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Quiquequoioucomment : La culture algérienne

Mohamed Boucheneb

Issu par son père d’une grande famille de propriétaires terriens et par sa mère de lettrés, il est né en 1869 à Takbou, près de Médéa.



Elève de la médersa de cheikh Bourmak, il étudie également à l’école puis au lycée français de Médéa, se montrant déjà exceptionnellement intelligent et studieux. En 1886, il s’inscrit à l’Ecole normale de Bouzaréah. Deux ans plus tard, il est professeur de français et diplômé en menuiserie, car le règlement de l’école exigeait aussi un métier manuel. A 19 ans, il enseigne à l’école Sidi Ali Tamdjert (Médéa) jusqu’en 1892 où il est affecté à l’école cheikh Ibrahim Fateh de La Casbah d’Alger. Insatiable, il se réinscrit à l’Ecole normale pour apprendre l’italien tout en poursuivant l’enseignement traditionnel élevé de cheikh Ben S’Maya. En 1894, il est diplômé de lettres arabes de l’Université d’Alger. Atteint par la lèpre, ses projets universitaires sont compromis. Une fois guéri, il se lance avec passion dans l’étude des langues : allemand, espagnol, latin, persan et hébreu, auprès d’un rabbin d’Alger. Avec huit langues, il devient peut-être le premier polyglotte algérien. De 1889 à 1901, il enseigne à la Kettania de Constantine les lettres arabes et le fiq’h (jurisprudence musulmane) avant de revenir à Alger en tant que professeur du lycée Thaâlibya. En 1908, il est nommé conférencier à l’Université d’Alger et sa renommée est telle qu’il correspond avec le pacha d’Egypte et de grands penseurs arabes et européens. Il est nommé membre de l’Académie des sciences de Damas en 1920. Il obtient son doctorat à l’Université d’Alger, avec deux ouvrages sur le poète abbasside Abou Doulama et les mots d’origine turque et persane de l’arabe parlé algérien. En 1924, après 23 ans au lycée Thaâlibya, il devient professeur à la Faculté des lettres d’Alger. On lui doit une cinquantaine d’ouvrages anciens qu’il a édités ou traduits : La lettre de l’imam El Ghazali sur l’éducation traduite en français, Le livre du jardin des savants et saints de Tlemcen de El Medioni, La connaissance des savants de Béjaïa de El Ghobrini, Le dictionnaire arabe-français d’Ibn Sdira, etc. Il est l’un des premiers à s’intéresser à la culture populaire. Il rédige entre 1905 et 1907 un dictionnaire bilingue des proverbes algériens et maghrébins : 1000 pages en trois tomes ! Il a étudié également la tradition de la boqala. On ne compte plus ses contributions sur le patrimoine oral. Il décède en 1929, son dernier cours ayant porté sur deux vers du poète El Maâri sur la tombe. Il est enterré dans le cimetière de Sidi Abderrahmane, patron spirituel d’Alger.



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Avis des lecteurs...

Le 1er.01.2009 à 23h28
Quiquequoioucomment : La culture algérienne

Des Algériens comme celui-ci en fabrique-t-on encore en Algérie en 2009 ou ce n’est plus possible ? merci pour votre article et bonne année.

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