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Elections législatives 2017

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le 18.04.17 | 12h00 Réagissez

L’actualité nationale braque ses feux sur les élections législatives algériennes, auxquelles se posent, à notre humble avis, deux questions fondamentales, à savoir : qu’apportent nos députés à l’économie du pays ? Et que peuvent attendre d’eux l’Algérie et les Algériens ? Notamment après 28 ans d’ouverture, l’économie algérienne est demeurée fortement subventionnée, étatiste et structurellement importatrice.

L’Algérie renouvelle, dans moins d’un mois, son Assemblée populaire nationale(APN), dans un climat social et économique qui ne promet pas un avenir serein face à la crise de confiance et morale entre les élus, l’administration et les citoyens dans une Algérie frappée de plein fouet par la baisse du prix du baril de pétrole sur les marchés mondiaux.

D’emblée, l’on ne peut que se poser une question de savoir  quelle comparaison en faisons-nous ? Puisqu’il s’agit là de l’avenir de l’Algérie et de celui de ses enfants, ces élections législatives et locales 2017 sont d’abord un moment pour faire le bilan de nos élus, bilan qui doit se faire sans complaisance et avec un esprit de grande responsabilité démocratique pour que les mentalités et les consciences civiques et politiques changent et se vérifient sur le terrain.

Elles deviennent un frein pour tout essor économique et changement vers le progrès et la modernité. On ne peut pas charmer avec un discours partisan ou populiste, qui ne prend pas en compte les réalités socio-économiques du pays et aussi les aspirations populaires et les sensibilités qui s’expriment au sein de la société civile ainsi de nos élites intellectuelles et scientifiques.

Du point de vue naturellement d’un citoyen algérien et d’un électeur, le constat est sans appel. Dès lors que l’avenir socio-économique s’annonce pour notre pays difficile pour la décennie 2017-2027, sachant que les indicateurs montrent que la tendance continue à la baisse, à savoir l’économie algérienne, après 28 années d’ouverture, notamment depuis la libéralisation du champ politique et économique en 1989, notre économie est demeurée subventionnée et étatiste.

Il faut reconnaître que l’esprit d’entreprise, les valeurs du travail et de civilisation, dit-on, ne se manifestent guère en Algérie et près de 75% de la population algérienne vit de la rente pétrolière et 65% de la population totale vit dans les villes, cela veut dire que le monde rural est en voie de disparition.

La faiblesse de la production et le gaspillage des ressources humaines ont fait que le secteur économique hors hydrocarbures développait au fil des années qui passent les germes de son inertie. Il s’agit clairement d’un problème de choix d’hommes qui paralyse l’émergence de notre pays capable de se développer par l’économie productive et les technologies. L’autre point important, l’indépendance politique en l’occurrence, ne peut avoir de sens sans l’indépendance économique.

Il ne fait pas de doute que la crise en cours est un sacré choc pour ceux qui croyaient que la rente pétro-gazière est éternelle dans la mesure où notre secteur industriel ne représente que 5% du PIB et constitué à plus de 85% exclusivement des services et de commerce. Vivant encore à l’ère de l’idéologie du socialisme de l’Etat-providence, nos députés et gouvernants misent encore et toujours sur le prix du baril de pétrole qui nous garantissait le fonctionnement du pays.

De ce fait, cette situation montre, me semble-t-il, une incohérence entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif dans l’enceinte économique du pays face aux profondes mutations que connaît le monde. On a alors abouti à une forte contradiction entre une politique d’économie de marché et une politique de rente, où l’on s’est contenté de l’investissement public pour contenir la croissance via la dépense publique, pendant que les pays dits émergents ont misé sur les technologies et le développement de l’homme, des valeurs du travail et de l’intelligentsia «le meilleur investissement pour l’avenir».

Il est aujourd’hui l’un des points de fragilité de l’économie algérienne face à la chute des prix du baril de pétrole, discréditant encore plus les députés puisque ces derniers ne participent à la vie politique que lors des élections et n’ont rien pu faire jusqu’à aujourd’hui depuis la création des partis politiques en 1989.

Cependant, la remarque qu’on peut faire, c’est que la question de la politique de nos partis semble de moins en moins porteuse d’un projet national viable ou de programmes économiques sérieux d’avenir en passe de produire une nouvelle et profonde coupure au sein de la société d’aujourd’hui puisqu’ils sont encore loin des centres de débats sur de nouvelles idées pour une rénovation de la pensée.

Car ce n’est pas le manque de moyens qui met en danger une nation, mais une carence de ses idées. Un espace stratégique dans l’approfondissement du processus démocratique et le renforcement des bases de l’Etat de droit qui marqueront le plus le visage du développement économique et culturel de l’Algérie. Au cœur de tout cela, il y a aussi bien évidemment la presse qui contribuera au renforcement des bases de l’Etat de droit et de la démocratie : «Un peuple bien informé en vaut deux».

