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       <title>El Watan - Repères éco</title>
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       <lastBuildDate>Wed, 22 May 2013 10:10:09 +0100</lastBuildDate>
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           <title>Crise mondiale : rigueur contre accommodement</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 20 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 20 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	La récente crise des subprimes sur laquelle s’est greffé le problème des dettes souveraines semble s’installer dans la durée. Il y a deux types de prévisions qui ont été vite disqualifiées par les récents événements. En premier lieu, les anticipations trop optimistes qui considéraient ces développements comme une crise mineure qui allait durer quelques trimestres et qui serait vite corrigée par une meilleure coordination des politiques macroéconomiques. La Banque mondiale, le FMI et le G 20 devaient être des instances où se conçoivent des politiques de riposte. Cela n’a pas été le cas.

	La crise persiste et signe et résiste à toutes les tentatives — plutôt timides — qui visaient à la juguler. La deuxième prévision a également été trop pessimiste. A chaque fois qu’une crise structurelle grave surgit et cause d’énormes dégâts, des prévisions alarmistes se font entendre : ce serait le début de la fin du système capitaliste. Mais le système a montré qu’il est capable de résister aux chocs les plus violents, les absorber, se transformer radicalement et continuer sa marche sinueuse et instable. Il faut dire que nous ne connaissons pas pour le moment d’alternative. Les sociétés hyper-planifiées, hyper-centralisées et qui sont dirigées par un parti unique beaucoup fonctionnent beaucoup moins efficacement.

	Les mécanismes de la rigueur

	Alors, puisqu’on n’a pas d’alternative de système, qu’est-ce qui est proposé aujourd’hui ? Deux camps s’affrontent : la rigueur contre l’accommodement. Pour simplifier des choses extrêmement complexes, on dirait que la rigueur consiste à réduire les dépenses de l’Etat et le niveau de vie des citoyens pour mobiliser plus de ressources qui seront utilisées pour payer la dette et développer les activités productives. Il faut donc éliminer les dépenses superflues, comme les salaires trop élevés des amis des politiciens placés à des postes improductifs, conçus uniquement pour les récompenser de leur appui politique. Mais on s’attaque aussi à des retraites de pauvres et honnêtes citoyens. Lorsque la rigueur met en péril la stabilité sociale, elle commence à s’attirer les foudres des populations. Le camp des indignés ira grandissant avec l’approfondissement de la rigueur.

	L’idée des adeptes de la rigueur est de baisser le niveau de vie du pays à un point compatible avec ses capacités productives. Il faut donc réduire le train de vie du pays et le rendre capable de repayer sa dette. Nous avons eu ce problème lorsque le FMI nous imposa son remède en contrepartie d’un rééchelonnement de la dette. Certes, nous avions pu libérer grâce à son intervention plus de 20 milliards de dollars entre 95-98 pour financer l’économie. Mais la facture était lourde : plus de 250 000 pertes d’emplois. Nous étions devenus solvables. On pouvait repayer ce qui reste d’une dette mieux étalée, alors que nous allions vers la cessation de paiement. Mais les politiques de développement échouèrent lamentablement. On était solvables, mais loin de commencer à maîtriser le processus de développement.

	Rigueur et accommodement : y a-t-il d’autres alternatives ?

	Le problème avec la rigueur est qu’on ne sait pas où va s’arrêter la dégradation initiée par les instances qui la préconisent. On peut demander une réduction du budget de 20% mais ceci va avoir des répercussions en chaîne (baisse du niveau de vie, réduction de la demande, chute de la production) dévastatrices pour l’économie. Les êtres humains se comportent en fonction de leurs anticipations. Si ces dernières deviennent de plus en plus pessimistes, l’économie s’enfonce de plus en plus dans la crise. Il sera difficile de prévoir alors quand la dégradation s’arrêtera et l’amélioration commencera.

	La Grèce n’est pas au bout de ses peines et Chypre commence à peine à expérimenter  les dégradations continues.  Les partisans de l’accommodement présentent une autre alternative qui leur semble moins mauvaise. Elle consiste à faire acheter par la Banque centrale la dette du pays. Il faut faire attention à ce que cela ne devienne pas une habitude. Le pays risque de laisser les causes, donc toutes les inefficacités qui ont induit la dette à jouer encore. Cette manière de faire va, bien sûr, provoquer une inflation (hausse des prix). Cette dernière joue comme une taxe déguisée sur toute la population. Elle causerait moins de dégâts que la rigueur.

	Les adeptes de cette dernière expliquent que par la suite pour juguler l’inflation il faut de toute façon créer de la rigueur pour obtenir une baisse des prix. Difficile de croire qu’on aura les mêmes conséquences ! Lorsque l’économie est en crise la création monétaire ne cause pas beaucoup d’inflation. Comment se fait-il que les USA choisissent surtout l’accommodement (créer de la monnaie pour juguler les banques, les entreprises et relancer l’économie) alors que l’on impose une austérité inhumaine à la Grèce et à Chypre ? La culture allemande de rejet de l’inflation y est pour quelque chose. Mais voilà, la Grèce et Chypre ne sont pas l’Allemagne. Ce qui marche pour cette dernière n’est pas forcément la bonne solution pour les premiers.

	Les USA n’ont pas choisi la rigueur allemande (pour des raisons géo-stratégiques aussi bien qu’économiques). Entre ces deux pôles extrêmes (rigueur et accommodement) il y aurait des positions intermédiaires intéressantes. Il est important de noter que le système financier international qui a créé les instruments mathématiques les plus sophistiqués pour complexifier les produits financiers n’a pas imaginé une ingénierie financière pour traiter ces dettes, mineures par rapport au volume total des fonds qui sont brassés dans la sphère financière. On peut imaginer, par exemple, des bons émis garanties par la Banque centrale.

	Les ressources collectées serviront à racheter les dettes mais la libération des fonds se fera sur plusieurs années. L’inflation sera mineure. Alors cela donnera le temps aux décideurs de régler les problèmes d’efficacité. Le seul problème est le suivant : comment faire en sorte que les politiciens deviennent rationnels lorsqu’ils ont des ressources suffisantes pour financer des décisions irrationnelles ? ]]></description>
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           <title>Le tourisme : un atout de diversification économique</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 13 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 13 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Le tourisme représente encore moins de 3% du PIB. Les recettes en devises se situent à moins de 500 millions de dollars. A peine croyable pour un pays qui dispose d’atouts de rêve dans ce domaine. Les experts qui analysent le potentiel de notre pays restent étonnés par les énormes atouts en jachère dont nous disposons. Nous commençons à dilapider des pans entiers de ces ressources. Des richesses archéologiques d’une valeur inestimable demeurent peu protégées. Nous pointons souvent du doigt les défaillances de l’Etat, mais nous sommes tous responsables en grande partie de ces détériorations dont la plupart sont causées par des nationaux.

	Le secteur du tourisme est en train de prouver ce que les économistes spécialisés savent depuis longtemps. L’activité résiste bien aux crises économiques mondiales. Malgré le ralentissement de la croissance mondiale, le taux de croissance des activités de ce secteur a été plus élevé que la moyenne des autres. Les prévisions des institutions spécialisées montrent également que sur le long terme, ce secteur recèle d’énormes gisements de croissance.  Cependant, la concurrence devient de plus en plus rude. En plus des pays de l’Est qui rehaussent leurs prestations au niveau des standards internationaux, de nombreux autres pays des cinq continents veulent devenir des acteurs majeurs dans cette activité. Même si la demande pourrait continuer de croître de 4%, l’offre pourrait s’améliorer à un rythme supérieur. Cependant, nous n’avons pas de données précises sur cette dernière. Mais une chose est certaine, nous devons être extrêmement compétitifs. Il faut donc explorer et améliorer les aspects stratégiques et opérationnels.

	Quel positionnement stratégique pour ce secteur ?

	Il est évident et banal de stipuler que toutes les théories stratégiques (Ansoff, Porter, Chan Kim et Renée Mauborgne, Mintzberg, etc.) ne s’appliquent que très partiellement aux choix sectoriels, particulièrement ceux du tourisme. Les chercheurs, spécialistes en positionnement stratégique touristique, les utilisent et les complètent par des paramètres absents dans ces modèles. L’Algérie a trop longtemps sous-estimé l’apport potentiel du tourisme au processus de diversification économique. Nous avons trop souvent changé de priorités dans ce domaine. Nous avions contemplé l’ouverture internationale, puis le tourisme interne, puis de masse, etc. Chaque décennie ramenait son lot de priorités et de concepts. La discontinuité des politiques est plus dévastatrice que leur absence.

	A la limite, si les pouvoirs publics n’opéraient aucun choix, les autres acteurs s’en accommoderaient et prendraient leurs responsabilités. Les décideurs  actuels ont ouvert un débat sur les meilleures manières possibles de redynamiser ce secteur. Les analyses classiques des forces, faiblesses, opportunités et menaces furent menées. Une ouverture aux autres secteurs concernés et la sollicitation des inputs d’un grand nombre de professionnels et d’experts furent les traits saillants des dernières assises du tourisme. De nombreuses recommandations stratégiques et opérationnelles pertinentes furent formulées. Un débat sur une politique sectorielle n’est jamais clos. Tout comme pour les entreprises, d’ailleurs.

	Lorsqu’il s’agit d’un secteur, un positionnement stratégique étroit n’est pas souhaitable. Nous avions tour à tour privilégié le tourisme externe, le tourisme interne, le tourisme de masse, etc. Nous avions compté sur le balnéaire, puis le saharien. Au début des années quatre-vingt, nous avions voulu développer le tourisme des grands espaces, on avait même inventé des schémas (le tourisme d’aventure) rien n’y fit. En fait, les conditions de réussite n’étaient réunies pour aucune stratégie. Un positionnement stratégique trop étroit arriverait au même résultat. D’ailleurs, ceci serait le cas des meilleures entreprises mondiales.

	Dans un ouvrage légendaire,  Bâties pour durer : les entreprises visionnaires ont-elle un secret ? de Collins et Porras, les auteurs montrent que pour ces meilleures entreprises mondiales, «la planification stratégique serrée n’est pas obligatoire, elle est même parfois antinomique d’une telle entreprise. Cette dernière est davantage guidée par l’intuition, le flair, le mouvement, l’opportunisme, les essais et les erreurs que par une planification stratégique serrée ». Ceci est souvent le cas des stratégies sectorielles réussies. Qu’est-ce que cela implique ? Il faut tout simplement créer les conditions de réussite de n’importe quelle stratégie par des mesures opérationnelles efficaces, guider, mais laisser surtout les acteurs directs, les entreprises, les producteurs de circuits touristiques produire des multitudes de positionnements touristiques et les plus réussies vont être développés.

	Quelles mesures opérationnelles sont salutaires ?

	L’idée centrale serait donc de professionnaliser toute la filière et lui conférer un niveau de compétitivité de classe mondiale. Cela suppose par ailleurs que des améliorations soient faites à différents niveaux : sécuritaire et perception de la destination Algérie par les nationaux et les étrangers. La bataille marketing se joue au niveau des perceptions qui sont en partie la résultante du réel présent, du passé et d’un imaginaire construit ou induit par des événements. Nous maîtrisons mal ce genre de communication d’images et surtout comment déconstruire cette réalité qui nous est défavorable. Jusqu’à présent, nous payons également un lourd tribut pour les retards accusés dans le domaine des TIC.

	Nos concurrents se distancent chaque jour en termes d’accueil, de marketing, de communication et d’innovation. C’est surtout dans ces domaines que des rattrapages doivent être réalisés. Sans cela, n’importe quelle stratégie échouerait. Avec une meilleure prise en charge de ces aspects, beaucoup de produits touristiques deviendraient compétitifs. Le plan qualité mis en place est ambitieux et semble très prometteur. Les défis majeur demeurent dans la gestion des interfaces avec les autres nombreux acteurs directs ou indirects : transports, banques, services annexes, etc. Il faut réaliser des bonds qualitatifs appréciables dans la qualité, le management des institutions à but non lucratif, la décentralisation, le partenariat public/privé, la gestion de projets collectifs par des structures publiques multiples et améliorer tous les maillons de la filière.

	C’est plus à ce niveau que se logent les écarts de compétitivité. C’est dans ces domaines qu’il faut orienter plus de ressources, d’expertises, de moyens et de méthodes pour améliorer d’une manière pérenne l’attractivité de la destination Algérie. Ceci faciliterait le positionnent stratégiques de plusieurs segments de notre offre. Faute de quoi, comme par le passé, n’importe quelle stratégie resterait lettre morte. ]]></description>
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           <title>Intelligence économique : cet autre oublié des politiques publiques</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 06 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description><![CDATA[ 
	
	  
	Le concept d’intelligence économique est beaucoup plus proche du terme  «renseignement». Il concerne la stratégie et les méthodes opérationnelles de collecte, tri, analyses et diffusion de l’information économique en vue de son utilisation, tant par les Etats que par les entreprises. L’information est le second facteur clé de réussite des entreprises, précédé uniquement des modes de management des ressources humaines. La complexité et la dangerosité du monde des affaires exigent une vigilance de tous les instants et des améliorations continues des outputs et des méthodes pour espérer s’en tirer. Certains auteurs n’hésitent pas à parler de guerre économique, alors que d’autres utilisent le terme plus édulcoré de rivalités. L’arme de l’information devient un outil d’avantage concurrentiel décisif aux mains des entreprises qui la gèrent convenablement. Au sein des pays développés, les Etats et les bonnes entreprises conçoivent des schémas d’intelligence économique.

	
	L’Intelligence économique en opération

	
	De nombreux pays ont compris l’importance du renseignement économique pour la dynamique de développement. Le Japon investit massivement dans l’intelligence économique depuis plus d’un siècle. Cette activité a été localisée au sein du fameux MITI où se déroule continuellement un intense dialogue entre toutes les parties prenantes (patronat, syndicat, universités, centres de recherche, ONG, décideurs publics, etc.). L’information analysée concerne les technologies, les pratiques managériales, les législations, les politiques publiques, les brevets, au niveau national, mais surtout international. Aux USA, l’Etat mène de son côté des analyses à travers ses institutions spécialisées (CIA) et les entreprises investissent énormément dans la collecte, le tri, l’analyse de l’information. Elles se regroupent également à travers des institutions communes, comme la SCIP (Society of Compétitive Intelligence Professionals). La Suède se distingue également dans ce domaine par des réseaux spécialisés, tels que le BISNES (Business Intelligence and Security Network of Sweden). En France, deux rapports sur l’intelligence économique, commandés par le Premier ministère, ont abouti à créer des institutions sous l’égide de ce dernier.

	Elles ont pour mission de sensibiliser, diffuser les bonnes pratiques, booster la formation et promouvoir au sein de l’Etat et des entreprises, des systèmes de management efficaces d’intelligence économique.  Il est difficile d’imaginer les multiples avantages d’un système d’information économique. Il y va de l’avenir du développement économique, de la création de richesses et de l’emploi de milliers de personnes. Un simple exemple suffit à illustrer cette idée. Au début des années quatre-vingt-dix, l’industrie textile tunisienne était aussi menacée que la nôtre par les produits asiatiques. Mais au contraire de l’industrie algérienne, cette dernière faisait de l’intelligence économique. Une délégation d’experts tunisiens fut dépêchée en Asie pour analyser les forces et les faiblesses des industries concurrentes. Les conclusions ne tardèrent pas à tomber. Elles stipulaient qu’il serait inutile de vouloir concurrencer le textile asiatique par le prix. Par contre, l’industrie était peu flexible pour changer fréquemment de styles et ne pouvait satisfaire les segments moyens et haut de gamme. Forte de ces observations, l’industrie tunisienne s’est modernisée et a développé des stratégies de marketing à l’export en direction des segments haut et moyenne gamme. Quelques années plus tard, l’industrie textile tunisienne exportait et créait des emplois. Le textile algérien, public et privé, fut laminé par les importations asiatiques. Plusieurs autres raisons expliquent le succès du textile tunisien avant la révolution. Mais, l’intelligence économique, a été au cœur de son renouveau et de son essor.

