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       <title>El Watan - Point Zéro</title>
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       <lastBuildDate>Mon, 20 May 2013 10:10:23 +0100</lastBuildDate>
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           <title>La nuit du doute</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 20 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 20 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Est-il mort ou encore vivant ? Fonctionnel ou à demi-paralysé ? Va-t-il rentrer ou ne jamais revenir ? Est-il capable de faire un discours le 20 mai ? Va-t-il se passer quelque chose d'important ? Toutes ces questions que tout le monde ne se pose pas forcément sont pourtant aussi essentielles qu'une baguette de pain bloquée à 10 DA. Dans un régime présidentiel, quand le président n'est pas là, rien ne fonctionne. De la même manière que dans une dictature militaire, quand les généraux ne pensent qu'à construire des R+5 pour enfants, rien ne marche, pas même les soldats, ou, plus moderne, dans un régime parlementaire, quand les députés dorment en mangeant, rien n'avance. Il ne s'agit pas ici de contredire le grand DOK et sa hasardeuse confusion entre l'anarchie et l'anarchisme, ce dernier étant un modèle politique ayant l'avantage de n'attendre personne pour continuer à tourner, autogéré comme le cycle de l'eau.

	Car l'Etat coûte cher, à travers ses présidents, ses ministres et députés, son budget de fonctionnement, ses lubies, lobbies, prises en charge à l'étranger de son élite et l'entretien mécanique de ses réseaux et clients. En Algérie, il faut bien admettre, tout en restant convaincu de la nécessité d'un Etat-nation fort et intelligent, que l'Etat fait beaucoup plus partie du problème que de la solution. Oui, et si Bouteflika ne revenait pas, quelles en seraient les conséquences ? Bensalah serait président par intérim et tous les prétendants au fauteuil suprême seraient libérés sous caution. Ensuite, on aurait moins de circulation à Alger quand il y a déplacement pour accueillir le président du Lesotho et, bien sûr, malgré la douleur et la mort, ce retour de la possibilité. Il ne faut pas se réjouir de la disparition ou de l'incapacité, mais ce qui est sûr, au-delà des maladies et des ordonnances, c'est que les choses doivent changer. Pour qu'elles restent les mêmes. ]]></description>
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           <title>Suprématie de la laideur</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/suprematie-de-la-laideur-19-05-2013-214254_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sun, 19 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 19 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Les Romains sont venus, ils sont partis, mais ont laissé quelques traces. Bonne ou mauvaise nouvelle, la Tunisie islamiste a décidé de restituer à l'Algérie bouteflikienne une pièce archéologique volée près de Annaba, le masque de Gorgone, retrouvé dans la villa de la fille de Ben Ali. Beaucoup se sont félicités de ce retour sur sa terre et, depuis que la ministre a été filmée par l'APS à ce sujet, toutes les rédactions en ont parlé. Pourquoi autant de bruit ? Et qui sont ces Gorgones ? Selon la légende, ce sont de belles guerrières berbères libyques, gracieuses à l'origine, mais victimes d'un sort qui les a transformées en créatures malfaisantes d'une telle laideur que quiconque ose regarder leur visage meurt instantanément pétrifié.

	Horribles et poilues, on dit même que certaines d'entre elles portent la barbe, ce qui les rapproche du néo-salafisme tunisien. Du coup, on comprend mieux la boucle historique ; les Gorgones sont nées en Libye, où elles vivaient heureuses dans la lointaine Berbérie orientale. Puis une jalouse déesse est passée par là (l'Africaine Athéna, née de Zeus le Grec et de Métis la Libyque), les a transformées en créatures horribles ; elles ont été reprises par les Romains qui en ont fait des masques à leur effigie en Algérie. Que les autocrates tunisiens ont volés puis, passés islamistes entre temps, tiennent aujourd'hui à rendre à l'Algérie, qui ne sait toujours pas ce qu'elles sont au fond. Est-ce vraiment un cadeau ? Pétrifiés à l'idée de les regarder dans un musée algérien, des spécialistes rappellent quand même que selon la légende, les statues de Gorgone sont destinées à éloigner le mauvais œil. Mais lequel ? Les révolutions arabes ou la domination wahhabite au Maghreb ? L'affaire plaira en tout cas aux Berbéristes ; en 2000 ans, toutes les civilisations méditerranéennes ont concouru à transformer la beauté berbère en laideur salafiste. ]]></description>
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           <title>Une nation pour mon enfant</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Thu, 16 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 16 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Tout comme un général voit son pays comme une grande caserne, une bonne partie des dirigeants actuels considèrent encore leur pays comme une maison familiale dont ils ont les clés et la garde. Après le ministre des Finances qui a expliqué que «le budget de l'Etat est comme le budget d'un ménage, si on dépense trop et qu'on tire trop fort sur la corde, on va tout perdre», sans s'interroger sur le père absent et la maison livrée aux cambrioleurs, c'est au tour du ministre de l'Intérieur de voir les Algériens comme des enfants. DOK a rappelé qu'ils ont «un tempérament anarchique et anarchiste», pour expliquer qu'il faut les frapper, seule manière de les éduquer. Dans le même temps, il s'est victimisé en se lamentant sur le nombre élevé de blessés dans les rangs de la police au cours des manifestations, passant tous les autres estropiés comme des garnements mal élevés qui méritent leur sort.

