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Le « bad boy » anglais le plus en vue du troisième millénaire

le Designer Alexander McQueen

Le « bad boy » anglais le plus en vue du troisième millénaire

Ce qui frappe chez le couturier anglais Alexander McQueen, au-delà d’une domination extrême des proportions, affûtée à la Saint Martin’s School de Londres, chez Anderson & Sheppard, Berman & Nathans dans Savile Row ou les ateliers de Givenchy, dont il fut directeur artistique de 1997 à 2000, c’est sa genèse d’une esthétique baroque, ouvertement morbide et sexuelle, surchargée d’effets aux résonances inquiétantes dans laquelle le corps est sans cesse mobilisé et modifié.



Il devient le lieu approprié de métamorphoses successives qui concrétisent sa fétichisation et son érotisation totale. « Je ne suis pas torturé, je suis schizophrène, dit Alexander Mc Queen. J’exprime le carambolage de mes contradictions, le romantisme encastré dans le sadomasochisme, par exemple. » Son premier défilé en son nom, le plus beau de la saison parisienne de mars 2002, égrenait des tailleurs en tweed sable encagés dans une ossature de cuir, des nuisettes transparentes « hardocrisées » par une minerve muselière sanglée au corps, des pantalons masqués de longues franges, des vestes victoriennes aux poignets plissés, des jupes en cachemire entravées, gansées de peau, ou d’opulentes crinolines en taffetas noir délurées par un corsage de tulle froncé. Sa première boutique a ouvert à l’été 2002, au 419 West 14th Street à New York. Un immense espace organique comme taillé dans la pierre, amputé de ses lignes droites et léché par une lumière douce, conçu avec l’architecte William Russel : les prémices d’un plan de croissance de sa marque, allaité par le Gucci Group qui prévoit des ouvertures similaires à Los Angeles, Londres, Milan, et le lancement d’un parfum en mars 2003. A la question : « Qu’avez-vous appris de plus important depuis vos débuts il y a 10 ans ? » Alexander Mc Queen a répondu :« La politesse. Autrement dit, savoir fermer ma gueule. » Il est à noter que toutes ses créations ont été regroupées dans un défilé de mode qui s’est déroulé il y a une semaine. Sa collection printemps-été 2005 a ravi de nombreux fans du créateur londonien. Robes romantiques spectaculaires, détails couture précieux, silhouettes victoriennes, vestes et manteaux à la coupe extraordinaire, jeux sur les volumes... Des modèles emblématiques de McQueen étaient réunis comme une rétropesctive de l’ensemble de son œuvre. R. M.



Par R. M.

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