	
	Un chantier immense nous attend

	
	Nous n’avons même pas débuté une réflexion nationale sur l’intelligence économique. Quelques tentatives timides eurent lieu. Des séminaires ont été consacrés à la question. Quelques entreprises disposent de structures qui essayent de se spécialiser dans cette activité ou qui font réellement de l’intelligence économique : Sonatrach, Asmidal, etc. Aucune université ne propose une post-graduation en intelligence économique, ce qui est en soi dangereux. La mise en place d’un schéma d’intelligence économique est aussi bien l’affaire des pouvoirs publics que des opérateurs économiques nationaux. Les organisations patronales doivent se saisir de la question. En premier lieu, nous avons beaucoup de hauts conseils qui font double emploi avec les ministères. Il faudrait réfléchir à une profonde réorganisation des structures de l’Etat. Mais nous avons besoin d’une haute instance qui dépende directement de la Présidence ou du Premier ministère pour établir un schéma national d’intelligence économique. En second lieu, il y a toujours le diagnostic à faire : où en sommes-nous ? Il va falloir également se situer par rapport au reste du monde. Certes, le fossé se creuse à vue d’œil, mais nous avons besoin d’évaluer le gap, le mesurer, l’analyser et en comprendre sa mécanique.

	Nous devons, à l’instar des pays à tradition d’Etat fort, interventionniste, concevoir un schéma national d’intelligence économique. Une institution bien définie, en haut de la hiérarchie de l’état et très écoutée doit voir le jour. On ne peut pas continuer à errer dans ce domaine comme dans bien d’autres. Elle aura pour mission de concevoir, implanter et auditer périodiquement un système d’intelligence économique national. Elle sera chargée de l’exécuter pour les structures publiques et de sensibiliser les acteurs privés à prendre leurs responsabilités. Ces derniers sont interpellés. Ils ne peuvent pas toujours se déresponsabiliser sous prétexte que les pouvoirs publics n’ont rien fait. D’ailleurs, leur désunion n’honore ni notre pays ni leur image au niveau international. Nous n’avons vu aucune organisation patronale monter une entité d’intelligence économique professionnelle. Dans les pays anglo-saxons le gros de l’intelligence économique est fait par les entreprises elles-mêmes. Mais l’idéal serait que les instances publiques et privées jouent leur rôle et assument pleinement et entièrement leurs responsabilités en matière d’intelligence économique.
	  ]]></description>
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           <title>Pour un renforcement de l’audit des institutions publiques</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 29 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 29 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[ 
	Les institutions publiques sont l’origine des politiques et des pratiques économiques et sociales d’un pays et la cause des résultats bons ou mauvais qui en résultent. 
	Mais c’est une toile d’institutions diverses et leur mode de fonctionnement est complexe. Nous avons affaire à des administrations de divers niveaux, des hôpitaux, des universités, des centres de recherche et autres. Un fonctionnement efficace de cet ensemble produirait des résultats aux effets salutaires sur de nombreux secteurs.
	Mais comment faire fonctionner efficacement et harmonieusement un tissu d’institutions complexes et trop disparates ? Il y a plusieurs dispositions qui sont utilisés par les pays qui arrivent à architecturer des institutions de classe mondiale. Parmi ces outils formellement utilisés pour disposer des entités efficaces, l’audit figure en bonne place. Les spécialistes en business management ont, depuis longtemps, fait usage de cet instrument pour améliorer l’efficacité des structures internes. Bien utilisé, il constitue un outil privilégié de contrôle et d’amélioration des performances. Ainsi, de nombreux Etats l’ont adopté pour faire fonctionner efficacement leur administration et toutes les entités qui sont sous leur responsabilité.

	
	L’audit des institutions : les pratiques de base

	
	La multitudes d’institutions que nous avons auditées font ce qu’elles peuvent. Elles activent durant une année avec les moyens disponibles. En fin d’exercice elles font leur propre bilan d’activités qu’elles présentent aux échelons hiérarchiques supérieurs. Elles proposent un plan d’action pour le futur, avec les moyens demandés. Cet exercice n’est pas inutile. Il peut conduire à des améliorations tangibles dans beaucoup de domaines. Les institutions qui font participer le maximum de leurs membres à l’auto-évaluation arrivent, en plusieurs instances, à instaurer un climat de collaboration et de mobilisation des énergies de tous. Mais celles qui confient cette tâche à un travail administratif isolé du reste des membres perdent leur temps et leurs ressources. Très peu d’améliorations sont possibles. Il faut donc continuer à faire ce travail d’auto-évaluation, mais le réaliser conjointement et en mettant en place les véritables instruments d’amélioration. Mais cette opération recèle aussi de graves carences.

	Il est connu intuitivement et scientifiquement que l’auto contrôle est insuffisant et parfois même dangereux. Une institution qui sait qu’elle n’est pas évaluée va sombrer dans l’auto- satisfaction. Elle va attribuer toutes ses défaillances au reste des institutions. Prenons l’exemple d’un hôpital. Il fonctionne tout au long de l’année avec d’énormes contraintes : insécurité du corps médical peu protégé dans l’exercice de ses fonctions, pannes fréquentes du matériel, pénuries récurrentes de médicaments, rémunération comparative démotivante, structures surchargées de malades en trop grand nombre, etc. Ces maux et bien d’autres sont connus du commun des mortels. Lorsqu’on établit des rapports de fin d’année, on grossit ces facteurs et on minimise les carences internes : la gestion des stocks, les recyclages des personnels techniques et administratifs, l’absence de procédures écrites, expliquées et utilisées, la mise en place d’un management plus participatif, etc. Il peut y avoir autant de problèmes internes que de contraintes externes. Mais le plus souvent, l’évaluation interne va minorer les insuffisances de la maison et grossir les facteurs externes

	
	Ce que l’audit peut apporter

	
	Au sein des institutions publiques, nous avons deux niveaux d’audits qui peuvent améliorer la situation. L’audit des instances hiérarchiques directes. Pour un hôpital, ce serait l’audit périodique de la direction de la santé de la wilaya ou de l’inspection générale du ministère. Il ne s’agit pas ici de dérouler les techniques et les bonnes pratiques des audits. Il n’y a pas de problème à les enseigner et à les faire pratiquer. Un audit bien mené par une structure hiérarchique joue doublement dans le sens des améliorations. En premier lieu, il produit une pression supplémentaire pour une meilleure contribution et une plus grande efficacité dans l’utilisation des ressources des citoyens. En second lieu, il permet souvent d’identifier les lacunes majeures, suggérer comment les traiter et contribuer soi-même à les éradiquer. Mais le second type d’audit est beaucoup plus fiable et prometteur. Il est réalisé par des institutions indépendantes : Cour des comptes, IGF (étendue au secteur administratif). Il ne faut pas voir dans ces institutions un rôle répressif. Cet aspect existe mais serait marginal lorsque les institutions fonctionneraient d’une manière adéquate. Leur rôle serait d’évaluer la contribution de chaque entité par rapport à ses missions et juger l’efficacité de l’utilisation des ressources et recommander comment éliminer les dysfonctionnements et  améliorer les performances.

	Il y a beaucoup d’autres outils dont le but est d’améliorer les performances. Gestion par les résultats, plans d’action, rémunération plus flexible, management plus participatif, développement qualitatif humain. L’audit en fait partie. Mais il y a de nombreuses conditions à satisfaire pour qu’il produise les résultats escomptés. Le point de départ serait l’audit périodique et exhaustif des institutions, en y pointant du doigt les acquis et ce qui reste à réaliser. Mais avant cela, nous devons signaler que les conditions externes défavorables à chaque institution sont une réalité incontournable. On ne peut pas faire comme si elles n’existaient pas. Mais si chaque institution améliorait son mode de fonctionnement interne, elle annihilerait ses impacts négatifs sur les autres.

	Si la filière pharmacie perfectionnait la gestion de sa supply chain (gestion de tous les processus d’achats, de stockage et de livraison) les pénuries de médicaments disparaîtraient ou seraient minimes et le fonctionnement des hôpitaux s’améliorerait. Dès lors que toute la toile d’institutions progresserait, les effets négatifs externes de chaque institution se trouveraient minimisés. Ainsi l’efficacité globale s’en trouverait améliorée. Les institutions minimiseraient leurs effets externes et seraient de plus en plus mieux responsabilisées sur leurs résultats. Il est urgent d’enraciner la culture des audits indépendants dans les mœurs de fonctionnement de nos institutions.A. L.
	  ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/pour-un-renforcement-de-l-audit-des-institutions-publiques-29-04-2013-211979_175.php</link>
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           <title>Pour un meilleur management des transferts sociaux</title>
           <author></author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/pour-un-meilleur-management-des-transferts-sociaux-22-04-2013-211148_175.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 22 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 22 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	La culture économique algérienne repose sur un socle social accepté et partagé par la vaste majorité des Algériens. Ses racines sont lointaines et l’histoire chargée de la guerre de Libération nationale n’a fait que les renforcer. Les citoyens seraient contre une économie de marché trop libérale de type anglo-saxon. Ils accepteraient, dans leur vaste majorité, une économie de marché du type social démocrate. Cela fait partie d’un consensus, d’un pacte social non écrit. Il faut souligner que parmi les nombreux gouvernements qui se sont succédé, aucun n’a remis en cause cette option.

	Les priorités et les méthodes n’étaient pas identiques. Mais à aucun moment, cette alternative ne fut remise en cause. Ces options politico-économiques ne sont que le reflet d’une culture basée sur la cohésion, l’entraide et le partage. Malheureusement, ces valeurs sont en train de s’effriter sur le plan familial. Si les programmes nationaux ne prennent pas le relais, on aurait une société disloquée, dangereuse où il ne fera pas bon vivre.

	La solidarité est également un investissement économique qui apporte une meilleure stabilité sociale, des investissements, de la croissance et de l’emploi. C’est autant un acte éthique qu’économique. Cependant, le fait de gérer des programmes sociaux ne donne guère droit à la gabegie et au gaspillage. Les dépenses sociales raisonnables sont légitimes. Les dilapidations de ressources ne le sont pas. Alors il convient d’analyser en toute sérénité les actions menées pour les évaluer, les améliorer et produire un rapport résultats/coûts adéquat.

	Problématique des transferts sociaux

	Le premier problème a trait à la sempiternelle question de l’information. Il nous faut comprendre que celle-ci est une matière stratégique de grande priorité dans la conception et l’exécution des politiques publiques. Sans informations fiables, on peut facilement prendre des décisions qui vont porter atteinte à la qualité de la gestion des politiques publiques. Dans cet ordre d’idée, il nous faut disposer de données exactes sur la nature, le montant, les mécanismes d’allocation et les indicateurs d’efficacité des transferts sociaux. Prenons une seule donnée : le montant des transferts sociaux.

	Les chiffres avancés par les experts et les pouvoirs publics varient de 10 à 18 milliards de dollars par an. Certes, nous ne pouvons pas prétendre à des précisions électroniques. Le taux d’erreur contenu dans les systèmes d’informations fiables ne dépasse pas 10%. Nous en sommes à 80% ici. Cela provient évidemment des problèmes de définition et de compilation. L’ensemble des politiques sectorielles connaissent ce problème.

	Nous allons prendre la donnée la plus basse pour courir le moins de risques possibles de faire des erreurs d’analyse. Supposons que les transferts sociaux ne représentent que 10 milliards de dollars. Ceci serait le budget de nombreux pays africains. On suppose que le tiers de la population constitue la cible des programmes sociaux. Nous avons pris volontairement un chiffre beaucoup plus élevé que celui du taux de pauvreté prodigué. Alors nous pouvons allonger cette liste jusqu’à 10 millions de personnes en Algérie qui nécessitent cet appui social. Cela donnerait 2,77 dollars par personne et par jour, de quoi être largement au-dessus du seuil de pauvreté.

	Alors l’éternelle question est de savoir pourquoi ne pas donner directement un revenu minimum à ces personnes vulnérables et éliminer les subventions et des dizaines de programmes coûteux et inutiles ? Une des raisons essentielles tient au système d’information encore incapable d’identifier les véritables personnes nécessiteuses et leur acheminer directement l’aide. Actuellement, les nombreux programmes, leur excessive bureaucratisation, leur sous gestion et de nombreux autres dysfonctionnements font que l’Etat dépense énormément d’argent et que les retombées sur nos citoyens défavorisés sont minimes. On subventionne surtout les riches et les trabendistes.

	Des milliards de dollars servent à subventionner les gâteaux haut de gamme (farine, lait) et les produits qui sortent de nos frontières. Certains experts estiment que plus de la moitié des programmes sociaux (au minimum 5 milliards de dollars) n’arrivent pas à destination. Il faut que cela cesse et que les programmes sociaux soient aussi rationalisés que le reste des dépenses. Aider nos citoyens nécessiteux est un devoir, mais lutter contre des dépenses inutiles l’est aussi. Nous avons un Etat généreux et c’est à son honneur, mais il est également inefficace et il faut corriger cela.

	On peut faire beaucoup mieux

	Nous pouvons restructurer le système pour que personne n’y perde, sauf ceux qui en profitent indûment. Nous avons besoin en urgence de moderniser notre système d’information économique. Sans cela, aucun redressement durable ne peut avoir lieu. Tous les secteurs sont concernés. La conception, l’exécution et la collecte d’informations fiables pour tous les secteurs économiques du pays nécessitent un investissement ne dépassant pas les 500 millions de dollars. Ceci pourrait être rentabilisé en une année. Il s’agit d’un projet complexe. Nous reviendrons sur cet important outil qui est un des chaînons manquant à nos politiques économiques.

	Le second point concerne les fréquents audits que nous devons mener au niveau des programmes sociaux afin de les évaluer et les améliorer. Nous n’avons pas encore développé une culture nationale des audits fréquents et indépendants pour introduire plus de rigueur, de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources nationales. On crée ainsi des pressions pour que les gestionnaires de programmes mettent beaucoup plus d’énergie et d’intelligence dans le management des deniers publics.

	Il est connu, depuis l’aube des temps, que le meilleur programme d’aide aux nécessiteux demeure l’appui direct. Si on subventionnait tout, on encouragerait le gaspillage et le trafic hors frontières, et en définitive on financerait beaucoup plus les consommations de luxe pour les riches. Nous aurons alors l’effet pervers de ces programmes. Pour un dollar (chez nous un dinar) qui va aux nécessiteux 3 ou 4 vont dans la poche des plus aisés, des trafiquants et les gouffres bureaucratiques. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/pour-un-meilleur-management-des-transferts-sociaux-22-04-2013-211148_175.php</link>
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           <title>Développement industriel et climat des affaires</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 15 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 15 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	La désertification industrielle ne laisse personne indifférent. Depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics et les parties prenantes ne cessent de se concerter pour trouver des remèdes aux maux endémiques de ce secteur sinistré. Les concertations sont fort louables. Elles peuvent développer une culture de collaboration et alimenter quelques décisions qui profiteraient de l’intelligence de tous. Elles sont loin d’être inutiles, comme l’affirment certains. Le ministère de l’Industrie et le Premier ministère avaient fait de la relance industrielle leur priorité. De nombreuses réunions se sont tenues et ont donné lieu à des dizaines de recommandations. Certaines ont conduit à des améliorations : les choses ont évolué favorablement dans le domaine du foncier, même si d’énormes problèmes demeurent.

	Ces laborieuses rencontres auraient dû propulser le secteur et inverser la tendance de la désindustrialisation. Quelques signes positifs sont à relever : Renault, le complexe sidérurgique de Jijel sont deux hirondelles qui ne font pas encore le printemps. Beaucoup reste à dire sur ces deux projets. Mais la question qui nous intéresse est la suivante : Sommes-nous en train d’améliorer le climat des affaires au point ou l’acte d’investir devient plus motivant que l’activité d’importer ?

	Les contraintes qui demeurent

	On peut prendre la question de l’industrialisation par plusieurs bouts. D’énormes subjectivités demeurent. Les diagnostics, les responsabilités et les recommandations divergent. Cependant, par-delà toute question de subjectivité, nous constatons que le climat des affaires se détériore, relativement au reste du monde. Nous pouvons adresser de nombreuses critiques à la méthodologie de la Banque mondiale (Doing Business), mais elle demeure une tentative plus ou moins objective de cerner les contours du climat des affaires dans un pays.

	Notre recul dans les classements internationaux de Doing Business est une première indication que les avancées ne sont pas substantielles. C’est un outil qui connaît quelques limites, mais dans l’ensemble, il rend convenablement compte de la situation du monde des affaires dans un pays. Le climat des affaires peut également servir d’outil pour s’améliorer. De nombreux pays l’ont fait. Le cas le plus cité est celui de la Géorgie : classée 137e en 2003, le pays entreprit des réformes ciblées, rigoureuses si bien qu’en 2012 elle passa à la 16e place.