	A croire que les policiers manifestent quotidiennement, harcelés, fichés et tabassés par les manifestants. Mais bref, une nation n'est pas une maison et ses citoyens ne sont pas les enfants des dirigeants. Sauf à parler de famille au sens mafieux du terme, l'Algérie n'en est pas une, mais un espace qui réunissant diverses composantes qui ne sont pas forcément d'accord entre elles et avec leurs dirigeants, d'où la nécessité de manifester et l'inconscience de réprimer. Mais d'accord, admettons que l'Algérie soit vraiment une famille. DOK en serait donc le grand-père fatigué, le général Toufik l'oncle sévère mais bienveillant, Karim Djoudi le grand frère qui travaille pour tous et le président Bouteflika en serait le père. Problème, on ne connaît toujours pas la mère, tout comme on ne sait pas à quel moment les enfants seront majeurs. Justement, le Président n'a pas d'enfant. L'Algérie est donc un grand orphelinat, sans père ni mère, mais avec beaucoup de surveillants. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/une-nation-pour-mon-enfant-16-05-2013-213888_173.php</link>
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           <title>Ahmed et l'ahmadiyya</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/ahmed-et-l-ahmadiyya-15-05-2013-213776_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Wed, 15 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 15 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Comme un vieil aventurier des tropiques, l'Algérie a tout connu : invasions, guerres, schismes et sectes de toutes sortes. La dernière ? L'ahmadisme, doctrine musulmane contre laquelle l'inspecteur du ministère des Affaires religieuses – dont la fonction semble relever de l'inquisition – vient de mettre en garde : «L’Etat connaît ces courants dangereux et travaille à les bannir de la société algérienne.»

	Pourtant, cette secte qui se propagerait en Algérie, notamment à Alger, à travers des ouvrages photocopiés qui échappent à la police de la pensée dogmatique, n'a pas l'air dangereuse à première vue ; les «ahmadis» ont quelque chose d'intéressant, d'abord par leur slogan, «l'amour pour tous, la haine pour personne» et, surtout, leur pratique d'un islam détendu où les interdits et devoirs religieux sont relégués au second plan, derrière un renouveau (tajdid) de la pensée, instaurant comme à la Soummam, la supériorité du mysticisme sur le ritualisme. On ne sait pas combien ils sont, mais ils auraient déjà demandé au ministère une mosquée, ce qui leur a été catégoriquement refusé. Présents dans les universités, possédant des relais, des réseaux mondiaux et même une chaîne satellitaire captée en Algérie, les «ahmadis» sont traités d'hérétiques par le reste de la grande famille musulmane.

	Mais c'est quoi l'ahmadisme ? Ce n'est pas Ahmed Ouyahia, qui lui même se définit comme un soldat, autre doctrine militariste visant à l'instauration d'un califat de généraux et de colonels sur Terre. L'ahmadisme, ou ahmadiyya, est né au XIXe siècle en Inde, qui n'exporte pas que de la viande pour le Ramadhan et donne aux Prophètes Mohamed et Aïssa, plus connu sous le pseudo Jésus, une place particulière en s'appuyant sur diverses traditions et récits orientaux, arabes, persans et sanskrits. Merci Wikipédia de mettre au compte du bilan de Bouteflika puisque cette base de données n'existait pas avant lui. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/ahmed-et-l-ahmadiyya-15-05-2013-213776_173.php</link>
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           <title>Des Marines à Tixeraïne</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Tue, 14 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 14 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Si l'on en croit Louisa Hanoune et autres théoriciens de l'invasion permanente, les Américains seraient sur le point d'attaquer l'Algérie. On ne comprend pas bien pourquoi exactement, mais on peut quand même l'imaginer. D'abord, et selon toujours les experts, les troupes US arriveraient par la mer, comme les Phéniciens, Romains, Turcs ou Français, pour ne pas déroger
	à la règle.
	Probablement cette fois-ci à Club des Pins au lieu de Sidi Fredj, où il semble qu'ils ne rencontreront pas beaucoup de résistance de la part des roitelets obèses de la nouvelle Algérie.

	Mais que feraient-ils une fois à Alger ? Dans un premier temps, monter quelques Mac Donald's et bases militaires, puis ouvrir l'audiovisuel, le transport aérien et maritime au privé, ainsi que l'économie et la finance, tout en baissant les impôts et éliminant la bureaucratie. Ensuite, autonomiser la justice, organiser de vraies élections à tous les niveaux, convertir le Mouloudia au football américain, ouvrir des bars mixtes, construire des salles de cinéma ou retaper celles qui existent déjà, récupérer les appartements et villas de Chakib Khelil pour en faire des musées d'art moderne et construire un grand hôpital américain à Alger pour contrer les Français qui ont réussi en quelques années à faire du Val-de-Grâce la capitale algérienne. Puis, en bons Américains, mettre le cap sur le Sud pour s'emparer des puits de pétrole.

