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Les valses de Vienne

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le 01.12.16 | 10h00 Réagissez


Petit répit, l’accord de Vienne a accouché d’une légère réduction d’un million et demi de barils par jour, ce qui relèvera le prix de quelques dollars pour quelque temps. Petite satisfaction locale, car les Etats comme les familles aiment les choses et les rentrées fixes pour établir leur budget, savoir à qui donner de l’argent et connaître le menu du dîner à l’avance. C’est évidemment une utopie, la seule chose constante dans l’univers étant le changement. Tout fluctue, bouge et se déplace, la stabilité n’étant qu’un rêve de politique.

Pour l’Etat algérien, qui aimerait un prix fixe, de l’argent facile, des citoyens dociles, des partis et des syndicats muets ainsi que des travailleurs exemplaires et des femmes au foyer, comment faire ? Justement, la proposition la plus absurde est paradoxalement venue d’un haut cadre, Mounia Meslem, ministre de la Solidarité, qui a demandé sur la chaîne TV El Bilad à ce que les femmes algériennes cèdent leur salaire à l’Etat puisque leurs maris subviennent déjà à leurs besoins.

Sans entrer dans le détail de savoir combien gagne le mari de madame la ministre, on ne sait pas si cette dame, par ailleurs ministre à la Condition de la femme, a cédé son salaire à l’Etat. Mais l’idée est bonne, puisque l’Etat n’a plus d’argent, pourquoi ne pas lui céder l’argent que l’on a ? Avec comme finalité un Etat riche et un peuple pauvre, le deuxième quémandant quelques dinars à genoux, que le premier donnera au gré de ses humeurs debout.

Bien sûr, Mounia Meslem vit au Club des Pins et pas en Algérie, et ne sait pas qu’aucune femme n’acceptera de donner son salaire à l’Etat, pas plus qu’aucun mari n’acceptera que sa femme accepte de le donner. Mais si à Zéralda on ne bouge pas, Vienne est connue pour ses valses, danses binaires où un pas en avant est suivi d’un pas en arrière. L’Algérie avait de l’argent en laissant les étrangers creuser le sous-sol à sa place. Elle va maintenant en chercher, quitte à creuser les nationaux sur place. Bonne année 2017.

Chawki Amari
 
 
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