	Tous les indicateurs de l’outil étaient revus et des transformations radicales eurent lieu. Notre pays qui se classait 183 e en 2011, recula de 5 places pour occuper le peu reluisant rang de 148e sur 183 pays en 2012. Mais l’indicateur le plus important est que les hommes d’affaires sont surtout des nationaux. Des améliorations furent apportées mais elles sont marginales. C’est ce qui explique notre recul dans les classements internationaux. Le reste du monde a fait des avancées plus conséquentes que les nôtres. Les problèmes cruciaux sont toujours centrés sur quatre thèmes principaux : libération des initiatives, bureaucratisation, foncier et financement.

	Des projets colossaux qui auraient pu créer des millions d’emplois pour nos jeunes sont toujours en attente d’autorisation. On aurait pu formuler rapidement les correctifs à mener pour qu’ils deviennent acceptables au lieu de les laisser sans suite. Les labyrinthes administratifs engloutissent également des milliers de petits et moyens projets. La chaîne des autorisations contient de nombreux maillons. Chacun peut gripper la machine, mais personne ne peut libérer totalement un projet. Le management de notre appareil administratif est à revoir en profondeur.

	Dans le domaine du foncier, quelques avancées eurent lieu : abandon de la règle des enchères et développement de nouvelles zones. Ce qui fait qu’au Sud et dans les Hauts-Plateaux, la disponibilité est acceptable, alors qu’au Nord la tension sur le foncier demeure. Le financement de l’investissement continue à être problématique, malgré l’aisance financière. Le secteur public qui compte presque 90% des dépôts s’occupe d’importation, continue à irriguer les grosses boîtes publiques destructurées qui ne rembourseront jamais et octroie des miettes à la création et au développement des entreprises publiques et privées efficaces.

	Quelles règles du jeu adopter

	Nous avons besoin de règles claires et transparentes pour la libération des grands projets. Les principes doivent être énoncés, des délais précisés et respectés. Le monde des affaires a besoin d’une grande visibilité faute de quoi la désertification industrielle se poursuivra malgré les quelques exceptions. La réforme administrative doit démarrer et s’accélérer avec vigueur. L’industrialisation du pays ne peut se faire qu’après le passage d’une administration bureaucratique à une administration experte. La différence est de taille. La première est procédurale et bloquante.

	La seconde conseille et solutionne avec dextérité tout problème pénalisant le monde des affaires. Mais parce qu’elle est gérée, la seconde nécessite des activités de contrôle. Il nous faut toute une ré-ingénierie des processus administratifs. Il est aisé d’établir des systèmes d’information, de numériser les dossiers et les procédures, de sorte à identifier les administrations et les personnes qui bloquent l’investissement. Nous avons seulement besoin d’une volonté réelle de changement, de qualification des ressources humaines administratives et de moderniser le management de nos institutions publiques.

	Au niveau du foncier, il est nécessaire qu’en parallèle aux efforts publics, des investissements privés se développent dans ce domaine. Les nouveaux axes routiers multiplient le nombre de sites capables d’être viabilisés pour s’intégrer dans le lot des zones à industrialiser.

	L’accélération de la reconquête de nos espaces vides et leur intégration au tissu économique disponible par des voies de communication modernes permettra de démultiplier les sites industriels. Certaines activités demeurent rentables, même situées dans les Hauts-Plateaux et d’autres dans le Grand Sud. Nous avons besoin de peu de banques commerciales publiques et de beaucoup de banques d’investissements dans le giron de l’Etat. Pour le moment, nous avons le contraire. Ce qui explique pourquoi le financement de l’importation n’est pas un problème alors que celui de l’investissement productif l’est.

	De nos jours, l’acte d’importer est plus rentable, plus facile et mieux aidé que l’acte de produire. Tant que nous serons dans cette situation, tout effort d’industrialisation ne produira que des résultats marginaux. C’est pour toutes ces raisons que le schéma de développement de ce secteur serait plus efficace s’il était conçu par une «institution cerveau» en charge de tous les secteurs. La stratégie est toujours globale. Elle ne peut pas être sectorielle.
	
	  ]]></description>
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           <title>Le spectre du chômage</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 08 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 08 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	On n’écrira jamais assez sur la problématique du chômage dans notre pays. C’est le premier fléau qui menace la stabilité et la sécurité nationales. Il se situe  en tête des préoccupations des citoyens, bien avant la seconde détresse du logement. Un salarié peut louer une habitation modeste, en espérant résoudre son problème de logement plus tard. Mais un chômeur cesse de rêver, se sent inutile, trahi et son espoir brisé. Il serait prêt à tout pour se venger contre la société qui l’a exclu. Il s’accrocherait à n’importe quel mouvement politique qui lui donnerait la moindre lueur d’espoir.

	Mais avant d’essayer d’éradiquer le phénomène, il faudrait comprendre ses causes, ses mécanismes et donc ses perspectives.    L’adage «peu de connaissances sont de dangereuses connaissances», n’a jamais été aussi vrai que dans le contexte du traitement du problème de chômage. Nous allons voir que ce sont les meilleures volontés de sauvegarder l’emploi coûte que coûte qui créent le plus de chômage. Les erreurs de politique macroéconomique se payent également très cher : d’où la nécessité de s’entourer du maximum de précautions lors de leur élaboration.

	Causes profondes de l’enracinement du chômage

	Tout phénomène social a des causes historiques multiples et variées. Nous n’allons pas dans ce contexte en évoquer tous les fondements et leurs ramifications. Il serait plus judicieux de rappeler simplement les origines les plus récentes. On pourrait lister un échantillon des causes les plus importantes qui avaient induit une généralisation du sous-emploi, dont souffrent toutes les couches de la population. Les statistiques prodiguées dans ce domaine sont de peu d’intérêt pour comprendre et lutter contre le phénomène. Nous avons des milliers de dossiers d’investissements capables de créer des millions d’emplois gelés dans les labyrinthes administratifs.

	La libération des initiatives est incontournable pour créer de la richesse et de l’emploi. Tant qu’on ne passe pas d’une administration bureaucratique à une administration experte, gérée par objectif, ce sera toujours le cas. Le deuxième problème concerne les choix erronés de politiques macroéconomiques. La relance par les infrastructures crée peu d’emplois et surtout des postes de travail précaires qui cessent dès que l’Etat n’a plus de ressources. Nous avons montré à maintes reprises que l’investissement dans la création d’au moins 500 000 nouvelles PME/PMI aurait permis de ramener le taux de chômage à moins de 3%, en réduisant les importations de plus de 50% et de fournir des taxes à l’Etat pour développer les infrastructures. Mais les infrastructures ne fourniront pas de taxes pour créer des entreprises.

	Nous aurions dû consacrer tout au plus 20% des montants de la relance aux infrastructures et non 90%. Nous payons cher l’erreur d’injecter massivement de l’argent dans une économie qui ne sait pas l’utiliser, mais qui est structurée pour le dilapider. Une troisième cause se situerait au niveau des financements. On préfère orienter les ressources vers l’importation plutôt que la production de biens et  services au niveau national. Tant que l’acte d’importer est plus motivant que l’acte d’investir, le fléau du chômage sévira dans notre pays. Lorsqu’on s’improvise économiste, on détruit son pays en croyant l’édifier, et en toute bonne conscience. On croit défendre l’emploi, les travailleurs et le bien-être social alors que l’on contribue à la ruine de l’économie. Un simple exemple illustre ceci.

	Beaucoup d’économistes et de politiciens refusent de laisser partir en faillite ou de privatiser les entreprises publiques défaillantes (les bonnes on peut les garder). Ces «mauvaises entreprises» emploient à peu près 300 000 personnes et produisent pour 10 milliards de dollars d’output. Les crédits non remboursés et toutes sortes d’assainissements auraient coûté au moins 60 milliards de dollars depuis 1990. Si on avait injecté cet argent pour créer de nouvelles entreprises et financer celles qui réussissent (publiques ou privées), on aurait créé au moins  4 millions d’emplois et une capacité de production minimale de 50 milliards de dollars. Voilà où nous mène le charlatanisme économique.

	Créer de l’emploi : les urgences et le long terme

	Maintenant le mal est fait. Rien ne sert de se lamenter sur les milliers d’erreurs de politiques économiques qui ont été faites. Quelques bonnes décisions ont été prises également (fonds de régulation, sécurisation des avoirs, quelques projets stratégiques). Mais dans l’ensemble, il y a eu trop de ratages. Il y a des urgences qu’on ne peut pas ignorer. Les universités, les instituts de formation professionnelle et l’éviction scolaires libèrent plus 380 000 personnes par an dont plus de 80% ne trouvent pas preneurs, certains cherchent un emploi depuis plus de dix ans. Ils ne comprennent pas que ce sont les financements des importations, les blocages de projets et les assainissements sans fin des canards boiteux publics qui sont responsables de leur situation.
	Et en plus, ils subissent des vexations administratives à répétition. L’idée de créer des entreprises d’utilité publique temporaires pour ceux qui ont attendu longtemps, se justifie par le sceau de l’urgence.

	On peut penser au reboisement, à la viabilisation de périmètres agricoles, aux travaux d’aménagement, aux TIC. Mais sur les moyen et  long termes, ce sont les techniques universelles qui doivent prévaloir : créer un incubateur et une pépinière par commune, dans les lycées, les universités et les centres de formation professionnelle. Les prochains plans de relance doivent être orientés vers l’amélioration qualitative des ressources humaines et canaliser le maximum de ressources pour créer au moins 500 000 nouvelles PME/PMI, en plus de financer les bonnes entreprises productives publiques et privées.

	Nous avons besoin d’une ingénierie financière pour transformer nos banques commerciales publiques en banques d’investissement. Il faut libérer les initiatives, les projets gelés et le génie créateur de notre peuple. Il faut gérer notre macroéconomie avec des outils modernes : nous sommes l’un des rares pays où on décide sans simulateur. Ce dernier  aurait viré au rouge si on lui avait suggéré d’analyser la conséquence de l’assainissement en cours qui coûterait dix milliards de dollars. Nous avons besoin de nous doter, comme les pays émergents, d’une institution cerveau pour piloter toutes ces réformes, bien sûr sous contrôle politique. Au lieu de cela, nous avons un bricolage qui gèle les initiatives et le génie algérien. ]]></description>
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           <title>Quelle doctrine fiscale adopter ?</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 01 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 01 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Lyndon Johnson, ancien président américain, avait coutume de rappeler que deux choses sont inévitables dans la vie : la mort et les taxes. S’il est incontournable de prélever des taxes sur les citoyens et les entreprises, il est davantage indispensable de le faire méthodiquement  et selon une doctrine bien définie. Notre conception du rôle du système fiscal détermine in fine sa contribution au processus d’enracinement du développement. Un système fiscal bien conçu peut promouvoir le bien-être et la prospérité générale. Mal orienté, il peut provoquer des nuisances bien au-delà de ce que peut imaginer un citoyen moyen.

	Ibn Khaldoun montra à travers ses analyses que la plupart des grandes civilisations de ce monde avaient fini par s’autodétruire par une mauvaise configuration du système de taxes. Lorsque le poids des dépenses, surtout des armées, devient trop lourd pour la base économique, les dirigeants, se croyant malins, augmentent la pression fiscale. Cette dernière induit la paresse et la fuite des entreprises et des personnes les plus performantes sous d’autres contrées. La chute de la productivité réduit les recettes des Etats qui réagissent en augmentant les taux de prélèvement. Un cercle vicieux est initié. Ce dernier finira par engloutir le système économique global.

	Les objectifs d’un système fiscal

	La difficulté du management d’un système fiscal réside dans la pluralité de ses objectifs. On lui affecte de nombreux buts dont certains peuvent se positionner parfois comme non alignés ou contraires. Ainsi, il doit pouvoir dégager les recettes pour financer les ambitions de l’Etat qui, parfois, sont démesurées par rapport aux ressources. On attend de lui qu’il réalise une meilleure répartition des revenus et qu’il joue le rôle de régulateur social. Mais pour asseoir toutes ses ambitions, il faut se situer à niveau qui permette aux entreprises du pays d’être compétitifs sur le plan régional et mondial. Trop d’attentes pour un secteur qui, lui-même, subit de nombreux aléas, notamment celui des cycles macroéconomiques des pays. Car on espère également que le système fiscal contribue à réguler l’activité macroéconomique : accroître les taxes pour absorber les excès de liquidités en période d’inflation et réduire les taux d’imposition lorsque l’activité économique est morose, créant des récessions et du chômage.

	Nous avons besoin d’une doctrine qui guide les actions du long terme. Pour cela, il nous faut établir des priorités. La plus urgente demeure de développer une économie productive efficiente hors hydrocarbure. Tous nos maux proviennent de notre incapacité à réaliser cet objectif. Nos problèmes de chômage, de faible croissance, de maux sociaux proviennent en grande partie de l’inexistence d’un secteur productif conforme à la taille et aux ressources de notre pays. Nous avons trois fois moins de grandes, moyennes et petites entreprises qu’il nous faut, relativement à notre population et à notre économie.

	Si ce problème venait à être progressivement réglé, nous aurions alors beaucoup de latitude pour solutionner les autres. L’outil fiscal devrait être surtout orienté à cette fin. Les différentes organisations patronales ont raison de réclamer une réduction de la pression fiscale. C’est l’outil le plus puissant et l’instrument incitatif idoine pour pallier  cette grave insuffisance. Il y a de nombreux autres instruments qu’il faut faire jouer en même temps (foncier, services administratifs, crédits bancaires, etc.). Mais l’outil fiscal demeure un signal fort pour absorber une grande partie de l’informel et élargir la base de l’assiette fiscale. Pour cela, l’expression «il faut mettre l’entreprise au cœur des politiques économiques» est exactement ce qu’il convient de faire.

	Faut-il changer de cap ?

	Les dernières lois de Finances n’ont pas produit de grands changements en matière de politique fiscale. Nous continuons à trop dépendre de la fiscalité pétrolière qui se situerait entre 70 et 75% des prélèvements globaux. Selon la plupart des études dont nous disposons la pression fiscale algérienne est trop lourde, comparativement aux pays voisins ou à la moyenne mondiale. Plusieurs thèses académiques ou des analyses comparatives de nombreux cabinets d’études pointent du doigt ce problème. Nous nous situons parmi les pays qui taxent le plus l’outil productif et les revenus salariaux. Mais au vu des recettes trop insuffisantes dégagées par le secteur productif (25%), les décideurs seraient incités à garder la même structure de taxes. Sommes-nous engloutis par le cercle vicieux décrit par Ibn Khaldoun ? En tout état de cause, nous avons intérêt à réviser notre doctrine fiscale.

	Pour une raison simple : les perspectives à moyen et à long terme de nos recettes énergétiques sont très mauvaises. Les énergies de schiste ne manqueront sûrement pas de réduire à la baisse nos recettes. Nous avons juste un peu de répit pour pratiquer des politiques de substitution à l’importation et créer les industries du futur. Certains pays étaient dans une situation similaire il y a une vingtaine d’année. La Malaisie et l’Indonésie ont cessé d’être exportatrices de pétrole. Mais une dizaine d’années avant la réduction drastique de leurs exportations, ces pays avaient mis un vaste chantier de développement interne qui a procédé à la substitution aux importations et au développement de plusieurs industries exportatrices. Ils sont arrivés à temps à créer une industrie hors hydrocarbures. C’est le défi qui nous attend.

	L’outil fiscal n’est pas seulement la responsabilité de l’administration fiscale. D’ailleurs, cette dernière ne fait qu’appliquer la volonté des décideurs. Nous avons donc besoin d’une consultation large entre opérateurs économiques, syndicalistes, experts et décideurs pour moderniser l’outil fiscal. Il y a beaucoup à faire dans ce domaine. Probablement éliminer la TAP et la remplacer par autre chose moins pénalisant pour les entreprises. Nous devons également revoir les prélèvements sociaux qui sont actuellement beaucoup trop lourds pour un secteur productif si fragile. Décentraliser le développement (local, régional) nécessite de reconsidérer le vecteur de taxes pour permettre aux régions dynamiques de se développer en dehors d’une centralisation excessive.Les doubles impositions (IBS) sont à bannir.