	Et là, une fois arrivés, se rendre compte à travers Anadarko, la compagnie pétrolière qui a les plus gros intérêts en Algérie, mais aussi Chevron, Texaco, Mobil et Conoco Philips, que les Américains contrôlent déjà une grande part des hydrocarbures du pays. C'est comme ça, après un arrêt à la gare routière de In Salah et un thé à Ghardaïa, que les Marines sont repartis chez eux, par un vol d'Air Algérie. Excellent programme, dont au fond, personne ne peut être contre. God bless Algeria. ]]></description>
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           <title>Réconciliation médicale</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 13 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 13 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	On peut s'en contenter en ces temps de désillusion, il y a malgré tout quelques avantages à vivre dans un pays qui aime à tourner le dos à la modernité. Les exemples sont nombreux : quand on ne veut plus parler à quelqu'un au téléphone, il suffit de raccrocher et de mettre en cause la mauvaise qualité des réseaux GSM ; de la même manière, quand on en a marre d'une discussion sur internet, on peut simplement se déconnecter en accusant les déconnexions fréquentes d'Algérie Télécom. On peut même rater un rendez- vous en rejetant la faute sur les transports en commun, d'une qualité assez médiocre, ou ne pas se rendre au travail en invoquant une émeute qui a coupé la route, voire un barrage policier particulièrement filtrant.

	De façon générale, à cause d'un service public déficient, l'Algérien(ne) peut se déresponsabiliser totalement de ses actes. Ce qui n'a par contre aucun avantage lié est le sous-développement médical car il tue des personnes innocentes qui pourraient être sauvées. Cuba, par exemple, qui ne dispose pas de ressources importantes et, de plus, est sous embargo, arrive à mettre 600 dollars par an et par habitant en dépenses de santé, pendant que l'Algérie en est à 180 dollars. Sans se comparer à l'Europe où les dépenses de santé se situent autour de 5000 euros par habitant, l'exemple de Cuba devrait être le modèle à suivre, nation médicalisée où Fidel Castro, malgré tout ce que l'on peut dire sur lui, se soigne chez lui.

	C'est d'ailleurs toute l'ironie du sort entre militaires et civils algériens, dont on aime à dire qu'ils ne s'aiment pas. Depuis quelques jours, le problème est réglé, le général Nezzar et le président Bouteflika occupent des chambres voisines au Val-de-Grâce, tous deux cliniquement vivants. La France et l'Algérie ne se sont peut-être pas réconciliées, mais la médecine française aura réussi à réconcilier deux Algériens qui se détestent cordialement. ]]></description>
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           <title>L'invisibilité du fantôme</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/l-invisibilite-du-fantome-12-05-2013-213369_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sun, 12 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 12 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	L'éminent économiste Adam Smith avait, en son temps, théorisé sur «la main invisible du marché», mécanisme indépendant des lois et des hommes qui régule l'offre, la demande, la productivité et les prix par des interactions silencieuses. Le non moins éminent ministre des Finances algérien vient d'en faire une importante mise à jour en développant l'économie fantôme. Devant les députés de l'APN, il a expliqué qu'il n'y avait plus beaucoup d'argent dans les caisses à cause de la baisse de la rente, due à la baisse de la production des hydrocarbures et que donc, les augmentations de salaires des affiliés à l'Etat étaient imprudentes. Il savait bien sûr que les députés à qui il s'adressait venaient encore d'être augmentés pour passer à 400 000 DA mensuels. Mais il n'a rien dit à ce sujet, se contentant de parler d'économie ectoplasmique à des fantômes ennuyeux.

	Etaient-ils là, ces députés ? Et lui, Karim Djoudi, était-il vraiment là, ou tout ce monde était-il dans un cyberespace flottant et connecté ailleurs ? Car la question relative à l'invisibilité de la gouvernance et autres zombies dirigeants oscillant entre la vie et la mort structurés officiellement dans un gouvernement fantôme qui ne se réunit pratiquement pas est bien là. A qui parle-t-on ? A qui s'adressent les gouvernants, les députés, l'ENTV, les réformes et les bilans ? A des gens qui n'existent pas, sans réalité ou existence matérielle, gaz inodores qui se répandent dans l'air simplement pour occuper un espace qu'ils n'utilisent pas. De là, la main invisible du marché, rejointe en Algérie par la main invisible de Karim Djoudi, prend tout son sens et donne enfin une explication à l'errance collective. En fait, c'est toute l'erreur d'appréciation. Ce ne sont pas eux qui ne sont pas là, c'est nous. Ce ne sont pas eux qui n'existent pas, c'est nous. Ce ne sont pas eux qui sont mourants, c'est nous. ]]></description>
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           <title>Les malades, premiers produits d'exportation hors hydrocarbures</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/les-malades-premiers-produits-d-exportation-hors-hydrocarbures-09-05-2013-213027_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Thu, 09 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 09 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Après Bouteflika hospitalisé à Paris et le ministre Messahel à Bruxelles, on apprend que Sidi-Saïd, l'éternel secrétaire de l'UGTA, a été hospitalisé à Genève, tout comme Belkhadem (dont on ne sait plus de quoi est-il secrétaire) a été hospitalisé à Madrid. Quatre capitales qui rendent capitale l'idée que nationalistes, islamistes et syndicalistes algériens ont quelque chose en commun : il faut tomber malade dans son pays mais se soigner en Europe.

	La sphère dirigeante, qui commence sérieusement à ressembler à une salle d'attente d'hôpital, semble pourtant avoir adopté un plan géostratégique ; Belkhadem se soigne en Espagne parce que le FLN réclame la repentance de la France, mais le président du FLN, Bouteflika, se soigne en France chez les militaires, comme s'il était en guerre. Contre qui ? La Suisse ? Elle est neutre, c'est probablement pour cette raison que Sidi Saïd, patron des ouvriers, s'y soigne avec l'argent des travailleurs en phase terminale. Ce qui n'est pas le cas de la Belgique, toujours divisée en deux sur la base d'un conflit ethnique, ce qui a peut-être poussé Messahel, ministre des Affaires maghrébines, à s'y soigner. A défaut de comprendre ou de construire un grand hôpital à Alger ou à Aflou, il y a urgence pour l'Algérie d'investir dans un hôpital européen, ne serait-ce que pour rassembler la troupe des malades et créer de l'uniformisation.

