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Quelle pratique managériale enraciner ?

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le 13.02.17 | 10h00 Réagissez

Beaucoup de managers s’interrogent avec perplexité sur ce qu’il convient d’appliquer au sein de leur entreprise afin d’améliorer leur compétitivité. On leur rappelle sans cesse qu’il faut atteindre un niveau d’efficacité mondial ou risquer de disparaître. Il faut relativiser cette menace dans le nouveau contexte.

La mondialisation est de plus en plus remise en cause par ceux-là mêmes qui l’ont promue : les USA et la Grande-Bretagne. Après la chute des prix pétroliers, notre pays revoit ses propres politiques d’ouverture tous azimuts qui ont multiplié par six le volume de nos importations et réduit nos exportations hors hydrocarbures. Mais malgré cela, la compétition directe et indirecte demeure importante. Même si la contrainte extérieure se desserre progressivement, elle n’en demeure pas moins préoccupante. La compétition interne s’intensifie. Les nouvelles créations ou les investissements de croissance des entreprises publiques et privées entraînent des risques pour les entreprises mal préparées.

Alors de nombreux consultants professionnels proposent aux chefs d’entreprise des pratiques managériales susceptibles de booster leur compétitivité. Le développement de l’activité de conseil par des professionnels est une excellente initiative. L’essai de professionnalisation de la branche, soit par un organisme public (projet du ministère de l’Industrie) ou par les experts eux-mêmes serait salutaire. Nous manquons énormément d’industries du savoir et c’est peut-être la plus grande lacune de l’économie nationale. Le fait qu’il y ait un large débat sur l’amélioration managériale ne peut que faire prendre conscience de notre retard dans ce domaine. La meilleure manière de le combler serait de travailler avec les professionnels afin d’identifier les points forts et les faiblesses particulières à une entreprise précise.

La diversité : une opportunité et des problèmes

L’offre de conseil se diversifie et propose de plus en plus de produits sophistiqués. La plupart des entreprises algériennes sont en pleine découverte de ce que les experts produisent. Mais beaucoup sont perplexes, car les multitudes de méthodes proposées introduisent quelque peu de la confusion dans l’esprit de beaucoup de décideurs. Nous ne parlons pas des non-professionnels, qui proposent des services de conseil aux entreprises publiques et privées de notre pays. Cette situation existe un peu partout dans le monde. Mais ailleurs, avec le temps, des organismes officiels ou des associations sont venus mettre de l’ordre dans le marché du conseil.

Mais nous parlons bien de quelques entreprises professionnelles qui disposent de compétences avérées et de produits de conseil de haute valeur. Certes, elles ne sont pas nombreuses, mais elles existent et certaines ont aidé de nombreuses entreprises à se mettre sur le rail de la mise à niveau et de l’amélioration de la compétitivité. Il est de la responsabilité de l’Etat et de ces entreprises compétentes de mettre de l’ordre dans la profession. Car à force d’essayer des bureaux conseil peu efficaces, beaucoup de nos hommes d’affaires mettent tous les acteurs du conseil dans le même panier. Même si dans le passé quelques tentatives ont échoué, ceci ne signifie guère que des tentatives bien structurées ne vont pas réussir.   Les patrons algériens remarquent que des bureaux conseils proposent certaines activités communes liées aux fonctions classiques. Ainsi, des produits de gestion budgétaire, de stratégie, de marketing, de développement humain et le reste constituent une base commune de l’offre proposée.

Cependant, des méthodes de plus en plus sophistiquées sont avancées comme solutions aux multitudes de défis de nos entreprises publiques et privées. Ainsi, on avance que les pratiques du réingeneering, Six Sigma, Lean management, Balanced Score Card, Océan Bleu Stratégie, Qualité totale et le reste constituent la solution idoine à nos entreprises. Les patrons demeurent alors perplexes parce que chaque promoteur d’une pratique leur explique que la solution ne peut provenir que de cet outil. Alors certains se détournent carrément de toute pratique et continuent leur vieille méthode de management intuitif. A défaut de saisir ce qu’on peut tirer d’une pratique particulière dans un contexte spécifique, on rejette tout en bloc. Mais alors quelle devrait être l’attitude des patrons ?

Les fondamentaux d’abord

En premier lieu, il faut savoir que la plupart des méthodes proposées, utilisées par des professionnels, lorsque les conditions de réussite sont appropriées peuvent donner de bons résultats. Certaines de ces méthodes ont amélioré les performances dans la plupart des cas. Des pratiques comme le Lean Management et Six Sigma ont boosté la compétitivité de nombreuses entreprises à travers le monde. D’autres demeurent plus débattus comme le réingeneering. Certaines entreprises qui l’ont pratiqué ont grandement amélioré leurs performances et d’autres n’en ont tiré aucun bénéfice. Alors tout va dépendre de la situation de l’entreprise et de la qualité des intervenants. Si on a affaire à des professionnels expérimentés, ils peuvent identifier les conditions de réussite et les mettre en place avant de dérouler la méthode. Nos patrons doivent savoir que ces outils ne réussissent pas partout et pas avec n’importe qui. Les expériences internationales sont précieuses mais elles se sont déroulées dans des contextes particuliers. Il faut alors identifier les axes prioritaires qui peuvent conduire à de véritables améliorations managériales dans un environnement peu favorable au business.

Un diagnostic sérieux conduit souvent à identifier les facteurs-clés de succès. Ces techniques de management ont de la valeur. Elles ont produit de grands résultats dans des situations favorables. Cependant, certaines conditions de base sont nécessaires à l’utilisation efficace de ces outils. Un diagnostic professionnel permettrait de situer les forces et les faiblesses des pratiques managériales de l’entreprise. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on peut savoir si l’entreprise serait capable d’utiliser ces outils ou s’il faut réaliser un travail de fond avant d’aborder ces méthodes. Parfois, il ne s’agit pas d’une simple formation à court terme pour régler le problème mais muter en profondeur la culture de l’institution en question. Il faut donc régler d’abord le problème des fondamentaux managériaux. Il faut apprendre à travailler avec une vision, des objectifs, un plan de développement, une mobilisation de tous autour des projets de l’entreprise, etc. Nous sommes en train de parler des pratiques de base qui consistent à fonder une grande entreprise. Il faut alors mettre en place les fondamentaux d’abord, un socle minimum. En quelque sorte, on met d’abord l’ABC du management avant de lorgner sur des méthodes qui ne seront efficaces que si ces fondamentaux existent déjà.

Abdelhak Lamiri
 
 
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