	Le défi de la politique fiscale serait d’élargir l’assiette et réduire la pression fiscale. Ceci pourrait créer des problèmes à court terme (les deux ou trois prochaines années) mais régler définitivement le problème de la création d’une économie productive hors hydrocarbure. Car il ne nous reste que la décennie de la dernière chance. ]]></description>
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        <item>
           <title>Entreprises publiques et privées : l’égalité de traitement devrait être une disposition constitutionnelle</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 25 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 25 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	La théorie économique moderne repose sur un postulat clair : dans la sphère économique marchande, l’entreprise privée, en situation de concurrence et de bonne régulation, est plus performante que l’entreprise publique. On peut ne pas être d’accord avec cette conclusion. Là n’est pas la question. Le débat sur ce thème serait long et fastidieux. Mais c’est une croyance solidement ancrée dans la culture économique moderne. Elle est partagée aussi bien par les keynésiens, les adeptes des choix publics que les libéraux extrêmes. Seuls quelques économistes de ce qui reste de l’ancienne doctrine marxiste osent remettre en cause ce point de vue.

	Les études empiriques confirment, en général, mais pas dans tous les cas, ce postulat. Ceci n’exclut guère qu’un pays puisse disposer d’un secteur public stratégique performant dans un nombre limité d’activités. Ce qui est stipulé est qu’un pays ne peut pas gérer efficacement un immense secteur public, constitué de centaines d’entreprises, dans des domaines généralement mieux pris en charge par le secteur privé : agroalimentaire, tourisme, hôtellerie, bâtiment, Hifi, mécanique, transport terrestre, informatique, électronique, etc. Les économistes préconisent que pour ces domaines il faut arbitrer en faveur des entreprises privées.

	En Algérie, où la culture économique est fortement décalée par rapport au reste du monde, dans ces secteurs non stratégiques, les économistes sont au moins d’accord pour dire que l’Etat ne doit pas faire de distinction entre secteur public et secteur privé, et même ce minimum n’est point atteint. Quels sont alors les risques encourus ? Pourquoi a-t-on besoin d’une disposition constitutionnelle ?

	Il est facile de demander l’impossible

	Les sciences de gestion n’ont pas pu produire, jusqu’à présent, les outils spécifiques qui permettraient de gérer efficacement des centaines ou des milliers d’entreprises par les pouvoirs publics. Peut-être, les futures générations arriveraient à le faire. Mais pour le moment, la science n’a pas produit ces instruments. Ceux qui préconisent que l’Etat algérien doit garder la totalité des entreprises actuelles publiques et les rendre efficaces ne savent pas qu’ils demandent l’impossible. Ces analystes peuvent être sincères, animés de bonnes intentions, mais ils sont naïfs. J’explique toujours à mes étudiants le contexte par une métaphore. Que penseriez-vous d’un cancéreux stade terminal qui dirait à son médecin : «Docteur, je veux guérir la semaine prochaine parce que j’ai un important travail à terminer ?»

	Le malade prend ses vœux, ses désirs et son souhait le plus cher comme réalisables. Il ne mesure pas l’ampleur du mal et l’incapacité de la médecine actuelle à y faire face. Ceci est applicable à ceux qui demandent à l’Etat algérien de garder publiques les 1500 entreprises disponibles et les gérer efficacement. Cela leur semble facile et possible. Mais il n’en est rien. Les sciences humaines et sociales n’ont pas la solution. Par exemple, comment éviter que les nominations de managers ne se fassent sur des bases politiques ? Comment éviter que des lobbies se forment pour réclamer des assainissements sans fin de ces entreprises, et donc dilapider de l’argent qui aurait pu créer de véritables emplois pour les «harraga» et des laissés-pour-compte ? Personne n’a la solution.

	Aucun ne la trouvée nulle part. Ceci dit, il n’est pas exclu que l’Etat puisse disposer d’une centaine d’entreprises publiques (Sonatrach, Sonelgaz, SNTF, Air Algérie, etc.). Lorsqu’un secteur public stratégique est réduit, nous avons des chances, en utilisant des outils appropriés, d’obtenir des performances acceptables. Nous avons un adage en économie qui stipule : «Peu de connaissances sont de dangereuses connaissances». Ceux qui pensent que l’Etat doit gérer efficacement des milliers d’entreprises publiques dans des domaines aussi variés que l’agroalimentaire, l’hôtellerie, etc. rentrent dans cette catégorie. Il est facile et naïf de demander l’impossible.

	Les distorsions des mécanismes de marché

	Nous avons besoin de bien comprendre les distorsions économiques introduites pour justifier une disposition constitutionnelle. Supposons que nous ayons deux entreprises, l’une publique, A, et l’autre privée, B, qui œuvrent dans le même domaine : par exemple, la construction de logements. Supposons que l’entreprise publique subit des déficits (ce qui est le cas de la plupart mais pas de toutes) et l’entreprise privée réalise des surplus. L’Etat va taxer la seconde et subventionner la première. L’entreprise privée offre à l’Etat les ressources pour subventionner sa concurrente qui sera maintenue en vie, en partie, grâce à ses ressources.

	Supposons que quelques années plus tard on assiste à l’inverse : l’entreprise publique fait des profits et l’entreprise privée réalise des pertes. Sans état d’âme, l’Etat va laisser l’entreprise privée partir en faillite. Nous avons là une grave distorsion aux mécanismes de marché. L’entreprise privée court de véritables risques, l’entreprise publique aucun : quel mécanisme pousserait donc l’entreprise publique à l’efficacité ? Nous mettons de côté les injonctions et les multiples contraintes que ces entreprises endurent. Il y a là un grave problème éthique : on prélève des ressources d’une entreprise pour subventionner sa rivale et la laisser mourir en cas de problème.

	Pour cela, la vaste majorité des experts préconise un traitement équitable entre les deux secteurs. La disposition constitutionnelle stipulerait : «L’Etat ne discrimine pas entre entreprises économiques sur la base de la nature de la propriété». Les juristes trouveraient sûrement une bien meilleure formulation. Mais nous avons besoin d’une telle disposition dans la nouvelle constitution pour introduire plus d’équité dans notre système économique. Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures alors que dans les discours politiques on prône l’égalité de traitement. Il ne faut pas également faire l’inverse : privilégier l’entreprise privée parce qu’elle est privée. L’égalité de traitement devrait être une disposition constitutionnelle. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/entreprises-publiques-et-privees-l-egalite-de-traitement-devrait-etre-une-disposition-constitutionnelle-25-03-2013-207844_175.php</link>
        </item>
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           <title>Pour une politique agricole moderne</title>
           <author></author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/pour-une-politique-agricole-moderne-18-03-2013-207027_175.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 18 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 18 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Spécialistes et simples citoyens s’accordent à dire, à juste titre, que notre pays aurait pu figurer parmi les plus dynamiques en matière de développement et d’exportation de produits agricoles dans le bassin méditerranéen. Mais des politiques sectorielles inappropriées et volatiles ont caractérisés la gestion de ce secteur depuis notre indépendance. Rien ne sert de rappeler les tragiques errements de la révolution agraire, de l’hyper bureaucratisation et l’hyper centralisation de ce secteur. Il s’agit aujourd’hui d’assumer cet héritage historique pour le dépasser, comme ont réussi à le faire bon nombre d’ex-pays socialistes.

	De nombreux pays à économie de marché sont arrivés à implanter chez eux des secteurs agricoles qui fonctionnent convenablement ; aucun pays n’a réussi à en faire autant avec un secteur hyper étatisé. Mais les politiques agricoles demeurent un champ d’intervention privilégié des économies de marché les plus libérales. Aucun secteur ne connaît autant d’immixtions publiques que celui de l’agriculture. Il fait partie des enjeux géostratégiques et devient un pivot de la sécurité nationale.

	Un diagnostic très classique

	Depuis plus de deux décennies, experts et analystes de tout bord font les mêmes constatations. Le secteur n’a pas encore trouvé son chemin face aux pesanteurs du passé et aux nombreux défis complexes futurs. Nous allons présenter un échantillon de challenges que nous devons maîtriser avant de fonder un secteur agricole de classe mondiale. Les analystes ciblent les incertitudes statistiques. Tous les autres secteurs en souffrent.

	Dès lors que les statistiques agricoles ne sont pas assises sur des méthodologies internationales prouvées, des audits fréquents et indépendants, les analystes seraient toujours méfiants à leur égard. Quelle est la marge d’erreur contenue dans ces données ? Mais cette problématique est pertinente à l’ensemble des secteurs. Gérer c’est mesurer. Si des incertitudes demeurent au niveau des données sectorielles, aucun management rationnel ne devient possible. Le second élément concerne le niveau de concertation des premiers concernés : sont-ils intégrés au processus décisionnel ou évincés au profit d’administratifs bien intentionnés mais n’ayant pas les réflexes et le feeling d’agriculteurs ? De nombreux analystes relèvent le peu de concertation avant la prise de décisions stratégiques et opérationnelles, notamment les lois et décrets promulgués.

	Des fragilités demeurent une constante sectorielle depuis de longues années : la superficie agricole utile demeure inférieure à 4% du total du territoire. La désertification et le béton constituent toujours des menaces au nombre réduit d’hectares cultivables. Si aucune mesure n’est prise, dans quelques années nous aurons 0,16 hectare cultivé par habitant : proportion qui sera en contradiction avec l’objectif affiché d’une indépendance alimentaire accrue. Cette dernière est très complexe à acquérir au niveau de la couverture des besoins, surtout le domaine des semences adaptées aux spécificités des sols.

	La problématique du foncier a connu une évolution positive, mais demeure problématique dans l’application. Les remembrements continuent à s’opérer et mettent en péril, à moyen terme, les tailles critiques des parcelles agricoles dont la majorité risque de ne plus être rentable. Les circuits de commercialisations sont disloqués : les marges agricoles sont siphonnées surtout par des distributeurs peu connectés à la filière et sont donc réinvesties ailleurs : importation, immobilier, etc. L’agriculture devient la vache à lait de ces activités.

	Mais au-delà de tous ces aspects qui restent rattrapables, le secteur agricole ne peut échapper à un mal qui gangrène toute l’économie du pays : le sous-management des institutions. Comment gérer efficacement une toile d’institutions hautement stratégique pour la réussite de la filière, alors que les pesanteurs du passé sont omniprésentes ? Beaucoup de nos responsables croient que parce que le schéma macro sectoriel retenu semble cohérent (PNDAR, dans notre cas), il recèlerait donc des capacités à dynamiser ce secteur. Mais la technologie sociale qui donne âme et matière à tout schéma conceptuel est absente : il s’agit d’un management institutionnel efficace.

	Quelques pistes à explorer

	Dans l’ordonnancement des réformes à privilégier pour le redressement de ce secteur, il y a lieu de choisir les priorités et les urgences en fonction des facteurs-clés de succès. A diagnostiquer en profondeur le mode de fonctionnement de l’ensemble des institutions du pays, on arriverait à deux conclusions intéressantes. La première serait que des améliorations mineures ne sont possibles qu’au prix de mobilisations d’énormes ressources. La seconde est qu’aucun secteur ne peut prétendre s’élever au niveau des pays émergents avec les systèmes de management actuel.

	L’agriculture n’en fait pas exception. Mais parce qu’elle est une activité hautement stratégique, la modernisation managériale doit la concerner en premier lieu. Il faut donc lui appliquer toutes les pratiques qui ont conduit à l’émergence de pays disposant de beaucoup moins d’atouts que nous. Encore faut-il régler le problème de la coordination sectorielle en la domiciliant quelque part, en plus de créer les mécanismes de concertation et de prise de décisions afin d’établir les cohérences nécessaires !

	Le défi majeur serait de passer d’une gestion par les tâches, à un management par objectifs et indicateurs vérifiables décomposés à tous les échelons. Les profils, les outils, les modes de rémunération/pénalisations et les systèmes promotionnels seraient revus en profondeur. Autant dire qu’une véritable révolution managériale serait nécessaire. A ce moment-là, les institutions administratives comprendraient qu’elles ne peuvent réussir qu’au prix de concertations courageuses avec les premiers concernés (ou leurs représentants) et en substituant à tous les niveaux les décisions scientifiques aux préférences administratives. Tout deviendra possible et notamment :
	1. la conquête de nouvelles terres au niveau des hauts-Plateaux, le sud, la lutte contre la désertification et le développement de l’agriculture des collines et des montagnes ;
	2. le règlement du problème du foncier par l’accélération des processus d’accès à la propriété ou à l’usage de l’usufruit ;
	3. démultiplier la création d’entreprises dans le domaine (par la politique des crédits), surtout par les scientifiques sortant de nos meilleures universités. Ces dernières doivent être jumelées avec leurs meilleures homologues étrangères ;
	4. aider la filière à disposer d’une force de négociation stratégique avec les circuits de distribution (coopératives de distribution et d’achat) afin de drainer les surplus vers les producteurs
	agricoles ;
	5. adapter les politiques agricoles : éliminer les subventions en amont mais garantir un prix minimal à l’output pour les produits stratégiques (lait, blé). Les politiques agricoles mondiales subventionnent l’output jamais l’input ;
	6. moderniser l’outil statistique, démultiplier les centres de recherche (tout en les gérant par objectifs vérifiables), créer de nombreuses fermes pilotes de démultiplication des réussites (les paysans viendraient en stage transférer les meilleures pratiques).
	  ]]></description>
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           <title>La modernisation du secteur financier : quelles sont les priorités ?</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 11 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 11 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Pour apprécier les conséquences d’un système financier sur l’économie réelle, il faut se rappeler ses raisons d’être, le pourquoi de son existence. Certes, les sources de son essence sont multiples et complexes : mais deux raisons s’érigent comme les fondements principaux de sa création. La première est évidente, visible et enseignée dans tous les programmes de finance. Au sein d’un pays, il y a toujours des agents économiques qui connaissent généralement des surplus financiers (principalement des ménages mais accessoirement des entreprises) ; d’autres ont des besoins constants de financement (surtout les entreprises). Le système financier canalise les épargnes des agents en surplus à destination des entités qui ont un besoin de financement. Il faut savoir que les fonds propres des entreprises ne financent que 20 à 30% des grandes entreprises industrielles. Le reste est constitué de dettes. Ces dernières sont le moteur de la croissance et du développement.

	Mais la seconde raison d’être est plus imperceptible. Cependant, elle est centrale au mode de fonctionnement économique des nations. Le secteur financier participe à l’allocation efficace des ressources : les bonnes entreprises (publiques ou privées) bénéficient de crédits et se développent. Les entreprises mal gérées ou qui ont perdu leurs marchés se voient privées de crédits ; et on accélère leur faillite afin que d’autres entreprises efficaces naissent en utilisant leurs actifs.

	Un mode de fonctionnement bizarre

	Le secteur financier tend à être pernicieux au sein de toutes les économies, mais d’une manière différente. Dans les pays développés, le secteur s’est autonomisé. Il fabrique des profits à partir de ses propres produits qui ont de moins en moins de liens et d’impacts sur l’économie réelle. Il devient une fin en soi et oriente dangereusement les économies modernes vers des crises sans fin. Nous n’avons pas ce problème en Algérie.

	Par contre, nous en avons un autre encore plus grave : l’allocation des ressources. Nous avons un système financier, à 90% public, qui consacre l’essentiel de ses activités à l’importation et un volume important de ses crédits à financer les entreprises publiques déstructurées qui n’ont aucune chance d’améliorer leur efficacité et de rembourser leurs crédits. Il y a deux observations majeures à faire ici. Un Etat choisit de garder un secteur public bancaire pour financer des activités stratégiques pour le pays. L’importation et la revente en l’état sont-elles stratégiques pour  nous ? Pourquoi ne pas les élaguer au secteur privé ? En second lieu, il ne peut pas y avoir une économie de marché sans la contrainte d’efficacité. Lorsqu’une entreprise de construction (publique ou privée) qui dégage des bénéfices est taxée pour subventionner une entreprise publique du même secteur, les règles de jeu sont faussées.

	Aucun pays ne peut fonctionner ainsi. Une entreprise défaillante doit être mise en faillite. On peut la restructurer de sorte à récupérer l’outil de production et faire en sorte qu’aucun cadre ou travailleur ne restera sans ressources avant de l’avoir positionné sur un autre emploi avec le même salaire. Techniquement, c’est faisable. Mais, au lieu de cela, les adeptes des subventions tous azimuts préconisent des traitements financiers sans fin. Nous n’avons pas de données exactes.