	Où vont se retrouver, en fin de tournée diplomatique, ces quatre malades ? A Alger, pour faire le point. Sur quoi ? La médecine nationale ? Non, sur la succession. Si Bouteflika revient en forme, il briguera un quatrième mandat. S'ils s'en sortent, Sidi-Saïd poursuivra son œuvre à travers un 10e mandat à la tête de l'UGTA et Messahel ses affaires maghrébines qui ne marchent pas. Quand à Belkhadem, s'il revient sain et sauf d'Espagne, il va certainement continuer à nous rendre malades. Sans prise en charge à l'étranger. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/les-malades-premiers-produits-d-exportation-hors-hydrocarbures-09-05-2013-213027_173.php</link>
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           <title>La liste de Kouider</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Wed, 08 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 08 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Il a acheté une rame de papier norvégien, un stylo allemand réputé inusable et a laborieusement commencé à écrire des noms, suivis de prénoms et de fonctions. Son obsession, dresser la liste de ceux que l'on appelle communément les bénéficiaires, ces happy few qui ont les faveurs du régime, ailes delta furtives toujours bien placées en buteurs dans les 18 mètres adverses, réceptacles des ressources publiques, costumes trois pièces avec cuisine en forme d'entonnoir. Kouider, transparent comme l'air, aux lunettes de verre et à la propreté blancheur Omo, a la prétention de matérialiser l'injustice nom par nom, de tous ces indus bénéficiaires comme il les appelle, seigneurs de guerre qui n'ont jamais fait de guerre, privilégiés qui bénéficient de terrains au dinar symbolique, de pensions d'anciens moudjahid, de l'immunité pour corruption, d'exonérations d'impôts ou de postes fictifs pour leurs enfants sans pour autant en avoir la qualité.

	Kouider sait que le travail est long et pénible, mais il tient à publier les noms des bénéficiaires de toutes sortes, logements,  subventions, crédits bancaires ou aides à la production de films et dont les listes n'ont jamais été publiées. Suivant de près l'actualité, Kouider veut aussi consigner les bénéficiaires de prises en charge à l'étranger, liste qui reste un secret mieux gardé que l'accès au Trésor public, comme l'a souligné Nasser Djidji, le président du syndicat des hospitalo-universitaires. Car si un bénéfice est un dividende engrangé sur une opération, à l'inverse, un bénéficiaire coûte très cher, et leurs noms sont toujours cachés, comme le 100e nom de Dieu. Kouider le sait très bien, tout comme il sait au fond de lui que si un jour il arrive à dresser cette liste, il sera probablement intégré dans la liste des accidents de voiture, ou tout au moins dans la longue liste de ceux qui sont en prison pour n'avoir rien fait. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/la-liste-de-kouider-08-05-2013-212915_173.php</link>
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        <item>
           <title>La géographie déchirée</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/la-geographie-dechiree-07-05-2013-212790_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Tue, 07 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 07 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	On le sait au moins depuis les Pharaons nubiens ou Alexandre le Grand, l'homme qui a inventé la macédoine avant la mayonnaise : un lieu de naissance n'est pas une idée, mais simplement un particularisme géographique, c'est-à-dire un doigt sur la carte. Depuis trois mois, le bloc au pouvoir en Algérie, construit sur des cousinages régionaux, se fissure. Après Chakib Khelil, pétro-émir tlemcénien à l'odeur de goudron, c'est au sein même de la famille régnante que les failles apparaissent.

	C'était à prévoir, pour construire une nation, il faut mélanger les genres ; pour faire un pays, une vision qui dépasse le quartier s'impose et, en 14 ans de règne, Bouteflika ou son autre versant topographique, le général Toufik, n'ont pas pondu une seule bonne idée à ce sujet. Il ne faut pourtant pas croire que la fin du paradigme de Tlemcen signe le début de la décentralisation. Déjà le clan de l'Est, éliminé en finale lors du dernier championnat, est à l’affût en attendant l'irruption du clan du Sud, celui d'Alger et du Centre, ou le clan kabyle qui, pour l'instant, est décidé à jouer tout seul sur sa propre carte.

	Comme modèle micro-régional de par sa surface équivalente à Hong Kong et sa densité de milliardaires, le Club des Pins aurait pu réussir ce miracle de la prospérité. Là aussi, échec total puisqu'il s'agit de fortunes non productives. L'été approche, on comprendra vite la différence entre une station balnéaire et une terre productrice de richesses même si, en déroute, le régime pense à démultiplier le modèle des cloisons pour attirer la sympathie des foules qui ne s'aiment pas entre elles. Faire des milliers de stations fermées sur la côte par catégories : un Club des Pins pour avocats, un autre pour mécaniciens ou médecins et, bien sûr, un Club des Pins pour chômeurs. Pour beaucoup, c'est le rêve, pouvoir accéder au paradis estival avec une carte de chômage délivrée par l'APC. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/la-geographie-dechiree-07-05-2013-212790_173.php</link>
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           <title>Ce qui marche ne fonctionne pas toujours</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/ce-qui-marche-ne-fonctionne-pas-toujours-06-05-2013-212689_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 06 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 06 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	A première vue, rien ne marche, à part ces inépuisables colériques qui marchent contre le chômage, le cancer, le Val-de-Grâce ou cette panne système qui dure. Mais il y a bien des choses qui fonctionnent, car, dans l'absolu, le désordre et le chaos n'existent pas, n'étant qu'une autre formulation de l'ordre. Ce qui marche, par exemple, c'est d'augmenter les salaires des députés, déjà très bien payés, pour qu'ils votent la Constitution sans que le ministre des Finances, Karim Djoudi, ne commente cette nouvelle atteinte à la rigueur budgétaire et à la spirale inflationniste.

