter une action dont ils espèrent tirer à la fois une revanche sur la maladie et un profit financier. A chaque acte, le médecin doit savoir qu’il engage sa responsabilité et qu’il peut se retrouver à tout moment devant les instances juridiques ordinales, civiles ou pénales. Il est tout à fait possible de se reconnaître responsable moralement d’un acte, tout en déniant à un pouvoir judiciaire le droit d’infliger une sanction.

	Il faut enfin remarquer que si l’acte médical s’est banalisé, il n’en est pas pour autant accessible à la compréhension de tous. La vulgarisation introduit des simplifications trompeuses et peut conclure à des réclamations abusives. Le médecin reste tenu à une obligation de moyen et non de résultat, et encore faudrait-il définir cette notion de «moyen». La responsabilité est engagée à la suite d’une faute qui a causé un dommage. En droit, n’importe quelle faute peut être retenue comme source de responsabilité, même si elle est légère. Les procès mettant en cause un chirurgien, un anesthésiste… trouvent un large écho dans la presse et suscitent une inquiétude certaine dans les milieux professionnels. L’aspect spectaculaire des procès en responsabilité médicale tient souvent aux caractères de l’Action pénale : le praticien est poursuivi pour un acte commis dans l’exercice de ses fonctions, et en général sans intention de nuire, devant des tribunaux répressifs, soit à l’initiative du ministère public, soit par les victimes qui pensent que la vérité apparaîtra mieux dans un débat correctionnel que dans un procès civil. Il en résulte qu’une grave suspicion est portée sur le praticien. Même si à l’issue des débats il est acquitté, il peut en souffrir pendant des années dans sa notoriété et dans sa clientèle.

	Nous souhaitons que le législateur intervienne pour modifier le champ d’application de la responsabilité pénale. L’action pénale sera écartée dans le domaine médical, sauf pour le cas d’actes contraires à l’ordre public ou comportant une intention délibérée de nuire. L’action pénale serait réservée au ministère public, qui ne l’exercerait que dans le cas de fautes particulièrement lourdes. Mais il faut remarquer que l’action en responsabilité médicale peut rester spectaculaire, même si elle est portée uniquement devant les tribunaux civils et se limite à des demandes de dommages et intérêts. Ceux-ci peuvent atteindre en effet des montants considérables, surtout lorsque la victime est atteinte d’une invalidation permanente, soit qu’il s’agisse d’une victime jeune dont le maintien en vie nécessite des soins intensifs et l’assistance d’une tierce personne, soit que la victime ait des revenus très élevés. Nous abordons là le domaine de l’assurance tant il est clair que le médecin condamné à de telles indemnités a toutes les chances d’être ruiné s’il n’est pas correctement assuré.

	En Suède, par exemple, il existe un système d’indemnisation dit du «Risque thérapeutique», c’est-à-dire la création d’un fonds commun qui indemnisera le patient, que le médecin soit coupable ou non. De même qu’une solution transitoire pourrait consister dans la création d’un bureau de conciliation, formé de médecins et de juristes. Le patient lésé serait invité à présenter sa demande à ce bureau, avant de saisir la justice ; l’avis du bureau ne serait pas contraignant, du moins pour le demandeur, qui pourrait encore, dans un deuxième temps, s’adresser à la justice. Enfin, si la jurisprudence évoluait davantage encore dans le sens de la rigueur à l’égard des médecins, on risquerait d’arriver à une situation de paralysie des initiatives et du progrès médical. Les médecins seraient tentés de se cantonner à l’exercice de procédures dûment éprouvées et s’entoureraient, suivant la technique du «parapluie», d’un luxe de précaution qui freinerait toute évolution. La dépénalisation en général de l’acte médical, sauf en cas de manquement grave dûment prouvé par une décision collégiale d’experts pluridisciplinaires, nous fera passer d’une déontologie défensive à une (re)vivification ou une (ré)animation des valeurs éthiques. Rappel de quelques données sans prétention aucune. Il faut distinguer :
	- les aléas de l’acte médical ou chirurgical ;
	- l’erreur étant une fausse appréciation des choses ;
	- la faute : acte ou omission portant préjudice sans la volonté de nuire ;
	- une erreur ne devient une faute que si l’on refuse de la corriger ;
	- on est responsable si on n’a pas rempli son engagement de donner aux malades des soins consciencieux, attentifs, et, réserve faite de circonstances exceptionnelles, conformes aux données actuelles de la science ;
	- l’imprudence, l’inattention ou la négligence révèlent une méconnaissance de ses devoirs.
	Je ne suis pas pour la culpabilisation des confrères mais pour la reconnaissance de nos fautes. 
	
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           <title>Pour l’histoire</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Contributions</category>
           <pubDate>Sat, 16 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Il ne m’appartient pas de relever les nombreuses ambiguïtés qui entourent les motifs et raisons évoqués par le colonel Tahar Zbiri dans son livre Un demi-siècle de combat, expliquant l’échec de sa révolte contre le colonel Boumediène. 
	Néanmoins, en ce qui concerne le reproche fait dans son livre (pages 280 et 284) à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), d’avoir manqué à sa promesse d’organiser des manifestations publiques de soutien, un des faits, mentionné par lui, comme ayant contribué à l’échec de sa tentative de putsch, est tout simplement infondé. Ayant été personnellement impliqué au moment des événements, d’une part, comme assistant, le colonel Boubnider Salah dit «Sawt el arab», membre du secrétariat exécutif du Front de libération nationale (FLN) dans sa fonction de coordonner les activités des organisations de masse et notamment l’UGTA, et, d’autre part, en tant que principal médiateur entre Boubnider et Zbiri, du fait de la relation idéologique que j’entretenais avec un camarade proche de ce dernier, je me dois d’apporter, à toutes fins utiles, les éclaircissements suivants : au moment où commençait à circuler la rumeur relative à la fronde du colonel Tahar Zbiri contre le colonel Boumediène, je me suis dépêché d’amplifier cette rumeur pour sensibiliser le cercle politique afin de susciter un climat insurrectionnel.