	Les estimations sur la valeur des assainissements et des crédits non remboursées, de 1990 à ce jour, se situeraient entre 60 et 140 milliards de dollars. Il s’agissait de sauver 400 000 emplois et une production de 13 à 15 milliards de dollars par an procurés par ces entreprises. Une somme de 60 milliards de dollars injectée dans la croissance des entreprises performantes et en créant de nouvelles aurait permis la création de 4 millions d’emplois et une capacité de production de plus de 35 milliards de dollars par an. Les adeptes des assainissements — sans le savoir et sans le vouloir — sont les premiers responsables de la détresse de notre jeunesse, dont une frange se noie en mer à la recherche d’un emploi décent.

	Revoir les priorités : créer de l’emploi et de la richesse

	Nous assistons à un débat sans fin sur la modernisation du secteur bancaire. Nous sommes en retard sur la monétique et de nombreuses autres opérations bancaires. Des progrès ont été réalisés. Beaucoup reste à faire. Mais on parle rarement du problème le plus sérieux qui afflige notre secteur financier : les mécanismes d’orientation des ressources. Nous avons un secteur ambivalent : super libéral pour les importations et trop gauchiste pour l’affectation des ressources aux entreprises productives. Il privilégie l’importation et les entreprises malades. Les secteurs financiers publics des économies de marché efficaces font des choix tout à fait contraires : ils développement les entreprises qui créent de la richesse et de l’emploi, mais les bonnes, non celles qui gaspillent les ressources des citoyens. Alors, les priorités des réformes du secteur financier dans notre contexte sont claires, il s’agit :
	1- d’élaguer le domaine d’activité importation en l’état aux banques privées ;
	2- de transformer (par une ingénierie financière adéquate) plus de la moitié des banques commerciales publiques en banques d’investissement. Techniquement, cela est possible ;
	3- financer les entreprises publiques et privées qui réussissent en plus d’en aider à créer d’autres ;
	4- traiter une fois pour toutes les entreprises déstructurées impossibles à redresser. On récupère l’outil de production sous d’autres formes. On donne des crédits aux cadres et travailleurs pour créer leurs propres boîtes, on forme et on place le reste. Personne ne sera laissé sans ressources. Aucun ne perdra dans cette situation.

	Les priorités du secteur financier sont les mécanismes d’affectation des ressources. Il s’agit de mettre en avant les grands préceptes qui guident ces réformes. Le principe numéro un devrait être le financement prioritaire des entreprises privées et publiques productives efficaces, sans discrimination aucune. Le second devrait être la mise en place d’une ingénierie managériale pour traiter les entreprises publiques budgétivores, de sorte à conserver l’outil de production et ne laisser aucun membre sans ressources jusqu’à son positionnement. Les grands gagnants seraient tous les citoyens et particulièrement nos jeunes qui trouveraient des emplois chez eux au lieu de se noyer en mer, en les cherchant ailleurs. ]]></description>
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        <item>
           <title>Les TIC : retards et possibilités de rattrapage</title>
           <author></author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/les-tic-retards-et-possibilites-de-rattrapage-04-03-2013-205418_175.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 04 Mar 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 04 Mar 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Avons-nous mesuré tous les bienfaits que les TIC pourraient apporter à notre économie, au climat des affaires et au bien-être de nos citoyens ? Régulièrement, les différents classements internationaux nous situent parmi les pays qui en font le moins usage. Nous avons été parmi les tout derniers à introduire la 3G. Nos écoles et nos lycées peinent à être équipés de matériels numériques. L’E-government est presque à l’arrêt. Dans ce domaine, nous nous situons parmi les pays qui voient la fracture numérique s’aggraver davantage, mettant en péril nos entreprises et notre économie nationale.

	Les immenses apports des TIC

	Le management de l’information est considéré comme le deuxième facteur-clé de réussite dans la plupart des activités. Il est second, uniquement à la mobilisation de l’intelligence humaine. Cette manière de voir est aussi valide dans le processus de développement des pays. Songeons un instant à ce qu’un système de TIC moderne peut apporter à notre pays. Toutes les politiques sectorielles en bénéficieraient. Nous aurions pu avoir un système d’information intégré, où chaque secteur grefferait ses besoins pour en tirer le meilleur. Chaque citoyen aurait un numéro national avec son historique et les facettes d’informations utiles aux politiques publiques. Bien sûr, sans contrôle adéquat, les dérives sont possibles. Il est nécessaire d’en contrôler l’usage. On peut alors cibler les personnes à bas revenus pour les compenser par les hausses de prix des produits de première nécessité au lieu de les subventionner pour tous. Personne ne pourra alors obtenir deux logements sociaux dans deux wilayas différentes, même si c’est au nom du conjoint.

	Les citoyens auraient un code et pourraient imprimer chez eux tous leurs papiers administratifs. 90% des opérations de dédouanement se feront par des fichiers numériques. La presque totalité des échanges entre administrations se feraient entre elles par internet. Les personnes échangeraient avec les administrations à 99% via le net. Il n’y aurait plus de files d’attente devant les APC, les banques et l’ensemble des administrations publiques. Toutes les opérations seraient écourtées. On recevrait sa carte d’identité, son permis, sa carte grise, etc. dans la journée. On pourrait alors créer une entreprise en un jour.

	Les économies de déplacements inter-wilayas seraient énormes. Les embouteillages dans les grandes villes seraient réduits. La vie serait facilitée pour tous. L’ensemble des administrations publiques et les centres de recherches trouveraient les bases de données nécessaires pour effectuer leurs travaux convenablement. Mais alors, pourquoi n’y allons-nous pas rapidement vers ces solutions du futur ? La réponse n’est pas évidente. Elle est beaucoup plus complexe que la mise en place de ce système d’information national.

	Pour ce dernier, les équipements, les logiciels paramétrables (donc qui s’adaptent à nos spécificités) et les procédures existent. Mais il n’y a pas plus difficile à changer que les habitudes humaines. Il y a comme une immense peur à abandonner les pratiques du passé pour oser un saut dans les sociétés de l’avenir. Mais les méthodes et les outils de management du changement existent et donnent généralement des résultats acceptables. Nous ne pouvons dérouler les méthodologies dans ce contexte.

	Mais pour y aller résolument, il faut d’abord que la décision soit prise en très haut lieu, que les ressources soient mobilisées et que les institutions concernées soient responsabilisées. Mais la décision peine à être prise. Il y  a une raison supplémentaire fort importante : faire travailler conjointement et en harmonie de nombreuses institutions. Le projet requiert la participation de nombreux ministères : finances, Intérieur, enseignement supérieur, Formation professionnelle, industrie, etc. Dès qu’il faut mobiliser de nombreuses institutions pour réaliser une opération d’envergure, des difficultés immenses surgissent.

	Quelques pistes d’action

	Nous sommes grandement pénalisés par l’absence d’une «institution cerveau». Elle aurait pu jouer le rôle de catalyseur et de coordinateur d’une telle opération. Cette lacune exige de nous d’adopter d’autres formes organisationnelles qui pourront améliorer la situation, même si leur efficacité serait moindre. Nous aurions besoin de localiser cet immense projet dans une haute institution (présidence ou premier ministère) pour lui conférer les ressources et l’autorité indispensables à la réalisation de sa tâche. Il ne faut point oublier que nous voulons révolutionner nos pratiques et nos méthodes.

	Dans ce domaine, les essais épars et individuels seront toujours infructueux. Il y a eu plusieurs tentatives d’institutions publiques (wilayas, universités) qui avaient tenté, tant bien que mal, d’automatiser et de numériser un certain nombre de leurs opérations. Mais les résultats sont trop mitigés. On ne bénéficie pas des économies d’échelles. Par ailleurs, les modèles conçus isolément manquent d’interopérabilité, c’est-à-dire les différentes institutions ne communiquent pas entre elles par des systèmes numériques. On revient alors aux méthodes manuelles pour organiser les relations entre différentes entités publiques et privées.

	L’avantage d’un système intégré s’en ressent. Nous pouvons peut-être dépenser 500 millions de dollars pour l’avoir, mais chaque année nous en économiserions alors au moins le double, en plus d’une meilleure quiétude pour les citoyens. Mais les responsables de la mise en place d’un système pareil auront à gérer trois dimensions aussi importantes. La première est technique : comment choisir les équipements, les logiciels, mettre en place les sauvegardes, les actions à mener en cas de pannes, etc. La seconde est économique : il s’agit de profiter de cette occasion pour booster l’industrie nationale de l’informatique en récupérant le maximum de valeur ajoutée : produire sur place le maximum d’équipements et logiciels et rehausser par là les compétences nationales.

	Les ressources humaines seront appelées à se hisser au niveau des exigences de ce défi. Ce n’est pas chose facile. La troisième dimension concerne la gestion du changement. Comment sensibiliser, former et inciter les fonctionnaires à adhérer au système. Il s’agit de créer des exemples de réussite, de qualifier les ressources au point où ce sont elles qui demanderaient le changement. Nous sommes,par exemple, en retard sur les formations ICDL (passeport international informatique), alors qu’elles deviennent un must dans de nombreux pays. La généralisation de cet outil permettra de débloquer en grande partie les réticences des ressources humaines. Le défi n’est pas impossible. Il n’est pas aisé non plus.         ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/les-tic-retards-et-possibilites-de-rattrapage-04-03-2013-205418_175.php</link>
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           <title>Scénarii d’évolution possibles de l’économie algérienne</title>
           <author></author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/scenarii-d-evolution-possibles-de-l-economie-algerienne-25-02-2013-204593_175.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 25 Feb 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 25 Feb 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Ce condensé de texte est le fruit d’un travail laborieux d’analyse et de simulations complexes. Les paramètres considérés sont ceux utilisés dans les analyses de prospective : taux de création d’entreprises, démographie, évolution des ratios de productivité, recherche et développement, benchmarking des principaux indicateurs de compétitivité micro et macroéconomiques et autres.   Le processus est dynamique. Il ne s’agit pas de prendre une année, mais plutôt plusieurs pour avoir une appréciation plus équilibrée. Dans un ouvrage écrit quinze ans auparavant, nous avons prévu exactement ce qui se passe aujourd’hui. Nous avions appelé ce scénario Relance d’une économie non assainie. Il s’agit d’injecter beaucoup d’argent dans une économie où les ressources humaines, les entreprises et les administrations ne sont pas encore qualifiées pour les utiliser efficacement. Toutes les conséquences qui s’ensuivent furent décrites (Voir A. Lamiri : Crise de l’économie algérienne).

	Mais si l’on devait de nos jours développer des scénarii pour les quinze à vingt ans à venir, quelles seraient les évolutions probables ? Ces dernières seraient fonction des prochaines décisions économiques et de la situation internationale, notamment le marché mondial de l’énergie. Nous entrevoyons trois scénarii possibles que nous appellerons : «émergence», «normalité» et «déchéance». Nous allons résumer succinctement les trois dynamiques d’évolution possibles, tout en reprécisant que ce sont des simplifications de méthodologie fort complexes (équations économétriques), tout en commençant par le scénario le moins plaisant, celui que l’on souhaiterait éviter.

	Scénario de la déchéance

	Nous serions dans ce cas de figure si deux situations conjointes venaient à se superposer dans les dix ou vingt prochaines années : un marché mondial de l’énergie déprimé combiné à des politiques économiques présentes qui gèrent les urgences, négligent les facteurs-clés de succès et continuent à injecter des ressources dans une économie mal préparée pour les gérer efficacement. Sur le plan international, si le rapport de l’Agence internationale de l’énergie venait à se matérialiser, nous courons un risque important de voir des prix de l’énergie déprimés. Certain centres d’analyse prévoient des prix de 60 dollars le baril dans 10 ans. Nous avons également une contrainte de quantités. Nous devons laisser dans le sous-sol l’équivalent de trente à quarante années de consommation interne ; cette dernière enregistre une croissance à deux chiffres. Si nous ne diversifions pas rapidement nos sources d’énergie (renouvelable, schiste peu polluant, etc.) les quantités exportées risquent d’être drastiquement amputées.

	Nous serons alors près de 50 millions d’habitants. Mais la situation internationale ne peut pas provoquer à elle seule toutes les complications envisagées. Pour que la menace soit effective, il faudrait la conjonction d’un marché international de l’énergie déprimé avec une réalité nationale défavorable. Nous pouvons citer, entre autres : les ressources humaines sous-qualifiées ; les entreprises et les institutions publiques sous-gérées ; l’acte d’importer plus motivant que celui de produire ; le climat des affaires défavorable ; la liberté d’entreprendre limitée et l’organisation de l’Etat peu compatible avec le développement.

	Les priorités des politiques économiques demeurent de gérer le court terme, sans vision, sans stratégie et sans mobilisation de l’intelligence de tous. Les conséquences seront très sévères pour nos citoyens. Les ressources pour financer le développement et les programmes sociaux seront insuffisantes. Les réserves et le Fonds de régulation seront vite utilisés.Le chômage devient endémique et pourrait même atteindre 30 à 40%. L’inflation à deux chiffres sera de retour. L’endettement extérieur sera de plus en plus lourd, avec des capacités moindres à mobiliser les crédits. Les déficits se creuseraient dans tous les domaines : logement, lits d’hôpitaux, sièges de transport, éducation, etc. Le pays sera aspiré par la spirale du sous-développement. Il y a fort à craindre que de graves remous sociaux secouent le pays, la population n’étant pas préparée du tout à ce genre de situation.

	Scénario de la normalité

	La seule différence avec le scénario précédent réside dans la situation du secteur de l’énergie de notre pays. Il est possible que l’évolution de la demande mondiale absorbe toute croissance de l’offre. Par ailleurs, au niveau national, de nouvelles découvertes et l’exploitation de nouvelles sources (énergies renouvelables, schiste non polluant, etc.) permettraient de combler la diminution des sources traditionnelles. On pourrait se retrouver avec des ressources extérieures suffisantes pour financer un budget normal, plus une relance raisonnable (10% du PIB).

	Nous serions alors une économie qui fonctionnerait avec une croissance comparable à la moyenne mondiale. L’ensemble des déséquilibres (emploi, logement, lits d’hôpitaux etc.) seraient stabilisés, mais à des niveaux insatisfaisants. Le pays ne se développe pas ; il va survivre et suivre de loin les évolutions des différents pays qui prennent de plus en plus d’avance sur nous. Nous ferions partie des pays qui fonctionnent moyennement, au jour le jour, sans illusion de développement mais sans danger de péricliter.
	Nous sommes dans ce scénario depuis 1998 déjà. Nous aurons au moins l’avantage d’être en droite ligne avec les modes de fonctionnement passés. Les entreprises et les institutions demeureront fondamentalement sous-gérées ; les politiques sectorielles peu appropriées et l’organisation de l’Etat défaillant.

	Scénario de l’émergence

	Ce cas de figure a peu de lien avec la situation internationale du marché de l’énergie. Il dépend surtout des décisions internes. Nous avons à peine quelques années pour le réaliser. Les décideurs changent radicalement d’outils et de méthodes. Un nouveau plan est décrété, ciblant les facteurs-clés de succès. Les conditions d’émergence sont créés : l’«institution cerveau » est érigée, une nouvelle vision est créée et diffusée.