	Ce qui ne marche pas, ce sont par contre ces appareils hypertechnos dont l'antenne est dirigée contre vous et qui sont censés détecter des explosifs aux barrages de police. Les fennecs – nom du modèle que l'Algérie a payé très cher  – ne marchent pas, on vient d'apprendre par le journal Le Monde qu'il s'agit en réalité d'une arnaque, leur concepteur étant d'ailleurs en prison. Par contre, ce qui marche dans ce domaine sécuritaire est ce qui s'est fait dans le Sud récemment et va probablement être appliqué à l'Est, où les chômeurs BTS grondent : organiser des salons de recrutement de la police en pleine ambiance d'émeutes, avec comme résultat des manifestants contre le chômage qui ont trouvé un travail, dans la police, pour réprimer les manifestants qui n'en n'ont pas encore trouvé.

	A terme, un pays entier fait de policiers et peut-être sans ministre des Finances, vu son inutilité. Mais ce qui marche pour la DGSN dans le Sud ne semble pas marcher pour Sonatrach et son Mouloudia, qui a perdu la finale et n'a pas daigné se présenter à la cérémonie. Partisan du quatrième mandat, il a cru bien faire puisque le Président n'était pas là, tout comme Chakib Khelil. Mais Raouraoua y était, lui, en bonne place, et il marche très bien, tout comme ses affaires, florissantes. Le football, ça marche, ça c'est sûr. Même que ça court. ]]></description>
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           <title>AVC à l'APC</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sun, 05 May 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 05 May 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Petit bilan post-urgences. On sait maintenant que l'ex-président Zeroual ne reviendra pas, il l'a dit, mais on ne sait pas si l'actuel Président est vraiment rentré et surtout s'il part. On a simplement appris que le président a eu un AVC, pas dans une APC mais chez lui, même si personne ne sait où se situe exactement son intime domicile, à Alger, au Golf ou dans les pays du Golfe, aux environs de Tlemcen ou aux alentours du Val-de-Grâce. Mais au-delà de la gravité de l'accident, légèrement grave ou gravement léger, c'est le détail de l'attaque, attribué à tort au DRS, qui est le plus intéressant : selon son médecin personnel et porte-parole officiel, le professeur Bougherbal, le Président a perdu la mobilité et la parole pendant l'assaut, ce qui a nécessité son transfert rapide vers l'hôpital militaire français, en passant comme tout bon civil assimilé par l'hôpital militaire de Aïn Naâdja et la base militaire de Boufarik.

	C'est toute l'ironie pour un Président qui ne bouge plus et ne dit plus rien depuis des années que d'avoir réellement perdu ces deux fonctions pendant quelques minutes, comme un tragique résumé de son troisième mandat, ramassé en un instant. Un signe du destin, un problème de tension nerveuse ou un simple effet de l'âge, on sentait bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas à la tête du pays et c'est finalement à la tête que le président a été touché, par un traître AVC qui l'aura empêché d'aller voir une finale de football.
	Rappelons d'ailleurs aux footballeurs que le premier AVC, voire le second, peuvent être des attaques sans conséquence, mais que le troisième peut être mortel, le quatrième sûrement. On ne parle pas ici de mandats, mais pourquoi pas ? Pourquoi pas un médecin, comme le cardiologue Bougherbal, futur président de la République ? Pour un pays qui manque terriblement de jugement, un peu de cœur ne peut pas faire de mal. ]]></description>
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           <title>Madjid Mendjich</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Thu, 18 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 18 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Il doit avoir près de 30 ou 40 ans et mesure entre 1,70 mètre et 1 ,80 mètre. Madjid Mendjich a été ainsi surnommé parce que le jour de son mariage, il n'est pas venu, sa femme étant déjà ailleurs, même si elle était présente à la cérémonie. D'ailleurs, Madjid Mendjich ne vient jamais, ne va nulle part, sauf une fois, à sa naissance, quand ses propres parents ont hésité, fallait-il faire un enfant de plus ? Madjid l'a compris plus tard, il est venu, pour la première fois, et c'était sa dernière hésitation. Madjid Mendjich n'est pas pour autant malheureux, il a un travail, relativement bien payé, un appartement, relativement bien conçu, et une femme, relativement bien élevée. Mais Madjid ne va plus nulle part, quand on l'invite à une soirée, un dîner, un petit-déjeuner ou un café, il répond simplement, mendjich, sans excuse ou alibi, ce qui a conforté son surnom.