	Comme j’étais en contact permanent avec la direction centrale de l’UGTA dont faisaient partie de nombreux camarades issus du dernier congrès et qui furent soutenus par la fraction progressiste du FLN avant le putsch du 19 juin, je devenais de ce fait le pivot central pour tout engagement politique éventuel de l’UGTA, laquelle depuis le congrès n’avait cessé de manifester sa volonté de sauvegarder son autonomie vis-à-vis de la direction du parti FLN. Je laisse de côté tous les autres aspects tumultueux de cette tentative de putsch dont je parlerai dans un autre écrit et je me limiterai au rôle joué par l’UGTA. Les trois colonels historiques, membres du secrétariat exécutif, à savoir Mohand Oulhadj, Boubnider Salah et Khatib Youcef, désignés par le colonel Boumediène comme membres du Conseil de la Révolution, pour servir de caution à son putsch du 19 juin, étaient intéressés par cette rumeur, car ils se sentaient humiliés de ne pas être conviés aux réunions de ce «Conseil» et d’être démunis de tout pouvoir au sein du FLN. Les entretiens que j’ai eus avec l’intermédiaire, cité plus haut, tournaient autour de la manière de mobiliser les forces susceptibles de constituer un support quelconque à ce mouvement de fronde.

	Le colonel Tahar Zbiri, qui était au départ réticent à l’idée de rencontrer les trois chefs historiques, finit par y adhérer. Les trois chefs historiques revinrent déçus de cette rencontre. Le colonel Boubnider me rapporta que le colonel Zbiri semblait gêné par leur offre de concourir par des actions politiques et populaires. Il récusa particulièrement l’idée de mobiliser l’UGTA et d’organiser des manifestations de masse regroupant aussi bien la Jeunesse du Front de libération nationale (JFLN) que l’Union nationale des étudiants algériens (UNEA). Ma «relation commune», à son tour, me confirma le fait. Alors, il était apparu clairement à tout un chacun qu’il s’agissait bien d’une affaire personnelle entre Zbiri et Boumediène, qui, malheureusement, éclaboussa beaucoup de monde. Entre autres, elle coûta la vie à un valeureux officier supérieur de notre Armée nationale populaire, puissant soutien de la tendance progressiste nationaliste. Elle entraîna la domestication définitive des organisations de masse et également la liquidation du FLN qui devint un simple appareil administratif au service d’un pouvoir personnel, désormais libre de toute entrave.  ]]></description>
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        </item>
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           <title>De la gestion psychologique du sécuritaire...</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
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           <pubDate>Tue, 12 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	«Il n’est pas un crime, pas un truc, pas un sale coup ..., pas une escroquerie, pas un vice qui ne perdure sans le secret qui l’entoure...».
	 Joseph Pulitzer (1847-1911) 
	L’opération de récupération du site d’In Amenas par les unités d’élite de l’armée algérienne terminée, la phase d’enquête(s) des différents services de sécurité n’en est qu’au début, tant les enseignements de ce drame qui risqua de déborder sur une catastrophe écologique et économique, à la limite des dégâts provoqués par une charge nucléaire tactique, n’ont pas encore été tirés par la classe politique et l’opinion publique locale… La finalisation des enquêtes durera encore sur les véritables commanditaires du drame et il reste candide que de se limiter aux lièvres médiatiques seulement...

	Il est vrai que le black-out imposé par l’état- major de l’ANP pour gérer l’opération «mission impossible» a donné raison aux stratèges de ces unités d’élite dont les pères, «les commandos de Skikda», avaient fait la une dans un autre théâtre d’opérations et je m’en veux d’avoir oublié le nom d’un auteur américain après avoir lu son livre policier où il relatait la traversée, de nuit et à la nage, du canal de Suez par ces téméraires et la liquidation à l’arme blanche d’équipages de chars israéliens stationnés sur l’autre rive... Fiction ou réalité !?
	Il s’est avéré que le maintien de la pérennité du secret dans la gestion du fonctionnement des services de sécurité et leurs unités ne fait que confirmer la capacité et le professionnalisme du secteur de la défense nationale et ce sont nos ennemis potentiels qui confirment cette efficience d’une armée professionnalisée à l’extrême tout en maintenant cette originalité d’être et de vouloir rester la digne héritière de la prestigieuse ALN, Armée de libération nationale par essence qui a donné son sigle à des dizaines de mouvements de libération sur les cinq continents...

	La gestion algérienne de ce drame malgré les offres de service (satellites, matériel de pointe, conseillers d’élite...) des grandes puissances a mis à nu les carences de ces dernières dans la connaissance d’un terrain et son exploitation dont seules les unités algériennes avaient la maîtrise, la motivation et l’implication... Et cela restera une des leçons essentielles de cette prise d’otages en milieu saharien où l’«école algérienne» fera référence d’ici peu dans les académies militaires de référence comme West Point, Fort Benning, Frounze et Saint-Cyr... Déjà, les Israéliens s’inquiétèrent lors du match Algérie-Egypte à Khartoum de la capacité de la flotte nationale algérienne (et non privée) à transporter plus de vingt mille hommes/supporters en trois jours seulement.

	Un certain journal de Tel Aviv implicita cette opération de promotion sportive à une manœuvre sur la capacité de transport aérien de l’Algérie que fit rappeler un certain officier supérieur US du NATO lors d’une réunion en Italie en précisant que la capacité de transport militaire aérien de l’Algérie était supérieure à toutes les flottes des pays européens membres de l’OTAN...
	A ce jour, les avions lourds Lockheed de l’US Air Force sauvent le ravitaillement des troupes françaises au Sahel qui risquaient une asphyxie logistique les semaines à venir du fait de carence d’une flotte de transport autonome... même avec l’ouverture de l’espace aérien algérien parallèlement aux recommandations du Conseil de sécurité.