	Le peuple est mobilisé autour d’objectifs qui lui donnent fierté et motivation de travailler : Algérie, pays émergent en 2025 et développé en 2040. La stratégie de développement voit le jour avec la participation de la majorité des Algériens. Nous n’avons pas besoin de refaire le même cheminement que celui des pays développés. Nous pouvons passer rapidement aux activités du futur : nanotechnologies, industries vertes, énergies renouvelables, etc. Les processus de rattrapage sont rapides de nos jours. Les futures ressources sont affectées prioritairement aux axes suivants :
	1. Développement qualitatif humain : en plus de moderniser le système éducatif, on recycle toutes les personnes opérationnelles. Il faut toute une ingénierie pédagogique pour que les universités et les centres de formation professionnelle se mettent au niveau mondial afin de jouer pleinement leur rôle. On doit les jumeler avec les meilleures institutions mondiales et adopter leurs normes comme références. Les recyclages donnent des résultats rapides et la modernisation du système éducatif prépare les futures générations à se positionner parmi les meilleures.
	2. Modernisation managériale des entreprises et de toutes les institutions nationales (universités, hôpitaux, administration, entreprises...). L’usage des TIC sera d’un grand secours, mais c’est surtout le passage à un management moderne qui sera prioritaire. L’Etat lui-même sera organisé et géré selon les typologies de pays qui réussissent. On pourrait faire alors un saut qualitatif dans tous les domaines : figurer parmi les 20 premiers pays dans 10 ans pour ce qui concerne le climat des affaires, se situer également parmi les meilleurs dans l’utilisation des TIC, etc.
	3. Orientation des ressources vers la création et le développement des entreprises privées et publiques qui réussissent. On cesse de financer les canards boiteux. On libère les initiatives. On passe de 640 000 à 1 200 000 entreprises en dix ans. La création de pépinières et d’incubateurs se généralise. On finance le développement des entreprises productives au lieu de l’importation.
	4. Financement raisonnable d’infrastructures (15 à 20% des ressources leur seront affectées). Bien qu’importantes, les infrastructures le sont moins que les cerveaux humains. Aucun pays ne s’est jamais développé avec des ressources humaines sous-qualifiées. Pourtant, c’est ce que nous sommes en train de faire. Les priorités vont changer.

	Beaucoup de détails techniques restent à concevoir. Mais rien n’est au-delà des possibilités d’un pays qui a développé et libéré les initiatives de ses citoyens. Nous aurions une croissance à deux chiffres, un taux de chômage de moins de 3%. Les problèmes économiques et sociaux (logement, soins, écoles, transports) seront en voie de règlement. L’occupation de l’espace sera tout autre (nouvelles villes, reconstruction des habitats vulnérables aux séismes, etc.). Le peuple sera fier de participer à une telle œuvre. Au lieu de vivre au jour le jour dans un système économico-politique qui fait du sur-place, il sera en train de construire un pays qui deviendrait un «dragon africain» envié et enfin respecté.

	Tels seront les tout prochains choix que nous devons faire : déchéance, normalité ou émergence. Il est tout à fait réconfortant de savoir que nous restons maîtres de notre destinée. Il nous reste encore un peu de ressources et de temps, mais pas beaucoup, pour configurer, pour une longue période, la trajectoire historique de notre pays. Nous avons raté beaucoup de rendez-vous, mais nous avions toujours des ressources pour financer nos échecs passés.

	Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Nous avons devant nous ce que j’ai maintes fois appelé «la décennie de la dernière chance» avant une probable déchéance. Les mots-clés de la réussite s’appellent : développement humain, modernisation managériale, économie productive, libération des initiatives.
	        ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/scenarii-d-evolution-possibles-de-l-economie-algerienne-25-02-2013-204593_175.php</link>
        </item>
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           <title>Une culture économique incompatible avec l’économie de marché</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 18 Feb 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 18 Feb 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Les idées sont l’âme de l’action. Les multitudes de dysfonctionnements qui mettent en péril notre économie ont bien des sources. Ces origines puisent leurs racines dans notre histoire profonde ; elles ne sont jamais le fruit du hasard. Un travail de comparaison internationale sur l’origine et les évolutions des croyances économiques ainsi que leurs conséquences sur les comportements humains dans notre pays s’avère indispensable. D’un point de vue politique, philosophique et pratique, les personnes sont libres de croire aux idées de leurs choix. Nous ne pouvons pas réduire la liberté d’autrui, surtout celle de penser. Mais en économie, il faut faire la part des choses. Si on désire construire une économie de marché, il faut que la vaste majorité des citoyens et surtout des décideurs y croient, soient outillés et préparés pour la faire fonctionner convenablement.

	On ne peut pas avoir des ressources humaines qui croient à l’hyper étatisation, à la centralisation et la bureaucratisation et construire une économie de marché efficace. L’adéquation de la culture d’une entreprise avec sa stratégie a longtemps fait l’objet d’analyses approfondies par de nombreux auteurs. Entre autres, Barnard, Ansoff, Drucker, Rieger et autres ont décortiqué les situations d’adéquation et d’inadéquation entre la culture et la stratégie. Cette problématique est pertinente lorsqu’il s’agit d’un pays.

	Les Idées dangereuses et leurs origines

	Les premiers choix économiques après l’indépendance furent dictés par un lourd contentieux que nous avons eu avec les pays qui se réclamaient de l’économie de marché. On ne peut pas juger ces choix historiques avec les connaissances actuelles. Par contre, ce qui est incompréhensible demeure que nous désirions construire une économie de marché avec des ressources humaines formatées et encore profondément persuadées que l’hyper étatisme est la seule solution pour construire une économie émergente. Lorsque plus de 90% des décideurs et des cadres sont bloqués sur cette idée, aucune possibilité d’une évolution n’est prévisible.

	Au début des années soixante-dix, les économistes du parti communiste français s’étaient vu offrir les cerveaux des étudiants algériens en économie et en  sciences sociales à formater à leur guise. Ils étaient même des conseillers auprès de nos plus hauts décideurs. Ils n’avaient aucune possibilité de tester leur modèle en France, ils se sont vu offrir les portes grandes ouvertes dans notre pays. Ils avaient pratiquement le monopole sur la formation des générations à venir. Ils ont même dénaturé le contenu de quelques modules de l’économie néoclassique. Ainsi, la microéconomie est devenue «Analyse critique de la microéconomie néoclassique».

	Il est tout à fait louable d’enseigner tous les courants de pensée, y compris bien sur l’analyse marxiste. Mais de quelle droit exclut-on les autres lignes de pensée : néoclassique, islamiste, etc. ?  Lorsqu’on érige une école de pensée en dogme religieux, on ne peut espérer un saint débat social. De surcroît, dès lors que l’on octroie un monopole à une ligne de pensée, il ne faut guère s’étonner que des cohortes entières de jeunes économistes soient «dogmatisées» à l’extrême. On ne leur donne pas les outils pour choisir. Personne n’enseigne les critiques de Popper ou de Samuelson et les modèles de Hicks, Myrdall, etc.

	Il faut dire que les ex-pays socialistes avaient fait pire dans ce domaine. Mais nous allons voir qu’ils ont traité ce problème avec beaucoup de rigueur dès qu’ils se sont convertis à l’économie de marché. Par contre, nous avons superbement ignoré la culture économique. Nous avons cru que c’est un mal bénin qui disparaîtrait par enchantement avec le temps. Ne dit-on pas que le temps guérit toutes les blessures ? Sauf, qu’il y a celles qui se gangrènent. De nos jours, un administratif moyen, qui se trouve dans les rouages du processus décisionnel algérien, croit dur comme fer aux mirages suivants :
	1. L’Algérie était entrain de réussir son développement économique durant les années soixante-dix : c’est l’abandon du programme d’industrialisation qui est la cause de notre échec. Autrement dit : le socialisme a échoué partout sauf en Algérie où il était sur le point d’aboutir alors que tous les indicateurs (productivité, taux d’utilisation des capacités, multiplicateur etc.) prouvent le contraire.
	2. Il faut donc un retour intelligent aux pratiques de cette période. Il faut qu’on démontre que dans toutes les économies de marché, les pays émergents et surtout les ex-pays socialistes que les réussites sont dues aux décisions publiques et les échecs au secteur privé.
	3. Ainsi, la Chine serait en train de réussir parce durant l’ère communiste, on a formé les talents qu’il faut (les diagnostics chinois sous l’ère de Den Tsaouping réfutent totalement cette thèse). Pour cela, l’effort de recyclage chinois après 1980 a été pharaonique. Le recyclage, l’ouverture et la décentralisation sont les facteurs-clés de réussite du modèle chinois. Cette analyse est acceptée partout sauf en Algérie.

	Le problème de fond

	La problématique centrale demeure que nous désirons construire une économie de marché avec 90% de nos décideurs et cadres de la nation qui admirent et rêvent d’une économie centralisée, efficace et qui croient dur comme fer que l’Algérie aurait été une exception planétaire sans l’abandon de l’industrialisation et l’étatisation à outrance. On ne peut pas construire une chose et rêver à son contraire. La moindre turbulence économique mondiale est interprétée comme une défaillance mortelle des économies de marché. Leur disparition serait proche. Par conséquent, il faut étatiser à outrance. Le secteur privé algérien serait bon pour la sous-traitance. Il faut assainir encore et encore. Cela n’a pas réussi cinq fois, la sixième pourrait être la bonne.

	Là encore, on fait appel à la Chine sans en connaître les mécanismes de fonctionnement de cette économie. La Chine finance directement ou indirectement (crédits bancaires) les entreprises qui réussissent qu’elles soient publiques ou privées (fameux dicton du chat blanc ou noir). Dès que le secteur privé devient capable de prendre en charge une entreprise d’Etat on la privatise (même stratégie que la Corée du Sud). Ce qui est demandé aux pouvoirs publics algériens c’est exactement cela, financer les réussites qu’elles soient publiques ou privées. Laisser les mauvaises entreprises mourir publiques ou privées (tout en traitant les ressources humaines et matérielles afin d’avoir une meilleure cohésion sociale et récupérer sous d’autres formes l’outil de production).

	Lorsque les ex-pays de l’Est et la Chine ont démarré leur processus de transition, ils ont veillé à deux choses importantes : recycler en profondeur techniquement et administrativement leurs ressources humaines. A partir de 1980 un plan Marshall de recyclage fut entrepris dans ces pays. Par ailleurs, ils ont veillé à instaurer un équilibre entre planification de la transition et décentralisation. En Chine, plus de 55% des exportations sont réalisées par des entreprises publiques et privées locales. Le développement est hyper décentralisé. Dès que les entreprises privées se développent, elles deviennent les acteurs importants de la privatisation. Nous n’avons pas recyclé nos ressources humaines et nos institutions. Nous n’avons pas fait le deuil de la période socialiste.

	La vaste majorité de nos experts pensent que le socialisme aurait réussi en Algérie si on ne l’avait pas abandonné. Cette chimère produit des illusions. On cherche des détails insignifiants dans les expériences des pays de l’Est qui pointent vers l’étatisme pour les grossir et en faire les facteurs-clés de succès. Nos institutions n’ont pas été restructurées convenablement pour faire fonctionner une économie de marché. Au final, nous avons les ressources humaines, la culture et les institutions à 90% structurées pour faire fonctionner une économie administrée. Et on veut avec cet ensemble construire une économie de marché.
	  ]]></description>
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        <item>
           <title>Quelles orientations stratégiques pour notre pays ?</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 11 Feb 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 11 Feb 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Depuis plus de deux décennies, les experts et les analystes algériens réclament la conception et la diffusion d’une vision à long terme du devenir de notre économie. Les hommes d’affaires en ressentent la nécessité. Les pouvoirs publics n’ont jamais nié officiellement l’importance d’une telle démarche. Mais les nombreuses urgences, la gestion d’un quotidien trop volatile et parfois une relative aisance financière repoussent aux calendes grecques une telle activité. Elle paraît même superflue à un certain nombre de décideurs. Et pourtant ! Nous allons faire face en quelques années, probablement une dizaine tout au plus, aux défis les plus complexes, les plus incertains et les plus dangereux depuis notre indépendance. Voilà un échantillon de menaces qui pourraient exacerber nos vulnérabilités si une stratégie de riposte n’est pas conçue et exécutée le plus rapidement possible.

	Les crises mondiales deviennent plus étendues et plus fréquentes que par le passé. Nous allons dépasser le seuil de 50 millions d’habitants. Le marché mondial de l’énergie n’a jamais été autant incertain : nous pourrions réduire les quantités exportées de 50% pour satisfaire la demande nationale, au moment où les prix chuteraient de 60% (scénario le plus pessimiste). Nos citoyens attendent de l’Etat le règlement de tous leurs problèmes économiques et sociaux au moment où la productivité globale des facteurs chute. Nous avons volontairement décrit le scénario de la situation la plus sombre possible, car une bonne stratégie consiste à anticiper la plus mauvaise donne et y riposter pour l’avorter et réduire ses impacts les plus négatifs.

	De la nécessité à l’action

	Il n’est nullement dans nos intentions de dérouler un cours de stratégie d’entreprise et encore moins de développement des nations. Les écrits sur ces deux thèmes sont abondants. Par contre, l’application de certains principes stratégiques, au contexte spécifique de notre pays, s’impose. En premier lieu, nous n’avons pas encore monté une «institution cerveau» qui dispose des compétences, des moyens et des pouvoirs de concertation et de conception d’une telle démarche. La première étape consiste à identifier les grandes priorités politiques qui vont guider les décisions de conceptions et de mise en œuvre. Nous pouvons en citer quelques-unes. Nous désirons construire une économie de marché sociale et efficace qui consacre le principe de l’égalité d’opportunités. Il est vital de construire une économie productive hors hydrocarbure dans la prochaine décennie. Nous voulons être un pays émergent en 2025 et une nation développée en 2040.

	Les politiques publiques visent autant que faire se peut l’équilibre régional et la valorisation de toutes nos potentialités. Les choix politiques transcendent les décisions techniques. La classe politique fixe les orientations générales et en contrôle les résultats à travers diverses institutions. Lorsque les directives politiques sont claires, l’étape du choix des secteurs prioritaires à développer n’est pas encore arrivée. C’est une erreur trop souvent commise dans de nombreux pays. On lance des programmes pharaoniques, tout en oubliant de mettre sur pied les conditions de réussite.

	Bien que les différents plans de relance ne constituent pas un plan stratégique, la même maladresse fut commise. On a omis ou considéré comme peu importantes les conditions sine qua none de réussite. Elles sont au nombre de trois : des ressources humaines de très grande qualité (pas quantité) ; un management d’entreprises et d’institutions publiques de classe mondiale ; et enfin un climat des affaires des plus sain qui consacre la concertation et la libération des initiatives. A travers ces trois axes, il est question de prioriser des activités qu’on a négligées par le passé et qui sont les secrets des réussites des pays comme la Chine, la Malaisie, la Pologne et le reste. Nous parlons des recyclages des personnes opérationnelles, de la modernisation de nos TIC, de la dé-bureaucratisation, du développement local, de la modernisation bancaire, de la priorisation de l’acte d’investir sur l’acte d’importer, etc. Sans mettre en place ces dispositions, n’importe quelle stratégie échouerait. Nous en avons fait l’amère expérience avec des plans de relance qui négligent les conditions de réussite.

	Quelles activités privilégier ?

	Dans de nombreux débats nationaux, cette question vient toujours en priorité : quels sont les secteurs qu’il faut développer ? Deux observations de fond s’imposent. En premier lieu, si les conditions préalables (ci-dessus) ne sont pas satisfaites, n’importe quel choix d’activités déboucherait sur un échec : comme l’expérience du développement par les infrastructures. Aucun pays ne s’est jamais développé avec des ressources humaines sous-qualifiées. En second lieu, de nombreux pays créent ces conditions de développement, améliorent le climat des affaires et laissent les entrepreneurs choisir librement les secteurs où ils seront les plus compétitifs.

	Cette manière de faire consiste à libérer les initiatives et le dynamisme et le développement s’ensuivront. Par contre, d’autres pays préfèrent concevoir des politiques économiques qui identifient ces secteurs. Pour notre pays, une telle démarche semble réunir plus de consensus. Elle peut fonctionner si les conditions préalables sont réunies. On devrait alors commencer par regarder la balance des paiements et voir les postes qui ont explosé et pour lesquels nous pouvons effectuer des investissements de substitution : blé, lait, médicaments, Hi-fi, services (construction).

	En second lieu, nous avons des activités où les dotations naturelles, exploitées judicieusement, peuvent nous permettre de récupérer une part non négligeable des marchés mondiaux : primeurs, agriculture bio, tourisme, activités minières, etc. Dans le domaine de l’énergie, nous devons avoir un bouquet plus diversifié qui inclurait les énergies renouvelables et le schiste (si on prouve qu’il est non polluant pour nos sites). Mais il reste que de nombreuses activités peuvent être identifiées par cette «institution» qui nous fait cruellement défaut.

	Il faut une forte dose de volonté politique pour mettre en place l’organisation institutionnelle et les mécanismes susceptibles de concevoir et d’exécuter une stratégie concertée, cohérente et ouverte. C’est à ce prix-là qu’un pays à niveau de fonctionnement médiocre pourra devenir moyen, puis émergent et enfin développé.
	
