Météo 
du jour

 

Accueil > Edition du 12 juillet 2008
L'info. au quotidien
 >
   Kabylie info












Massacre du 29 juin 1959 à Aïn Bessem : Un souvenir à perpétuer

Massacre du 29 juin 1959 à Aïn Bessem : Un souvenir à perpétuer

Qui parmi les habitants de la commune d’Ain Bessem, les plus âgés , notamment, ayant vécu les affres d’une guerre sans merci menée par les tortionnaires de l’armée coloniale contre une population désarmée, ne se souvient de la date du 29 juin 1959 ?



Cette date suffit à elle seule de soulever une vague de réprobation, tant que le crime commis n’aurait de qualificatif que celui de sauvagerie ravageuse. Le temps d’une nuit, en plein été où les vagues de sirocco écumaient les plaines fertiles des Aribes, la soldatesque française fomentait son complot et lâche sa hargne et sa boulimie sanguinaire. Plus de 150 personnes ont été arrêtées au cours d’une descente punitive opérée suite à des pertes énormes subies par les sbires de de Gaule. Le lendemain matin, jour de marché hebdomadaire, la population a été rassemblée à la place de la ville qui garde, à ce jour, les stigmates d’une hégémonie coloniale ayant fauché sur son passage tout signe de culture autochtone. Une dizaine de personnes, des paysans détenus au niveau du sinistre « 410 », ont été froidement abattues… le reste des détenus, comme ça a été toujours le cas, ont croupi durant plusieurs jours dans les geôles de l’occupant, subissant toutes formes de tortures et de sévices. L’un des survivants de cet horrible événement, Slimane Chettar racontait que la localité garde encore un souvenir amer de cette date.

D’après lui, la fusillade avait eu lieu en présence d’une foule nombreuse de paysans rassemblés exprès pour assister au massacre. C’était une véritable boucherie, dira-t-il. Aïn Bessem, avec son architecture, ses fermes et ses ruelles ombragées, garde encore l’aspect colonial. « La ville n’a pas encore fait son deuil, et la population locale berce l’espoir de voir, un jour, son souvenir perpétué. En effet, cette date n’a été jusque-là célébrée que dans l’intimité », dit-il. Seuls les survivants en gardent le souvenir et se donnent rendez-vous, chaque année, pour se rassembler sur cette place et évoquer la bravoure des moudjahidine. L’événement avait été de tout temps occulté, affirme-t-on à Aïn Bessam. Les jeunes semblent complètement ignorer de quoi il s’agit. Effectivement, aucun indice et/ou de cérémonial officiel n’y est enregistré pour dépoussiérer ce passé glorieux. Un geste qui aurait pu être un témoignage ineffaçable de l’engagement indéfectible de la population de Aïn Bessam autour des idéaux de la Révolution et du combat libérateur. Certes un mémorial a été érigé sur place juste après l’Indépendance, mais abandonné aux aléas du temps et de l’oubli. Cette date a été donc, et depuis, célébrée par les seuls survivants de ces événements douloureux. Cette année, la ville de Aïn Bessem, s’apprête à la fêter avec le concours des autorités municipales. Bonne initiative appelée à être accompagnée d’un travail de mémoire devant retracer les contours de cet événement et le rendre lisible aux générations actuelles et montantes.



Par Lyazid Khaber

publicité
 >
  Voir aussi...

Edition du 25 juin 2006

31 morts en moins d’un mois

Edition du 21 avril 2008

La longue nuit du 20 au 21 avril

Edition du 7 août 2004

Week-end sanglant à Boumerdès

Edition du 8 juillet 2006

Un garde communal tué à Saïda

Edition du 18 octobre 2004

Commémoration

Edition du 9 mai 2009

Kabylie en bref

Edition du 13 mai 2006

Bordj Ménaïel

publicité
 Hebdos & Services
Editions locales
Chroniques d'El Watan

 

Avis des lecteurs...

Le 31.07.2008 à 16h34
Massacre du 29 juin 1959 à Aïn Bessem : Un souvenir à perpétuer

Oui je me souviens de ce jour et je ne l’ai jamais oublié. A ce moment j’avais 8 ans.J’ai vu de mes propres yeux et entendu au moment de la fusillade un"vive l’algerie" qui jusqu’au jour d’aujourd’hui me donne des frissons.Bien sûr qu’il ne faut pas oublier, mais il me semble aussi sage de regader maintenant de l’avant, reconstruire et nous reconstruire. Toutes mes amitiés à mr Chettar Slimane que j’ai connu lorsque j’étais enfant, dans quelles circonstances je n’en sais rien, il a dû me marquer la preuve en 2008 je me rappelle encore de lui. Et pourtant j’ai quitté l’Algérie depuis plus 35 ans.

répondre


Le 12.07.2008 à 23h14
Massacre du 29 juin 1959 à Aïn Bessem : Un souvenir à perpétuer

Bon Jour,

Je suis dans l’obligation de vous preciser que Ain Bessem ne fait pas partie de la Kabylie.

Merci

répondre


Le 12.07.2008 à 01h31
Massacre du 29 juin 1959 à Aïn Bessem : Un souvenir à perpétuer

paix en leurs ames a nos valeureux martyrs morts pour rien les algeriens ont oublié les souffrances et les humilations 46 ans plus tard les algeriens ne vivent que pour la france et se soumettent a leurs exigences en s unissant a leurs projets

répondre



 >
Postez votre avis




















publicité

Infos récentes : | 10 mar | 9 mar | 8 mar | 7 mar | 6 mar | 5 mar | 4 mar | Haut de page
Droits réservés © El Watan 2007