	Mais si Madjid ne va nulle part, il a quand même une philosophie, vision de la vie pour attendre la mort, le seul endroit où il doit bien aller un jour ; Madjid sait que tout peut arriver dans la vie, il ne faut pas y aller mais attendre et laisser les choses venir d'elles-mêmes, si elles arrivent. Madjid ne va ni aux enterrements, ni aux fêtes, ni dans les bureaux de vote quand il est convoqué pour un renouvellement. Pire, quand il a obtenu son baccalauréat, Madjid n'est pas allé le chercher sachant qu'on peut travailler avec un salaire supérieur à celui d'un universitaire sans avoir le baccalauréat. Ses factures, Madjid ne va pas les payer, il a choisi le prélèvement automatique, ses amis, il ne va pas les voir, il attend simplement qu'ils viennent chez lui. Madjid, comme les autres, va sûrement être invité à signer la nouvelle Constitution, à laquelle il n'a pas participé. C'est sûr, Madjid n'ira pas. Madjid n'ira nulle part, car il sait qu'il est nulle part et que là où il est, c'est sûrement mieux qu'ailleurs. ]]></description>
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        </item>
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           <title>La 3G et le 4M</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/la-3g-et-le-4m-17-04-2013-210587_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Wed, 17 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 17 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Comme les oiseaux, les plantes aquatiques ou les gardes communaux, les présidents sont aussi des mortels et on oublie souvent qu'ils sont faits de sang, d'eau et d'idées noires. Ali Kafi est mort, comme avant lui les présidents Bendjedid, Ben Bella, Boudiaf ou Boumediène. L'histoire algérienne, dotée d'un sens particulier de l'ironie, aura finalement mis face-à-face sur le dernier tour de piste les deux derniers présidents vivants, Abdelaziz Bouteflika et Liamine Zeroual, dont l'inimitié qui les relie n'est pas un secret.

	Sauf qu'en réalité, l'appréciation est faussée, il y a peu de présidents algériens vivants parce que chacun d'entre eux est resté trop longtemps au pouvoir. Si la limitation des mandats présidentiels avait été la norme depuis 1962, on aurait eu aujourd'hui plus de présidents, et statistiquement, plus de présidents encore vivants. Ce n'est pas le cas, l'Algérie, pays autocratique, veut à de rares exceptions qu'un président reste président jusqu'à sa mort, son renversement ou son assassinat. Mais qui vivra ? C'est toute la question aujourd'hui, où personne n'a compris pourquoi le président Bouteflika n'est pas allé à l'aéroport accueillir le président Jacob Zuma, comme l'exige le protocole.

	Quand on connaît l'amour du président Bouteflika pour les protocoles diplomatiques, les prérogatives présidentielles et les spaghettis au fromage, on ne peut que s'étonner de l'impair, d'autant que la visite du Sud-Africain devait s'étaler sur 48 heures, mais qu'il n'est resté à Alger que le temps d'un déjeuner offert par la maison. Dans cet ultime duel entre Zeroual et Bouteflika, peut-être en fait qu'il n'y en a déjà plus qu'un de vivant. Est-ce vraiment important ? Non, tout n'est question que de temps et de chiffres, comme l'a bien résumé un jeune employé de Mobilis  : avant de voir la 3G, il faut déjà attendre le 4M, ce quatrième mandat biologiquement improbable. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/la-3g-et-le-4m-17-04-2013-210587_173.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Tartag houm</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Tue, 16 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 16 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	 C'est ainsi, des noms apparaissent puis disparaissent peu après, au gré des événements qui se font et se défont par oubli collectif. La seule constance est dans cette infinie course-poursuite entre voleurs et policiers, qui dure depuis un million d'années. Depuis quelques mois, par contre, tout le monde ne parle que des voleurs, Sonatrach en l'occurrence, face visible de l'iceberg fondu dans l'eau de mer de la matrice. Mais depuis quelques jours, on parle des policiers, ces incorruptibles chargés de débusquer le méchant.

	La justice étant sourde, aveugle et hémiplégique, c'est au DRS, organe extrasensoriel, qu'a été donnée la prérogative de mettre quelques kilogrammes d'honnêteté dans un monde de brutes, et plus particulièrement au général Tartag, grand pourfendeur de terroristes. Tartag va certainement tartguer tous les voleurs, mais si les officiers du DRS sont connus pour travailler avec d'étranges pseudos qui ressemblent à ceux du raï – cheb Toufik, cheb Tarik ou cheikh Smaïl – pour Bachir Tartag, on ne sait pas si c'est son vrai nom.

	Sauf que si réforme de la Constitution il doit y avoir, elle devrait aussi se pencher sur le cas du DRS. Quels sont ses pouvoirs ? Doit-il remplacer la justice et faut-il lui retirer la prérogative judiciaire ? Qui le contrôle et peut le sanctionner ? Car non concerné par l'équilibre des pouvoirs ou par la loi de finances, assemblage soudé de non-élus installés dans l'autorégénération en dehors de la biologie, du contrôle populaire ou même de celui de la Présidence, le DRS pose problème et fait peur à tous par son caractère divin, omniprésent, omniscient et dont les possibilités d'intervention sont immenses. La vraie question de la vraie question est d'ailleurs liée à la prochaine élection, elle-même liée à la prochaine Constitution ; le général Toufik va-t-il voter et a-t-il déjà voté en déposant un bulletin de vote en son nom dans une urne ? ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/tartag-houm-16-04-2013-210459_173.php</link>
        </item>
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           <title>Le Maghreb par attouchements</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 15 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 15 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Etrange coordination d’événements de part et d'autre de la ligne de front, sur le grand champ miné de l'édification maghrébine. Après Islam Khoualed, Algérien de 14 ans condamné au Maroc à une année de prison ferme pour attouchements sur un mineur marocain, c'est un épicier marocain qui vient d'être condamné, toujours au Maroc, à deux mois de prison pour attouchements sur un mineur algérien, par ailleurs fils d'un diplomate à Rabat. Echange diplomatique ou principe de réciprocité, ces deux histoires mettent face-à-face Islam, du nom d'une religion antisexuelle, et une épicerie, du nom d'un vieux commerce. Qu'en penser ? Que dans ces deux cas, si les victimes sont mineures, l'un des accusés est aussi mineur. Que dans ces deux cas d'affaires de mœurs mettant en jeu 4 personnes, il n'y a aucune femme, ce qui en dit long sur le Maghreb futur. Que si l'on parle beaucoup du prochain vice-président algérien, on ne savait pas qu'il y avait des vice-ambassadeurs.