Là est posée la question de la morale en politique qui est absolument vitale et à laquelle il faudrait que les partis aient des élites compétentes porteuses d’idées et d’idéaux qui tendent vers l’avenir politique et économique du pays qui a besoin de grands changements. Force est d’observer que les listes de nos partis politiques ne sont pas encore représentatives, et certains candidats n’ont pas de crédibilité morale à l’égard de l’opinion publique, ce qui n’est pas de bon augure pour une dynamique d’un renouveau politique à construire afin d’apporter un nouveau regard sur la transition économique et énergétique du pays face aux profondes mutations que connaît le monde.

Il faut savoir qu’un député doit d’abord être une personnalité dotée de vraies compétences et un homme de foi, de civilité et de grande sagesse, respectueuse de la population. Ces critères doivent être les éléments constitutifs de la vie des partis, car l’heure est à la recherche de solutions équilibrées afin d’engager des réformes économiques plus efficaces.

Cela pose les questions fondamentales suivantes : un député réputé pour être le représentant de toute la nation joue-t-il son rôle en Algérie ? Les partis sont-ils bien représentés ? Quel est le profil-type de l’élu ? Les candidats aux législatives peuvent-ils créer quelque chose de nouveau en harmonie avec les impératifs de la société d’aujourd’hui ? Avons-nous une presse des partis politiques, un instrument d’expression, de transparence et de formation politique ? Tel est le mal qui ronge, à mon humble avis, le système électoral et la gouvernance du pays, notamment celui qui prive notre système de démocratie d’une meilleure représentativité et donc des meilleurs représentants du peuple dans le processus dynamique de l’Algérie.

Un parti politique qui garde sa crédibilité avec une moralité sans reproche est celui qui sait rénover les méthodes d’action pour rendre plus féconde la vie politique, culturelle et scientifique avec un ferme engagement à l’égard du pays dont la Constitution serait la source pour développer une culture réelle de démocratie représentative et participative pour un rôle plus renforcé et responsable des élus pour jouer pleinement leur rôle de représentants du peuple dans l’enceinte économique et sociale avec responsabilité et légitimité qui marquent le futur de l’Algérie, comme le souhaitent et l’espèrent tous les Algériens.

C’est pourquoi il est du devoir de nos partis de faire preuve de militantisme pour la question nationale, car une élection, quel que soit le contexte, c’est l’aboutissement d’un processus de lutte démocratique marqué par un sens militant ayant pour rôle d’exprimer une volonté populaire entre les attentes et l’action et non pas des volontés particulières et surtout d’un rôle important dans la construction de notre système de démocratie participative et à susciter les grands débats opposant les partis pouvant libérer les énergies humaines dans la diversité des opinions, comme le font avec un succès indéniable les élus des pays d’Europe en harmonie avec les impératifs de l’évolution de leurs sociétés qu’exigent les nouvelles générations dans un monde en perpétuelle mutation à l’heure de la mondialisation-globalisation. Chez nous, aucune élection depuis la libéralisation du champ politique et économique en 1989, à ce jour, ne s’est tenue dans cette logique.

Mais ce qui est encore plus dégradant, c’est la légèreté avec laquelle l’avenir du pays est envisagé par l’ensemble des partis politiques vu les défis qui attendent le pays. Les Algériens doivent investir dans les candidats crédibles et compétents, capables d’occuper de hautes fonctions et en mesure d’être écoutés et respectés dans la vie publique.

En effet, les députés sont réputés pour être en général les représentants de toute la nation, malheureusement la plupart ne semblent pas être au diapason d’une rénovation profonde des pratiques économiques et politiques génératrices de nouveaux styles d’action, d’anticipation, d’analyse et d’intervention.

Alors que peu de place a été accordée à la mobilisation de l’intelligentsia (les élites), puisque le choix des candidats continue à être réduit. Pour être en phase avec les attentes des citoyens, l’Apn doit être composée de gens compétents et honnêtes dont le leitmotiv premier serait de contribuer à améliorer l’environnement dans le monde d’aujourd’hui et redresser l’économie de l’Algérie fondée sur la rente pétro-gazière. Le diplôme aujourd’hui ne suffit plus, car avoir un diplôme ne veut pas forcément dire avoir des compétences.

C’est pourquoi tous les dysfonctionnements constatés peuvent provoquer davantage la montée des tensions sociales et la démission de la société civile de la vie politique. Ainsi, le système électoral doit en effet suivre le niveau de nos partis concernant la vie du pays (aspects politique, économique, social et culturel) qui ne peut que faire avancer l’Algérie dans le concert des nations. Sinon, quelle valeur faudrait-il donner à la notion de démocratie en Algérie ?

Compte tenu de ce qui précède, essayons de mieux nous comprendre pour affronter l’avenir économique. La démocratie, avant d’être une pratique, est d’abord une culture, notamment en ce qui concerne nos partis politiques. Sans généraliser, ces derniers restent accrochés à un programme économique basé sur la rente des hydrocarbures et à une culture du pouvoir, sans pour autant avoir cette culture d’Etat.