	Le syndrome post-traumatique du drame d’In Amenas n’épargnera pas l’opinion publique algérienne sur les tenants et aboutissants de ce raid terroriste qui va dans un sens reconfigurer les attentes et angoisses du peuple algérien et refocaliser son activité existentielle sur les dangers extérieurs réels auxquels il a échappé si ça n’avait été l’existence d’une armée (ANP) à qui on essayait d’imputer presque tous les maux dans la lenteur du processus démocratique.

	L’échelle d’évaluation de l’Algérien de tous les jours en prend un coup. Trop focalisé par les nourritures terrestres, la bonne chère et une auto-dépréciation où tout ce qui est labellisé local est défectueux et peu fiable, l’Algérien se rend compte qu’il peut du jour au lendemain être la victime directe d’une panne... de gaz qui bloquerait toute activité vitale et sanitaire avec une débandade à la libyenne à la limite du  burlesque... Quant à la classe politique qui lorgnait parfois vers le printemps arabe... et syrien, elle devra se recomposer et laisser place aux élites locales pour ne pas faire de la figuration comme ces jours-ci !
	Car ce n’est pas elle qui a géré cette crise très complexe qui a pris de court les stratèges nordistes (prises d’otages sanglantes en Russie, Ossétie, Tchétchénie... ), mais bien de jeunes Algériens surentraînés par des structures dont on ne parlera peu mais qui sont du terroir. L’hommage aux morts au combat rapproché et presque suicidaire pour sauver le complexe d’In Amenas et les otages sera occulté par les médias occidentaux. L’expertise algérienne aussi...  ]]></description>
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           <title>Une promesse est une promesse</title>
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           <pubDate>Tue, 12 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Le 8 mars marque le 102e anniversaire de la célébration de la Journée internationale de la femme. Une célébration qui est née des activités des mouvements travaillistes à l’aube du XXe siècle en Amérique du Nord et à travers l’Europe. 
	Au début, la journée du 8 mars honorait les mouvements des droits de la femme, entre autres le plaidoyer pour le droit de vote, l’accès aux postes publics et l’arrêt de la discrimination sur le lieu du travail. Ce jour est observé comme un moment de réflexion sur le progrès, un appel au changement et une célébration des actes de courage et de détermination des femmes qui ont fait la différence dans leurs communautés et pays.

	Les Nations unies ont choisi pour cette année de célébrer cette journée sous le thème «Une promesse est une promesse : le temps de l’action pour mettre fin à la violence à l’égard de la femme». Les femmes à travers le monde endurent une part disproportionnée de violences et de conflits, il ne fait nul doute que nous sommes nombreux à connaître une femme qui a été touchée par ce phénomène.
	Les Etats-Unis sont fiers de se joindre aux Nations unies pour appeler à entreprendre des actions visant à mettre fin à la violence contre les femmes. En effet, la lutte contre la violence basée sur le genre n’est pas nouvelle aux Etats-Unis.

	Ce fut le vice-président, Joe Biden, alors sénateur, qui, en 1994, a élaboré l’Acte sur la violence à l’égard des femmes, pierre angulaire de la législation qui a amélioré, voire sauvé, les vies de nombreuses femmes américaines en fournissant les moyens financiers et légaux pour l’enquête et le procès des personnes coupables de crimes violents contre les femmes et a inspiré des lois similaires dans différents pays.
	L’Acte sur la violence à l’égard des femmes a récemment été reconduit et a reçu un soutien écrasant des membres des deux formations politiques majeures. La semaine passée, le Secrétaire d’Etat, John Kerry, a rendu publique son intervention à l’occasion de la Journée internationale de la femme : «Pourquoi les femmes sont-elles au centre de la politique étrangère américaine ?»
	Ses paroles ne laissent aucun doute quant à la position des Etats-Unis sur la place qu’occupe la femme dans la société globale. Aucun pays ne peut aller de l’avant s’il laisse son peuple derrière.

	C’est pourquoi les Etats-Unis croient que l’égalité des genres est primordiale pour nos objectifs communs de prospérité, stabilité et paix, et pourquoi investir dans les femmes et filles à travers le monde est important pour la politique étrangère des Etats-Unis.
	Aujourd’hui est un jour de célébration, c’est également un jour où chacun doit renouveler son engagement à mettre fin à l’inégalité qui empêche le progrès dans chaque coin du globe. Nous pouvons et devons nous engager à faire de cela une réalité pour que chacune de nos filles soit en mesure de prendre le bus de l’école sans peur, pour que toutes les sœurs puissent réaliser leur potentiel, et que chaque femme et fille soit capable d’atteindre son potentiel.

	La stabilité, paix et prospérité globales dépendent de la protection et avancement des droits de la femme et filles à travers le monde. Les recherches montrent que le progrès enregistré dans l’emploi, santé et éducation de la femme peut amener à une croissance économique plus grande et des sociétés plus fortes. Lorsque les femmes et hommes sont habilités de manière équitable en tant qu’acteurs politiques et sociaux, les sociétés sont plus représentatives et effectives.
	En Algérie, nous célébrons les réalisations des femmes qui ont contribué à faire de leur pays un leader dans la région. Historiquement, les femmes algériennes ont joué un rôle indispensable au-devant et derrière la scène, dans la lutte de la nation pour son indépendance. Aujourd’hui, elles continuent à contribuer sur le plan économique et professionnel et sont bien représentées dans les domaines éducatif, judiciaire et politique.

