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Les petits boulots foisonnent à Oum El Bouaghi

Entre débrouillardise et improvisation

Dès l’entame des grandes vacances, de nombreux jeunes adolescents s’improvisent commerçants.



Le mot est bien grand pour leur petite activité ! Disons plutôt qu’ils investissent les marchés, qui pour se faire un peu d’argent de poche, qui pour aider des parents dans le besoin, qui par plaisir. Mais à quel genre de vente d’adonnent tous ces jeunes que l’école a libérés dès le début de juin ? Il y en a qui s’improvisent bouquinistes en proposant à la vente leurs anciens manuels scolaires.

C’est surtout à Aïn Béïda qu’on voit abonder ce genre de commerce. D’autres jeunes proposent aux chalands cacahuètes, biscuits, chewing-gum et autres friandises. Paradoxalement, ce qu’on remarquera, par-dessus tout, en faisant les rues et les places des marchés de Aïn Béïda, Oum El Bouaghi, Meskiana, Sigus et ailleurs, c’est la présence de jeunes vendant cigarettes, tabac à chiquer et briquets. Il suffit de disposer d’une petite table et d’un carton pour s’improviser buraliste ambulant, car il y en a parmi ces jeunes revendeurs qui changent de coin pour installer « tabla doukhène » par-ci ou par-là. Le créneau réussit si bien qu’il a fait des émules un peu partout.

Mais ce qu’il faut craindre c’est de passer du rôle de revendeur à celui de consommateur. « C’est mieux que de verser dans la délinquance », nous dira un citoyen, interrogé sur la prolifération du phénomène, et qui s’est montré sceptique quant à la justesse de ce commerce. « Certes, il faut bien gagner sa vie, mais pas en vendant des cigarettes, ni même en s’improvisant commerçant à cet âge-là ». Reste que quand on appartient à une famille qui tire le diable par la queue pour subsister, l’on ne refuse pas d’exercer un petit boulot comme celui de plongeur dans un café.

Seuls les enfants, issus de familles aisées, échappent au phénomène, car ç’en est un et pas des moindres. « A cet âge là, dira un autre citoyen, sans doute un retraité d’une administration, l’on ne devrait pas travailler, mais plutôt s’instruire ». En tout état de cause, les nouveaux besoins ressentis par les familles nombreuses, la cherté de la vie et autres raisons, telle la condition d’orphelin, conduisent les jeunes à travailler et à se débrouiller pour assurer à leurs géniteurs un supplément de pitance, et donc de confort.



Par L. Baâziz

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