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Le matin des magiciens

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le 10.08.17 | 12h00 Réagissez


Avec un coup de téléphone, on peut obtenir un logement pour sa cousine, un lot de terrain pour son fils, une prise en charge à l’étranger pour sa femme ou encore un emploi pour sa nièce, un billet d’avion gratuit pour sa maîtresse, une villa au Club des Pins pour son beau-frère et arracher un marché public pour sa tante et un prêt bancaire pour son grand-père.

C’est ce qu’on appelle en Algérie la puissance, une forme de magie ailleurs pourtant très rationalisée ici. C’est pour toutes ces raisons que la soif du pouvoir est devenue un sport de guerre et que tout le monde veut grimper, quitte à le faire sur le dos des autres. On comprend mieux ainsi qu’en haut lieu, personne ne veut engager de réformes politiques sous peine de perdre tous ces avantages liés à une position dominante ; des décideurs qui décident ne peuvent pas décider de ne plus décider tout seuls du jour au lendemain, sachant que le centralisme crée des passe-droits, le bureaucratisme de la corruption et la non-transparence de la richesse tirée du Trésor public.

C’est ainsi que petit à petit, abandonnant la modernité pour la féodalité, on en est arrivé à ce point particulier : un homme non élu, sans carrière ni passé, sans compétences dans le domaine politique ou économique et dont aucun citoyen normal ne connaît le son de sa voix, est devenu le maître du pays. Il nomme, destitue, dirige, commande au nom de son frère absent, alloue, donne, reprend, adoube et a pour porte-parole une télévision offshore  qui n’est pas domiciliée en Algérie. La magie a ainsi opéré, les élections ne servent qu’à l’illusion rendue possible grâce au chapeau magique, avec ce clou du spectacle pour spectateurs ébahis : selon Tebboune, désormais futur ex-Premier ministre, «les banques publiques ont accordé aux différents opérateurs économiques un total de 40 milliards de dollars de crédits, alors que seuls 10% ont été récupérés». Où sont allés les 90% qui représentent autant d’hôpitaux et de leviers de développement ? Dans le chapeau.
 

Chawki Amari
 
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