	Les femmes algériennes honorent leur famille au quotidien à travers leur rôle de mère, épouse, fille et sœur, et œuvrent ainsi à promouvoir l’unité sociale et garantir l’éducation morale de la prochaine génération d’Algériens. J’espère que vous continuerez à utiliser votre influence pour abattre toutes les barrières, sociales, économiques ou professionnelles qui se dressent sur votre chemin et le faire dans un environnement sans discrimination, harcèlement ou violence.
	Cette journée internationale de la femme devrait tous nous inspirer à continuer à chercher de nouvelles opportunités en vue d’améliorer la place qu’occupe la femme dans le monde. 
	  ]]></description>
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           <title>Tizi Ouzou : Il est temps que les gens sachent !</title>
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           <pubDate>Tue, 12 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	«Les actions parlent plus que les mots» (proverbe anglais) 
	C’est dans la discrétion la plus totale que s’achèvera, bientôt, la cinquième campagne annuelle de distribution de repas chauds aux personnes sans domicile fixe (SDF) que mènent les bénévoles de l’Association des anciens scouts et amis des scouts de la ville de Tizi Ouzou. Dans quelques jours donc, le 31 mars précisément au soir, aura lieu la dernière sortie de la maraude pour la saison hivernale 2012-2013. Ce véhicule utilitaire, que l’on aperçoit chaque soir depuis le 1er décembre 2012 parcourant les quartiers de la ville de Tizi Ouzou, va, sans relâche et avec une remarquable persévérance, tous les soirs, à la rencontre des SDF pour leur distribuer des repas chauds accompagnés de desserts, de boissons chaudes, et cela, surtout, avec de la bienveillance envers ces personnes et de la compassion pour la situation qu’elles vivent.

	Cette opération caritative, entreprise par l’Association des anciens scouts et amis des scouts de la ville de Tizi Ouzou, en est à sa cinquième saison depuis le 1er décembre 2008, date de son lancement. Il convient de rappeler que cette association a obtenu son agrément des autorités de la wilaya de Tizi Ouzou le 16 mai 2006, il y a donc bientôt sept ans.

	Par quel miracle ?

	Quel est le secret du succès de cette opération ? Comment pouvons-nous expliquer la longévité de cette action ? Où les membres de cette association puisent-ils ce degré de dévouement, cette endurance, pourrions-nous dire, dans cette entreprise humanitaire ?
	Il faut dire d’abord que cette action mobilise une vingtaine de personnes qui se relaient pour mener à bien non seulement la distribution proprement dite des repas, mais surtout leur préparation qui nécessite une rigueur certaine. Indéniablement, c’est bien grâce à l’ensemble de ces bénévoles, à leur disponibilité, que se poursuit chaque année cette opération salutaire.

	Des donateurs généreux, indispensable !

	Il faut aussi rendre grâce aux généreux donateurs tizi-ouziens qui ont toujours devancé les besoins de l’Association en termes d’argent lequel, indubitablement, constitue le «nerf» de cette opération puisqu’il permet d’affranchir les organisateurs dans la préparation des repas qui connaissent une variation quant aux menus préparés.
	Ces dons permettent également d’acquérir des vêtements, dont des chaussettes et des gants pour se protéger du froid ainsi que des couvertures et, parfois, des sacs de couchage.

	Le restaurateur,  ce Monsieur

	De nombreuses autres questions viennent à l’esprit : comment rendre possible une sortie de la maraude ? Qui concocte les repas ? Comment ? Où sont préparées les boissons chaudes ? Mais, d’abord, qui s’occupe de «faire les courses» ?
	S’il est une réalité qu’il faut mettre en avant d’entrée, c’est incontestablement le degré d’abnégation avec lequel sont confectionnés les repas ; c’est tout simplement sidérant. Le restaurateur Mourad T. et ses employés sont toujours à la disposition des organisateurs depuis les débuts. Si, pour une raison ou pour une autre, les ingrédients servant à préparer les repas ne lui sont pas fournis, lui et ses admirables collaborateurs se chargent de le faire en puisant dans leur propre réserve.

	De temps à autre, des offrandes (waâdate), des présents sous forme de repas préparés à la maison, sont proposés à l’Association en vue d’être offerts aux personnes en détresse qui se trouvent dans les rues de la ville de Tizi Ouzou. Ces dons en nature sont également un appoint non négligeable pour ce type d’opérations.

	Le SAMU social, un besoin impérieux

	Durant leurs sorties, il arrive quelquefois que les bénévoles se retrouvent devant des cas dramatiques qui nécessitent une intervention particulière comme une prise en charge médicale ou un abri d’urgence. Or, il leur est impossible de les mettre à l’abri, les moyens dont dispose l’Association ne le permettant pas. Tout le monde en conviendra, il est des tâches délicates qui ne peuvent être prises en charge pour le moment, dans notre pays, que par les services de l’Etat. Justement, à propos de ces derniers, il y a lieu de dire que cette année – et c’est une première – la Direction de l’action sociale (DAS) de la wilaya de Tizi Ouzou a contribué à l’opération en remettant à l’Association dix cartons de denrées alimentaires, dont une partie seulement a été utilisée au profit des SDF (pâtes, sucre, thé et concentré de tomate).

	Le reste a été distribué aux familles nécessiteuses de la ville de Tizi Ouzou (semoule, farine, s’men, café, huile et lait). Parfois, cette même direction délègue une équipe(1) pour suivre la maraude de l’Association et constater de visu la situation déplorable que vivent ces sans-abri. Cet accompagnement demeure épisodique car, malgré sa bonne volonté, cette équipe se compose de personnes qui sont avant tout des «administratifs» qui, au bout du compte, n’ont pas la latitude d’agir face à certains cas dramatiques. Il est regrettable de constater que le SAMU social n’a qu’une existence virtuelle. Il est plus qu’urgent de l’installer officiellement tout en lui donnant les moyens appropriés pour mener à bien sa mission.  

	Le transport, une épine de moins

	Jusqu’à cette saison, les organisateurs ne pouvaient compter que sur H. C. qui, durant les quatre saisons précédentes, avait mis son fourgon à leur disposition, celui-là même avec lequel il travaille durant la journée. Cette année se sont joints à lui deux autres bénévoles, Nacer B. et Hakim D. qui, en offrant leurs services et leur véhicule utilitaire facilitent la tâche à celui qui coordonne l’opération, à savoir Hocine B., lequel, ainsi, peut pallier à toute défaillance de dernière minute. Il faut dire que ce cas de figure ne s’est jamais produit jusqu’à présent.