	Que le mineur algérien a été condamné à une année de prison, mais l'épicier marocain, majeur, n'a eu que deux mois. Finalement, les lectures sont nombreuses pour attoucher au Maroc, il vaut mieux être Marocain et un épicier y est  mieux protégé qu'un fils de diplomate. C'est dans les conclusions que tout se complique. On peut imaginer la construction bloquée du Maghreb se redéployer sur des bases d'attouchements, discrets mais efficaces, loin des inimitiés de fond et des réunions bureaucratiques. Ou bien, au contraire, que ces deux affaires vont provoquer une nouvelle crispation entre les deux frères ennemis et préparer des attaques sexuelles de part et d'autre. En tout état de cause, si la frontière terrestre est toujours fermée, faisant de cette pudique ligne entre l'Algérie et le Maroc un record mondial, celui de la plus longue frontière fermée depuis le plus de temps, les frontières sexuelles restent bien ouvertes. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/le-maghreb-par-attouchements-15-04-2013-210331_173.php</link>
        </item>
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           <title>La cité des 40 millions de logements</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/la-cite-des-40-millions-de-logements-14-04-2013-210243_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sun, 14 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 14 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Ouargla, quelque part en Algérie, petite ville malheureuse chauffée par le soleil et traversée par d'imprudents oléoducs. Après une manifestation imposante pour le travail, une émeute pour le logement lui a succédé. Pourquoi ? Comment ? Par une conjonction des deux problèmes principaux du pays, restés ainsi en l'état malgré le volontarisme du gouvernement. Il n'y a pas assez de logements pour mettre à l'abri les turbulents chômeurs et éviter qu'ils ne sortent dans la rue, ni assez de travail pour se louer un logement. Une boucle sans fin, que même un jumelage entre un ministère du logement, du travail et des émeutes ne pourrait régler. En fait, si chacun fabriquait son logement, ce serait déjà un travail, rémunéré par l'Etat, et qui aboutirait en plus à un logement. Du coup, le problème du chômage disparaîtrait, ainsi que le problème du logement.

	Cette solution de l'équation est peut-être absurde, mais pas plus incohérente que les plans successifs du gouvernement, où l'on sent bien qu'il y a un problème de méthode. Des millions de logements sont annoncés, des milliers de Chinois sont importés, de l'argent est injecté par pelleteuses, mais la crise reste la même. Pourquoi ? Parce que, mauvaise articulation entre les différents acteurs du secteur. Bien sûr, on pourrait importer directement des logements ou des emplois et facturer le tout à Sonatrach ou par le biais du compte bancaire de Chakib Khelil. Ou mieux, revenir au communisme des années 1970, créer des emplois fictifs et remettre dans la Constitution le droit au logement pour tous. Pourquoi ne pas le faire et régler la crise sociale tout en avançant triomphalement vers un quatrième mandat ? C'est tout le problème, l'Algérie est restée communiste sur les libertés, les médias, l'économie, la communication, le transport et le secteur bancaire, mais est devenue libérale sur le logement et le travail. On est vraiment mal tombés. ]]></description>
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        </item>
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           <title>Le capeur</title>
           <author>Chawki Amari </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/le-capeur-11-04-2013-209887_173.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Thu, 11 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 11 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	On ne sait pas d'où le mot est tiré, de cap, capitaine ou caporal, du cap, avancée sur la mer qui fixe l'objectif au marin craintif, ou simplement de cape, cette large étoffe cousine du burnous qui sert à se recouvrir en signe d'allégeance. On sait simplement que le verbe caper est un verbe du 4e groupe qui se conjugue uniquement au présent et se définit comme authentiquement algérien. Dans un chapitre de la Moukadima qui a été censuré à l'époque par le ministère, Ibn Khaldoun aurait déjà parlé des capeurs, tribu basse d'origine indéterminée, connue pour embrasser les mains des princes, serrer celles des envahisseurs et porter un parapluie quand il ne pleut pas.

	Grâce à un mode atypique de reproduction asexuée par soumission, le capeur a réussi à défier le temps, et ces derniers temps d'ailleurs, comme à chaque échéance de répartition des pouvoirs, on peut le remarquer ; le capeur parle haut et fort, n'a jamais honte ni peur du ridicule. Entre animal et végétal, cousin du labrador et voisin du lierre d'appartement, le capeur n'a pas d'avis, il épouse celui des puissants. Car la grande qualité du capeur est son polymorphisme, il peut assumer toutes les fonctions ; quand il est député, wali ou ministre, le capeur est le premier à être d'accord, quand il est simple citoyen, il est le dernier à protester.