C’est pourquoi les conséquences sont particulièrement lourdes, notamment pour l’Algérie qui retire 98% de ses recettes des exportations d’hydrocarbures, près de 50% de son PIB et 60% de l’ensemble des recettes fiscales du budget de l’Etat auxquelles les collectivités locales restent excessivement dépendantes et un cadre législatif inadéquat, tantôt de droit public, tantôt de droit privé, ce qui a mis notre économie nationale dans une impasse vu que le pays a une croissance qui dépend excessivement de la dépense publique et du commerce d’importation.

En vérité, si le principe du multipartisme est acquis, on possède peu d’informations aujourd’hui sur l’organisation et le fonctionnement de nos partis. En effet, leur rôle n’est souvent pas appréhendé comme il se doit notamment, comme un ordre politique pour le bien-être de tous et comme étant une force politique qui exprime un projet national et un programme économique par rapport à celui qui détient le pouvoir, c’est le principe fondamental de la démocratie pour devenir performant dans le cadre d’une compétition politique plus ouverte et transparente.

Investis d’un mandat pour représenter le peuple et d’un rôle central dans le développement socio-économique du pays à travers la politique budgétaire nationale, nos députés, à mon humble avis, n’ont pas fait la relation de leur pouvoir universel de législateurs dans l’enceinte économique du pays pour réorienter la politique économique ou la redéfinition de la stratégie budgétaire pour mieux développer et donner la primauté de la fiscalité ordinaire sur la fiscalité pétrolière en faveur d’une meilleure efficacité économique des finances publiques dans le souci de réaménager l’organisation de l’Etat pour planifier l’étape de l’après-pétrole, tant ils continuent à débattre et à adopter les budgets comme instrument exclusif de la relance de la demande publique et d’exécution de la dépense dans un cycle d’expansion monétaire accru.
C’est une donnée importante de l’étape actuelle de la vie politique de l’Algérie, comme l’indiquent les taux de participation ci-après :
années : 2002- 2007-2012

APC : 47%, 44%, 44%
APW : 46%, 43%, 42%
APN : 46%, 36%, 43%

L’autre point important, en se rendant dans chaque wilaya, les pouvoirs publics ont bien inauguré des projets, en ont visité et lancé d’autres. Ils ont même accordé des rallonges budgétaires destinées au développement local, mais tous ces programmes aussi importants soient-ils n’ont pas fait sortir l’Algérie de son marasme socio-économique.

En fait, la rente pétrolière ayant été placée au poste de commandement s’est traduite par une série de plans de relance, avec un total 800 milliards de dollars environ, soit près de trois fois le PIB. Certes, ils ont constitué le facteur dynamique de l’élévation du niveau de vie des Algériens et de stimulation de la croissance, mais pas pour autant le facteur déterminant pour le développement économique du pays pour lutter contre le chômage, l’inflation et la pauvreté.

Alors qu’avec des réserves pétro-gazières importantes, l’Algérie a un rôle important dans l’industrie pétrochimique mondiale. Il faut bien dire que l’Algérie dispose d’un important parc industriel qui a contribué dans le passé à une croissance de 18% contre 5% actuellement et l’emploi s’est vu multiplié par cinq, et enfin le pays a connu une évolution rapide du PIB de premier pays industriel d’Afrique et s’est placé après l’Espagne, issue d’une politique industrielle.

Aujourd’hui, la structure actuelle du secteur économique reste fortement dominée par les personnes physiques qui représentent 85% (commerces et services). L’Algérie aura besoin de pas moins de deux millions d’entreprises de taille PME/PMI, dont une vingtaine de taille mondiale pour faire face aux bouleversements socio-économiques qu’elle connaît.
Pour résoudre cette équation, il faut :

- s’engager dans des réformes complémentaires devant intégrer nécessairement de nouvelles politiques de gouvernance publique et économique propices et efficaces pour s’attaquer aux contraintes structurelles de bonne gouvernance socio-économique du pays, notamment à l’administration locale, un atout-clé de la démocratie et la bonne gouvernance locale, la gestion des fonds publics et le respect des règles qui se posent avec acuité, l’organisation économique régionale, la gestion des services publics, la gestion des villes, l’assainissement de l’environnement, et enfin les statuts de l’élite scientifique, de l’intellectuel et la réforme de l’entreprise dans la mesure où l’économie s’est globalisée dans le contexte de la mondialisation.

- Restaurer l’équilibre entre le gouvernement et la presse indispensable au bon fonctionnement de la démocratie. La responsabilité de la presse devrait augmenter avec son pouvoir universel à travers la création d’un conseil de l’ordre.

- Rendre l’Algérien actionnaire de l’Algérie en mettant sur le marché la vente de valeurs mobilières (actions…). L’objectif étant sa participation aux fruits du développement.
 Est-ce jouable avec la future APN ?

M’hamed Abaci
 
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