	Ces «chauffeurs-livreurs» sont quelquefois relayés par d’autres bénévoles, dont Boualem A., Nabil G. et Amine M. qui sont toujours prêts à prendre le relais. D’autres membres de l’Association collaborent à la réussite de cette action qui n’a d’autre but que de porter secours aux plus défavorisés. Parmi eux l’on retrouve Nourredine B., Mahmoud D. et Idir Y. B. qui se dévouent pour préparer les boissons chaudes alors que des sympathisants, tels Merzouk H., Fayçal M. et Krimo R., savent se rendre disponibles pour suppléer d’éventuelles absences qui, fort heureusement, sont rarissimes. Un certain nombre de jeunes bénévoles, malgré la charge de leurs études, gravitent autour des «permanents» et collaborent parfois aux sorties nocturnes. Il s’agit particulièrement de Rachid A., Salim A., Redha B., Zakaria B. et Sid-Ali Z.

	De la bonne humeur, il en faut aussi

	Il arrive parfois que le privilège soit offert à quelques amis de l’Association, de passage à Tizi Ouzou, de partager avec les bénévoles la tournée d’un soir parmi les 121 maraudes de la saison actuelle. Avant de se joindre à l’équipe de sortie, il leur est offert de goûter au repas-témoin ainsi qu’à la boisson chaude qui seront distribués ce soir-là. Durant leur déplacement en compagnie des bénévoles, ces sympathisants de l’opération reviennent souvent scandalisés par le degré de précarité que vivent les sans-abri.

	Toujours est-il que, quel que soit le statut social de ces visiteurs, bénévoles d’un soir, il demeure entendu que les personnages centraux de ces sorties de la maraude ne peuvent être que ces démunis dont, malheureusement, la présence dans les venelles de notre ville est la raison d’être de ces campagnes de distribution de repas chauds. Ces amis des scouts, parfois d’anciens scouts eux-mêmes, gardent des virées auxquelles ils ont pris part une image de la bonne humeur qui prévalait car, figurez-vous, il y a lieu de noter l’ambiance conviviale qui règne au sein des équipes de bénévoles ; ils ne manquent pas de la transmettre aux pauvres malheureux qu’ils trouvent dans les rues.

	C’est une dimension essentielle de ce type d’action. Parmi les anecdotes rapportées par les participants à cette opération de bienfaisance, l’on retiendra celle se rapportant aux fortes chutes de neige de février 2012 au cours desquelles l’équipe de bénévoles n’a pu poursuivre son action qu’à l’aide  de chaînes qu’elle a confectionnées elle-même pour que le fourgon à traction arrière puisse accomplir sa mission. Une autre anecdote concerne le vieil homme amnésique dont on a retrouvé la famille grâce à une annonce parue dans un journal qui n’avait pas échappé à la lucidité d’un bénévole de l’Association.

	C’est un devoir que de rendre grâce à toutes les personnes impliquées dans cette action caritative : les bénévoles, qu’ils soient membres ou sympathisants de l’association, les donateurs, que ce soit ceux qui donnent des sous ou ceux qui font des offrandes et, surtout, le restaurateur, omniprésent, de même que ses employés, qui accompagnent l’association depuis cinq années. Enfin, il est difficile de se retenir, à la fin de cette contribution, d’évoquer la phrase prononcée spontanément par une dame en apercevant des adhérents de l’Association en train de décharger des couettes destinées à être distribuées aux familles nécessiteuses en s’exclamant ainsi : «C’est bien de faire du bien !»(2)
	
	«Ceux qui dépensent leurs biens pour la cause de Dieu, sans chercher à en tirer vanité ni à porter préjudice à autrui, ceux-là trouveront leur rétribution auprès de leur Seigneur et n’auront à éprouver ni crainte ni peine.» Le Saint Coran, sourate 2 : La vache (Al Baqara) verset 262.
	 

	Notes : 

	(*) Profil  facebook Maison de la mémoire tizi-ouzienne
	1) Actuellement, cette équipe comprend un médecin, une psychologue, le chef de service et un chauffeur.
	2) Doit-on signaler que cette même dame, Mme Salima B. pour la nommer, donne gratuitement des cours de soutien aux élèves en classe d’examen dans le local de l’Association.  ]]></description>
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	L’Association des anciens scouts distribuant des repas chauds aux SDF.
	 
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           <title>La gestion de la ville : le désarroi des politiques</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
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           <pubDate>Sun, 10 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	La beauté, l’équilibre et mieux encore, l’honnêteté d’une réalisation peuvent être le fruit du génie ou du simple talent, ou encore d’un travail consciencieux et sensible».(1) 
	Que ce soit dans les discours des cafés, des réseaux sociaux ou même du président de la République, tous se rejoignent pour dire que «nos villes sont sales»(2) et décrient ce confinement de l’action urbaine dans cet énième et occasionnel, ravalement de façades, cette peinture des trottoirs et des arbres et cette construction dans l’urgence des blocs de béton et des cités dortoirs. La politique urbaine et la gestion de la ville, en Algérie, sont touchées par un strabisme chronique, pour ne pas dire une cécité. Malheureusement, ni la politique de l’habitat usitée, usée et obsolète depuis «l’ère Boumediene», ni les thèses farfelues des socialo-économistes, dénudées de toute logique urbaine, ni même les expertises des ingénieurs du tout béton armé, qui pullulent dans la presse, ne peuvent répondre aux attentes d’une ville en pleine mutation. La sauvagerie a atteint son paroxysme dans ce pays, le ridicule et la médiocrité ont un effet nocif sur le comportement du citadin et polluent son urbanité.

	Toutes les théories exposées se valent. Elles nous parlent de nos gènes destructeurs, violents, de nos descendances, de la mémoire, de notre économie ou nos composantes sociologiques et j’en passe des théories les plus abjectes. Elles n’ont rien apporté de constructif à l’architecture urbaine et à l’urbanité.(3) A contrario, elles ont participé et participent encore à la «clochardisation de la cité». «Vous faites tout sauf de l’architecture», reprochait un jour mon enseignant, M. Guillois, à l’ensemble des universitaires de l’Institut d’architecture. Si seulement on pouvait voir, diagnostiquer et apporter une solution à ce mal : l’espace public est un espace violé, défiguré, balafré par ces multiples verrues que le propriétaire algérien (qu’il soit citoyen ou Etat) greffe sur les éléments qui forment l’espace urbain dans son ensemble : rues, places, trottoirs, façades, loggias, balcons, rien n’est épargné.

