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Chirac fustige « les dérives du système colonial »

En visite à Madagascar

Chirac fustige « les dérives du système colonial »

Le président français Jacques Chirac a qualifié, lors d’une visite à Madagascar, d’« inacceptable » la répression sanglante par l’armée française de l’insurrection malgache en 1947 et a rendu hommage aux milliers de victimes.



M. Chirac est le premier chef de l’Etat français à qualifier en ces termes la répression de cette insurrection qui a longtemps empoisonné les relations entre Madagascar et son ancienne puissance coloniale. Il donne l’impression de vouloir tempérer un peu les ardeurs, voire calmer le jeu après le vote de la loi du 23 février sur « le rôle positif de la présence française en outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Une loi qui a provoqué des réactions de la part des hautes autorités algériennes et même du Président Abdelaziz Bouteflika qui s’est interrogé lors d’un discours officiel : « Comment un Parlement peut glorifier une présence coloniale coupable de massacres contre un peuple en entier et prétendre que cette présence a rendu service aux peuples colonisés ? » A cause de ce lourd passé, les relations officielles franco-algériennes n’ont jamais été vraiment cordiales L’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, avait pourtant qualifié de « tragédie inexcusable » les massacres de Sétif du 8 Mai 1945. Alors que les deux pays s’acheminaient vers la signature d’un traité d’amitié en 2005, cette loi scélérate jette un froid entre Paris et Alger. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, avait appelé « les historiens de nos deux pays » à « mener par eux-mêmes et en commun » le travail de mémoire, qui est « une dimension essentielle de la relation que la France souhaite poursuivre et renforcer avec le peuple algérien ». Le Président français a affirmé, en outre : « Il faut aussi évoquer les pages sombres de notre histoire commune et avoir conscience du caractère inacceptable des répressions engendrées par les dérives du système colonial. » Avant d’ajouter plus loin : « En 1947, le sentiment national montait sur la Grande île où s’enchaînèrent des événements tragiques. Rien ni personne ne peut effacer le souvenir de toutes celles et de tous ceux qui perdirent injustement la vie et je m’associe avec respect à l’hommage qu’ils méritent. »



Par Benelkadi K.

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