Chroniques Point Zéro
 

Le 1 et l'infini

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le 20.09.17 | 12h00 Réagissez

Il ne sait pas vraiment ce qu'ils pensent. Il se doute qu'ils veulent bien manger, si possible pas cher. Qu'ils veulent de l'argent, sans trop d'efforts, comme tout le monde. Qu'ils veulent des logements, gratuits dans la mesure du possible. Des avantages bien sûr. Pas comme les siens mais des avantages. C'est humain. Eux non plus ne savent pas trop ce qu'il pense. Rester seul, au sommet, séparé d'eux par des portes blindées mais entouré de courtisans, peut-être de courtisanes. Décider, ou pas, peut-être veut-il être aimé, adoré ou adulé. Peut-être se venger, faire du mal, revenir au passé pour le torturer, lui qui n'a jamais été torturé pendant la guerre. Dans ses moments de lucidité, il pense à eux. Qui sont-ils ? Des gens. Comme lui à la base. Mais lui a réussi à se frayer un chemin, ce qui n'était pas facile. Eux non. Ils sont là, réclament, exigent, demandent ou quémandent.

Eux aussi, quand ils ont un peu de temps, ils pensent à lui. Mais qui est-il ? D'où vient-il ? Pourquoi insiste-t-il autant à rester ? Et son frère ? Est-il un diable pervers ou un infirmier bienveillant ? Ou les deux. Lui, quand on le prépare à un Conseil des ministres ou à recevoir un important étranger, se laisse faire, n'oppose aucune résistance. Eux aussi, quand on les prépare à un avenir douloureux, ne s'inquiètent pas, se laissent faire et oublient toute résistance. Ils ont vu pire. Ils aimeraient mieux. Mais c'est comme ça. Lui se demande parfois que veulent- ils. Au fond, il ne le sait pas. Peut-être qu'il meurt, qu'il souffre comme eux souffrent, du moins les plus démunis d'entre eux. Mais lui, que veut-il ? Ils ne le savent pas. Peut-être se débarrasser d'eux, les vendre au plus offrant, ou plus cruel, au moins-disant. Au fond, même s'ils l'ont choisi, alors qu'il était déjà choisi, ils ne se connaissent pas. Ou alors trop bien. Mais ils ne s'en veulent pas. Ils n'ont pas envie de bouger. Il ne peut plus bouger. Ils sont allongés. Il est assis. Ils n'ont pas envie de parler. Il ne peut plus parler. Ils sont unis. Par le silence. Peut-être qu'ils s'aiment.

Chawki Amari
 
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