	Tout ça devant l’impuissance des hommes de loi, d’abord, et le silence surprenant des architectes et urbanistes. Il faut comprendre l’origine du mal et comment l’espace public est malencontreusement approprié au vu et au su de tous. Commençons par ce niveau outrepassé.  En bitumant parfois deux à trois couches au-dessus, ce qui représente environ 40 à 60 cm d’épaisseur, un bouleversement de tous les fonctionnements techniques de la chaussée apparaît. Les niveaux se confondent, les trottoirs se retrouvent au-dessous de la chaussée, les siphons ainsi que les avaloirs, engloutis lors des fortes précipitations, ne fonctionnent plus et rendent les rues impraticables.

	Ainsi, l’Etat se dérobe face à ses responsabilités, laissant les espaces publics et les trottoirs aux mains des uns et des autres. Le propriétaire rehausse son trottoir, le personnalise, et, par précaution, car il est de nature très maligne et prévisionniste, pour ne pas dire équilibriste, construit sa bâtisse de façon à être plus haut, plus bas ou outrepassant, du moment qu’il peut se permettre sans être dérangé de s’approprier l’espace public. On assiste, impuissants à la multiplication de terrasses le long des boulevards et des rues, au détriment des piétons, tels que les personnes âgées, les enfants, les jeunes mères et leur poussette, sans oublier les handicapés qui n’ont d’autre choix que d’utiliser la chaussée en risquant de se faire renverser.

	Le comble dans ce désordre, c’est que le propriétaire, le maître d’œuvre et les élus, par un accord tacite, sont convaincus que le trottoir et l’espace public sont du domaine privé, et il revient au pseudo-possesseur de les façonner selon ses désirs, ce qui est contraire à la réglementation algérienne en cours. Dans ce cas, la façade, elle aussi, peut être refaite selon ses désirs. C’est pour cette raison que l’on voit fleurir des styles qui frisent le ridicule : des clôtures de tous genres, des constructions s’inspirant du palais d’Aladin à celui d’Hollywood, sans parler bien sûr de ces boîtes de sardines avec des commerces au rez-de-chaussée et toutes sortes de champignons à l’étage.

	Des formes étranges qui cassent l’harmonie d’ensemble et des constructions défiant toute règle d’urbanisme. Un vrai quiproquo algérien avec toutes ses conséquences. On se rend compte de la complexité de la tâche du gestionnaire de la ville et des analystes urbains, s’il en existe. Car il faut le reconnaître, si l’Etat est impuissant, c’est aussi à cause de l’absence de politique urbaine et de génie urbain et architectural. Il faut s’imprégner de la philosophie, de la culture, de l’art et de la technique de l’Urb : de la ville en Algérie et non pas en dehors de l’Algérie. On préfère quémander autour de cette quête des styles : entre les traditionnalistes, nostalgiques d’un passé qu’on veut figer, de style arabo-berbéro-mauresque, les radicalistes, qui sont souvent fâchés contre le style coloniale, et les modernistes. On oublie souvent que le style est le propre de l’inventeur, car pour créer une harmonie urbaine, il faut d’abord maîtriser la technique et pouvoir façonner une construction, un ensemble, une rue piétonnière, un quartier, une ville et même une région ou un pays suivant le génie, la créativité du concepteur.

	Or, ce don n’est pas donné à n’importe quel charlatan ou footballeur reconvertis dans la construction sans formation ni inspiration. En conséquence, on retrouve le maçon et l’ingénieur, maîtres absolus de la fonction, en amont pour «pondre» cette console inesthétique et surévaluée qui retient un balcon inapproprié à une société introvertie et conservatrice. Les Occidentaux exhibent leur intimité, ce qui n’est pas le cas des Algériens.

	Le rôle du maître d’œuvre, de l’architecte et de l’urbaniste dans la décision urbaine est de plus en plus hypothétique. Ceci est le premier mal d’une formation amputée des connaissances pratiques et urbaines, le second étant le manque de sens qualitatif et artistique de la question. On voit souvent cette confusion dans les décisions, les plans d’urbanisme à deux dimensions, la conception de l’architecte en manque de traits et les résultats désastreux sur le terrain. Et c’est le mal de la ville algérienne, car on a substitué à la traditionnelle pratique urbaine, cette quête aveugle de la modernité(4), sans la remettre en cause, à cette option pour le gigantisme sans maîtrise de l’outil de gestion. On a abandonné des métiers qui ont apporté énormément à la pratique urbaine tels que le concierge et le garde champêtre.

	La voiture a changé notre comportement et envahi notre espace. Et ça dépasse de loin les quelques interventions sporadiques constatées avec amertume par-ci et par-là. Revenons à la voiture : aujourd’hui, les Algériens ne peuvent pas faire 200 mètres sans l’utiliser. Les maladies chroniques dues à la pollution se sont multipliées, nous rendant incapables de résoudre cette propagation, alors qu’il suffirait de limiter le recours à la voiture, nous rendant ainsi l’usage des espaces publics. J’étais à Tlemcen le jour de la visite officielle du président Hollande en Algérie et j’ai mené une enquête auprès des citoyens tlemcéniens.

	Le résultat est sans appel : ils ont redécouvert le plaisir de la ville, respirer de l’air frais, l’envie de marcher et une facilité d’accès au centre-ville déconcertante. Une fois la circulation rétablie, tous regrettaient ce moment, sauf les accros de la voiture. Alors, pourquoi ne pas lancer des actions dans ce sens ? Il faut apprendre de ses erreurs et échecs, de ses expériences, mais aussi de ce qui nous entoure, de ce qui existe. Cela passe par plusieurs réformes de la politique estropiée menée à ce jour pour un bien-être urbain et une redécouverte du «plaisir de la ville».