	  ]]></description>
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           <title>Produire une doctrine de stratégie énergétique</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 04 Feb 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 04 Feb 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Le secteur de l’énergie est l’un des plus complexes et des plus incertains à analyser en termes de perspectives. Un bureau d’étude européen a interrogé les 20 «meilleures institutions et personnalités» sur l’avenir des prix pétroliers à l’horizon 2022. Le prix moyen fourni était de 110 $, mais les estimations variaient de 69 à 170 dollars. Les paramètres qui influent sur le devenir du secteur sont complexes et interdépendants : aspects géopolitiques, nouvelles technologies, vigueur de l’économie mondiale, règlementations environnementales et d’autres facteurs parmi les plus difficiles à prévoir. Cinq années auparavant, le débat était centré sur le rôle futur que devait jouer le nucléaire et les énergies nouvelles dans les choix des bouquets énergétiques des différents pays.

	Alors que cette question fut loin d’être tranchée, les nouvelles technologies de production de gaz et de pétrole de schiste, avec les premiers résultats apparemment acceptables aux USA, orientent le débat vers une tout autre direction : quel devrait être le rôle de ces produits dans le panier énergétique d’un pays ? On ne peut éviter de se poser de telles questions pour notre propre devenir. Mais s’il y avait une réponse simple, on l’aurait vite trouvée.

	Grands risques et incertitudes

	Selon le magazine Oil and Gas Journal, l’Algérie dispose de réserves pétrolières prouvées de 12,2 milliards de barils et 4502 milliards de m3 de gaz. La production pétrolière journalière oscille autour de 1,27 million de barils de pétrole et 87 milliards de m3 de gaz par an. La consommation nationale représenterait 19% de la production de pétrole et 17% du gaz. Mais la progression est forte entre 11 et 15% par an. Il y a un interminable débat sur le taux de récupération réel de ces richesses ; ce qui pose de grands aléas sur le devenir de ce secteur encore et toujours incontournable pour le financement des investissements ; et tout simplement le fonctionnement quotidien de l’économie nationale. Les exportations hors hydrocarbures peinent à dépasser les 2% et le financement de l’économie par les hydrocarbures se situe autour de 35%. Plus de 69% des biens et services que nous consommons sont importées.

	Tout simplement, sans les hydrocarbures, notre économie s’effondrerait. Le débat sur la construction d’une économie productive et compétitive hors hydrocarbures dure depuis plus de quarante ans, mais à aucun moment nous n’étions en train de maîtriser l’ensemble des facteurs-clés de succès pour réussir. Si bien que tout reste à refaire ou tout simplement à faire. Nous pourrons affronter dans le futur un grave problème d’offre d’énergie. Avec une demande qui va doubler tous les sept à huit ans, les volumes à exporter seront réduits.

	Là-dessus, nous n’avons pas les simulations sur les différents scénarios probables. Le second problème auquel nous pourrions faire face est celui des prix. Selon certains analystes (contredits par d’autres), la demande croissante en énergie sera amplement satisfaite par une offre qui sera de plus en plus abondante. Les prix seraient alors orientés vers la baisse. Des analyses pessimistes parlent même de 40 dollars le baril (le coût marginal de l’extraction du pétrole de schiste sera orienté à la baisse). Si nous travaillions sur le scénario le plus pessimiste dans 10 ans : 60 dollars le baril et réduction des quantités de 50%, nous aurons des recettes de 16 à 20 milliards de dollars à un moment où la population frôlera les 50 millions d’habitants. C’est sur ce scénario pessimiste que doivent plancher nos stratèges dès à présent. Que faut-il faire ? Et comment agir pour éviter de graves remous économiques et sociaux ?

	Décisions et précautions

	Si on tire des leçons des enseignements de la stratégie : en période de fortes turbulences dans un environnement compétitif complexe, les décisions doivent consacrer la précaution mais en pariant sur l’avenir. L’Algérie va investir 80 milliards de dollars durant les cinq prochaines années pour booster les capacités productives de son secteur. Le premier élément du pari est de mobiliser des ressources. Nous faisons donc un premier pas dans la bonne direction. Le second élément de l’équation concerne la demande nationale qui doit être satisfaite en priorité. Ce qui implique que nous devrions laisser dans le sous-sol au moins trente à quarante années de consommation nationale.

	Le reste peut être exporté. Nos stratèges doivent donc consacrer cette priorité dans les plans de développement de ce secteur. Par ailleurs, en face des incertitudes, la meilleure stratégie est celle de la précaution : il nous faut un portefeuille diversifié de sources énergétiques : produits conventionnels, renouvelables, schistes (en s’assurant de la maîtrise des conséquences environnementales). Laissons également les entreprises privées risquer, tout en assurant une régulation adéquate. L’Algérie s’est lancée dans l’exploration des produits dérivés du schiste. Ce qui est un premier pas vers la diversification des sources énergétiques. Il faut que nos experts débattent intensément et librement avec les décideurs publics afin d’arriver à une plate-forme commune.

	La meilleure manière de produire une doctrine de stratégie énergétique demeure de la concevoir au sein d’une «institution cerveau» qui dialogue avec l’ensemble des acteurs. Personne ne détient encore la vérité sur la technologie et le devenir du gaz et du pétrole de schiste. La décision d’exploiter d’abord les gisements traditionnels, puis passer aux énergies de schiste n’est pas forcément la bonne. Le «switching» est toujours difficile en termes de technologie, d’organisation, de marketing et le reste. Je dis simplement que le débat ne doit pas être clos aujourd’hui. Mais sans doute la plus grande des précautions demeure de développer une économie productive et efficace hors hydrocarbures par une diversification judicieuse des activités.

	Force est de constater les revers de toutes les démarches entreprises jusqu’à présent. On connaît le pourquoi de l’échec de toutes ces tentatives : l’absence d’une politique de qualité et d’utilisation optimale des potentialités humaines, les faiblesses managériales au sein de l’ensemble des institutions, le financement de l’importation au détriment d’une économie productive nationale, l’absence de stratégie de développement, une organisation de l’Etat inappropriée (hypercentralisation et hyperbureaucratisation) et autres. La levée de toutes ces contraintes constitue la meilleure des stratégies pour sortir du tout pétrole. Les solutions sont également connues des experts. Nous en avons déjà livré une bonne partie dans ces mêmes colonnes. D’autres éminents économistes nationaux complètent le tableau. Nous avons les moyens et encore un peu de temps pour sortir de cette dépendance mortelle. Il nous reste la décennie de la dernière chance. ]]></description>
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        <item>
           <title>Secteur du tourisme : quel gâchis !</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 28 Jan 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 28 Jan 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Le tourisme est une industrie complexe à maîtriser, contrairement à ce que l’on peut penser intuitivement. Elle nécessite d’optimiser des composantes hard (équipements hôteliers, de transport, sites touristiques, etc.) et soft (marketing, qualité des services, supply chain, etc.). Si bien que les qualifications humaines et la capacité de nombreuses institutions à collaborer sainement déterminent, en grande partie, le niveau de compétitivité du secteur. Les spécialistes qui ont visité et étudié le potentiel que recèle notre pays demeurent consternés par la différence qu’il y a entre les ressources touristiques disponibles et leur degré de mise en valeur par les politiques sectorielles nationales, et ce, depuis les années soixante. Nous avons donc sacrifié un atout national porteur d’un énorme potentiel. Souvenez-vous de l’ère de la planification centralisée.

	Un des objectifs affirmé haut et fort par les décideurs de l’époque était de créer une «économie autocentrée» qui consacre le principe fondamental de l’indépendance économique. Or, le tourisme était considéré comme un véhicule de dépendance et donc de fragilité. Certes, disposer d’une économie où le tourisme international dépasserait les 30% du PIB serait courir des risques de subir les contrecoups des récessions mondiales et des aléas politiques. Mais on aurait pu gérer une économie dynamique avec un taux qui avoisinerait les 20%. Mais l’autre revers de la médaille, le tourisme national, source d’aucune dépendance, n’est guère reluisant. Dans un effort de redressement durable, ce secteur serait un des piliers de la diversification et du dynamisme économique.

	Des atouts de rêve et un état des lieux cauchemardesque

	Rarement un pays rassemblerait sur son sol autant de potentialités susceptibles de booster un secteur hautement créateur de richesses, d’emplois et d’accès à l’exportation sans transporter les produits ou les services. Nous évacuons les multiples autres aspects positifs du tourisme : promotion d’une meilleure tolérance entre les peuples, fusions de cultures, création de liens humains et institutionnels internationaux durables et autres. Par ailleurs, de nombreuses institutions et activités internes auraient pu être boostées grâce à l’activité : artisanat, culture, gastronomie et arts nationaux et régionaux, musées, théâtres et agents particuliers (tourisme de l’habitant), etc.

	Il est impossible de lister toutes les activités qui en bénéficieraient. Le pays est doté d’atouts extraordinaires : ensoleillement intense, vestiges très riches et variés ; paysages montagneux, lunaires et dunaires, magnifiques plages, etc. Une cartographie des potentialités touristiques laisse souvent pantois les experts dans le domaine. Lorsqu’il fait moins dix degré à Stockholm, il serait possible de ramener des milliers de personnes, en 3 ou 4 heures de vol, pour bronzer dans de magnifiques piscines au sud (sauf qu’on ne les a jamais construites). Mais le diagnostic du réel contraste fortement avec ce potentiel de rêve.

	En premier lieu, les aspects quantitatifs sont trop décevants. Le pays a moins de 20 hôtels 5 étoiles. Nous avons moins de 100 000 chambres d’hôtels classés. Les recettes en devises ne dépassent pas les 500 millions de dollars. Plus de 70% des 2 000 000 de visiteurs qu’on reçoit chaque année viennent pour affaires. L’activité du secteur représente moins de 9% du PIB. Mais ceci n’est que le côté apparent de l’iceberg. L’aspect qualité est bien plus piètre. Heureusement que nous n’avons pas de classement international réputé sur cet aspect. Notre position serait bien pire que le Doing Business où nous figurons toujours parmi les 20 derniers pays.

	C’est cet aspect-là qui explique un fait rare : nous sommes un pays sous- développé, mais globalement plus émetteur que récepteur de touristes. Certes, les conditions plus générales (civisme, sensibilité des citoyens aux exigences du secteur) font défaut. Mais le secteur est gravement malade de son management de la qualité et de sa gestion tout court. Il ne peut être question ici de faire un diagnostic exhaustif du management de ce secteur. Mais force est de constater que ni la stratégie ni le management opérationnel ne sont au niveau des pays à performance moyenne.

	Les actions essentielles de redressement

	Mais que convient-il de faire donc pour améliorer la situation ? Beaucoup d’observateurs trouveraient cette première et plus importante orientation quelque peu déroutante. Nous sommes un pays en voie de développement qui essaye de parachever sa transition à l’économie de marché. Par conséquent, nous sommes loin d’avoir architecturé notre cohérence institutionnelle. Dans ce cas de figure, un ministère ne peut pas concevoir la stratégie, les mécanismes opérationnels et se charger de l’exécution. Il faut qu’il y ait une organisation tout autre : c’est «l’institution cerveau» ou un ministère de la planification (indicative) qui doit réunir en son sein les meilleurs spécialistes du domaine pour concevoir une stratégie ouverte, concertée ainsi que les modes opératoires. Le ministère qui collabore étroitement avec toutes les instances concernées devient surtout un outil de réalisation.

	L’organisation actuelle ne permet pas de créer un secteur touristique de classe mondiale. En second lieu, l’équipe d’experts en charge du dossier aura à élaborer les diagnostics et surtout à répertorier les immenses possibilités disponibles avant d’élaborer la stratégie sectorielle (la méthodologie est connue des spécialistes). A cette étape cruciale, il est nécessaire de mobiliser d’abord toute l’expertise nationale et compléter l’équipe par le savoir-faire international qui nous fait défaut. L’amélioration de l’environnement des affaires est un préalable au décollage du secteur, ce qui nous ramène à la problématique de l’interdépendance.

	Par ailleurs, tant que subsistent des doutes raisonnables sur la problématique sécuritaire, la partie internationale de l’activité ne peut être que réduite. Il est très raisonnable de planifier, avec un redressement durable et systémique, un niveau de 25% du PIB, ce qui ferait de ce secteur un acteur fondamental de diversification économique. Les priorités du développement sectoriel sont largement identifiées. Il s’agit surtout :
	1. orienter le maximum de ressources vers le développement humain (formation et recyclages) ;
	2. intégrer la culture touristique dans les programmes d’éducation nationale ;
	3. aider à monter des TO (Tours operators) et à démultiplier des agences de voyages professionnelles (labellisées) ;
	4. appuyer les investissements lourds, surtout dans le Sud et les Hauts-Plateaux ;
	5. mettre en place les mécanismes de promotion de la qualité : crédits bancaires, réduction de taxes pour la mise en place de systèmes, etc. ;
	6. Instaurer des mécanismes de concertations permanentes entre les parties prenantes et les pouvoirs publics afin de réajuster en permanence les décisions (l’idéal serait de confier cette mission au «centre de conception» qu’on a précédemment évoqué).
	Nous avons occulté maints aspects liés au développement du secteur. Même un ouvrage volumineux minimiserait certaines facettes. Ce qui explique la nécessité d’une concertation la plus large possible avec l’ensemble des parties prenantes : les choix politiques relèveront de décisions de gouvernement, mais l’instrumentation technique devrait être purement et simplement être placée là où elle doit être : entre les mains des compétences avérées dans le domaine.
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           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/secteur-du-tourisme-quel-gachis-28-01-2013-201168_175.php</link>
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           <title>«Changer les mentalités» : une idée fausse et dangereuse</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 21 Jan 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 21 Jan 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	J’ai eu l’occasion d’écrire quelques lignes sur cette problématique qui apparemment nécessite beaucoup plus d’explications. Les discours politiques, les écrits journalistiques et les questions des étudiants et de professeurs lors des séminaires académiques tournent toujours autour d’un thème qui semble faire l’approbation de la majorité. Il est question de changer la mentalité des citoyens pour que l’Algérie réussisse son pari de se redresser et de rejoindre le rang des pays émergents. De nombreux PDG, walis, responsables de départements administratifs, ministériels et même chercheurs universitaires et prestigieux conseillers d’institutions publiques et privées ne jurent que par le changement des mentalités pour améliorer le mode de fonctionnement de nos entreprises et de nos entités publiques.

	Heureusement qu’il y a une minorité d’analystes éclairés qui ont compris que «changer les mentalités» est une idée fausse et très dangereuse. Pourquoi ? En premier lieu, si le problème résidait dans les mentalités, les décideurs n’ont donc aucune responsabilité sur les résultats de leurs décisions. Malgré tous les efforts et la pertinence de leurs choix si judicieux, les mentalités des citoyens font déraper leurs projets. Il faut donc les absoudre de toute responsabilité, car malgré leurs compétences et leurs perspicacités ils ne peuvent obtenir des résultats probants. La faute incombe aux mentalités. Nous allons montrer que cette manière de réfléchir est fausse d’un point de vue théorique. Par la suite, nous allons donner des exemples pratiques qui illustrent de fort belle manière que cette manière de voir est loin de la réalité.

	La problématique de «changer les mentalités»

	En premier lieu, une personne s’interrogerait sur la signification et la méthode. Qu’est-ce que c’est changer les mentalités ? Apparemment, ses adeptes pensent au mode de pensée des personnes. Celles-ci doivent commencer à apprécier le travail, le civisme, l’honnêteté, l’assistance à autrui pour pouvoir les appliquer dans les entreprises et les institutions. Par la suite, les directives des décideurs vont s’appliquer et donner des résultats satisfaisants sur le terrain. Ainsi, l’école et l’environnement global y sont interpellés. Les managers vont donc essayer de communiquer intensément pour renforcer ces qualités. Mais puisque pour le moment ces caractères n’existent pas, alors inutile d’essayer d’obtenir des performances acceptables tant que les «mentalités n’ont pas changé».

	En premier lieu, les managers ne sont ni formés ni préparés à «changer les mentalités». En second lieu, les mentalités changent exceptionnellement et très rarement. On réserve ce genre de traitement aux personnes «déséquilibrées». Les psychanalystes et les psychiatres arrivent parfois au prix de grands efforts lents et laborieux à «changer» la personnalité d’un humain pour son propre bien. Il s’agit de corriger un déséquilibre profond. Mais les managers n’ont pas les compétences pour ce faire. Heureusement, ils n’en ont pas besoin. En management, on sait changer les comportements pas les mentalités ; et c’est suffisant. La différence est de taille. Je donne souvent l’exemple chinois à mes étudiants de management.

