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Plan de développement national

Exogène ou endogène ?

Cette approche appliquée au système socioéconomique et culturel, qui constitue une nation, permet de distinguer au-delà de l’aspect ou ordre architectural des institutions, d’autres ordres possibles.



Afin d’éclairer cette réflexion sur le développement, on dira qu’une nation est formée d’une architecture composée d’éléments spécialisés et coordonnés (institutions et individus) exerçant un ensemble de fonctions élémentaires et vitales (éducation, santé, production, communication, innovation, défense, etc.) en vue de la poursuite d’un but commun, le développement, explicité sous forme d’un projet de société : le plan de développement national. L’examen de la situation concernant les politiques scientifiques et technologiques dans le monde en général et dans les pays en développement en particulier montrent que les gouvernements sont de plus en plus conscients du rôle que peuvent jouer la S&T dans la mise en œuvre de leurs plans de développement nationaux socio-économiques.Cette prise de conscience rappelée ci-haut débouche naturellement sur la volonté des Etats, particulièrement de ceux des pays en développement, d’acquérir une capacité autonome dans le domaine de la S&T afin de pouvoir procéder à une meilleure exploitation par eux-mêmes de leurs ressources naturelles et à valoriser leurs ressources humaines.Cependant, il est constaté que la plupart des pays qui affichent ces objectifs ne prennent pas les dispositions conséquentes au niveau gouvernemental pour se doter rapidement des capacités scientifiques et technologiques sur lesquelles repose le développement endogène et l’autosuffisance. Plusieurs conférences sur la S&T ont déjà souligné cette lacune dans bon nombre de pays en développement, notamment en ce qui concerne les structures institutionnelles et les mécanismes gouvernementaux concernant les politiques de la S&T par exemple, le plan d’action de Vienne, issu de la conférence des Nations unies sur la S&T au service du développement (CNUSTD) tenue à Vienne en août 1979, en plus de la première recommandation rappelée dans notre précédent article et qui recommande : « Des éléments de science et technologie devraient être inclus dans les stratégies ou les plans nationaux de développement en tant qu’instruments fondamentaux pour la réalisation des divers objectifs et buts qui y figurent ; ces plans devraient aussi comprendre des dispositifs précis, au niveau sectoriel et intersectoriel, en vue de l’avancement, de la maîtrise, du transfert, de l’acquisition, de la diffusion locale, de l’assimilation et de l’utilisation de la science et de la technologie, y compris le savoir-faire. » Cette conférence qui intervenait à un moment critique de l’évolution de l’économie mondiale et faisait partie intégrante des efforts déployés en vue d’instaurer un Nouvel ordre économique international (NOEI) fondé sur les principes suivants « participation des pays en développement aux avantages de la science et de technique modernes et promotion du transfert des techniques et de la création d’une structure technologique autochtone dans l’intérêt des pays en développement, sous une forme et selon des modalités qui conviennent à leur économie »(4).Le NOEI est celui qui permet à chaque nation un développement endogène. En raison des interdépendances (interactions) entre les nations (ordre architectural) au sein du système complexe que constitue l’humanité, le NOEI doit rendre compatibles et complémentaires les divers stratégies et projets de société en agissant sur les fonctions politiques assumées par les Etats afin de permettre la survie et le développement de l’humanité. En conclusion et à la lumière de ce qui précède, il conviendrait que l’Algérie accorde une attention au rôle de la S&T dans le développement, et que les avatars de l’histoire doivent nous édifier sur la nécessité de compter d’abord et surtout sur nos propres capacités aussi bien ici qu’à l’étranger ; dont l’urgence et l’importance se manifestent dans la conjoncture de notre histoire. Le projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale ainsi que l’embellie financière ne représentent-ils pas une occasion rêvée pour nos politiques qu’ils fassent preuve de la volonté politique et du courage requis pour modifier en profondeur et à long terme la situation actuelle concernant l’utilisation de la S&T en tant que base du développement socio-économique. Il conviendrait de donner à ce projet le sens de l’étape, celle qui permettra à l’Algérie de s’engager dans la nouvelle phase, l’étape de l’édification avec des modalités concrètes d’action. Mais faillir à ce nouvel engagement, c’est compromettre pour plusieurs décennies encore l’avenir de l’Algérie, car les conséquences psychologiques d’un tel échec, en plus de porter les germes d’une profonde désillusion au niveau de sa population, risque d’offrir un prétexte de plus à une domination accrue de notre pays. La crise qui le secoue devrait conduire à réfléchir davantage sur des stratégies transitoires d’édification d’une Algérie réunifiée, forte, prospère et souveraine. Références :

4) « Déclaration concernant l’instauration d’un nouvel ordre économique international ». Résolution 3201 (S-VI) du 1er mai 1974.



Par Mohand Tahar Belaroussi

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Exogène ou endogène ? (1re partie)
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Entre politique économique et politique de développement (A suivre)
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