	 

	Notes :
	1) Mémoires d’un architecte, fernand pouillon. Editions du Seuil, page 36.
	2) discours du président Bouteflika aux architectes algériens.
	3) The M’zab and de Le Corbusier Connection, Toufik Hedna,Prospect, Architecture Scotland, March 1989 n° 36.
	4) The application of traditionnal urban and architectural principles within a modern context, learning from M’zab,Toufik Hedna, Makintosh School of Architecture ]]></description>
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           <title>L’industrie du papier peut être sauvée</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
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           <pubDate>Sat, 09 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	Suite à l’article daté du 7 février 2013, publié dans le quotidien El Watan, ayant pour sujet : «L’industrie algérienne du papier en péril…», je tiens d’abord à féliciter Lyès Mechti pour la richesse en informations de son écrit, notamment celles issues de l’étude sectorielle, réalisée par le cabinet d’audit et de conseil Grant Thornton. 
	Effectivement, comme rapporté dans l’étude en question, et d’après les chiffres énoncés, la production de la pâte à papier en Algérie endure actuellement d’énormes difficultés en ce qui concerne le «manque de matière première». Les inquiétudes pourraient être dissipées, si l’on prend conscience de l’origine des problèmes. Sans paniquer, il y a des solutions qui existent mais qui sont négligées ou mal exploitées par les responsables. Tout en restant dans le cadre de l’article mentionné ci-dessus, j’ajouterais à ces faiblesses la carence du consommateur algérien en papier.

	Le recyclage du papier est une pratique qui n’est pas encore assez ancrée dans la culture de la population algérienne. Pour s’en rendre compte, il suffit de faire la comparaison entre une famille habitant dans un petit appartement d’une agglomération nord-américaine, et celle qui occupe un F2 en Algérie. La première met les papiers et les cartons dans un caisson pour les envoyer à l’usine de recyclage, la deuxième les jette dans la poubelle, ou les sème à tous vents dans la rue… On consomme 640 000 tonnes de papier par an, et on n’en recycle que 15,62% (100 000 t/an), alors qu’aux Etats-Unis, c’est 40% que l’on recycle, en Europe de l’Ouest 50%, et en Asie de l’Est c’est plus de 60%.(1) Ce n’est donc pas une question de matière à recycler qui fait défaut en Algérie, c’est plutôt une question d’éducation et de persuasion du citoyen à lui faire entendre raison pour ne pas jeter de grosses quantités de sa consommation de papier dans les ordures.

	Il faut apprendre à ce même citoyen, qu’en France, la fabrication de la pâte à papier utilise 40% de bois et 60% de papiers et cartons recyclés. Nous achetons donc, sans nous en rendre compte, du papier recyclé à la France, contre des pétrodollars ! Il y a la part du responsable de l’usine, de la municipalité et des médias dans le processus de recyclage. En effet, ces trois entités doivent s’associer pour persuader le citoyen à ne pas détruire les papiers et les cartons qu’il n’utilise pas. Sachant que la consommation nationale annuelle en papier est de 640 000 tonnes, supposons que le nombre d’utilisateurs potentiels serait estimé à environ : 24 millions de personnes(2), tous calculs faits, chacun de ces consommateurs utiliserait 27 kg de papier par an.

	Si chaque individu a remis les 2/3 du papier non utilisé au recyclage, on aurait récupéré 432 tonnes de pâte. On aurait ainsi dépassé le double des objectifs, à court terme, estimés par les experts.(3) Pour atteindre ces résultats, la municipalité, en contribution avec les responsables des usines et les médias, doivent mettre en place un programme sérieux pour rendre facile au citoyen la remise aux services de récupération, tout ce qui est jugé susceptible d’être ré-utilisé pour produire du papier.(4) Pour compléter cette quantité et la dépasser largement, il y a l’alfa.

	La même étude citée plus haut indique que «la production alfatière continue de chuter de manière drastique, d’année en année, pour atteindre moins de 500 tonnes en 2011». Il faut faire attention, cher lecteur, qu’il s’agit de la quantité produite et non pas des quantités disponibles existantes et exploitables. Celles-ci sont largement supérieures, et elles dépassent l’imagination. Pour le prouver, permettez-moi de vous confier le statu quo de l’alfa dans le passé pendant la colonisation, tel qu’il a été décrit par Jean Blottière dans les Cahiers du Centenaire de l’Algérie, publié par le Comité national métropolitain en 1930.

	En voici quelques extraits : «L’alfa couvre 4 millions d’hectares sur les Hauts-Plateaux, de la frontière marocaine à la frontière tunisienne. Elle déborde jusque dans le Tell, atteignant le littoral. Au Centre, elle couvre quelques milliers d’hectares dans le Sahara. L’emploi de l’alfa dans la fabrication du papier remonte au milieu du siècle dernier, il est dû aux recherches d’un papetier écossais. Un centre de manipulation et d’embarquement de l’alfa fut créé à Arzew par cet industriel. En 1870, 42 000 tonnes étaient déjà expédiées en Ecosse. Elles dépassent actuellement (en 1930) 200 000 tonnes. Il faut, en effet, pour sa cueillette, une nombreuse main-d’œuvre quelque peu expérimentée.

	Les tribus indigènes nomades, qui viennent à l’époque de la récolte camper à proximité des chantiers, la fournissent en abondance : hommes, femmes, et enfants apportent leur cueillette au chantier de pesage ; l’alfa, pesé, est payé aussitôt.
	C’est une autre source de revenus pour les nomades. Avec leurs chameaux, ils transportent à la gare d’embarquement l’alfa mis en balles. Les peuplements d’alfa cependant ne sont pas entièrement exploités. De vastes espaces, en effet, trop éloignés des chemins de fer, n’ont pu encore être mis en valeur. Ce n’est qu’à proximité des lignes de pénétration d’Oran à Crampel, d’Arzew à Colomb Béchar, d’Alger à Djelfa et de Constantine à Biskra qu’existent les principaux chantiers de récolte. Quoi qu’il en soit, les peuplements exploités fournissent à l’exportation plus de 200 000 tonnes par an de produits.