	Après la victoire des communistes chinois, l’une des priorités des dirigeants fut d’améliorer la production agricole pour éviter les famines répétitives. Pour arriver à cette fin, il fut décidé de «changer la mentalité des paysans». Les gardes et les membres du parti communistes chinois devaient lire le Livre rouge de Mao, trente minutes chaque jour, avant le début des travaux. On glorifie le communisme, Mao, la Chine, l’altruisme, l’amour de la patrie, etc. Mais ce «cirque» qui dura trente ans n’a eu aucun impact sur les mentalités ou la production réelle qui stagnait. Après le décès de Mao, Deng Xiaoping interrompit le processus, divisa les lopins de terre et libéra l’initiative paysanne. En cinq ans, la production agricole avait doublé. Mao cherchait à améliorer la production par le «changement des mentalités», Deng Xaoping voulait agir uniquement sur les comportements en mettant en place les conditions minimales de motivation.

	Le changement de comportement en opération en Algérie

	Mais avons-nous des exemples pour notre pays ? Bien sûr. Ils sont nombreux et on en parle très peu. Je prendrai le cas d’une entreprise publique croulant sous les déficits qui a été privatisée. On accusait les «mentalités» du personnel pour tous ces maux. Les nouveaux dirigeants effectuaient un diagnostic sans complaisance. 65% du personnel étaient affecté à des postes de travail de complaisance (espaces verts, gardiennage, pointeurs…) et étaient mieux rémunérés que la seule équipe de 8h de production qui existait. Des décisions furent prises. Elimination des postes improductifs non nécessaires, valorisation des primes et des salaires pour les équipes de production, recyclage de tout le personnel, transfert du personnel improductif aux chaînes de production avec une meilleure planification de la maintenance. On est passé à trois brigades de production (24h sur 24).

	La production a plus que triplé.  On a modernisé le management : plus de communication, de concertation, d’évaluation de la contribution de chacun, de rémunération en fonction du mérite, etc. Soudain, les travailleurs algériens qui étaient «fainéants à cause de leur mentalité» sont devenus des éléments motivés, sérieux, rigoureux et s’améliorent de jour en jour. Ils ont vécu ce qui arrivent aux algériens qui partent à l’étranger : recyclés et injectés dans un nouveau système, ils deviennent des éléments performants.  Nous avons là une fort belle leçon connue des spécialistes en management : parler de changer les mentalités est un non-sens. On sait changer les comportements en mettant en place les modes de management qu’il faut : respect, équité, formation, évaluation des performances, communication et le reste.

	Si nous comptons sur les changements de mentalité pour améliorer nos entreprises et nos institutions non économiques (ministères, wilayas, hôpitaux, universités, administrations), nous sommes partis pour plusieurs siècles de déception. Mais si on raisonnait en termes de changement des comportements : là nous avons des outils pour avoir des résultats relativement rapidement. Alors, la prochaine fois que vous entendez quelqu’un parler de changement des mentalités en Algérie pour nous améliorer, sachez une chose : «Il ne sait pas de quoi il parle».
	
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           <title>Que faut-il espérer pour 2013 ?</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 14 Jan 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 14 Jan 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Les années passent et les espoirs de voir surgir enfin une économie productive hors hydrocarbure s’amenuisent de plus en plus. Malgré les ressources pharaoniques injectées, la croissance (2,5%) demeure moins élevée que la moyenne des pays en voie de développement qui n’ont aucun plan de relance.  Quelles peuvent être les craintes et les espoirs pour 2013 ? Les perspectives à court terme en Algérie sont trop déviantes de l’horizon du long terme. Il faut dire à la décharge de nos responsables que nous, la profession des analystes et des économistes dans notre pays est trop divisée, trop éparpillée et trop distante de tout ce que l’on trouve dans le reste du monde.

	Certes, les débats d’idées existent partout. Dans tous les pays de la planète il y a des marginaux qui pensent encore que la dictature du prolétariat, un parti communiste unique et le «centralisme démocratique» sont la solution miracle à nos dérives. La majorité de nos penseurs serait loin de cette configuration. Mais tout de même, elle considère que le retour à l’hyper-étatisation et l’hyper-bureaucratisation de l’économie sont des pistes sérieuses de sortie de crise. Les décideurs les ont écoutés, injectant dix milliards de dollars dans des entreprises assainies déjà plus de cinq fois. Lorsqu’une approche managériale a échoué cinq fois, sa probabilité de réussite est proche d’une chance sur un million.

	Les craintes

	Il est impossible de recenser exhaustivement l’ensemble des craintes économiques pour une période charnière. Nous en avons beaucoup. Il s’agit de choisir un échantillon des facteurs les plus importants et les plus probables. Nous ne pouvons donc jamais prétendre à une quelconque exhaustivité. La première inquiétude a trait à l’inflation (hausse des prix des biens et des services). Durant les années 2010 et 2011, la masse salariale nationale a augmenté d’au moins 80%. Mais la productivité nationale stagne. Autrement dit, nous avons gonflé des salaires pour des personnes, alors que leur contribution (production) n’a connu aucune amélioration. Tout cela est financé par la rente des hydrocarbures. La menace d’une érosion des prix et des quantités vendues en 2013 est presque nulle. Mais elle est réelle pour 2020 et au-delà.

	Cette explosion salariale va avoir deux conséquences : une partie de ce pouvoir d’achat supplémentaire injecté dans l’économie va se traduire en hausse des importations, qui ont déjà augmenté de 400% entre 2000 et 2012.  Le reste va se traduire en hausse des prix dont une partie seulement sera captée par les statistiques nationales. Il est connu de longue date en économie que lorsque la monnaie ou les salaires sont augmentés sans contrepartie, en moyenne 18 mois après une hausse des prix s’ensuit. Je pense que c’est la première préoccupation de 2013.

	Bien sûr, beaucoup de citoyens et d’analystes vont accuser les marchands de légumes, les épiciers, les spéculateurs et beaucoup d’autres boucs émissaires. Le second volet concerne l’emploi. La croissance ralentit malgré les énormes ressources injectées. On serait heureux d’arriver à 3 ou 4%, un taux qui permettrait juste d’absorber les 380 000 nouveaux venus dans le monde du travail. On serait content juste de stabiliser le chômage au niveau où il se situe à présent. Il y aurait des risques que la situation se détériore sur ce front. On arrive à colmater les brèches uniquement avec les multiples et interminables programmes d’aide aux premiers emplois.

	Le logement continuera de donner des sueurs froides aux autorités locales. Nous avons expliqué pourquoi le secteur continuera à voir l’écart se creuser entre l’offre et la demande (voir El Watan Economie du 29/10/2012). Les autorités centrales veulent que les dizaines de milliers de logements construites soient distribués au plus vite. Les autorités locales savent que pour chaque logement à distribuer il y a sept à huit demandes recevables et 3 à 4 sollicitations de complaisance. Quel que soit le mode de distribution, il sera contesté. Des émeutes s’ensuivront. Pourtant, les solutions existent : elles consistent à revoir en profondeur la politique du logement. Ce dernier sera d’une actualité brûlante en 2013.

	D’autre part, les problèmes de santé et les conditions sociales de nos citoyens les plus nécessiteux continueront à être problématiques, malgré les ressources énormes mobilisées par l’Etat. On peine à comprendre que la qualité de la politique sociale et le management efficace des institutions d’exécution sont plus importants que le montant des ressources mobilisées.

	Les espoirs

	L’année en cours peut être porteuse d’espoirs. Les partis politiques vont élaborer des programmes électoraux pour la présidentielle de 2014. Nous aurons alors les ébauches de solutions proposées pour dynamiser une économie hors hydrocarbures peu compétitive. Jusqu’à présent, la plupart des programmes proposés consacrent le simplisme et le populisme. Très peu sont si profonds qu’ils touchent aux racines des maux de l’économie nationale. Il est à espérer que les programmes dans l’ensemble, surtout celui du candidat gagnant, auront deux caractéristiques : s’adresser aux maux profonds de l’économie nationale et mettre en place des mécanismes efficaces d’exécution des mesures correctives.

	Les programmes doivent s’adresser en premier lieu aux qualifications humaines : comment mettre à niveau les «cerveaux» de toutes les ressources humaines du pays. Le deuxième volet concernerait l’organisation et la vision de l’Etat : comment le restructurer pour le rendre efficace. Un Etat mal structuré ne peut jamais régler les problèmes de la population et encore moins celui du développement. C’est donc une priorité nationale que de développer une vision et procéder à une profonde réorganisation de l’Etat. Le troisième volet concernera la modernisation des modes de fonctionnement de nos entreprises et de toutes nos institutions : sans cela, aucune amélioration n’est possible.

	Le troisième concerne l’entreprise : comment libérer les initiatives, débureaucratiser, réduire les charges et l’aider à jouer son rôle de moteur du développement. Nous avons besoin de doubler le nombre d’entreprises et de les mettre dans un environnement favorable. Ce n’est que si ces conditions sont réunies que l’on peut promettre de régler les problèmes d’emploi, de logement, de santé, de transport, d’urbanisme et le reste. Commencer par promettre de régler les problèmes sociaux d’abord, c’est faire preuve de populisme. Il est à espérer donc que 2013 va consacrer la rationalité plutôt que le simplisme.        
	  ]]></description>
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        <item>
           <title>La fausse piste de la relance par les infrastructures</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Repères éco</category>
           <pubDate>Mon, 07 Jan 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 07 Jan 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	J’ai maintes fois souligné que nos experts économistes, des partis politiques, de nombreuses ONG ainsi que les partenaires sociaux partagent la responsabilité des choix économiques et sociaux pertinents aux programmes de relance. Tout le monde avait applaudi des choix de dépenses pharaoniques qui visaient surtout le développement des infrastructures de base. L’Etat avait le choix de faire une politique de la demande (augmenter les salaires ou les dépenses pour les infrastructures, par exemple) ou des politiques de l’offre (baisse des taxes, aide à la création d’entreprises, crédits) ou des politiques structurelles (amélioration de la formation, réorganisation de l’Etat).

	Lorsque les décideurs publics avaient présenté, au début des années 2000, le gigantesque programme de relance économique, basé à 90%, sur le développement et la modernisation des infrastructures, toutes les parties prenantes avaient applaudi. Je n’ai pratiquement recensé aucune objection. Il est fort probable qu’il y aurait quelques personnes contre cette manière de faire ;  mais elles ne se sont pas prononcées pour diverses raisons.

	Ce n’est que lorsque les deux premiers plans avaient produit des résultats dérisoires que des débuts d’interrogations et d’objections commencèrent à apparaître. Il est facile de repérer un échec et de commenter ses causes. Il est beaucoup plus difficile de le prévoir. Il est aujourd’hui aisé de dire qu’on aurait dû prendre en compte l’importation et le peu d’impacts sur une économie qui a une faible base productive et managériale. Et les ‘‘si’’ commencent à pleuvoir. Si seulement on avait fait un meilleur ciblage ou mieux maîtrisé les coûts et les délais et les pratiques administratives, on aurait eu des résultats meilleurs, nous dit-on. On sort du domaine scientifique pour réintégrer le monde des vœux pieux. On ne peut pas dire à une administration : «S’il vous plaît, devenez efficace !» ou à des régulateurs peu qualifiés, «S’il vous plaît, régulez mieux !»

	Première erreur : nous avons confondu PVD et Pays développé

	Nous avions plusieurs diagnostics qui situent les grands problèmes de l’économie : absence d’une vision, une extrême dépendance à la rente, une administration et des entreprises sous-gérées et des politiques sectorielles peu appropriées. Par quel miracle, en inondant une administration et des entreprises d’argent, celles-ci se transformeraient soudain en institutions efficaces ? Ne fallait-il pas les rendre efficaces d’abord avant de leur octroyer tant de ressources à gérer ? C’est exactement ce qu’ont fait les pays qui ont réussi (Chine, Corée, Pologne). Ils ont qualifié les ressources humaines d’abord (recyclages, formation de base), modernisé les pratiques managériales, investi massivement dans la création et le développement des entreprises.

	Une partie raisonnable de leurs ressources (15 à 20%) allait au développement des infrastructures. Ces pays n’ont pas fait la confusion entre pays développé et pays en voie de développement. Comme l’explique François Perroux et tous les économistes qui ont travaillé sur la question : faire des politiques de demande dans les pays en voie de développement, c’est méconnaître totalement leurs modes de fonctionnement ; c’est jeter de l’argent par la fenêtre, c’est relancer l’économie externe et enfoncer les entreprises et les institutions du pays dans la corruption, la mauvaise gestion et la spirale de la régression.

	Certes, on dépense 500 Milliards, mais on aura pour 100 milliards d’infrastructures sur le sol ; le reste se dissipera en restes à réaliser, mauvaise gestion, corruption, malfaçons et le reste. Les politiques économiques sont une question de priorité. Celle d’un pays en voie de développement est d’éradiquer la mauvaise gestion, la corruption, l’inefficacité administrative, la sous-qualification des ressources humaines. C’est là où il faut mettre 90% de ses ressources. Par la suite, lorsque ce sera fait, on devient un pays émergent, on booste alors encore plus l’économie par plus de demande (en finançant beaucoup d’infrastructures, en augmentant les salaires, etc.). Il ne faut pas mener les deux politiques en parallèle ; il faut l’offre d’abord. Lorsqu’un sportif est malade, on ne consacre pas 50% du temps à l’entraînement et 50% aux soins. On le guérit d’abord.

	Les pays sous-développés sont malades. Il faut les guérir d’abord. On a donc confondu les modes de fonctionnement d’un pays sous-développé avec ceux des pays avancés. Dans beaucoup d’universités anglophones, on donne souvent comme sujet d’examen un thème du genre : «Expliquer pourquoi les politiques keynésiennes (demande) ne donnent pas de résultats dans les pays en voie de développement. Et on doit répondre par des schémas qui montrent les élasticités de réponses des deux économies à un plan de relance par la demande. Donc, première conclusion : de nombreux experts, heureusement pas tous, ont  mal cerné les différences de fonctionnement entre les pays en voie de développement et les pays développés.

	La deuxième erreur est Technique

	Des collègues m’interpellent parfois en me disant : on doit faire une politique de demande, car le taux d’utilisation des capacités (TUC) est bas. Par exemple, lorsqu’une cimenterie peut produire 1 000 000 de tonnes, mais en réalité elle n’en réalise que 600 000, le taux d’utilisation des capacités est de 600 000/1 000 000 = 60%. On peut calculer la même chose, même si c’est trop approximativement pour l’économie en général. Par la suite, on fait une politique de la demande (infrastructures) lorsque le TUC était élevé mais baissait à cause d’une crise accidentelle.

	Par exemple, le TUC en Corée du Sud avant la crise de 2007 était de 95%. Il est tombé aux environs de 75% à cause de la crise des Subprimes. On peut donc faire une politique de demande pour le remonter à 95%. Mais le TUC en Algérie est bas, à peu près 50%. Pourquoi on ne le remonte pas à plus ? Simple : parce qu’il a été de 50% depuis les années soixante-dix. Il n’a jamais été plus élevé que cela. Il n’y a pas une crise qui l’a fait baisser. C’est le management, la ressource humaine, les dysfonctionnements et toutes les structures anormales de notre économie qui en sont responsables. On ne peut jamais guérir cela avec la demande. C’est comme celui qui désire éradiquer un cancer avec du paracétamol. Et voilà la deuxième erreur. Elle est technique mais simple.

	Un proverbe chinois disait : «Il ne faut jamais pleurer la jarre cassée ni l’eau versée. Rien ne sert de se lamenter sur les quinze années et les 500 milliards de dollars perdus (on aura quand même pour 100 milliards de dollars d’infrastructures). Les anglo-saxons appellent cela le Sunk Costs (coûts perdus). Simplement, pour les prochains choix stratégiques, il faut écouter tous nos citoyens. Beaucoup ont des idées très intéressantes. Il faut aussi réunir une commission d’experts qui dialogue avec l’ensemble des parties prenantes et des citoyens. Nous aurons plus de chances d’éviter ce genre d’erreur.  ]]></description>
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