	Mais dans tous les cas, le capeur est aussi rapide qu'un lévrier, il sait que le premier qui cape est l'un des premiers à être récompensés. Car le capeur possède une philosophie de la vie particulière, articulée autour de la naissance, la ligature de l'appareil sexuel, le capage et la mort, qui signe simplement pour lui la fin du capage. Entre les deux, ce n'est pas pour lui une histoire de subsistance, le capeur pouvant être milliardaire et même avoir un journal ou un parti politique. Un capeur aime profondément caper et c'est à cela qu'on reconnaît un véritable capeur. ]]></description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/le-capeur-11-04-2013-209887_173.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>La Constitution, selon Djelloul</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Wed, 10 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 10 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	-Article 1.
	Le peuple est souverain, libre et indépendant, il choisit et élit ses représentants selon des modalités démocratiques définies par l'article 12, sauf dans le cas où Djelloul n'est pas d'accord, suivant l'alinéa 1.
	Alinéa 1. Djelloul est souverain, libre et indépendant, il choisit et élit son peuple selon des modalités démocratiques, y compris quand Djelloul n'est pas là pour le faire.  

	-Article 2.
	Un ensemble de contre-pouvoirs est installé pour consolider l'édifice démocratique, tel que défini par l'article 1 et son alinéa 1. Ces contre-pouvoirs sont l'Exécutif, le législatif avec ses trois chambres, basse, haute et moyenne, ainsi que la justice, indépendante des trois autres pouvoirs. La règle d'organisation des pouvoirs est définie par l'article 3.

	-Article 3.
	Les contre-pouvoirs définis par l'article 2 sont effectifs à l'adoption de la Constitution, sauf dans le cas où Djelloul décide de ne pas aimer les contre-pouvoirs. Si Djelloul n'aime pas la Constitution, se référer à l'article 5.

	-Article 4.
	Dans le cas d'un litige constitutionnel ou institutionnel au sujet de la séparation des pouvoirs, se référer à l'alinéa 1.

	-Article 5.
	Djelloul aime son pays, Djelloul s'est battu pour son pays, Djelloul a une vision d'avenir, Djelloul aime Djelloul. Djelloul est bon, Djelloul sait ce qui est bon.

	-Article 6.
	Tous les Algériens et Algériennes sont égaux en droit, quels que soient leur race, religion et sexe. Pour les exceptions à cet article, voir alinéa 1 et surtout, l'article7.

	-Article 7.
	Ne sont pas éligibles à l'article 6, les Noirs, les chrétiens, les juifs et les hindouistes, et les femmes en général, exception faite de celles qui ont dépassé l'âge de 75 ans. Pour les exceptions à l'article 7 concernant les exceptions, voir l'article 8.  

	-Article 8.
	Il n'y a pas d'exception à l'article 6, en dehors de la famille et des amis personnels de Djelloul. Pour toute contestation, se référer à l'article 5.

	-Article 9.
	L'islam est la religion d'Etat. Si un groupe, une personne ou un club de football contestent ces fondements, ils doivent se référer à l'article 1 en tenant compte de l'alinéa 1.

	-Article 10.
	Djelloul est le chef d'Etat, chef des armées, premier magistrat, premier imam, seul rédacteur en chef de l'ENTV, bâtisseur en chef et patron des services, des mairies et des parkings. Pour les autres catégories non prévues par la Constitution, se référer à l'article 11.

	-Article 11.
	Pour tout changement constitutionnel, se référer à l'article 4.

	-Article 12.
	Il n'y a pas d'article 12. ]]></description>
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           <title>Se faire prendre</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Tue, 09 Apr 2013 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 09 Apr 2013 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description><![CDATA[  
	Se faire prendre Dans l'ouverture liée aux prochaines échéances, le régime semble avoir oublié un important élément de la population : sa jeunesse. En effet, si l'on ouvre des débats dans l'audiovisuel et on ouvre des enquêtes de justice comme on ouvre des boîtes de sardines, il reste ce problème naturel. Après Chéraga, capitale des matériaux de construction, à Constantine, capitale de la culture arabe pour 2015, on ramasse les couples dehors, et pour les filles, on leur fait subir un test de virginité à l'hôpital. On peut se poser encore la question de savoir comment un médecin peut pratiquer une telle auscultation tant est que sa fonction est de soigner un malade et que la non-virginité n'est pas une maladie.

	On peut aussi se poser la question de savoir ce que les policiers cherchent dans le sexe d'une jeune femme, tant est que juridiquement non plus et en attendant la révision de la Constitution, la non-virginité n'est pas encore un délit. Mais il faut surtout savoir que pour une jeune femme, ce test de virginité est d'une suprême humiliation. Si la malheureuse femme n'est pas vierge là où il faut, la police pourra, code pénal à l'appui, l'incarcérer pour prostitution, racolage sur la voie publique ou le grand classique : atteinte aux mœurs islamiques et aux valeurs de Novembre, certificat du médecin perceur à l'appui. Les jeunes ne votent peut-être pas, ce qui explique qu'ils soient ainsi maltraités et humiliés, mais la DGSN devrait, au lieu d'aller à Paris enseigner aux Français ses techniques de gestion de foule dans les manifestations, commencer d'abord à enseigner à ses policiers les lois et les bonnes manières. Puis, la sexualité chez les castors. ]]></description>
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