	Longtemps, le monopole du papier d’alfa fut détenu par l’Angleterre qui achetait à l’Algérie la majeure partie de sa production. L’industrie anglaise nous revendait les papiers qu’elle produisait à des prix élevés, car le papier d’alfa fut longtemps considéré comme papier de luxe. Des essais de fabrication furent cependant tentés en Algérie, dès 1906. Repris après la guerre, ils durent être abandonnés. On se heurtait, en effet, à deux obstacles : le manque d’eau et le prix de revient trop élevé sur les lieux de production, du combustible et des produits chimiques…».          

	Tel que rapporté ci-dessus, l’exploitation de l’alfa en Algérie a été abandonnée par manque d’eau et à cause du coût du combustible et des produits chimiques. En 2013, notre pays est maintenant riche en ressource hydrique, en énergie et en produits chimiques. Malheureusement, pour mettre en œuvre ces éléments et produire de la pâte à papier, une ressource très importante fait défaut : c’est une ressource humaine efficace qui manque. Elle concerne les plus hauts responsables des sphères dirigeantes jusqu’aux plus simples ouvriers saisonniers. Il est vrai que sur les 4 millions d’hectares qui existaient pendant la colonisation, il y en a une bonne partie qui a disparu.

	La cause majeure de sa dégradation résulte de l’abandon de son exploitation, de son utilisation illicite comme pâturage au cheptel et surtout de la désertification. Je présume que malgré tout, il doit rester dans une large mesure plus de la moitié des surfaces encore vierges et riches en alfa. Celles-ci ne demandent qu’à être exploitées. Il appartient donc à chaque concerné, dans la hiérarchie de l’industrie papetière, de réfléchir à la remise en exploitation de cette matière presque gratuite, facile à arracher et de très bonne qualité pour la production de papier. La mise à niveau des unités de production, actuellement à l’arrêt, n’est pas conseillée dans la conjoncture actuelle de l’industrie papetière, avant d’assurer une disponibilité garantie et permanente de la matière première. Qu’elle provienne du recyclage de papier ou de l’exploitation de l’alfa, ces deux matières, une fois disponibles, permettront la relance de la filière dans de bonnes conditions de technologie et de rentabilité.  

	Les solutions que je propose à court terme sont les suivantes : dans une première urgence, continuer à inciter le citoyen à recycler tout ce qui pourrait servir à produire du papier. Pour cela, il faudra associer cette opération à la collecte des ordures comme dans les pays déjà lancés dans ce domaine. Dans une deuxième urgence, inventorier les zones d’alfa encore exploitables dans les Hauts-Plateaux, notamment celles qui se situent aux alentours des axes ferroviaires et routiers. Installer des stations de mise en balles de cette plante à des points de chargement. Il est même possible de créer des petites unités de traitement de la pâte à papier dans certains points stratégiques. Faire appel à la main-d’œuvre saisonnière pour arracher et acheminer l’alfa vers les points de mise en balles et de chargement.

	Dans un moyen terme, je suggère la construction d’une usine localisée systématiquement dans les Hauts-Plateaux. Le projet, en plus de la matière première abondante et non coûteuse, demande un bon emplacement, de l’eau, et la proximité d’une source d’énergie. Pour toutes ces commodités, je propose la future ville de Boughezoul comme implantation idéale. La commune est localisée au sud-ouest de la wilaya de Médéa. Elle est située à 170 km d’Alger, à 20 km au sud de Ksar El Boukhari et à 30 km au nord de Aïn Ouessara. Elle se trouve à l’intersection de l’axe Nord-Sud de la RN 1, et de la rocade Tiaret-M’sila (Est-Ouest). Elle accueillera une concentration de population de plus de 350 000 habitants à l’horizon 2025. Un pôle de compétitivité et d’industrie de pointe, des équipements collectifs qui s’étendront sur 533 ha, ainsi que la construction d’un aéroport international.

	Boughezoul bénéficie de l’avantage de se trouver à côté d’un lac de 1886 ha. En plus de cet avantage, il y a le pipeline de gaz en provenance de Hassi R’mel qui passe juste à côté.(5) Avec cet emplacement stratégique, la faisabilité du projet est presque garantie. Ce qui manque, c’est un investisseur qui voit loin. Public ou privé, peu importe, mais tout réside sur une bonne conception et une bonne gestion du projet. En effet, l’Algérie importe actuellement plus de 500 000 tonnes de papier pour ses besoins.

	Les industries actuelles (Gipec, Tonic et les autres) comptent sur la collecte et le recyclage des déchets. Elles ont parfois recours à l’importation pour leur matière première avec, en plus, des difficultés d’approvisionnement en eau et en énergie. Ce qui donne un surcoût excessif au produit à sa sortie d’usine. La France, l’Italie, le Canada, le Brésil sont actuellement nos fournisseurs principaux. Si ce projet est finalisé, la satisfaction du marché local sera assurée et les pays de l’Europe, du bassin méditerranéen, du Maghreb et de l’Afrique deviendront nos clients potentiels… Ce n’est ici qu’une simple idée qui mérite réflexion et exploitation. Je suis prêt à donner de plus amples informations et à répondre aux questions de ceux qui sont intéressés par ce projet.
	
	Notes : 

	1 - Source : Ressource information systems Inc. (RISI – 2008)
	2- 2/3 de la population – composée de commerçants, usines, ménages, écoliers, imprimeries, etc.
	3- D’après l’article d’El Watan du 07/02/2012, cité en référence : «Objectifs à court terme de 200 000 t/an»
	4- Dans le même ordre d’idées, on demandera au citoyen de remettre aux services de récupération tous les produits en plastique et métalliques susceptibles d’être réutilisés.
	5- Informations tirées de l’article : «La nouvelle ville de Boughezoul se dessine» - in Le Quotidien d’Oran – 2005/2006 par Rabah Benaouda.
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	Le recyclage du papier, une solution adéquate.
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