Chroniques Point Zéro
 

Ce qu’on fera demain peut se faire aujourd’hui

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le 30.11.16 | 10h00 Réagissez


Nous allons», «nous ferons», «nous irons» et «nous devons», étant entendu qu’il n’y a plus le choix, à part celui de le reporter. La conjugaison au futur, généralement conditionnel, est l’apanage des gens du pouvoir, assurant en permanence avoir compris les enjeux tout en modulant les temps d’application. Il a bien sûr fallu attendre la chute des prix du pétrole pour imaginer un futur sans lui, puis parler de réformes, avec la promesse de les imaginer dans un deuxième temps.

Car installé de force sur l’axe des temps, le dirigeant préfèrera toujours parler des heures qu’il va gagner plutôt que de celles qu’il est en train de perdre. Pourtant, dans tous ces discours confus, pas un seul responsable n’a parlé de libertés économiques, seul moteur véritable de la réforme, là où ceux qui ont le droit de faire des affaires doivent être des proches du sérail, voire partager avec lui les bénéfices. On peut monter des usines de montage de voitures et c’est une très bonne chose, ouvrir des secteurs au privé et à la concurrence, et c’est encore une bonne chose. Mais pourquoi cela n’a-t-il pas été fait avant ? Il faut se référer à l’explication d’un ministre poussé par l’exigence de l’ouverture de la 3G, où l’Algérie a pris un gros retard : «Le temps administratif n’est pas le temps économique.» Ce qui résume la difficulté d’accompagner une activité pourtant en dehors de toute idéologie puisque la 3G est inéluctablement arrivée à un tel moment, alors qu’elle aurait pu arriver avant. Comme le disait Issad Rebrab, un industriel aujourd’hui exilé et reconverti dans l’huile de kangourou, «l’Algérie est le seul pays où pour créer de la richesse, il faut une autorisation». Un peintre fait un tableau sur une toile, puis pense, ou pas, au cadre, pour ensuite l’accrocher au mur, ou pas. Le dirigeant algérien fait tout le contraire : il pense au cadre, au mur, puis se demande ce que l’on va bien pouvoir peindre dessus. En général, les peintres sont déjà partis.

Chawki Amari
 
 
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