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Mosta. Clôture du festival national du théâtre amateur

Un palmarès courageux

Bien que contesté par certains participants, le palmarès de la 38e édition du Festival du théâtre amateur de Mostaganem aura réservé plusieurs surprises.



La première est incontestablement celle qui consiste à ne pas chercher à départager au couteau les acteurs. C’est pourquoi, pour le prix de l’interprétation masculine ainsi que pour celui de l’interprétation féminine, il y aura deux lauréats. Personne ne trouvera à redire lorsque les noms de Merzouki Ahmed de Guelma et Ghellab Sofiane de M’sila seront conjointement plébiscités pour le prix du meilleur acteur. Surtout pour le Guelmois qui aura fait montre d’une réelle persévérance, car ce prix il l’aura mérité depuis plusieurs éditions. En le consacrant, le jury, présidé par Kamel Bendimered, aura également récompensé l’abnégation. Ce sera aussi le cas pour Ismahan Adès, qui appartient à la même troupe et qui courait après cette consécration depuis au moins trois éditions. Un prix qu’elle partagera avec la jeune Manal Samia de Baraki, dont la troupe Fen El Khachaba enlèvera le grand prix Si Djillali, devant Fen Edrami d’Adrar et Imnayen de Tizi Ouzou. Le jury aura également décidé de ne pas attribuer les prix consacrant la création théâtrale originale ou adaptée ainsi que le prix du jury, dont les dotations seront affectées ailleurs. C’est ainsi que le prix de la meilleure œuvre sera transformé pour la circonstance en prix de la meilleure tentative de création qui reviendra à Halim Rahmouni qui aura réellement séduit par des décors et une mise en scène originaux. Cet ancien élève de l’INADC sera également récompensé pour la scénographie. Une double distinction amplement méritée qui ne parviendra pas à consoler ses principaux interprètes qui le feront savoir à très haute voix durant la cérémonie de clôture. A leur décharge, il faudra signaler que la pièce inachevée attribuée à Kaki ainsi que la distribution auront amplement contribué à cette double cooptation. Ceux parmi ces acteurs qui prétendaient à une distinction personnelle devront se consoler autrement que par des vociférations. Pour ceux qui se souviennent de leurs interprétations antérieures, il était évident qu’à l’occasion de cette édition, ils furent bien en deçà de leur véritable valeur. Dans le camp de la déception, il y a celle exprimée par la gracieuse Fadhéla Aït Ouaddah de Tizou Ouzou qui ne s’explique toujours pas pourquoi les organisateurs ont déplacé la troupe de la version officielle vers la version « off », les excluant définitivement de la compétition. Un changement de dernière minute qui fera perdre la moitié des capacités à la troupe Therwa qui n’a que 6 mois d’existence, soulignera-elle. Toutefois, elle manifestera toute sa joie lorsque que le jeune Amirouche de la troupe Nawarès de Bougara sera récompensé du second prix d’interprétation masculine. Une consécration qu’elle attendait, tant l’interprétation de ce jeune premier l’avait marquée. Toutefois, la cérémonie de clôture, qui aura été d’une rare sobriété, sera marquée par la mise à l’écart des véritables artistes et hommes de culture présents dans l’immense Salle bleue de la maison de la culture. En effet, à l’exclusion du maître du chaâbi, Maâzouz Bouadjadj, aucun artiste ni intellectuel n’aura l’honneur d’être sollicité pour remettre un prix. Une attitude qui fera réagir avec vigueur l’universitaire Ahmed Cheniki qui s’offusquera que des officiels - parfois de seconde zone - soient sollicités pour la circonstance, alors que les véritables hommes et femmes de culture, qui accompagnent le festival depuis des lustres, sont totalement ignorés par les organisateurs. Rien ne fera plus plaisir à un artiste que de se voir honoré par un autre artiste, soulignera-t-il en guise d’adieu.



Par Yacine Alim

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